Vagabondages

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vendredi 7 novembre 2014

The Librarians - série télévisée

Dans un monde où se mêlent Magie et Réalité, une ancienne organisation a fait le vœu de défendre l'humanité contre un Mal indescriptible. Ses membres sont... la Légion Légendaire... La Société des... Les Gardiens de la Ga... bon ok, ses membres sont des bibliothécaires. (cliquez sur l'image pour voir la vidéo).

La série évoque une organisation secrète plurimillénaire, cachée sous les locaux de la bibliothèque publique de New York depuis la chute d'Alexandrie (enfin au moins depuis la construction du bâtiment en 1890, entre temps, on ne sait pas), dédiée à la protection d'une réalité magique. Ses membres résolvent des mystères, se battent contre des menaces surnaturelles et partent en quête de puissants artefacts un peu partout dans le monde : réels (l'original de la Joconde, le cheval de Troie), religieux (l'Arche d'Alliance, un fruit défendu du Paradis...), magiques (Excalibur, la pierre philosophale, l'oie aux œufs d'or...) ou fictifs (la Nautilus de Jules Verne, la machine à remonter le temps de Wells...). Oui, vous avez raison, il y a là un petit air d'Indiana Jones mais c'est justement l'intérêt de cette vision américaine -télévisée- du métier de bibliothécaire qui ne restreint aucunement l'information au seul support papier et imagine un métier tout en poursuites et en combats.

Rien à voir avec l'autre série télévisée, une comédie intitulée elle-aussi The Librarians (les producteurs ont une imagination folle), parue en 2007 en Australie et qui a tout de même duré trois saisons. Elle mettait en scène les aventures d'une directrice de bibliothèque raciste et bigote (catholique ! dans ce pays protestant) qui se voit un jour obligée d'embaucher son ancienne meilleure amie, aujourd'hui dealeuse de drogue, comme responsable de la section jeunesse. 

À dire vrai, cette nouvelle série américaine cette fois se veut une suite à la trilogie The Librarian (2004), dont elle reprend le nom en le mettant au pluriel, traduite en français sous le titre "Les aventures de Flynn Carson", mettant en scène Flynn Carson, donc, un bibliothécaire embauché à la bibliothèque de New York et qui découvre cet aspect disons particulier du back-office. On verra d'ailleurs l'acteur Noah Wyle, de manière épisodique dans la série télévisée. 

La nouvelle équipe verra les efforts conjugués d'une agent du contre-terrorisme, d'un spécialiste de l'histoire de l'art avec un QI de 190, d'un génie en technologie et d'une jeune fille ayant des hallucinations sensorielles la renseignant sur la mémoire d'un lieu. Tout à fait le reflet moyen de professionnels des bibliothèques.

Rappelons-le, les bibliothécaires ont une longue tradition de combat  pour ou contre le surnaturel. On pense évidemment immédiatement à Rupert Giles, le bibliothécaire scolaire de la série Buffy contre les vampires, mais on peut citer également le héros de comics Rex Libris, ou encorele pauvre Alcatraz Smedry qui doit cette fois se battre contre de méchants bibliothécaires dans la série de littérature jeunesse éponyme.

Souvenez-vous :

La série télévisée The Librarians doit faire ses début aux États-Unis le sept décembre prochain pour dix premiers épisodes.

mercredi 5 novembre 2014

We need diverse books !

We need diverse books est une initiative américaine pour promouvoir le multiculturalisme en littérature de jeunesse.

En ce moment, les critiques parlent du dernier film de Céline Sciamma, "Bande de filles", mettant en scène de jeunes femmes noires de banlieue. L'occasion du constat de l'absence justement de ce type de personnage dans les objets culturels contemporains et, partant, de la difficulté de se représenter, de se construire à partir de référents. Pas de représentations culturelles, aucune présence dans l'espace public non plus. Et s'il y a une absence des noirs dans l’espace public français, les femmes noires sont à l’intersection de deux discriminations : le fait d’être femmes, et le fait d’être noires.

Ce constat se retrouve également en littérature, de manière tout aussi criante. L'article de Slate pré-cité explique :

«Mon premier rapport au manque c’était en littérature», raconte Anna, dont les parents sont professeurs, et qui tient aujourd’hui Mrs Roots, un blog sur la littérature afro(-américaine/caribéenne/africaine…) sur lequel elle a notamment raconté cette expérience

«La littérature j’adore ça, c’est mon domaine. Et en termes de déni, c’est quelque chose qui m’a accompagné tout au long de mes études : tu es face à une littérature classique, française, majoritairement blanche et tu te cherches, tu te demandes si c’est inconcevable qu’il y ait eu des noirs à une certaine période historique, si ça te concerne. Tu te demandes où tu es. Tu es femme noire française, c’est ton pays, mais toi tu n’es nulle part et tu te dis: elle est où mon histoire, où je suis? Puis tu culpabilises, tu te demandes si tu demandes trop, si tu veux trop te voir? Mais non, tu veux juste savoir que tu n’es pas un cas spécifique nié par ta propre culture. Bien sûr tu as des amis, tu as une famille. Mais tu es et tu te sens invisible aux yeux de la société : tu n’existes ni au cinéma, ni en littérature, dans les séries, ni sur les podiums… On t’apprend à ne pas te voir.»

C'est cette même réflexion, cette même expérience du manque, que l'on retrouve outre-atlantique à travers l'initiative "We need diverse books" : nous avons besoins de livres plus représentatifs de la diversité. Le projet est simple : en dépit du constat que plus de la moitié des enfants en âge d'aller à l'école sont issus de populations minorisées (personnes de couleurs, LGBTQIA, porteuses de handicap...), les livres qui leur sont proposés montrent toujours le même segment de population : blanche, valide, hétérosexuelle. L'initiative cherche donc à promouvoir des publications plus représentatives de la diversité, arguant que, plus que de simples miroirs, les livres sont autant de fenêtres sur le monde facilitant la compréhension de soi mais aussi celle de toute la société

Le mouvement est né en 2014, initialement d'une campagne média à l'occasion d'un panel lors d'un Salon du livre ne présentant que des hommes blancs pour parler de littérature de jeunesse. Un groupe de 22 auteurs, éditeurs et blogueurs autour de la littérature de jeunesse a alors lancé sur les réseaux sociaux le mot-dièze #WeNeedDiverseBooks en protestation. Le hashtag a rapidement parcouru les réseaux et les médias sociaux pour s'amplifier et devenir un important mouvement de contestation attirant l'attention des majors de l'édition.

Contrairement à d'autres campagnes activistes, #WeNeedDiverseBooks avait un plan de communication afin d'être remarqué : il s'agissait dans un premier temps de demander aux utilisateurs des réseaux sociaux de poster des photos expliquant pourquoi ils avaient besoin de livres représentant la diversité, dans un second temps d'entamer ou participer à un débat autour de la diversité en littérature. L'objectif étant d'engager suffisamment de personnes pour participer et attirer l'attention des médias.


Les bibliothèques aussi se font faites le relai de l'événement, ainsi la bibliothèque d'Oakland a posté une photo d'enfants portant une banderole sur laquelle était inscrit "We need diverse books". L'image fait désormais la couverture de leur compte twitter. L'association américaine des bibliothécaires jeunesse, Yalsa, s'est aussi fait l'écho du mouvement, en postant également des photos de bibliothécaires participant à la diffusion du mot-dièze et revenant sur une très intéressante étude du Centre du livre pour enfants de l'Université du Wisconsin comptabilisant le nombre de titres représentant des héros d'origine africaine ou afro-américaine, amérindienne, asiatique ou latino parmi la production de livres pour enfants reçu, depuis 2002. En 2013, sur les 3200 livres reçus, seuls 93 montraient des personnages afro-américains, 34 des amérindiens, 69 des asiatiques, 57 des latinos... parfois dans le même livre. 

