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Recherche - Birmingham

mardi 23 septembre 2014

La NFC au service des bibliothèques


Les QR Codes demeurent l'outil le plus connu pour réaliser des passerelles entre ressources physiques et ressources numériques. Une passerelle, parce que le QR Code, par une simple lecture, peut vous renvoyer vers du contenu en ligne pour enrichir vos collections papiers, simplement permettre une continuité d'offre de service et de ressources ou faciliter le mode de rendu d'un service. Je vous renvoie vers les différents billets déjà rédigés sur le sujet.

Les QR Codes demeurent l'outil le plus connu, certes, mais il ne sont pas les seuls.

Si je reste dans cette limite de technologie permettant de renvoyer vers du contenu en ligne, nous pouvons évoquer également la technologie NFC.

1. Une technologie émergente

NFC signifie Near Field Communication, la "communication en champ proche". Il s'agit d'une technologie permettant de transmettre et de diffuser de l'information, à distance, sur une courte distance (10 cm maximum, 4 cm conseillés) en haute fréquence. Pour vous donner une comparaison, cette technologie s'apparente aux puces d'identification à Radio-Fréquence (RFID) dont les bibliothécaires équipent de plus en plus leurs documents afin de les rendre notamment accessibles aux automates de prêt notamment.

De plus en plus de terminaux sont équipés de cette technologie (liste des appareils compatibles), déjà populaire en Asie comme souvent pour les technologies mobiles : Apple vient de révéler la présence d'une puce dans son dernier iPhone 6 pour l'instant uniquement en lien avec son nouveau service de paiement en ligne l'Apple Pay. Une volonté de pousser une technologie déjà présente depuis plusieurs années, sans grand succès jusqu'alors. Les usagers, et les français, demeurent mal à l'aise avec ces paiements sans contact.

Pour rappel, la NFC équipe depuis quelques années les terminaux de Samsung dont le Galaxy S4 permettant, paraît-il, aux salariés du nouveau campus de SFR situé en Seine-Saint-Denis de badger, d'utiliser l'ascenseur ou encore de lancer des impressions.

En France, les données nous sont fournies par l'Observatoire du NFC et du sans contact, dont les derniers chiffres de juillet 2014 indiquent 6.6 millions d'appareils mobiles, 25 millions de cartes de paiement et seulement 17% de commerçants équipés.

Bref, tout cela pour dire que malgré son âge, cette technologie demeure dans le champs des possibles en terme d'appropriation par les usagers et les entreprises.

Si on souhaite comparer avec d'autres technologies passerelles, la NFC se veut plus directe que l'utilisation des QR Codes ou d'applications de réalité augmentée. Plus besoin de télécharger une application, d'utiliser l'appareil photo de son terminal mobile puis d'être renvoyé vers une page tierce. Les usages sont plus rapides, plus transparents.

Par rapport à d'autres technologies sans fil, comme le Bluetooth ou le Wi-fi, la NFC se veut encore une fois plus simple d'utilisation, ces derniers demandant souvent de nombreux et plus ou moins complexes paramétrages. De plus, les puces NFC, très réduites, sont conçues pour qu’un lecteur puisse dialoguer avec plusieurs d’entre elles de manière simultanée, sans risque de collision, ce qui n'est pas possible en Bluetooth par exemple.

2. Usages et limites

Si l'on s'en tient à cette possibilité d'échanges de données sans contact, les usages potentiels n'en demeurent pas moins nombreux.

On a déjà évoqué des possibilités de paiement (crypté convient-il de préciser puisque la technologie embarque le cryptage des données pour un paiement sécurisé).

On pourrait évoquer aussi un usage pratique comme le fait de badger pour ouvrir des portes. Ainsi, le Clarion Hôtel de Stockholm utilise-t-il cette technologie pour l'ouverture de ses chambres ou encore l'Université d'État de l'Arizona qui proposait en 2012 un programme pilote proposant aux étudiants d'utiliser les puces de leur téléphone pour accéder à leurs chambres. Les retours sont plutôt bons : 80% des étudiants ne voyant pas de différence avec leur carte d'étudiants et 90% espéraient utiliser ce mode d'authentification pour l'ensemble des portes du campus.

Parmi les applications les plus répandues se trouvent encore les tickets de transports dématérialisés (trains, métro (Strasbourg, Nice, Caen, Lille...), Air France à Toulouse, même vélos à Nice), le partage de photos, fichiers ou vidéos, le port d'informations médicales (une carte Vitale dans la puce en quelque sorte), de jeux (en 2012, découverte de l'agglomération de Caen la Mer par exemple) ou le transfert d'informations contextualisées :

  • La RATP équipe ses arrêts de bus pour permettre aux usagers de récupérer les horaires sur leur téléphone
  • l’Agence de Développement Touristique de l’Ardèche vient d'équiper 5.000 lieux de vacances de points NFC renvoyant vers un contenu multimédia régional sur des sites touristiques particuliers
  • en 2013, à la Friche La Belle de Mai de Marseille, le Centre national des arts plastiques et Orange ont monté en collaboration avec l'artiste Pierre Giner une exposition uniquement visible via NFC. Il fallait scanner de larges blocs noirs pour que les visiteurs puissent accéder à l’œuvre sur une page en ligne spécialement développée pour l'occasion.

