Vagabondages

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lundi 8 mars 2010

La bibli dans ton mobile !

Aujourd'hui commence le deuxième module d'un stage sur les services à distance et le  web 2.0 en bibliothèque territoriale à l'enssib. A cette occasion, Christelle di Pietro m'a demandé d'intervenir sur les services proposés par les bibliothèques via des terminaux mobiles. Il semble que les quelques billets rédigés ici y soient pour quelque chose.

Afin de changer un peu, j'ai essayé de proposer un "prezi". Prezi est le nom d'un site qui propose des animations flash pour les présentations. Il offre ainsi une alternative intéressante au diaporama PowerPoint, régulièrement décriés. L'éditeur propose ainsi de zoomer sur des images plus particulièrement intéressantes, de souligner des informations et plus généralement de redynamiser l'ensemble. Il permet donc sur une surface donnée, une sorte de tableau blanc numérique, de recréer des schémas et des dessins pour mieux appuyer la démonstration. La prise en main, si elle n'est pas intuitive, demeure néanmoins relativement simple et, une fois compris les grands principes, la construction de la présentation se fait assez rapidement.

A noter pour ceux que cela intéresse qu'il existe encore d'autres alternative, à l'instar de Spicynodes, un éditeur qui propose d'animer vos cartes heuristiques de manière rapide et visuelle.

Pour revenir à la présentation de ce matin, je vais donc expliquer comment les bibliothèques peuvent s'emparer des terminaux mobiles. Mon intervention se fera en trois parties :

  • Une première partie reviendra sur le contexte, l'importance des terminaux mobiles (je parlerai des smartphones essentiellement) en terme d'usages et les prémices d'une offre spécifique soulignée par l'appel Proxima mobile et la lancée en grandes pompes de Culture Clic.
  • La seconde partie proposera plutôt une revues des usages possibles à partir de smartphones en bibliothèques. Quelles informations distribuer ? Quelles ressources ? Quels services ? Je ne m'attarde pas sur le comment, car ce n'est pas le sujet. Il ne s'agit pas tant d'être exhaustif que de proposer une première approche à partir d'exemples américains surtout mais pas uniquement. On pense en France à la récente ouverture d'un accès mobile au catalogue à la BM de Toulouse.
  • La troisième partie évoque rapidement d'autres usages, notamment la possibilité offerte par les téléphones mobiles d'utiliser les réseaux sociaux ou celle de lire les QR codes

Au départ, je voulais aller plus loin, expliquer en quoi ce genre d'interface était un projet en soi et ce que cela entrainait comme réflexions et conséquences mais je pense qu'il ne faut pas aller plus vite que la musique. Se contenter d'une première approche est important car cela permet de mettre les choses en place. Ensuite, si le besoin se fait sentir d'être plus technique (comment conduire le projet ? Auprès de qui s'adresser ? A quoi penser ?), il sera bien temps alors de revenir dessus et de proposer autre chose.

En attendant, je soumets la présentation à votre sagacité. Elle est disponible en ligne sur le site de Prezi si le lien ci-dessous ne fonctionne pas... il est sympa mon téléphone, non ?

samedi 6 mars 2010

Bookwave, l'étagère-rideau

Si vous avez un peu d'argent de côté, et de la place chez vous, vous pouvez installer cette bibliothèque suspendue qui fait aussi office de rideau.  Proposée par la designeuse turque Mehtap Obuz, cofondatrice du cabinet demirden design pour la marque Ilio, cette bibliothèque propose un rideau de 2.10 de haut, composé d'alvéoles en feutre où vous pourrez loger vos magazines ou vos livres. 

Sur le site Made in design d'où provient la photo, cette bibliothèque coûte la bagatelle de 936 € TTC.

jeudi 4 mars 2010

La médiation numérique

Un billet rapide pour rassembler deux interventions par des experts du domaine. Cette semaine Silvère Mercier a publié un billet sur ce qu'est selon lui -et avec le concours d'autres collègues- la médiation numérique. Il propose la définition suivante :

Tout dispositif technique, éditorial ou interactif mis en œuvre par des professionnels de l’information-documentation favorisant l’appropriation, la dissémination et l’accès organisé ou fortuit à tout contenu proposé par une bibliothèque à des fins de formation, d’information et de diffusion des savoirs.