La campagne a duré trois jours et s'est terminée le 3 mai avec un dernier appel : "Diversify your shelves" soit appeler les gens à acheter un livre représentant cette diversité.

Depuis le mouvement s'est institutionnalisé et constitué en organisation chargée d'infléchir la politique de publication des éditeurs jeunesse. Leur mission est :

We Need Diverse Books is a grassroots organization created to address the lack of diverse, non-majority narratives in children’s literature. We Need Diverse Books is committed to the ideal that embracing diversity will lead to acceptance, empathy, and ultimately equality.

We recognize all diverse experiences, including (but not limited to) LGBTQIA, people of color, gender diversity, people with disabilities, and ethnic, cultural, and religious minorities. Our mission is to promote or amplify diversification efforts and increase visibility for diverse books and authors, with a goal of empowering a wide range of readers in the process.

In order to accomplish our mission, we reach out to individuals and groups involved in many levels of children’s publishing—including (but not limited to) agents, publishers, authors, distributors, booksellers, librarians, educators, parents, and students.

Les projets sont nombreux : proposer des livres sur la diversités dans les bibliothèques scolaires, soutenir les auteurs à travers la remise d'un prix, intervenir lors de journées d'études et de conférences, développer des boîtes à outils éducatives, lancer un festival autour de la diversité en littérature... L'occasion d'un appel pour lever des fonds.

Au delà, le site propose des biographies et des liens utiles pour trouver des ressources autour de cette diversité (afro-américaine, amérindienne, handicaps, islam, LGBTQIA, Latino, multiculturalisme...). Cet été, il proposait un série prescriptive sur le mode "si vous avez aimé... vous aimerez aussi" pour mettre en avant ces ouvrages. Une initiative très bien vue selon moi. 

Et en France alors ?

En France, pas de mouvement spécifique (et pourtant, comme on le montrait au début de l'article, ce ne serait pas du luxe).

J'ai trouvé cette étude en ligne, proposée par une chercheure du lirdef (laboratoire interdisciplinaire de recherche en didactique, éducation et formation : "Éducation à la diversité et littérature pour la jeunesse : les représentations de l’enfant noir dans les albums illustrés". Il y a une liste des albums étudiés en fin d'articles. Mais on trouve plus facilement des documents sur le handicap à dire vrai. 

La commission Légothèque de l'AbF (page Facebook), dont je fais partie, et qui travaille sur la construction de soi et la lutte contre les stéréotypes a rassemblé quelques bibliographies de bibliothèques sur le sujet. Elle les distribuait lors du dernier congrès de l'AbF.

 

En ce qui concerne le handicap, c'est la commission Accessibib qui travaille plus particulièrement sur la question. Elle traite principalement de question d'accessibilité mais on trouve des retours d'expériences et des sélections d'ouvrage sur son blog (ils sont aussi sur Facebook). Sélections qu'on peut compléter par d'autres proposées par des bibliothèques : Bibliographie jeunesse sur les handicaps (BDP de la Somme) ou Bibliographie de livres jeunesse sur le handicap (BM de Cachan) par exemple.

Alors c'est le moment d'ajouter sur votre site le code pour ajouter le badge de soutien :

#WeNeedDiverseBooks

samedi 1 novembre 2014

Libri Mundi Horror installation

Voilà longtemps qu'il n'y avait eu de billets relatif au design de livres et de bibliothèque.

Je profite donc de la Toussaint en France et d'Halloween outre-atlantique pour vous présenter le travail de l'artiste Andrés Freile, directeur artistique de l'agence de publicité équatorienne La Facultad.

Répondant à une commande de la grande librairie quitenienne (de Quito, donc) Libri Mundi pour valoriser la littérature fantastique et d'horreur, l'agence a proposé l'installation suivante :

On peut voir la construction de l'installation sur ce site.

mardi 28 octobre 2014

Jouer à la BU

On entend un peu moins parler de jeux et de serious games en bibliothèque ces derniers temps. Pourtant c'est un sujet qui n'a eu de cesse de passionner les collègues ces dernières années : on peut citer la sortie du Médiathème sur le sujet au printemps dernier, et de récentes journées d'étude sur le jeu en bibliothèque en 2013 ou celle organisée par les élèves conservateurs de l'enssib en 2012.

Mais si de nombreuses bibliothèques publiques se sont emparées du jeu (cf la ludo-médiathèque de Fosses dans le Val d'Oise) et du jeu vidéo, c'est moins souvent le cas en bibliothèque universitaire.

Pourtant, plusieurs réflexions ont été développées autour de cette ressources. Et on trouve, en cherchant rapidement, de la littérature professionnelle notamment anglo-saxonne. En BU, donc, le jeu peut prendre toute sa place.
  1. en tant que collection

D'abord tout simplement pour répondre à des besoins d'études lorsqu'il y a des cursus liés au domaine. On répond ainsi aux besoins documentaire des étudiants et des chercheurs. C'était le cas par exemple en mars 2013 lorsque la BU de Lettres de l'Université de Lorraine à Nancy accueillait une exposition sur le jeu présentant le jeu comme un objet d'étude digne d’intérêt universitaire. L'ensemble entrait dans le cadre d'un master 2 de sciences cognitives où se tenait un cours sur les "game design et serious games" qui se focalisait sur les aspects de la conception d'un jeu vidéo.

Dans cette optique également, la bibliothèque de l'Université d'Illinois à Urbana-Champaign propose des jeux vidéo depuis 2006 par exemple. We are looking to support student interests, curricular and teaching needs, as well as the research of many scholars on campus. Cette bibliothèque collecte et prête des jeux, et les consoles qui vont avec.

Spontanément, je suppose que les ESPÉ probablement travaillent la question, mais proposent-ils quelque chose aux futurs enseignants, je ne sais pas.

Mais entendons-nous bien, cela ne concerne pas uniquement les enseignements liés à l'univers vidéoludique en tant que tel : lorsque la faculté de droit virtuelle de Lyon 3 (hélas en berne depuis le décès cet été de Gérard Delabre) investit les univers virtuels, il ne s'agit pas tant d'étudier les jeux vidéos ou l'univers virtuels que d'expérimenter de nouvelles modalités d'enseignements à distance, de nouvelles modalités tutorales. Comment dès lors, la bibliothèque accompagne-t-elle ces modalités expérimentales ?

  1. En tant que modalité de sociabilisation

Dans son billet, "La place du jeu en bibliothèque universitaire", Vicky Gagnon-Moutzouris évoque ce qu'elle appelle un rôle marketing pour attirer des étudiants, qu'elle illustre par l'organisation outre-atlantique de "gaming night" ou de tournois de console de jeux. Il s'agit pour elle de souligner l'importance de ces activités ponctuelles qui recentrent les établissements sur leur rôle social. L'organisation de tels événements demeure néanmoins plus rare dans l'hexagone même si certaines universités proposent des événements plus ou moins festifs qui dynamisent la BU (je pense notamment au festival Sciences et manga au SCD de Lyon 1, mais il ne me semble pas qu'ils aient organisés de temps de jeu parmi les multiples activités proposées).

C'était le cas également dans les bibliothèques de l'Université Pierre et Marie Curie qui, à l'occasion du 13e salon Culture et jeux mathématiques, en 2012, annonçaient une visite-jeu de piste des espaces ainsi que des animations permettant de (re)découvrir les jeux suivant : jeux de dames, d’échecs et de go, rubik’s cubes et autres casse-têtes.

Enfin, je mets de côté les jeux incitant à s'inscrire genre concours ou tombola (ex. SCD Valenciennes en 2011), aussi prestigieux soit le prix.