Parmi les limites cependant de cette technologie demeure la peur d'une perte de contrôle de ses données privées pour l'utilisateur. C'est probablement le plus grand frein. En réponse, les constructeurs précisent que la courte distance nécessaire aux échanges est une garantie pour l'utilisateur puisqu'elle suppose une démarche volontaire de l'utilisateur et normalement ne peut pas être utilisée à son insu (en fait, cela n'exclut pas la collecte des données NFC par le système lui-même, qui reste capable d'historiser les usages de l'utilisateur).

Bien sûr, on pourrait citer d'autres limites comme le fait que les usagers ne sont pas tous technophiles, ni ne comprennent vraiment le symbole indiquant la présence d'une puce NFC, avec une prise en main réelle limitée. Ou simplement souligner la nécessité d'un bon équipement (terminal mobile, mais aussi présence d'un bon réseau), ce qui n'est pas sans renvoyer vers des questions de fracture numérique derrière...


3. Et en bibliothèque ?

Pourtant, les applications en bibliothèques sont nombreuses. Je parlais des QR Codes en début d'article, potentiellement une puce NFC peut les remplacer toutes, depuis le téléchargement d'informations pratiques (comme les horaires de bus à Paris), le renvoi vers des collections numériques, l'enrichissement de collections vers des apports extérieurs comme à la Friche La Belle de Mai (mais cette fois vers des cartels, des explications plutôt que vers les œuvres elles-mêmes), le renvoi vers des formulaires, le catalogue etc.

À dire vrai, les expériences demeurent peu nombreuses. Citons cependant :

La bibliothèque de Hannô, au Japon :

"D’ores et déjà fonctionnel grâce à une centaine de puces récemment installées, ces informations additionnelles sont le plus généralement relatives aux auteurs des livres (et fournissent par exemple des liens vers Wikipédia), aux autres ouvrages en liaison avec celui qui les intéressent et permettent surtout aux lecteurs les plus voraces de réserver un livre directement depuis leur mobile.

 
 

L’usage de ces tags NFC devrait à l’avenir permettre au gouvernement [japonais] de créer une liaison entre les bibliothèques de tout le pays pour permettre aux individus de savoir dans quelle bibliothèque se trouvent les livres en liaison avec leurs centres d’intérêt. Notons enfin qu’il sera également possible pour les lecteurs d’évaluer les livres, de laisser des commentaires, mais aussi de les examiner à distance grâce au cloud."

À Barcelone, en Espagne, plusieurs points de contacts pour terminaux mobiles proposent des informations via des QR codes et de la NFC qui renvoient vers des informations pratiques : géolocalisation de la bibliothèque du réseau la plus proche dans un rayon de 2km permettant d'en connaître les horaires d'ouvertures, des vidéos de présentations, la liste des animations etc. Ce projet était évoqué à l'occasion d'une intervention "Onsite versus online settings: two ways of reaching the users in the library of Barcelona" proposée cet été à l'occasion d'un congrès satellite de l'IFLA sur les bibliothèques publiques à Birmingham ("Public library futures in a global digital world").

Enfin, dernier exemple, à Pori, en Finlande, des chercheurs aidés de collègues de la bibliothèque municipale locale, cette fois, qui présentaient toujours à l'IFLA un jeu multijoueur de réalité mixte basé sur la technologie NFC, "The litterature race", pour motiver les enfants à chercher des informations dans les livres et, partant, les aider à devenir plus familiers avec les bibliothèques et la recherche d'information.

Au début du jeu, une vidéo se lance montrant un agent de la Littérature avertissant les joueurs qu'un complot se joue contre la bibliothèque que vous êtes les seuls à pouvoir empêcher. Pour cela, il faut résoudre un code caché dans divers messages. Il faut donc trouver et scanner au moins une trentaine de livres pour faire apparaître les messages et les codes cachés. Dans cette première vidéo, on a un indice pour trouver le premier livre : un mot qui doit ensuite se trouver dans le titre d'un ouvrage. Si l'indice est "Monde", il faut donc trouver un livre dont le titre contient "monde" (ex : le tour du monde en quatre-vingt jours). On peut demander de l'aide à un bibliothécaire en cas de besoin. Les enfants gagnent des points si : 1. ils n'ont pas fait d'erreur dans les titres trouvés 2. ils ont été plus ou moins rapides 3. ils ont respectés les règles de la bibliothèque (ne pas courir, ni crier), ce que l'application vérifie en utilisant l'accéléromètre ou le microphone de la tablette (c'est vicieux, oui).