Il précise :

Pour moi la médiation numérique n’est donc ni de la communication ni du marketing public au sens strict, mais se situe au cœur des métiers de l’information-documentation, quelque part entre l’accompagnement à la recherche documentaire, la gestion/diffusion de contenus et l’animation de communautés.

Pour compléter cette définition, Lionel Dujol vient de mettre en ligne, sur SlideShare, un diaporama très fourni sur cette même notion de Médiation numérique que je vous engage à consulter et soigneusement archiver. Le diaporama est disponible sous licence By-nd-sa (Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique).

jeudi 18 février 2010

Réseaux de jeunes biblitohécaires

Parmi les collègues que je suis dans le cadre de ma veille se trouvent des collègues américains. Ces derniers adhèrent à différents groupes sur des sites de réseaux sociaux et j’ai remarqué qu’un certain nombre de ces groupes sont exclusivement ou du moins spécialement réservés aux jeunes et aux nouveaux collègues (jeune étant à prendre dans le sens où ces collègues arrivent dans la profession).

La puissante ALA encourage ce mouvement puisqu’elle propose depuis quatre ans un programme en son sein réservé aux Emerging Leaders.

A leadership development program which enables newer librarians from across the country to participate in problem-solving work groups, network with peers, gain an inside look into ALA structure, and have an opportunity to serve the profession in a leadership capacity.

L’idée est simple : intégrer les nouveaux lauréats sortant des formations (il faut avoir moins de 35 ans ou être un professionnel avec moins de 5 ans d’expérience pour pouvoir postuler) directement dans des groupes de réflexions de l’association, et lors des événements annuels organisés par l’ALA, ce afin de contrer les implications fluctuantes propre à toute association et la rendre plus réactive, dynamique. Certains des particpants sont même sponsorisés par l’une des branches de l’ALA : c’est elle qui paiera les frais pour les inévitables déplacements et logements lors des conférences.

Voir aussi la page dédiée sur le wiki de l'ALA.

On pourrait rapprocher ce groupe de Bêta Phi Mu, dont le sous-titre est : « International Library & Information Studies Honor Society ».

The organization was founded in 1948 by a group of leading librarians and library educators to recognize and encourage scholastic achievement among library and information studies students.
The motto, Aliis inserviendo consumor , meaning "Consumed in the service of others" was selected by the founders based on the concept of dedication of librarians and other information professionals to the service of others.

Beta Phi Mu, au nom évocateur de société secrète estudiantine, se veut donc une association de meneurs dont les objectifs seraient à la fois de contribuer et d’encourager les contributions à la Recherche en SIB par le biais de distinctions, de publications (dont leur feuille trimestrielle : Pipeline), d’actions de promotions (journées d’études, séminaires, conférences) ou en subventionnant des projets innovants.

Les exemples se multiplient : Next Gen Librarian est quant à lui un groupe Google réservé est-il précisé aux « young, young-at-heart, and forward thinking libraryfolk ».

J’aurai bien ajouté que l’IFLA s’y mettait aussi mais son New Professionals Special Interest Group semble concerner une nouvelle aire de compétences et, partant, regrouper des bibliothécaires travaillant dans des secteurs privés ou sur des profils nouveaux.

Et en Europe ?