Cependant, là où je ne suis pas complètement d'accord, est qu'il me semble qu'il n'y a aucune raison pour cantonner les jeux à de seuls événements temporaires. On devrait pouvoir aller plus loin et acquérir ces derniers en BU au même titre que les mangas justement : dans des fonds détentes.

Dans cette optique de socialisation, nous pourrions également ajouter les activités d'exploration et autres jeux de pistes que proposent encore une fois nos collègues américains (cf. infra). Je n'ai pas connaissance d'exemples français, hors peut-être ce que propose la Bibliothèque nationale de France qui, dans ses visites thématiques, évoque jeu de piste et jeu de rôle. Mais il s'agit là de toucher un public jeune.

Ces jeux participent pleinement de la ludification (ou gamification) de l'espace tant physique que numérique. À Montréal, on trouve une idée de badges à débloquer dans l'interface même de la nouvelle Arène des jeux, certes plutôt dans un cadre de bibliothèque territorial : l'utilisation intensive du site permet de débloquer des points et accéder à des fonctionnalités exclusives.

C'est aussi ce que propose une société anglaise comme Librarygame : toujours dans cette logique de ludification, le site propose via une simple API, de collecter les interactions des visiteurs (aussi bien emprunts d'ouvrages que commentaires sur le site, notes des activités etc.) et de leur faire gagner des points par ce biais pour donner accès à du contenu spécifique ou des fonctionnalités plus importantes. Une réponse à la problématique de l'engagement et de la participation des usagers (vous savez, le fameux 90-9-1).


  1. En tant qu'outil d'apprentissage

Le jeu, comme outil d'apprentissage, a un potentiel éducatif important, comme l'expliquait Thierry Robert sur la gamification de l'éducation et de la littératie en 2012. De fait, les bibliothécaires commencent à s'intéresser aux potentialités éducatives des jeux, certes plus en bibliothèque municipale mais on voit émerger des initiatives en BU aussi. L'objectif est alors de rendre l'acquisition de compétences plus aisée parce que plus ludique, mais aussi de se placer dans l'univers de référence des étudiants qui ont grandi en jouant aux consoles portables, sur leur ordinateur et désormais à partir de terminaux mobiles.

En 2012, dans un article paru dans la revue Reference Services Review et intitulé "Digital games in academic libraries: a review of games and suggested best practices", Mary J. Snyder Broussard du Lycoming College recense ainsi pas moins de onze jeux utilisés dans des bibliothèques universitaires américaines. Les initiatives alors portent surtout sur l'acquisition de compétences informationnelles et la recherche documentaire.

Vous allez voir que ce genre de petits jeux en ligne fait florès...

A) Des jeux questions

Le plus simple : de petits jeux basés sur de simples questions-réponses à la manière d'un jeu de l'oie ou d'un trivial poursuite plutôt.


B) Des jeux d'aventure où le joueur incarne un personnage
(Role playing game)

Il s'agit là plutôt de jeu avec beaucoup de texte où le joueur, personnage principal, résout des énigmes et explore de nouvelles régions.
  • Library adventure game (Appalachian State University Library, 2008) demande au joueur de faire une recherche sur la place des femmes dans les médias, l'occasion de découvrir les bases sur lesquelles faire des recherches en fonction du type de document recherché.
  • Bioactive, (Université de Floride, 2008) transforme le joueur en enquêteur qui découvre un chercheur mort en  son labo. L'ensemble est finalement très statique et peu visible lorsqu'il faut cliquer sur les images
  • Gaming against Plagiarism, un jeu très bien fait proposé également par l'université de Floride qui se propose d'identifier des falsifications et fabrications de données ou du plagiat via des mises en situation.
  • LibraryCraft (Utah Valley University, 2011), fait endosser un costume de chevalier en armure ou de jeune femme qui font des recherches à travers ressources et catalogue pour vaincre un dragon.
  • It's Alive (Lycoming college, 2011) vous transforme en savant fou qui doit répondre à des questions sur le plagiat, les citations, la recherche en biologie pour assembler un monstre tel Frankenstein. 
  • Planet in Peril (Pennsylvania State, 2011) vous parle également de plagiat à l'occasion de rencontres avec des extraterrestres sur un campus.
  • Quarantined (Arizona State University, 2008) vous fait enquêter dans un campus atteint d'une épidémie. Utilisant vos compétences en recherche d'information, vous devez alors trouver les causes de cette maladie et un moyen de la guérir. Nouveauté : si vous ne trouvez pas en moins de 30 minutes, votre personnage contracte la maladie et meurt.
  • Order in the library (University of Texas)
était aussi évoqué Benevolent Blue (Université de Calgary, 2008) un jeu visant à combiner FPS (tir à la première personne) et recherche documentaire, mais ce dernier n'est plus accessible depuis 2010.




C) Des petits jeux

Souvent basés sur des concepts simples (trier et trouver), ils ont des objectifs simples et faciles à assimiler.
  • Goblin Threat (Lycoming College, 2008) : il faut trouver et cliquer sur tous les gobelins qui apparaissent à l'écran, ce qui déclenche l'apparition d'une question de recherche d'information pour faire disparaître le gobelin.
  • Nightmare on Vine Street [vidéo] (University of Tennessee at Chattanooga, 2010) : Le joueur est cette fois coincé la nuit dans la bibliothèque d'où il doit vaincre des zombies pour s'échapper. Une sorte d'escape game à partir de photos de la vraie bibliothèque (et de bibliothécaires grimés en zombie ! ).
  • Head Hunt (Ohio State University, 2008) est un ensemble de petits jeux permettant à un jeune étudiant de retrouver sa tête dans les ressources de la bibliothèque.
  • Doing Research: An Introduction to the Concepts of Online Searching (University of Illinois) se présente plutôt comme un tutoriel en flash qui explique les bases d'une recherche d'info. Par exemple, pour les opérateurs booléens, il demande de placer dans tel ou tel cercle les animaux qui correspondent aux critères sélectionnés.
  • Library Arcade (Carnegie Mellon, 2008) regroupe deux petits jeux : Within Range, vous demande de ranger rapidement des livres selon la classification de la bibliothèque du Congrès avant que le temps se termine et I'll get it, est un petit jeu très sympa où vous devez aider des étudiants dans leurs recherches d'information : vous allez les voir, interrogez le catalogue et en fonction de la question allez chercher des ressources que vous lui apportez au final. 


D) Des jeux qui mélangent physique et virtuel

Certains jeux mélangent des éléments réels avec les éléments en ligne, pas tant comme Nightmare in Vine Street où le joueur évolue dans la vraie bibliothèque et rencontre les vrais bibliothécaires grimés. Il s'agit plutôt de demander aux joueurs de faire une partie de leurs recherches dans les rayons physiques, une autre partie en ligne. 

  • Blood in the Stacks (Trinity University, 2008) : c'est une sorte de chasse aux trésors où il faut résoudre des énigmes. Les étudiants doivent trouver qui, parmi les bibliothécaires a volé un artéfact égyptien.  Le jeu se joue également dans la bibliothèque physique.
  • Secret Agents in the Library (Lycoming College, 2010) : Les étudiants jouent des agents secrets qui doivent empêcher un intrus de pénétrer dans la bibliothèque en répondant à des questions à partir de ressources en ligne et physiques.

E) Des jeux à réalité alternée

Ces jeux se déroulent en temps réel et se voient directement affectés par les décisions des joueurs.