Quand les enfants ont trouvé un livre, ils scannent en plaçant la tablette sur la couverture pour en faciliter la reconnaissance par l'application. Cela peut se faire en NFC ou en RFID. L'idée étant surtout d'aller au-delà du simple "touche l'écran et quelque chose va se passer" pour rendre l'expérience encore plus réelle et ludique.

Et vous, vous connaissez d'autres exemples d'usages de la NFC en bibliothèque ? 




Pour aller plus loin :

Sur la NFC :

Sur les dispositifs passerelle :

lundi 25 août 2014

That was IFLA Camp

Le congrès de l'IFLA vient de se terminer. Comme quelque 297 autres collègues francophones -et non uniquement français- je faisais parti des volontaires cette année. L'occasion de revenir sur cette expérience en quelques billets.

À commencer par l'IFLACamp.



Les jeudi 14 et vendredi 15 août se tenait à l'enssib le 3e IFLA Camp. Une non-conférence proposée par le Groupe d'intérêt spécial des Nouveaux professionnels (i.e. à la fois jeunes ou récents dans la profession) dont le but essentiel est de faciliter les échanges, créer du réseau et porter la voix des professionnels : jeunes professionnels, échanges entre jeunes professionnels et autres en poste. Nombres sont les associations professionnelles nationales d'ailleurs qui proposent des groupes ou des branches de jeunes professionnels (cf aussi cette liste de comptes twitter).

Mais avant, deux points de vocabulaires :

Cette "unconference" fait partie des congrès et réunions satellites. Ainsi, autour du congrès de l'IFLA sont organisés des réunions à une distance de 3h maximum du Lieu du congrès. Cette année, il y en a eut à Birmingham, Paris, Strasbourg, Genève, Francfort ou encore Turin. La réunion de l'AIFBD se déroulait à Limoges. Les membres appartenant à une section ou un groupe d'intérêt spécial organisent ainsi une ou deux journées de conférences avant ou après l'IFLA afin de profiter de ce rassemblement exceptionnel de professionnels et d'aborder des thématiques peut-être plus spécifiques ou pointues qu'au cours du congrès principal.

Autre précision, le travail de l'IFLA se divise en six programme stratégiques et cinq divisions. Ces dernières se subdivisent elles-même en section, groupes de travail officiels et reconnus et groupes d'intérêts spéciaux, devant encore faire leurs preuves auxquels appartient encore le groupe des Nouveaux professionnels. En tant que GIS, ce dernier a quatre ans pour faire ses preuves, attirer du monde lors de conférences et de sessions et montrer par-là un intérêt pour les thématiques professionnelles qu'il porte. Vous en trouverez la liste et la composition sur le site internet de l'association. La réunion satellite des Nouveaux Professionnels s'appelle l'IFLACamp, l'un des outils du groupe parmi l'organisation de webinars (regardez aussi celui-ci ! ). Après Helsinki et Singapour, Lyon dessine la troisième année d'existence du groupe.

L'IFLA Camp

L'IFLA Camp regroupe donc de jeunes professionnels. Il y avait entre 20 et 30 présents sur une soixantaine d'inscrits, mais je concède avoir raté une demi-journée d'ateliers, devant assister à la formation réservée aux volontaires. Le nombre d'inscrits est moindre qu'attendu mais ce n'est pas si surprenant. L'inscription étant libre et gratuite, il est probable que certains collègues aient prévu de venir et reporté leurs projets suite à l'imminence du Congrès IFLA.

En soi, la formule est simple : après un rapide tour de table, les participants proposent des thématiques de travail autour desquelles ils échangent lors des sessions d'ateliers suivantes. Un bilan des discussions est proposé en fin de journée. La liste de l'ensemble des thèmes abordés lors de ce 'camp est accessible en ligne sur le site du groupe. Une souplesse voulue censée favoriser l'implication des participants, et permettre d'aborder un large ensemble de thématiques professionnelles. Pour accompagner les discussions, les responsables créaient des pages sur un PAD permettant à chacun de proposer un compte-rendu et de documenter en direct les discussions afin de conserver traces des échanges et des liens évoqués, pour plus tard.


L'idée de ces ateliers est bonne : la forme d'ateliers, entre petits groupes, est profitable et plus efficace que la participation à des conférences magistrales. Il y a cependant eut quelques temps d'hésitation au moment de se répartir dans les ateliers et cette répartition ne fut pas toujours aisée : il s'en est trouvé sans participant tandis que d'autres rassemblaient nombre de collègues. Je pense que la répartition dans les différents carrel de l'école, c'est à dire sans visibilité sur la répartition dans les différents groupes, n'a pas facilité cette dernière.