Les étudiants en SIB se regroupent et se retrouvent une fois l’an à l’occasion du colloque international BOBCATSSS dont la session 2010 étaient organisée fin janvier à Parme sous le titre : Bridging the digital divide : libraries providing access for all ?. Pour rappel, le nom BOBCATSSS est l’acronyme du réseau des premières universités organisatrices, en 1993, et renvoie aux initiales des villes de ces universités : Budapeste, Oslo, Barcelone, Copenhage, Amsterdam, Tampere, Stuttgart, Szombathely et Sheffield. Un réseau qui s’étend aujourd’hui avec la participation d’étudiants venus de Borås, Riga, Kharkiv, Moscou, Tallinn, Toru, Varsovie, Sofia, Ljubljana, Crakovie, Bratislava, Prague, Osjiek, Zadar, Berlin et Potsdam.

Ce ne sont pas les seuls et je viens de découvrir cet autre réseau YEP ! L’acronyme de Young European Professionals. Autant Bobcatsss est une émanation d’EUCLID (European Association for Library and Information Education and Research), autant YEP est un sous-groupe de LIBER (Ligue des bibliothèques européenne de recherche) du moins c’est ainsi qu’il apparaît sur le réseau social LinkedIn. Cependant à y regarder de plus près, j’ai l’impression qu’il s’agit plutôt d’un groupe européen que LIBER aurait repris en ce qui concerne ses centres d’intérêts.

lundi 15 février 2010

Pour une politique nationale des bibliothèques (suédoises)

Vi Alskar Bibliotek "Nous aimons les bibliothèques", en français.

 

Voilà deux ans que l'association des bibliothèques suédoises a lancé une campagne pour renforcer l'implication des politiques dans le financement des bibliothèques publiques, précisant par ailleurs que la Suède est le seul pays nordique a n'avoir pas de politique publique des bibliothèques. Consequently, Swedes do not have access to the full potential to be derived from a world-leading library system, est-il précisé. Cette campagne vise les élections politiques à venir cette année, en 2010, dans la royauté.

Ce qui est recherché à travers notamment une loi sur les bibliothèques serait la mise en œuvre d'un réseau renforcé de bibliothèques à travers l'ensemble du pays. En 2008, l'association s'inquiétait en effet de la fermeture de quelques 400 bibliothèques publiques et de l'absence de personnels qualifiés dans les établissements scolaires, quelle mettait en relation avec la hausse de illettrisme et la chute de fréquentation des bibliothèques ouvertes.

Elle a donc lancé une campagne d'information pour alerter l'opinion publique avec le logo "library lovers" pour appeler à une nouvelle politique des bibliothèques en Suède. Un engagement qui, selon l'association, suit huit directions développées dans une brochure intitulée "Les bibliothèques ont besoin d'amour" :

  1. Définition d'une stratégie nationale des bibliothèques qui expliquerait leur rôle dans la société de la connaissance, notamment autour des axes suivants :
    • La lecture et la compréhension en lecture
    • La démocratie, la liberté d'expression et la liberté d'information
    • La formation permanente, l'accès à la connaissance et le développement personnel
    • La Culture et la cohésion sociale
    • la société de l'innovation
    • A partir de cette définition, des outils d'évaluation des bibliothèques pourront être développé et mis en place.
  2. Établissement d'objectifs nationaux et d'indicateurs de qualité
  3. Lancement d'une campagne de promotion de la lecture et de "développement des langues". Un aspect de cette campagne destinée aux plus jeunes est la mise en place d'un personnel qualifié dans les établissements scolaires.
  4. Améliorer l'accès aux services des bibliothèques, notamment par le biais de campagne de promotion des bibliothèques, de la lecture et par le de subventions (pour toucher plus de groupe, créer de nouveaux services, renforcer le maillage du réseau
  5. Renforcer les infrastructures réseaux pour les services à distances
  6. Développer la Recherche en Sciences des bibliothèques et la formation initiale et continue des personnels
  7. Rendre accessible librement, en open-access, les résultats de cette recherche menée sur des fonds publics
  8. Créer une Agence nationale des bibliothèques chargée entre autres de :
    • surveiller et évaluer les stratégies et objectifs nationaux
    • développer, compiler et analyser les statistiques relatives aux bibliothèques nationales, les critères de qualité et des indicateurs de qualité
    • développer des solutions nationales, telles que les services de bibliothèque numérique, les services Web et autres plateformes technologiques
    • stimuler le développement des bibliothèques
    • engager l'intelligence qualifiée national et international
    • représenter les bibliothèques suédoises sur la scène internationale
    • encourager l'éducation, de formation et de recherche dans le secteur
    • allouer des fonds d'État pour le développement des bibliothèques, la lecture des activités de promotion, etc
Cette politique est espérée au niveau national car elle concerne tous les suédois, mais ne doit pas entrer en conflit avec les autorités locales :