  • L'article parle d'un Project Velius (Alabama University, 2008) mais les liens en ligne n'aboutissent nulle part.
  • En revanche, la bibliothèque de l'INSA de Lyon, Doc'Insa, a effectivement mis en place un tel jeu à réalité alternée au printemps 2013 (entre février et avril) autour d'un vol de documents avec trois temps forts : création d'un contexte d'incertitude à la bibliothèque (et annonces sur les réseaux sociaux), résolutions d'énigmes avec leur site dédié mettant en scène les services de la bibliothèque, soirée spécifique dans les locaux pour clore le tout en beauté. 

  • Un dernier exemple peut être une mise en scène de l'Université de Floride expliquée dans l'article de Margeaux Johnson, Amy Buhler etChris Hilman dans Journal of Library innovation (2010) : The Library is Undead: Information Seeking During the Zombie Apocalypse. Il s'agissait de mettre les étudiants en situation de recherche pour échapper aux bibliothécaires et autres étudiants grimés en zombies. Le jeu a duré une semaine, avec un seul zombie au départ. Ce fut l'hécatombe. Ce jeu, Humans vs Zombie (HvZ), n’a pas été inventé par l’Université de Floride mais par le Goucher College en 2005 et, depuis a été joué dans plus de 650 universités à travers le monde. Il y en a un qui a lieu en ce moment même à la Appalachian State University.

F) Les jeux sociaux

La catégorie de jeux suivante concerne ce que Mary J. Snyder Broussard appelle les jeux sociaux, des jeux qui utilisent des technologies sociales pour faire jouer ensemble (en collaboration ou en compétition) un très grand nombre de joueurs.

  • BiblioBouts (University of Michigan, 2010) est ainsi un jeu qui veut transformer l'activité -solitaire- de recherche d'information en expérience sociale, expliquent ses concepteurs. L'expérience a duré quatre ans, de 2008 à 2012. Le jeu consistait à faire chercher des ressources de qualités sur un sujet donné par des étudiants, qui importaient ensuite ces sources dans Zotero, et les évaluaient. Les étudiants ensuite votaient entre eux et, en fonction de ces derniers, gagnaient des points, débloquaient des badges en évaluant et commentant les articles de leurs camarades. À la fin du jeu, les étudiants repartaient avec une liste de sources validées pour leurs travaux de fin d'année (cf un diaporama de présentation).


G) Jeux sur terminaux mobiles

Bien sûr, avec la prégnance des terminaux mobiles, les bibliothèques se sont également intéressées à ce type de supports pour toucher les étudiants. Il s'agit de profiter des possibilités spécifiques proposées par les terminaux : appareil photo pouvant flasher des QR Codes, accéléromètre analysant les mouvements de la machine, géolocalisation etc.

On se souvient dans cet ordre d'idée du jeu Paris Comic Street, proposé par la Cité de l'Architecture pendant de l'exposition « Archi & BD, la ville dessinée ». Citons également :

  • NCSU Libraries Mobile Scavenger Hunt : une visite de la bibliothèque sous forme de chasse aux trésors : la bibliothèque prête des iPod touch aux étudiants, leur permettant de répondre à un questionnaire en ligne et de soumettre leurs réponses via Evernote (hop présentation de l'outil). Les équipes gagnent des points et la meilleure, un prix.

  • On retrouve le même principe avec Lyco Map Game, où il est proposé aux étudiants de prendre en photo des endroits spécifiques du campus universitaire pour les familiariser avec le lieu.

Effectivement, il y a là essentiellement des jeux américains. Probablement parce que ce sont ceux qu'on trouve le plus facilement en ligne parce qu'ils font souvent l'objet d'articles dans les journaux professionnels. Il me semble assez paradoxalement en effet que nous documentons peu ce que nous faisons alors que je suis certain que de nombreuses initiatives se déroulent un peu partout en France.

Alors n'hésitez pas : expliquez, racontez et diffusez tout ce que vous réalisez ! (à commencer par les commentaires de ce billet).

Pour en savoir plus :

mardi 30 septembre 2014

Un automate de prêt dans son téléphone

C'est encore à Singapour que cela se passe. 

crédit photo: DESMOND LIM

NLB mobile

Depuis le 23 septembre, la bibliothèque nationale de Singapour propose aux usagers de télécharger une application leur permettant de scanner les code-barres des ouvrages et de les emprunter directement sans passer par un quelconque automate ou à une banque de prêt. De plus, une fois le livre scanné, le système informatisé de gestion de la bibliothèque fait en sorte de désactiver la puce afin que les emprunts ne fassent pas sonner les portiques antivol à la sortie de l'usager.

Pour pouvoir utiliser l'application, les usagers doivent d'abord ouvrir un compte sur le nouveau système MyLibrary de la bibliothèque nationale. Ils reçoivent ensuite des identifiants par la poste sous cinq jours, ou immédiatement s'ils s'enregistrent dans l'une des bibliothèques du réseau. Il leur suffit ensuite de télécharger l'application, appelée NLB Mobile, dans leurs smartphone ou tablette puis de s'inscrire dans l'application.

L'application permet aux usagers d'enregistrer plusieurs comptes de lecteurs pour permettre aux parents, par exemple, d'enregistrer ceux de leurs enfants et d'emprunter pour toute la famille. Elle propose également un service de recommandations de lecture ou d'animations en lien avec l'historique d'emprunt de l'usager et son adresse géographique. Enfin, elle permet de vérifier la disponibilité des titres dans les différentes bibliothèques du réseau, de vérifier la date de retour des emprunts et de les renouveler le cas échéant.

Un ensemble extrêmement complet et impressionnant.


Une politique de service sur terminaux mobiles

Ce service s'insère dans une politique plus large de la bibliothèque, résolument tournée vers les terminaux mobiles comme outils d'amélioration des modalités de délivrance des services. Une politique pas si innocente que cela puisque la ville possède le plus important taux de pénétration des terminaux mobiles dans la population du monde : 156% en décembre 2013.

De fait, la bibliothèque nationale de Singapour possède une présence mobile affirmée.

Elle propose ainsi aux usagers d'accéder rapidement à du contenu numérique via l'application MobileRead. On y trouve des ressources en open-access pour les usagers sans comptes lecteurs, et un accès aux nombreuses ressources numériques de la bibliothèque. 



la bibliothèque possède également depuis plusieurs années un site mobile : Library in Your Pocket (LiYP), un portail de ressources adapté aux terminaux mobiles et offrant un accès à de nombreux services :

  • La recherche dans le catalogue et la réservation de ressources ;
  • L'actualité des animations de la bibliothèque et des derniers titres reçus ;
  • L'accès au compte lecteur pour vérifier et renouveler ses emprunts ;
  • L'accès au blog de la bibliothèque ;
  • L'inscription à des notificatios et des alertes électroniques ;
  • L'accès à des titres de livres et de périodiques numériques ;
  • Des informations pratiques sur les horaires des bibliothèques du réseau et les personnes à contacter.

Ok, sur le dernier, le design est à revoir. Et c'est tant mieux parce que la bibliothèque serait bien frustrante sinon. Mais l'ensemble donne vraiment envie...

Pour aller plus loin :

En août, une communication était proposée sur cette nouvelle application de prêts au congrès de l'IFLA : 

ONG, Ian and GOH, Cindy and CHUA, Lilian and PAK, Peter (2014) Empowering the Library Patron: The Public Libraries of Singapore’s experience with transactional services delivered through a mobile application. Paper presented at: IFLA WLIC 2014 – Lyon - Libraries, Citizens, Societies: Confluence for Knowledge in Session 210 - Information Technology. In: IFLA WLIC 2014, 16-22 August 2014, Lyon, France.

L'article est disponible en anglais à : http://library.ifla.org/906/1/210-ong-en.pdf

jeudi 25 septembre 2014

Découvrez la future bibliothèque d'Helsinki

En 2017 ouvrira à Helsinki une toute nouvelle bibliothèque centrale, dont l'objectif et le but est de réussir l'alliance de la tradition et de la modernité. Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir la vidéo de présentation. 