Les échanges ne durent que 45 minutes (en réalité souvent plus) et leur qualité dépend évidemment beaucoup des participants, de leurs apports et de leurs réflexions personnelles. Je n'en ai pas non plus toujours bien cerné le but : dans l'un des ateliers, l'animatrice attendait clairement une réponse à ses questions, dans un autre il s'agissait plus d'échanges de pratiques et de pistes de réflexion. Mais probablement cette liberté est-elle voulue et liée à la souplesse attendue dans l'organisation. Du coup, les retours en fin de journée m'ont paru également inégaux, assez logiquement.

Quels apports ?

Sur la forme, l'idée des thématiques décidées le matin semble bonne ; afin d'améliorer ces premiers échanges, il aurait peut-être fallu demander par mail aux participants de réfléchir en amont à des thématiques à proposer. Cela pourrait aussi renforcer l'implication des participants et réduire le nombre d'absences. Le premier jour fut effectivement un peu laborieux à ce sujet. De même, la composition des ateliers aurait mérité d'être mieux suivie de manière à ne pas laisser des groupes trop hétérogènes se constituer.
Sur le fond, les attentes des participants étaient vraiment différents et, s'il est intéressant d'échanger autour de sujet dont ce n'est pas sa spécialité, cela limite quand même l'expertise et les discussions. Pourquoi pas se donner un fil rouge afin d'orienter les discussions ou laisser une part de discussion programmée et une part libre ?

L'un des principaux apports de cet IflaCamp demeure bien évidemment l'échange avec les collègues, comme à peu près toujours dans le cadre de congrès professionnels. Ce fut en ce qui me concerne l'occasion de découverte de pratiques de collègues scandinaves, allemand et américains, l'occasion de discuter, d'étoffer son réseau, des contacts que j'espère faire fructifier par la suite.

You will get the chance to learn from each other, empower yourself, and make lots of new friends at IFLAcamp! affirme le site.



Les photos appartiennent à Sébastien Wilke, co-convenor du groupe et disponibles sous licences CC.



Pour aller plus loin :

mardi 6 mai 2014

Donner à montrer ses espaces

Un peu de mal à tenir mon billet hebdomadaire en ce moment.

En septembre dernier, je publiais un billet sur le marketing vidéo des bibliothèques où on découvrait que les collègues ne manquaient pas d'imagination quand il s'agissait de promouvoir leur établissement.

1. Une visite en 3D

Plus récemment, plusieurs vidéos de visites et de présentation des espaces de la bibliothèques ont alimenté ma veille. Ainsi, le service commun de la documentation propose-t-il une vidéo de la BU Proudhon toute en 3D. On se croirait presque dans Second Life (cf. la série de billets sur la bibliothèque de Birmingham en septembre 2013).

 

Je trouve en tout cas l'initiative intéressante. 

2. Visite par points d'intérêts

La deuxième vidéo de visite sur laquelle je suis tombé est celle de la BPI. Cette dernière propose une visite virtuelle à partir de point d'intérêts marqués qui permettent de naviguer dans les locaux. En maintenant le clic appuyé, il est possible, à partir d'un point d'intérêt de visualiser les espaces sur 360°. Je remarque au passage que l'espace ado a disparu au profit d'une expo apparemment. 

J'en profite pour rappeler que la bibliothèque propose aussi des parcours guidés en vidéo des espaces et des services accessibles aux aveugles et aux malvoyants grâce à une voix off qui décrit tout le parcours, aux sourds et malentendants grâce à une comédienne qui signe en LSF et à un sous-titrage...
BiblioSigne d'ailleurs dispose de sa propre chaîne YouTube où vous retrouverez, entre autres, les présentation de la médiathèque José Cabanis à Toulouse, de la bibliothèque de la Part-Dieu à Lyon, des Champs Libres à Rennes, de la BFM de Limoges ou encore de la médiathèque du Musée du Quai Branly

Pour information, l'enssib a aussi fait le choix de cette solution pour présenter ses propres locaux et sa bibliothèque.

3. Une visite de toute volée

Birmingham, toujours, fait parler d'elle. La semaine dernière, la bibliothèque a publié sur sa chaîne YouTube une vidéo de ses locaux réalisée à partir d'une caméra installée sur un drône. L'ensemble est parfaitement réalisé, magnifique d'un point de vue esthétique, mais finalement à mon sens un peu froid : aucun usager nul part. On a l'impression d'évoluer dans une maison de poupée. 

4. Lipdub et participation des usagers

Ces visites m'ont rappelé le lipdub de la médiathèque de Sancé publié en mai 2013 avec la participation d'usagers pour présenter les locaux et les services. 