Une politique nationale des bibliothèques peut - et doit - être développée de manière à ce qu'elle n'entre pas en conflit avec l'autonomie gouvernementale locale. L'accroissement de l'engagement national ne devrait pas interférer avec les pouvoirs locaux.Mais une politique nationale des bibliothèques est nécessaire pour s'assurer que les bibliothèques publiques sont utilisées d'une manière qui profite à la fois à l'ensemble de la société et au développement des individus.En termes pratiques, le but est de réduire la faible utilisation des ressources et des pertes d'impact dues au manque actuel de coordination.

Une politique qui porte ses fruits puisque qu'en ces temps électoraux, l'association estime avoir le soutien de nombres de parlementaires qui ont voté mercredi un projet de loi sur la culture. Le gouvernement devrait d'ailleurs proposer la la Bibliothèque royale de coordonner l'ensemble des réflexions et d'élaborer un plan de développement pour les années à venir. Une proposition à établir en étroite relation avec l'association des bibliothèques suédoises et l'ensemble des bibliothèques du réseau.

Avec tout ce qui nous arrive dessus en France, la réorganisation des ministères de la Culture et de l'enseignement supérieur, la disparition des direction de la lecture et sous direction des bibliothèques fondues dans le grand tout, il ne serait peut-être pas inintéressant de proposer un positionnement équivalent en France. Une loi sur les bibliothèques... le serpent de mer.

samedi 13 février 2010

No cookies, just books !

Il ressort de temps à autre, mais j'avoue l'apprécier particulièrement ^^

By the way, saviez-vous que Sesame Street a un compte Twitter ?



samedi 6 février 2010

étagère lumineuse Yet

Je ne trouve pas cela très beau. En fait, cette applique murale me fait penser à des bois.

Il s'agit d'une idée pourtant originale et intéressante du studio de design Kairos qui nous propose une étagère à la fois lumineuse et modulable. Ainsi, l'étagère Yet permet-elle de laisser parler son imagination pour des combinaisons multiples tout en réchauffant l'atmosphère d'une lumière douce. Enfin, pour un prix tournant autour des 220€ quand même...

J'aime vraiment le principe mais il demeure un quelque chose qui me chiffonne sans que je parvienne à le saisir complètement. Peut-être la forme ? Et vous, vous en pensez quoi ?

mardi 2 février 2010

ACTA menace les libertés

500e billet sur Vagabondages. 500e billet, sur ce blog à dire vrai, donc plus en réalité puisqu'il y a eut un premier Vagabondages sous blogspot (et un éphémère clone censé me permettre d'assurer la transition).

J'avais prévu de rédiger un joli billet, mais au final je pense que le sujet du jour est tout autant important : la menace ACTA que vous avez pu découvrir sur d'autres blogs : La bibliothèque apprivoisée, Bibliobsession, ou encore les blogs spécialisés S.I.Lex et Paralipomènes. Je ne vais pas refaire un billet d'explications sur le sujet. Nos collègues s'en sont très bien chargés et d'une manière plus informée et plus intéressante que je ne pourrais le faire. Rappelons juste que le traité prévoit de renforcer drastiquement le droit d'auteur, réduire les libertés de circulation de l'information, d'accès à l'information sur le net et consacrer la notion de DRM.