La bibliothèque sera située à proximité d'un carrefour important de circulation, dans un quartier où se trouvent également la Maison de la musique, le Musée d'art contemporain, le Musée des beaux-arts, le Musée Ateneum, mais également le Parlement. Les travaux commenceront à l'automne 2016 pour une fin programmée en 2018 afin de célébrer le centenaire de l'indépendance finlandaise. En effet, la nouvelle bibliothèque fait partie intégrante du projet du centenaire officiel du gouvernement finlandais.

Des espaces différenciés en fonction des usages

La vidéo nous présente la future bibliothèque. On y voit un bâtiment de deux étages -conçu par le cabinet finnois ALA Architects- chacun dédié à un usage en particulier :
- Le rez-de chaussée est dédié aux usages bruyants, aux espaces de rencontres, aux animations
- Le 1er étage se veut une "forge où les idées et les compétences prennent vie"
- Le 2e étage reprend des usages traditionnels de lecture, de calme, de réflexion et de contemplation.

L'idée initiale était d'arriver à répondre aux différentes visions de la bibliothèque aujourd'hui : un lieu de silence et un lieu de rencontres, d'animation, un lieu où on consulte des livres papiers et où on trouve des ressources numériques, avec des événements réguliers et des happenings, où l'on peut travailler et se reposer etc.

Dans cette optique, donc, le rez-de-chaussée se voudra un espace animé : il comprend le hall, un espace d'expositions temporaires, un amphithéâtre-cinéma, une bibliothèque pour les familles, un café-restaurant et un espace de rencontre, juste pour traîner. Les architectes imaginent cet étage comme l'espace le plus actif dans la bibliothèque, la ville et la bibliothèque se croisent, avec de larges ouvertures vitrées vers l'extérieur.

Le premier étage sera, quant à lui, dédié aux activités de création. On entre là dans la continuité des réflexions autour du DIY et de la bibliothèque comme espace de Faire. À l'usage traditionnel de travail, l'étage se voudra un lieu de création, d'interaction et d'apprentissage par la pratique. Ici vous trouverez des studios d'enregistrement, des salles de jeux, un makerspace et un living lab, une cuisine, et des espaces modulables pouvant accueillir des ateliers, des réunions et autres échanges. Comme on est en Finlande, le projet prévoit aussi un sauna dans la bibliothèque ! Du point de vue architectural, l'ensemble apparaît comme autant d’ilots éparpillés dans un espace ouvert.

Le second étage souhaite enfin se recentrer sur l'usager et lui proposer un espace tranquillese détendre et se concentrer. Il s'agit de se poser, de feuilleter un livre, de travailler en silence ou simplement admirer la vue sur la ville. C'est ici que seront proposées la plupart des collections de la bibliothèque à côté d'espaces identifiés comme des zones silences, des zones et collections enfants, un second café. La vidéo montre un étage lumineux, toujours largement ouvert, agrémenté d'arbres à l'intérieur de la bibliothèque, 
et ouvert sur la ville via de grands balcons. Autant le premier étage fait sombre, industrieux, autant le second se veut cotonneux et blanc. En fait, je suis un peu sceptique sur l'organisation au quotidien d'un espace si grand et ouvert.

Les bibliothèques en Finlande

Les bibliothèques sont très utilisées en Finlande. D'après L'Enquête paneuropéenne destinée à évaluer les perceptions des utilisateurs à l’égard des avantages liés aux technologies de l’information et de la communication dans les bibliothèques publiques proposée par Quick, Prior, Toombs, Taylor et Currenti en 2013, 67% des finlandais fréquenteraient une bibliothèque (contre 26% en France). Elles clament, en 2011, une moyenne de 18 emprunts par Finlandais dans les bibliothèques municipales, et 84 téléchargements par usagers dans les bibliothèques universitaires. Toutes les bibliothèques sont gratuites pour les usagers, y compris les bibliothèques universitaires et de recherches la bibliothèque du Parlement et la bibliothèque nationale. 

La Finlande bénéficie d'un "décret sur les bibliothèques" promulgué par le Ministère de l'éducation dès 1998.

Les bibliothèques se tournent résolument vers les usagers, abaissant ou supprimant les banques de renseignements, demandant aux professionnels de parcourir les collections et de proposer de manière proactive leur aide et un accès aux services ; des services parfois innovants comme le programme Reading Assistant Dogs censé aider les personnes ayant des difficultés à lire en leur proposant de lire une histoire à un compagnon canin, ou le programme participatif initié par la bibliothèque nationale de corriger les erreurs dans l'index des périodiques anciens finnois par le biais de petits jeux ("Hunt the Mole"). Il y avait aussi un "Lab" des bibliothèques finnoise qui réfléchit à l'avenir de la profession (mobilité, open data, participation etc.)

Pour aller plus loin

mardi 23 septembre 2014

La NFC au service des bibliothèques


Les QR Codes demeurent l'outil le plus connu pour réaliser des passerelles entre ressources physiques et ressources numériques. Une passerelle, parce que le QR Code, par une simple lecture, peut vous renvoyer vers du contenu en ligne pour enrichir vos collections papiers, simplement permettre une continuité d'offre de service et de ressources ou faciliter le mode de rendu d'un service. Je vous renvoie vers les différents billets déjà rédigés sur le sujet.

Les QR Codes demeurent l'outil le plus connu, certes, mais il ne sont pas les seuls.

Si je reste dans cette limite de technologie permettant de renvoyer vers du contenu en ligne, nous pouvons évoquer également la technologie NFC.

1. Une technologie émergente

NFC signifie Near Field Communication, la "communication en champ proche". Il s'agit d'une technologie permettant de transmettre et de diffuser de l'information, à distance, sur une courte distance (10 cm maximum, 4 cm conseillés) en haute fréquence. Pour vous donner une comparaison, cette technologie s'apparente aux puces d'identification à Radio-Fréquence (RFID) dont les bibliothécaires équipent de plus en plus leurs documents afin de les rendre notamment accessibles aux automates de prêt notamment.

De plus en plus de terminaux sont équipés de cette technologie (liste des appareils compatibles), déjà populaire en Asie comme souvent pour les technologies mobiles : Apple vient de révéler la présence d'une puce dans son dernier iPhone 6 pour l'instant uniquement en lien avec son nouveau service de paiement en ligne l'Apple Pay. Une volonté de pousser une technologie déjà présente depuis plusieurs années, sans grand succès jusqu'alors. Les usagers, et les français, demeurent mal à l'aise avec ces paiements sans contact.

Pour rappel, la NFC équipe depuis quelques années les terminaux de Samsung dont le Galaxy S4 permettant, paraît-il, aux salariés du nouveau campus de SFR situé en Seine-Saint-Denis de badger, d'utiliser l'ascenseur ou encore de lancer des impressions.

En France, les données nous sont fournies par l'Observatoire du NFC et du sans contact, dont les derniers chiffres de juillet 2014 indiquent 6.6 millions d'appareils mobiles, 25 millions de cartes de paiement et seulement 17% de commerçants équipés.

Bref, tout cela pour dire que malgré son âge, cette technologie demeure dans le champs des possibles en terme d'appropriation par les usagers et les entreprises.

Si on souhaite comparer avec d'autres technologies passerelles, la NFC se veut plus directe que l'utilisation des QR Codes ou d'applications de réalité augmentée. Plus besoin de télécharger une application, d'utiliser l'appareil photo de son terminal mobile puis d'être renvoyé vers une page tierce. Les usages sont plus rapides, plus transparents.