Une initiative déjà utilisée par d'autres bibliothèques (Vaise à Lyon en 2009, Kateb Yacine à Grenoble en 2008, Rochechouart en 2012, médiathèque René Char (mais je ne sais pas d'où), en 2012, qui n'est pas un vrai lipdub, en un seul et même plan séquence mais qui n'en est pas moins réussi aussi).

jeudi 23 janvier 2014

Participer à l'IFLA

C'est dès ce début d'année qu'il faut se pencher sur le prochain congrès de l'IFLA, prévu à Lyon du 16 au 22 août. Dès ce début d'année, parce qu'on déjà été lancés les appels à contribution pour les différentes sessions de l'événement.

1. Appels à contribution pour le Congrès

Pour rappel, et comme je l'expliquais sur le blog de la commission Légothèque de l'AbF, l’IFLA fonctionne en différents groupes de travail appelés Special Interest Groups (SIG) soutenus et affiliés à différentes sections qui elles-mêmes appartiennent à une division. Par exemple, les SIG « Nouveaux professionnels » ou « Web sémantique » sont affiliés respectivement aux sections « Gestion des associations professionnelles » et « Technologies de l’information » des divisions "soutien à la profession" et "Services en bibliothèque". L'ensemble de ces subdivisions est accessible en ligne sur le site officiel de l'association internationale.

Chacun de ces groupes, chacune de ces sections peut alors proposer une conférence à l'occasion du congrès annuel ou, dit autrement, ce sont les groupes qui composent l'IFLA qui en créé le contenu, de préférence en fonction du thème général retenu : cette année "Bibliothèques, Citoyenneté, Société : une confluence vers la connaissance". Comme le souligne la dernière lettre d'information du congrès lyonnais, sur l'ensemble de la semaine, ce sont en tout plus de 70 sessions différentes, soit plus de 400 communications, qui s’intéresseront à tous les types de bibliothèques, tous les types de publics et tous les services.

Ce peut donc être l'occasion de participer, de proposer des retours d'expérience, un état de réflexion, bref de répondre à l'un de ces appels à communication dont vous trouverez la liste sur le site officiel en anglais du congrès, avec les dates limite de dépôt. Les interventions peuvent être faites en français, qui demeure l'une des langues officielles de l'IFLA (avec l'allemand, l'anglais, l'arabe, le chinois, l'espagnol et le russe). Ce peut-être simplement l'occasion de balayer les sujets retenus afin de se faire une idée des thèmes qui seront abordés.

Quelques uns des thèmes abordés :

  • Access to law at the digital cross roads: Innovative solutions to complex challenges
  • Building a global network: International librarianship at the confluence of cultures, practices, and standards
  • Cloud services for libraries - safety, security and flexibility
  • Digital preservation of eBooks: Best practice in libraries
  • It's public knowledge: information specialists defining and delivering health literacy
  • Knowledge in the Digital Age - Libraries and librarians are managing the digital transformation
  • Librarians as change agents: finding, using and managing data for social change
  • Libraries as Modern Towers of Babel
  • Transmedia as a cultural approach for children and young adults
  • New technologies, information, users and libraries: Looking into the future
  • User and Interface Challenges Related to Audiovisual and Multimedia Access

2. Pensez également aux conférences satellites

Le congrès est aussi l'occasion pour les différents groupes et sections de se retrouver. Ils organisent des réunions de travail et proposent des journées d'études spécialisées, souvent juste avant ou juste après l'événement officiel, ce dans une zone géographique relativement proche pour permettre aux membres de ces groupes de rejoindre aisément le lieu du congrès. Cette année, près de 25 colloques sont ainsi organisés en marge des conférences lyonnaises, sur des thèmes librement choisis par les groupes et les sections.

On retrouvera ainsi par exemple deux jours sur les bibliothèques parlementaires à l'Assemblée Nationale, une intervention sur le futur des bibliothèques publiques dans un monde numérique à la bibliothèque municipale de Birmingham, des interventions sur l'histoire de la bibliothéconomie à l'enssib, une journée sur RDA à la Deutsche Nationalbibliothek de Francfort, deux jours sur la francophonie et le marketing à la Bfm de Limoges, deux jours sur des questions éthiques dans la société de l'information à Genève, une journée sur le Linked data à la BnF, d'autres interventions sur l'identité professionnelle et la prégnance de la technologie à Turin... Autant de conférences annexes qui ont tout autant besoin d'intervenants et auxquelles il apparaît intéressant de jeter un oeil.

Encore une fois, vous trouverez tous les appels à contributions en ligne, sur le site officiel, avec les dates limite de dépôt. 