Pourquoi on en parle maintenant ? En fait, voilà presque deux ans que la menace rode, mais elle ressurgit aujourd'hui parce que c'est ce mardi justement que devait avoir lieu la 7e rencontre des pays autour de l’ACTA : Canada, les Etats-Unis, l'Union Européenne, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Maroc et Singapour entre autres. Le plus grand secret entoure ces négociations. On connaît peu de leur contenu, le brouillon même des textes n'est pas diffusé. Tout juste sait-on que cette dernière rencontre se tenait à Mexico.

En France, l'Interassociation Archives Bibliothèques Documentation s'est emparée de la question. Représentant plus d'une quinzaine d'associations professionnelles, elle s'est à son tour élevée pour dénoncer le projet de traité et vient de publier un communiqué signé conjointement par une dizaine d'entre elles. l'IFLA devrait communiquer rapidement en ce sens également comme le suggèrent les précédentes prises de position de l'association internationale.

Les raisons de s'inquiéter pour les bibliothèques sont nombreuses. Un système répressif renforcé sans contrepoids (limitations ou exceptions au droit d'auteur au nom du bien commun) viendrait remettre en cause les libertés fondamentales d'accès à et de circulation de l'information. 

Lisez les billets précités. Lisez le communiqué de l'IABD que je remets ci-dessous. Diffusez-la, écrivez à vos députés européen et français, affichez le badge proposé par Bibliobsession. Informez-vous et prenez position.


Et puis s'intéresser à ces questions peut être l'occasion également de revenir sur d'autres menaces, locales, sur les libertés alors que sera discuté le 09 février à l'Assemblé le projet de loi LOPPSI.

« Tout ce que vous ferez est dérisoire, mais il est très important que vous le fassiez quand même » Gandhi.

ACTA c’est quoi ?

ACTA signifie Anti Counterfeiting Trade Agreement – Accord commercial de lutte contre la contrefaçon. Il s’agit d’un projet de traité international. Négocié dans le plus grand secret depuis le printemps 2008 par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Corée du Sud, l’Australie et plusieurs autres pays, cet accord entendait à l’origine promouvoir de nouveaux moyens de lutte contre la contrefaçon, tant sous forme physique que numérique. Au fil des discussions, le chapitre d’ACTA consacré à Internet s’est étoffé d’une batterie de dispositions qui bouleverseraient en profondeur l’équilibre de la propriété intellectuelle dans le sens d’une aggravation du dispositif répressif destiné à protéger les droits d’auteur. ACTA risque d’amplifier le déséquilibre entre les ayants droits et les usagers des oeuvres et de faire obstacle à la créativité, l’innovation, la recherche, l’éducation et la formation.

Quel est le problème ?

Pour lutter contre le téléchargement illégal, l’ACTA imposerait à tous les pays signataires d’engager la responsabilité des FAI (Fournisseurs d’accès à Internet), de mettre en place de manière systématique des mesures de filtrage du réseau et de blocage de l’accès aux sites et d’organiser un dispositif de riposte graduée sans passer par le recours au juge afin de couper l’accès à Internet des contrevenants. L’ACTA consacre par ailleurs à nouveau la notion de DRM (Digital Rights Management – gestion des droits numériques) et renforce les moyens de lutte contre leur contournement. Cette menace n’a plus rien d’hypothétique à présent, puisque les parties ambitionnent de clore les négociations au cours de l’année 2010. En ce mois de janvier, les pays négociateurs se réunissent au Mexique, pour un septième round de discussions. Une huitième rencontre est prévue pour le mois d’avril, vraisemblablement en Nouvelle-Zélande.

Quelle est la position de l’IABD ?

L’IABD défend naturellement le droit d’auteur et de la création sur Internet et s’oppose à toute forme de contrefaçon. Pour autant, les associations signataires ne considère pas que le droit d’auteur et les droits voisins doivent être dotés d’une portée si absolue que leur défense viendrait à remettre en cause les libertés fondamentales par un système déséquilibré et uniquement répressif. Le respect du droit d’auteur, composante du droit de propriété, doit être concilié avec les autres libertés fondamentales reconnues par notre Constitution et par les grands textes internationaux que la France a signés.