Par rapport à d'autres technologies sans fil, comme le Bluetooth ou le Wi-fi, la NFC se veut encore une fois plus simple d'utilisation, ces derniers demandant souvent de nombreux et plus ou moins complexes paramétrages. De plus, les puces NFC, très réduites, sont conçues pour qu’un lecteur puisse dialoguer avec plusieurs d’entre elles de manière simultanée, sans risque de collision, ce qui n'est pas possible en Bluetooth par exemple.

2. Usages et limites

Si l'on s'en tient à cette possibilité d'échanges de données sans contact, les usages potentiels n'en demeurent pas moins nombreux.

On a déjà évoqué des possibilités de paiement (crypté convient-il de préciser puisque la technologie embarque le cryptage des données pour un paiement sécurisé).

On pourrait évoquer aussi un usage pratique comme le fait de badger pour ouvrir des portes. Ainsi, le Clarion Hôtel de Stockholm utilise-t-il cette technologie pour l'ouverture de ses chambres ou encore l'Université d'État de l'Arizona qui proposait en 2012 un programme pilote proposant aux étudiants d'utiliser les puces de leur téléphone pour accéder à leurs chambres. Les retours sont plutôt bons : 80% des étudiants ne voyant pas de différence avec leur carte d'étudiants et 90% espéraient utiliser ce mode d'authentification pour l'ensemble des portes du campus.

Parmi les applications les plus répandues se trouvent encore les tickets de transports dématérialisés (trains, métro (Strasbourg, Nice, Caen, Lille...), Air France à Toulouse, même vélos à Nice), le partage de photos, fichiers ou vidéos, le port d'informations médicales (une carte Vitale dans la puce en quelque sorte), de jeux (en 2012, découverte de l'agglomération de Caen la Mer par exemple) ou le transfert d'informations contextualisées :

  • La RATP équipe ses arrêts de bus pour permettre aux usagers de récupérer les horaires sur leur téléphone
  • l’Agence de Développement Touristique de l’Ardèche vient d'équiper 5.000 lieux de vacances de points NFC renvoyant vers un contenu multimédia régional sur des sites touristiques particuliers
  • en 2013, à la Friche La Belle de Mai de Marseille, le Centre national des arts plastiques et Orange ont monté en collaboration avec l'artiste Pierre Giner une exposition uniquement visible via NFC. Il fallait scanner de larges blocs noirs pour que les visiteurs puissent accéder à l’œuvre sur une page en ligne spécialement développée pour l'occasion.

Parmi les limites cependant de cette technologie demeure la peur d'une perte de contrôle de ses données privées pour l'utilisateur. C'est probablement le plus grand frein. En réponse, les constructeurs précisent que la courte distance nécessaire aux échanges est une garantie pour l'utilisateur puisqu'elle suppose une démarche volontaire de l'utilisateur et normalement ne peut pas être utilisée à son insu (en fait, cela n'exclut pas la collecte des données NFC par le système lui-même, qui reste capable d'historiser les usages de l'utilisateur).

Bien sûr, on pourrait citer d'autres limites comme le fait que les usagers ne sont pas tous technophiles, ni ne comprennent vraiment le symbole indiquant la présence d'une puce NFC, avec une prise en main réelle limitée. Ou simplement souligner la nécessité d'un bon équipement (terminal mobile, mais aussi présence d'un bon réseau), ce qui n'est pas sans renvoyer vers des questions de fracture numérique derrière...


3. Et en bibliothèque ?

Pourtant, les applications en bibliothèques sont nombreuses. Je parlais des QR Codes en début d'article, potentiellement une puce NFC peut les remplacer toutes, depuis le téléchargement d'informations pratiques (comme les horaires de bus à Paris), le renvoi vers des collections numériques, l'enrichissement de collections vers des apports extérieurs comme à la Friche La Belle de Mai (mais cette fois vers des cartels, des explications plutôt que vers les œuvres elles-mêmes), le renvoi vers des formulaires, le catalogue etc.

À dire vrai, les expériences demeurent peu nombreuses. Citons cependant :

La bibliothèque de Hannô, au Japon :

"D’ores et déjà fonctionnel grâce à une centaine de puces récemment installées, ces informations additionnelles sont le plus généralement relatives aux auteurs des livres (et fournissent par exemple des liens vers Wikipédia), aux autres ouvrages en liaison avec celui qui les intéressent et permettent surtout aux lecteurs les plus voraces de réserver un livre directement depuis leur mobile.

 
 

L’usage de ces tags NFC devrait à l’avenir permettre au gouvernement [japonais] de créer une liaison entre les bibliothèques de tout le pays pour permettre aux individus de savoir dans quelle bibliothèque se trouvent les livres en liaison avec leurs centres d’intérêt. Notons enfin qu’il sera également possible pour les lecteurs d’évaluer les livres, de laisser des commentaires, mais aussi de les examiner à distance grâce au cloud."

À Barcelone, en Espagne, plusieurs points de contacts pour terminaux mobiles proposent des informations via des QR codes et de la NFC qui renvoient vers des informations pratiques : géolocalisation de la bibliothèque du réseau la plus proche dans un rayon de 2km permettant d'en connaître les horaires d'ouvertures, des vidéos de présentations, la liste des animations etc. Ce projet était évoqué à l'occasion d'une intervention "Onsite versus online settings: two ways of reaching the users in the library of Barcelona" proposée cet été à l'occasion d'un congrès satellite de l'IFLA sur les bibliothèques publiques à Birmingham ("Public library futures in a global digital world").

Enfin, dernier exemple, à Pori, en Finlande, des chercheurs aidés de collègues de la bibliothèque municipale locale, cette fois, qui présentaient toujours à l'IFLA un jeu multijoueur de réalité mixte basé sur la technologie NFC, "The litterature race", pour motiver les enfants à chercher des informations dans les livres et, partant, les aider à devenir plus familiers avec les bibliothèques et la recherche d'information.

Au début du jeu, une vidéo se lance montrant un agent de la Littérature avertissant les joueurs qu'un complot se joue contre la bibliothèque que vous êtes les seuls à pouvoir empêcher. Pour cela, il faut résoudre un code caché dans divers messages. Il faut donc trouver et scanner au moins une trentaine de livres pour faire apparaître les messages et les codes cachés. Dans cette première vidéo, on a un indice pour trouver le premier livre : un mot qui doit ensuite se trouver dans le titre d'un ouvrage. Si l'indice est "Monde", il faut donc trouver un livre dont le titre contient "monde" (ex : le tour du monde en quatre-vingt jours). On peut demander de l'aide à un bibliothécaire en cas de besoin. Les enfants gagnent des points si : 1. ils n'ont pas fait d'erreur dans les titres trouvés 2. ils ont été plus ou moins rapides 3. ils ont respectés les règles de la bibliothèque (ne pas courir, ni crier), ce que l'application vérifie en utilisant l'accéléromètre ou le microphone de la tablette (c'est vicieux, oui).

Quand les enfants ont trouvé un livre, ils scannent en plaçant la tablette sur la couverture pour en faciliter la reconnaissance par l'application. Cela peut se faire en NFC ou en RFID. L'idée étant surtout d'aller au-delà du simple "touche l'écran et quelque chose va se passer" pour rendre l'expérience encore plus réelle et ludique.

Et vous, vous connaissez d'autres exemples d'usages de la NFC en bibliothèque ? 