3. Proposer un poster scientifique

Notons enfin que, tous les ans, une présentation de posters est organisée pendant quelques jours au sein du congrès.

C'est là l'occasion rêvée pour les participants de présenter leur établissement, un projet qui leur tient à cœur ou un travail pour lequel ils aimeraient avoir un retour des collègues, sans pour autant entrer dans le cadre peut-être plus lourd d'une conférence. Le poster regroupe des images, schémas, bribes de texte et fait le tour du sujet en question. Bien sûr, il se doit d'être vivant, éloquent et de préférence en lien avec le thème général du congrès.

lundi 16 septembre 2013

Améliorer la participation avec les univers virtuels ?

Birmingham, suite et fin.

Un dernier billet à propos de la récente bibliothèque de Birmingham. Cette tentative de recréer la bibliothèque sur Second Life m'a pas mal intrigué et j'ai contacté la bibliothèque afin d'en savoir plus. Il s'agissait alors essentiellement de savoir si les objectifs de participation étaient effectivement atteints ou s'ils étaient finalement restés un vœu pieu. L'idée initiale, je le rappelle, était d'impliquer les usagers dans l'agencement de la bibliothèque par le biais d'un certain nombre d'outils de consultation pour permettre aux usagers d'interagir avec la représentation virtuelle et, partant, de renseigner les professionnels sur leurs besoins. Les usagers avaient donc à leur disposition :

  • Un espace d'enquête (les podiums sur l'image renvoie à des sondages)
  • Des possibilité de sélection des matières et des décors (les layouts)
  • Une visite virtuelle guidée
  • Une visite automatique guidée sur un livre volant
  • Des icônes informationnelles
  • Une possibilité de laisser des notes avec des smileys (sourire / triste) : les usagers pouvaient laisser des commentaires que d'autres visiteurs pouvaient approuver (ajout d'un smiley souriant) ou infirmer (ajout d'un smiley triste).

Toutes les données étaient bien sûr enregistrées et accessibles par l'équipe projet sur internet.

De leur côté, les bibliothécaires avaient la main sur un certain nombre de données, pouvant corriger des éléments, changer le mobilier, les textures... La société Daden avait même créé un hall d'exposition où ces mobiliers étaient entreposés et où les professionnels pouvaient faire des essais d'aménagement. 

Cette bibliothèque virtuelle était ensuite mise à disposition des usagers, l'adresse étant largement communiquée sur les documents physiques et virtuels de la bibliothèque, et des sessions de démonstration et de formation étaient organisées en présentiel dans les différentes bibliothèques du réseau. En moyenne, ces sessions rassemblaient entre 40 et 50 usagers. L'occasion de toucher rapidement et simplement beaucoup de monde.

Quel usage réel de la représentation 3D ?

En fait, d'après les retours, il n'y a pas eu de fréquentation massive de la représentation 3D de la bibliothèque. Ce n'est pas une surprise : ces constructions virtuelles exigeaient au préalable une bonne connaissance de Second Life à défaut d'un réel intérêt. Avoir un ordinateur suffisamment puissant, télécharger le logiciel, se créer un avatar, apprendre à s'orienter.. autant de contraintes à maîtriser pour quelqu'un qui n'a pas forcément plus d'intérêt que cela dans le projet. Les développeurs expliquent donc que malgré tous leurs efforts, ils n'ont pas récolté autant de données qu'espérées.

Ce qui a bien marché en revanche étaient les sessions de démonstration proposées dans les différentes annexes de la bibliothèque, mais également dans les écoles et au cours d'événements culturels. Des avatars étaient alors à la disposition des particuliers, et ces derniers pouvaient évoluer, explorer et commenter... accompagnés d'un bibliothécaire. Ces évolutions étaient projetées sur grand écran, ce qui permettait à d'autres usagers de découvrir les lieux sans se forcer à entrer dans le monde virtuel.On ne soulignera jamais assez la nécessité de l'accompagnement dans ce genre de projet.

Quel intérêt alors à une représentation 3D ?

Aucun bénéfice pour cette expérience ? Nos collègues ne diraient -évidemment- pas cela. De manière complètement inattendue, les vrais bénéfices de l'opération sont venus de l'utilisation quasi quotidienne de la représentation 3D par l'équipe projet au cours de ces derniers deux ans et demi. Ça lui a permis de prendre les mesures du futur établissement et donc d'essayer plusieurs agencements possibles. Incidemment, les flux de circulations ont été revus, comme les endroits où les gens passaient plus de temps, observaient la vue,et les fonctionnalités de certaines pièce redéfinies.