En tant que lieux d’accès à l’information, à la culture et au savoir, en tant qu’espaces de citoyenneté, les bibliothèques, services d’archives et centres de documentation sont porteurs d’une idée d’un droit d’auteur équilibré totalement incompatible avec le projet ACTA tel qu’il s’annonce.

Les associations signataires s’oppose fermement à l’ACTA dans un contexte où l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) a décidé de lancer à l’été 2009 de nouvelles négociations en vue d’un traité sur les exceptions et limitations au droit d’auteur, afin de rééquilibrer le système qui a été mis en place depuis 1996 à partir des deux grands traités sur le droit d’auteur. Cette réflexion porterait dans un premier temps sur les exceptions en faveur des personnes ayant des déficiences visuelles, mais elle pourrait être élargie à l’enseignement et aux bibliothèques, thèmes à propos desquelles l’OMPI a conduit d’importants travaux de recherche. Au niveau européen également, la Commission, à travers la démarche du Livre vert « Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance », appelle à une refonte de la propriété intellectuelle au niveau européen qui accorderait une plus large place à la liberté d’accéder à l’information et de la faire circuler. Dans toutes ces communications, la Commission fait un lien entre cet objectif et le rôle central que pourraient jouer les bibliothèques, et cette position s’est encore affermie avec le grand débat sur la numérisation du patrimoine.

Ce sont ces potentialités et ces espoirs auxquels l’ACTA, dans la plus grande opacité et en dehors de toute transparence démocratique, pourrait porter un coup mortel en verrouillant le système au plus haut niveau. Il deviendra tout simplement inutile de demander au législateur français ou européen d’opérer des réformes en vue d’un meilleur équilibre si notre pays ou l’Union s’engagent à mettre en oeuvre cet accord.

Les associations signataires s’associent à la coalition mondiale d’organisations non-gouvernementales, d’associations de consommateurs et de fournisseurs de services en ligne qui publie une lettre ouverte adressée aux institutions européennes. Ces organisations appellent le Parlement européen et les négociateurs de l’Union européenne à établir la transparence du processus de négociation et à s’opposer à toute mesure qui, dans l’accord multilatéral, porterait atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens en Europe et à travers le monde.

Déclaration du 2 février 2010 validée par les associations suivantes, membres de l’IABD :


- AAF (Association des archivistes français)
- ABF (Associatiton des bibliothécaires de France)
- ACIM (Association de coopération des professionnels de l’information musicale)
- ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt)
- ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation)
- ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)
- ADDNB (Association pour le développement des documents numériques en bibliothèque)
- AIBM-France (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux. Groupe français)

Le nouveau bureau de l'ABF

Ce week-end se réunissait le conseil national de l'Association des Bibliothécaires de France. Ce conseil, constitué des présidents des groupes régionaux, définit la politique de l’association, programme et contrôle les activités et la gestion de l’association.

Une fois tous les trois ans, le conseil national élit parmi ses membres, au scrutin secret, le bureau national. Ce dernier est chargé, selon les statuts de l'association de coordonner les orientations politiques et la gestion de l’association. En outre, il prend les décisions nécessaires dans l’intervalle des réunions du conseil national auquel il rend compte.

Le conseil national, comme le bureau, sont présidés par le Président de l 'Association.

Ce week-end, donc, se réunissaient les présidents des groupes réunit en conclave à Amiens. En conclave, oui, puisqu'après un renouvellement des présidences des groupes de régions, le nouveau Conseil national devait élire un nouveau bureau national.   