Pour aller plus loin :

Sur la NFC :

Sur les dispositifs passerelle :

jeudi 11 septembre 2014

Emprunter un robot à la bibliothèque

Depuis mai 2014, le réseau des bibliothèques publiques de Chicago propose à ses usagers d'emprunter des robots. Pas seulement un ou deux, nous parlons là d'une flotte de pas moins 500 robots, disponibles en plus des livres et autres DVD dans les collections.  Les robots peuvent être empruntés dans six bibliothèques du réseau ou en ligne via le système de réservation habituel, un par un ou par groupe de cinq (on vise là les enseignants ou les associations).

source : abc7Chicago

Inventés par le Carnegie Mellon University Create Lab, ces robots ont une fonction bien précise : ils sont censés aider les résidents de tous âges à découvrir les joies du code informatique. L'usager branche le robot à son ordinateur, télécharge un programme avec les commandes, un tutoriel, et peut commencer à donner des ordres à son appareil. Le cadeau est gracieusement offert à la bibliothèque par Google Chicago (à raison de US$100 le robot quand même).

De leur petit nom Finch Robot, ces gadget à peine plus grand que la main peuvent être programmés pour bouger, faire du bruit, s'allumer dans tous les sens. D'abord proposés aux adultes, certains programmes de code seraient accessibles à un enfant de seulement 8 ans.

Des plans de cours et des tutoriels sont disponibles en ligne sur le site dédié finchrobot.com. Une video vous permettra même d'en apprendre plus et vous montrera le robot en action.

Bien sûr, le partenariat n'est pas anodin. Il s'agit pour Google officiellement d'inspirer une nouvelle génération de programmeurs et d'ingénieurs informaticien. Pour le maire Rahm Emanuel, l'opportunité est grande d'améliorer la formation des habitants en sciences, technologie, ingénierie ou maths.

Et puis quelle publicité !

The Finch in Three Minutes

mardi 9 septembre 2014

L’angoisse de la bibliothèque

En 1986, Constance A. Mellon, formalisait le concept d’angoisse de la bibliothèque.

Cette angoisse toucherait un nombre relativement important d’usagers à des degrés plus ou moins marqués et désignerait une peur à la fois de la bibliothèque comme espace (dans son taille, dans son aménagement, dans son organisation et le classement des documents) souvent alors considéré comme confus, et à la fois de la bibliothèque comme moyen pour trouver des ressources (services, ressources, formations…). Une barrière psychologique forte empêchant les étudiants d’utiliser de manière efficace la bibliothèque, sur place et à distance.


The Anxiety of Searching for a Book, UCLA

1. Théorie de l’angoisse de la bibliothèque

Dans son article fondateur (du moins qui formalise le concept puisque de précédentes études montraient déjà une certaine appréhension des publics),Library Anxiety: A Grounded Theory and Its Development, paru dans College and Research Libraries en mars 1986, Constance A. Mellon décrit un travail mené sur deux ans portant sur les sentiments des étudiants au moment de faire des recherches à la bibliothèque. Les résultats sont sans appel : 75% à 85% des étudiants évoquent un sentiment de peur quant il s'agit d’utiliser pour la première fois la bibliothèque et de manière plus récurrente au moment de recherches. Une analyse d’écrits personnels des étudiants lui permet ainsi d’identifier des thèmes récurrents de peur, confusion, sentiment d’être dépassé, perdu, sans aucune ressource, toujours en cet instant fatifique de conduire leurs recherches d’information. C’est en liant ces sentiments à l’anxiété des Maths ou celle liée aux examens qu’elle forge cette notion « angoisse de la bibliothèque ». 

Cette angoisse peut se traduire de plusieurs façons :

  • Peur du lieu bibliothèque, souvent décrit par sa taille impressionnante;
  • Ne pas savoir où trouver de l’information, ni comment elle est organisée ;
  • Manque de confiance en soi sur la façon de conduire des recherches ;
  • peur du bibliothécaire lui-même avec un refus de demande d’aide ;
  • Impression d’être le seul à ne pas comprendre comment fonctionne la bibliothèque ;
  • Sentiment de paralysie au moment de commencer des recherches d’information.

De là, les étudiants paraissent moins concentrés sur leurs travaux et ne parviennent pas à faire des recherches correctement. Mellon précise : « Students become so anxious about having to gather information in a library for their research papers that they are unable to approach the problem logically or effectively ». Cela peut aller, selon les recherches de nos collègues américains dans le domaine, jusqu’à l’échec pour l’obtention de son diplôme (Onwuegbuzie et Jiao, 1998).

Sans aller jusque-là, d’autres chercheurs depuis ont démontré la permanence de ce sentiment négatif vis-à-vis de la bibliothèque (Bostick, 1993), tandis que Jiao, Onwuegbuzie,et Lichtenstein étoffaient le concept en expliquant que ces sentiments pouvaient avoir des conséquences cognitives, affectives, physiologiques et comportementales interférant directement avec l’accomplissement de tâches informationnelles (Jiao,Onwuegbuzie,and Lichtenstein,1996).

Cette angoisse est considérée comme étant un phénomène unique, spécifique à l'environnement bibliothèque et non lié à l'anxiété générale liée aux études supérieures et de premier cycle. Bien qu'il ait été suggéré que certaines de ses dimensions, comme demander de l'aide, peut être liée à des traits de personnalité indépendants de la bibliothèque, aucune preuve empirique n’a encore été fournie pour étayer cette proposition.

2. Une échelle de mesure

En 1992, Sharon Bostick propose une échelle de mesure pour détecter et évaluer l’angoisse potentielle causée par la bibliothèque sur les étudiants. Cette échelle identifie plusieurs domaines porteurs d’angoisse :

  • Les relations avec les professionnels [Barriers with staff]: Les personnels sont perçus comme intimidants, inaccessibles et de toute façon trop occupés ou ayant d’autres tâches plus importante à faire que d’aider les usagers ;
  • Les compétences informationnelles perçues [Affectives barriers]: l’étudiant se sent incapable de faire des recherches et d’utiliser la bibliothèque comme lieu de ressources, sentiment renforcé par l’idée qu’il est seul à être perdu et confus ;
  • L’espace physique [Comfort with the library]:  un sentiment de confort, de sécurité, de bon accueil offert par la bibliothèque, lié aussi à l’agencement et les mobiliers favorisent ou non l’accueil des étudiants ;
  • L’organisation interne [Knowledge of the library] : l’étudiant ne comprends pas comment est organisée la bibliothèque, il n’a aucun sentiment de familiarité, se sent frustré. 
  • L’abondance des machines [Mechanical barriers] : sentiment liés aux machines, aux équipements, à l’ordinateur… un étudiant ayant du mal à utiliser les machines étant susceptible de développer une angoisse plus profonde

[Télécharger l'échelle de Bostick : Library_Anxiety_Scale.docx]

En 1997, Owuegbuzie ajoute :
  • La disponibilité des ressources [Resources anxiety]: frustration liée à la disponibilité des ressources, notamment à l’absence de plein texte lors d’une recherche en ligne.

Plusieurs recherches se sont alors concentrées sur l’origine de cette angoisse, essayant de déceler des facteurs directs ou indirects. Si aucun facteur direct n’a été décelé, plusieurs facteurs indirects sont alors proposés, avec des origines situationnelle, contextuelle, ou dispositionnelle (que l’étudiant apporte avec lui).

source : Library Anxiety: Theory, Research, and Applications Par Anthony J. Onwuegbuzie,Qun G. Jiao,Sharon L. Bostick


Parmi ces variables, Jiao et Onwuegbuzie ont surtout identifié :

  • Faible niveau d’acceptation sociale perçue
  • Injonction sociale à la perfection
  • Procrastination académique
  • Mauvaises habitudes de travail
  • Faible compétences en lecture
  • Modalité d’apprentissages
  • Faibles compétences informatiques
  • Faibles espoirs pour renverser des obstacles liés à la poursuite d’objectifs
  • Interdépendance sociale

Certaines de ces recherches identifient un lien complexe entre cette angoisse de la bibliothèque et d’autres angoisses liées aux études supérieures, à la Recherche, à la communication en public, bref tout un ensemble influant plus ou moins directement l'étudiant.

source : Library Anxiety: Theory, Research, and Applications Par Anthony J. Onwuegbuzie,Qun G. Jiao,Sharon L. Bostick

3. Lutter contre cette angoisse

Les travaux qui s’intéressent à réduire un tel sentiment se concentrent alors sur la façon dont rendre la bibliothèque plus acceptable, confortable pour les étudiants en leur donnant soit les compétences pour développer leur connaissance du lieu et la confiance en eux, soit de les rassurer sur l’aspect usuel, normal du phénomène et de leur expliquer les stratégies à mettre en oeuvre pour dépasser ses effets négatifs.