Même les fournisseurs en ont profité pour discuter avec les bibliothécaires afin d'envisager les meilleurs emplacements, ce tant pour le mobilier que pour la signalétique ou l'emplacement des bornes wifi. Cet usage n'était absolument pas prévu initialement mais au final fort bienvenu par l'ensemble des membres du projet. Les réunions entre constructeurs, fournisseurs et professionnels se sont d'ailleurs organisées directement dans Second Life, sur les lieux même des discussions (et avec cet autre avantage de réduire les coûts de déplacement pour les personnes concernées).  

Une panacée ?

Bien sûr que non. Au niveau de la représentation virtuelle du bâtiment, il y a quand même quelques manques, dont les espaces internes. John Marsh, le chef projet à la bibliothèque de Birmingham explique ainsi :

the trick that was missed was that we only built the public part of the building. If we knew then what we know now, we could have put all the back office in, so now staff wouldn't be wandering around looking for their desk or even how to get out of the building - so they could understand where all their own facilities were as well as the public ones !

Question projet donc, pas vraiment de participation intensive des usagers, hors des présentations par l'équipe projet.

La dernière contrainte, et non la moindre, est l'emploi de la plateforme Second Life, qui en soi, ne décolle pas et rencontre de gros problèmes d'utilisation et de fréquentation. En 3 ans, depuis le début du projet donc, SL n'a pas vraiment évolué (sauf pour l'apport du MESH qui améliore la qualité de la représentation) ni franchement amélioré sa prise en main ou son utilisabilité. L'entreprise Daden ne travaille plus in world d'ailleurs, mais construit tous ses projets sur Unity3D, qui présente en plus l'énorme avantage d'être accessible à partir d'un navigateur ou depuis une tablette, ce qui devrait permettre, espèrent-ils, de renforcer la participation des usagers. Précisons enfin que les constructions résident sur des îles payantes sur SL ce qui a un coût non négligeable. Le Conseil municipal de Birmingham ne devrait pas continuer à louer la sienne d'ailleurs maintenant que la bibliothèque réelle a ouvert. Je vous engage donc à visiter son double virtuel avant la fin du mois si vous souhaitez y jeter un œil.

Vous trouverez plus d'information, et des diaporamas, sur le site de Daden Limited.

lundi 9 septembre 2013

Derrière la bibliothèque de Birmingham

Après l'article élogieux sur la nouvelle bibliothèque de Birmingham, il me semble intéressant de revenir sur d'autres considérations qui sous-tendent cette ouverture. 

Les dimensions sont pharaoniques : une surface de 31.000m² répartie sur pas moins de 10 étages et le projet aurait coûté 189 millions de livres sterlings (soit la bagatelle de 224M d'euros). 400.000 exemplaires en libre-accès (bien plus dans les magasins), 240 ordinateurs, des bornes tactiles placées dans des endroits stratégiques pour accéder aux contenus numériques. Un amphithéâtre de 300 places... D'après the economist, le directeur de la bibliothèque, Brian Gambles, illustre cette impression en expliquant : “We wanted to create a building that shouts out learning and culture.” Dans le billet précédent, j'expliquai de la même façon que l'architecte Francine Houben voulait ouvrir un "palais pour le peuple" (entretien en ligne), mais il me semble que ces notions se rapprochent des tristes "Temple du livre" d'après-guerre, à ceci près qu'en dehors du côté imposant (et potentiellement impressionnant donc rebutant) du bâtiment en soi, les collections se veulent accessibles ou tournées vers l'usager.

L'article de The economist est intitulé : "it's not all about the books". Le journaliste revient sur la multitude des services proposés et surtout sur leur diversité, depuis l'aide à la création d'entreprises aux centres multimédia. Une bibliothèque, c'est aussi un café (en l’occurrence, deux), des espaces de promenades, une boutique... On rejoint le modèle desIdea Store londoniens et de l'OBA d'Amsterdam. Question de praticité aussi, ou de réalisme, puisqu'un bâtiment de cette taille a un besoin impérieux de fonds privés. Dans le modèle anglo-saxon, les établissements dépendent aussi en grande partie du mécénat et des fonds propres. Trouver des sources de revenus est donc essentiel que ce soit par la location des locaux, les recettes des boutiques hébergées, les actions de formation ciblées ou le mécénat d'entreprise. Dans le même ordre d'idée, on se souvient que la prestigieuse bibliothèque de Seattle avait vu ses horaires d'ouverture réduits -voire dû fermer une semaine complète- en 2009-2010 suite à une réduction budgétaire dans un effort de la municipalité de faire face à la crise.

À Birmingham, il y a eut moins d'embauches que prévues, notamment suite à l'automatisation des prêts-retours et les horaires sont moins larges que prévus. Oh pas tant pour cet établissement porte-drapeau pour lequel, si tous les espaces ne sont pas ouverts constamment ou nécessitent une réservation, les horaires demeurent impressionnants : 8h-20h du lundi au vendredi, 9h-17h le samedi et 11h-16h le dimanche soit une moyenne de 73h hebdomadaire !  Les réductions devraient plutôt concerner les autres bibliothèques du réseau (39 annexes) qui voient réduire leurs services, heures d'ouverture et personnel professionnel (au profit de bénévoles...parfois).