La composition du nouveau bureau est dorénavant la suivante :

  • Président : Pascal Wagner (BM Saint-Jean-de-Vedas)
  • Vice-Présidents : Dominique Lahary (BDP du Val d'Oise) et Marie-Josée Rich (BDP de l'Aube)
  • Secrétaire générale : Maïté Vanmarque (Bibliothèque de la communauté d'agglomération d'Alençon)
  • Trésorière : Martine Itier-Coeur (BMVR de Toulouse)

M. Wagner, précédemment lui-même trésorier de l'association, remplace à ce poste Dominique Arot.

Bon courage à l'ensemble du bureau et très bonne continuation à l'ensemble de ces membres !

lundi 1 février 2010

Trendy Topics 2010

J'ai reçu récemment une invitation Facebook pour soutenir une page intitulée "Trendy Topics 2010".

Après observation, il s'agit d'une série d'ateliers en ligne organisés par la célèbre Alliance Library System (ALS) et une agence que je ne connaissais pas : TAP Information Services.

1. Les organisateurs

L'ALS, pour rappel, est une organisation régionale basée dans l'Illinois qui vient en aide aux bibliothèques du pays. Elle se définit entre autres comme (et je trouve cela génial) :

ALS is Amazon, FedEx, a community college, My-space and a potluck dinner all in one.

Vous me direz, être l'une des neufs organisations de cette importance aux États-Unis ne suffit pas pour être internationalement connu. En fait, l'ALS est l'organisation à l'origine de la présence des bibliothèques dans les mondes virtuels (et pas seulement Second Life). On la retrouve derrière d'autres innovations, et ses membres sont connus dans le petit monde des bibliothèques à l'instar de Jessamyn West, auteur de Librarian.net ou de Jenny Levine, The Shifted Librarian (et auteur de l'un des premiers blogs de bibliothécaires : Librarians' Site du Jour 1995-1999).

La directrice de l'ALS, Kitty Pope (bien connue également sur Second Life) est à l'origine d'un rapport annuel sur les dernières tendances dans les bibliothèques en Illinois, Library Trends Reports, paru en 2008 et 2009 dont la lecture est loin d'être inintéressante. Au rapport, notamment, est adjoint une "Watch List", une liste qui recense les "meilleures" bibliothèques selon l'ALS, à la pointe de l'innovation, et présente les meilleurs projets : une mine à idées en quelque sorte.

TAP Information Services semble être une agence de consulting qui aide les bibliothèques au niveaux de divers travaux comme la mise en place de services, de l'aide au niveau de la gestion de projet, la mise en place de conférences ou l'utilisation d'outils en ligne.

We provide a wide variety of high quality planning, consulting, research, and assessment services supporting libraries, consortia, government agencies, publishers, and other information-intensive organizations.

Je n'en dirais pas plus, parce que je ne connais pas vraiment cette entreprise.

2. Le projet

Pour revenir au projet initial : l'ALSlance donc une série d'ateliers intitulés "Trendy Topics 2010".

Start your New Year right with a resolution to keep up with quickly changing library trends! Alliance Library System and TAP Information Services are pleased to announce a dynamic monthly series of online workshops you can enjoy right at your desktop on these hot topics.

L'idée me semble à la fois simple et géniale : présenter des sujets d'actualité, qui font débat, ou qui pose questions afin de suivre les grandes questions de la profession. Une sorte de cycle de journées d'études au programme plus qu'alléchant prévues en ligne tout au long de cette année.En ligne certes, mais pas gratuite puisque l'inscription est de 40$ pour un bibliothécaire, 30$ pour un étudiant et de 100$ pour un groupe (une classe ?).

Cette première session sur les réseaux sociaux verra des interventions de professionnels aussi reconnus et trendy, of course que Meredith Farkas sur la ocnstruction de communauté, Joseph Murphy sur l'utilisation de Twitter, Ronda Trueman sur les réseaux professionnels dans Second Life, ou encore Matt Gullet sur la façon dont la bibliothèque peut véhiculer les histoires...

Du coup je suis vraiment impressionné par l'organisation que cela suppose mais nul doute que le rendu sera des plus intéressants. J'espère qu'il y aura un compte-rendu. Ou si quelqu'un s'inscrit, qu'il n'hésite pas à partager ^_^

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