Il s’agit alors de travailler sur les formations dispensées tant au niveau du contenu que de l’attitude du bibliothécaire. Le fait est qu’un étudiant mieux formé sera plus familier du lieu et verra son angoisse circonscrite. Plus largement, faciliter les rencontres avec les professionnels, faire comprendre et savoir qu’il y aura toujours quelqu’un pour les accueillir, répondre à leurs questions sans les juger et les soutenir dans leurs recherches.

La simple reconnaissance d’une telle angoisse est de nature à la réduire. De ce fait, plusieurs propositions ont été formulées :

  • Raconter ce sentiment ou des expériences similaires de façon plus ou moins humoristiques via des vidéos ou des séances de discussions entre étudiants
  • Informer les étudiants que les mauvaises expériences à différents niveaux de la recherche d’information sont normales
  • Évoquer ce genre d’angoisse au moment des formations

Mais d’une manière générale, il s’agira de faire de la bibliothèque un lieu amical, tourné vers l’usager, de travailler sur les comportements des professionnels, fournir une expérience positive du lieu bibliothèque et de renforcer les formations. En soi, rien de bien extraordinaire.

Plusieurs bibliothèques travaillent activement sur le sujet et n'hésitent pas à accompagner les étudiants qui pourraient en être vicitme. Ainsi la bibliothèque de la Washington State University, propose-t-elle un libguide spécifique donnant des pistes pour mieux appréhender les lieux ou jouant sur les stéréotypes du bibliothécaire.

En fait, nous faisons de même et travaillons également via la médiation numérique documentaire à améliorer l'expérience usager, partant, à réduire cette angoisse inhérente de la bibliothèque. Cela va sans dire. Mais cela va mieux en le disant. 


Pour aller plus loin :

jeudi 4 septembre 2014

L'espace ados de la bibliothèque de Brossard (Qc)

En janvier 2014 a ouvert un tout nouvel espace ados à la bibliothèque Georgette-Lepage, à Brossard, près de Montréal. Exclusivement réservé aux jeunes âgés de 12 à 17 ans, cet espace est situé dans un ancien local d'entreposage de près de 135 m², au sous-sol de la bibliothèque et se voit, de fait, séparé physiquement du reste de l'institution, créant un lieu clos, où ils peuvent se réunir, partager des intérêts communs, jouer, travailler. 

Un espace pensé et dédié aux adolescents

La bibliothèque n'avait pas d'espace libre pour accueillir les ados particulièrement. L'idée fut donc proposée d'utiliser un local d'entreposage dans les sous-sols de la bibliothèque. Le réaménagement, mené en collaboration avec un designer d'intérieur et un architecte a abouti à la formalisation d'une pièce multifonctionnelle, aménagée en quatre zones : travail, lecture, sociabilisation et détente. Chacune des zones est délimitée par une couleur propre sans autre barrière, ce qui permet de rendre l'ensemble lumineux, joyeux (on est au sous-sol, sans lumière naturelle donc) et fluidifie l'utilisation des lieux. Le mobilier léger, sur roulette ou empilable, permet une reconfiguration rapide des espaces selon les besoins. Une estrade se déplie devant les écrans. Il est permis de manger des collations et des repas froids ainsi que de boire. Un tableau blanc, installé dans le corridor d’entrée, permet aux usagers de laisser un message, une marque, un dessin. L'ensemble a coûté pas moins de 240.000 $ canadiens à la municipalité de Brossard.

L'espace n'est pas laissé sans surveillance pour autant. Il propose toute une panoplie de services dédiés aux adolescents assurés -presque- en permanence par trois animateurs. Il est accessible du lundi au vendredi, de 16h30 à 20h et les samedi et dimanche de 12h à 17h.

Ainsi du lundi au jeudi du 16h30 à 18h30, des enseignants sont sur place pour aider les jeunes avec leurs devoirs. Cette aide est complétée par une borne interactive "Allo Prof", une collection de manuel et de livres de références descendus pour l'occasion et la possibilité d'emprunter des ordinateurs portables. On peut même utiliser, disponible dans une bannette ou sur demande, feuilles à carreaux, règles, crayons, ciseaux, compas, calculatrice... et tout matériel dont un ado pourrait avoir besoin. Côté collections, les ados peuvent lire des bandes dessinées, des revues, écouter de la musique sous des dômes d'écoute musicale, jouer à des jeux vidéo, de société mis à leur disposition. Plusieurs animations spécifiques sont également organisées, depuis la soirée jeux vidéo et de société à la projection de films ou l'organisation d'ateliers artistiques. Le vendredi est ainsi destiné à accueillir ce genre d'animation (tournoi d'impro, pizza party, tournoi FIFA 2014...) Un samedi par mois, un invité propose un atelier ou une conférence sur un sujet qui intéresse les ados. Il est possible également sur cerains poste d'utiliser des logiciels de montage vidéo, un peu à la manière d'un fablab. 

Une présence en ligne à poursuivre

Afin cependant de poursuivre l'expérience en ligne, l'espace ado s'est doté d'un nom "Soda", choisi par un jury de jeunes de 12 à 17 ans à l'issu d'un concours organisé pour les ados et renforcer l'implication du public visé. Le nom choisi, il s'est ensuite vu décliné en logo.

Cette identité permet de renforcer également la présence en ligne de Soda. Il possède en effet son propre site, doublé d'une page Facebook. Vous y trouverez d'autres images de l'espace lui-même.  Cette page sert essentiellement à communiquer avec les ados, annoncer les prochaines activités, mais ne semble pas si utilisé par les ados que cela. Il semble qu'elle manque encore d'interaction, sachant que l'espace lui-même n'a que huit mois.

Le site se veut un équivalent numérique de l'espace. On y trouve un blog annonçant les coups de cœur des bibliothécaires. Je suppose d'après la mise en page du billet (rédigé par : la bibliothécaire) qu'il espère diffuser également les coups de coeur des ados eux-mêmes. Au-delà, on y retrouve l'agenda des activités à venir, une page rassemblant les ressources pour l'aide aux devoirs, une liste de contacts pour les jeunes en questionnements (aide téléphonique, SOS suicide, numéro d'aide à la dépendance, problème de violence, questions autour de la sexualité, communautés culturelles,mais aussi la maison d'emploi des jeunes un peu perdue dans cet ensemble de numéros d'aide). un espace jeux liste les ressources disponibles (vidéo ou non) tandis qu'une page destinée aux enseignants rappelle les partenariats qui peuvent être menés. Encore une fois, je ne suis pas certain que cette page ait sa place ici, ou du moins au même niveau que les autres informations. Si le site s'adresse d'abord aux ados, il conviendrait, à mon sens, de minimiser les informations destinées aux adultes.

Mais aussi...

La bibliothèque de Brossard songe maintenant à créer, dans ses locaux, un espace pour les séniors. Cet espace en cours de mise en œuvre propose des fauteuils confortables, un guide des ressources spécifiques, des livres en gros caractères ainsi que des ordinateurs aux claviers adaptés (touches plus grosses, lettres larges et raccourcis)...

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