Alors non, it's not all about the books. C'est aussi une question de sous bien sûr et dans un pays où les fermetures de bibliothèques font florès, ce n'est pas non plus anodin. Du coup, il est intéressant de se retourner vers le choix d'une super-structure multiservices quand tant d'annexes ferment. C'est un choix budgétaire bien sûr : un établissement figure de proue est censé dynamiser le voisinage à l'instar du très populaire Norfolk & Norwich Millennium, un forum qui propose en plus des services culturels des accès à un restaurant ou une galerie d'art. La bibliothèque attire les usagers et les touristes qui ensuite dépensent dans les commerces alentours.


Un autre article de the economist terminait ainsi : Libraries are not dead—just a little dusty. Et c'est justement le projet de Birmingham que de renouveler l'image et les services de ces établissements. Souvenez-vous du slogan : Rewriting the Book on public libraries. Au singulier, le livre, Book, c'est le modèle. Réécrire le modèle et transformer la bibliothèque.

vendredi 6 septembre 2013

Ouverture de la bibliothèque de Birmingham

Vous souvenez-vous de la bibliothèque de Birmingham

Imaginée par le cabinet d'architectes néerlandais Mecanoo, cette bibliothèque avait fait parler d'elle en 2011 parce qu'elle proposait une méthode originale d'implication de ses usagers en recréant un établissement alors en construction entièrement dans l'Univers virtuel de Second Life. 

L'intérêt était multiple.

En premier lieu, il s'agissait de faire découvrir le futur établissement aux habitants de la ville en leur faisant découvrir dans une univers immersif, en trois dimension la bibliothèque, son agencement, les différentes sections. L'immeuble, reconstruit entièrement à partir des plans d'architecte pouvait en effet être visité dans ses moindre recoins (du moins les espaces publics) agissant ainsi comme une sorte de teaser pour les usagers.

Au-delà, il s'agissait également d'impliquer les usagers non pas dans la construction de l'établissement mais dans l'agencement même des espaces puisque il leur était proposer d'essayer plusieurs types de mobilier dans une zone et de laisser des commentaires sur le rendu d'une pièce via des boutons spécifiques. Les commentaires étaient alors automatiquement archivés dans une base de données et les parcours des visiteurs enregistrés pour connaître les parcours et les préférences de ces derniers.

Cette bibliothèque vient d'ouvrir. Vitrine majeure de la ville, ce qui est notable en période de crise notamment au Royaume-Uni, elle se veut un lieu de rassemblement, un "palace du peuple" selon les mots de l'architecte, mais surtout, une réponse à l'environnement mouvant dans lequel évoluent désormais nos établissements. Son slogan est "rewriting the book". 

La société Daden Limited à l'origine de cette transposition virtuelle a publié un article sur son site pour évoquer son rôle et la façon dont s'est déroulé le projet. Elle publie également quelques photos comparant la version virtuelle (à gauche) et la réelle. Vous trouverez ci-après une vue générale du bâtiment, une vue du foyer principal et une de l'escalator menant au premier étage. Vous trouverez également des vidéos en ligne du bâtiment en 3D.

Le responsable du projet affirme que la représentation en 3D a permis à l'équipe de la bibliothèque de mieux appréhender la dimension sociale du bâtiment, jusqu'à faire évoluer des dispositions spatiales initialement prévues ou de repenser la signalétique pour améliorer l'expérience usager.

Prouesse architecturale incluant des espaces innovants comme un studio d'enregistrement, une galerie d'art, des espaces pour les performances artistiques ; bibliothèque "verte" (le bâtiment émet peu de carbone, les services recyclent les matériaux usagés et mets des poubelles de tri à disposition des usagers, des terrasses avec plantes, fruits et légumes sont accessibles aux utilisateurs, toit végétal... la bibliothèque a d'ailleurs reçu un prix récompensant les bâtiments durables) ; espaces accessibles aux publics handicapés, notamment via l'installation de boucles magnétiques dans les zones d'orientation et l'auditorium ; pièces pour ranger les poussettes, changer les bébés et nourrir les nourrissons au sein ; nouveaux services mis en place (numérisation des collections, RFID, livres numériques), présences sur les réseaux sociaux (Facebook, Youtube, Twitter)... nul doute que cet établissement devrait attirer l'attention de la communauté professionnelle internationale en plus des curieux et des usagers.

Ça donne envie d'organiser un voyage d'étude en Angleterre, vous ne trouvez pas ?

jeudi 7 juillet 2011

Favoriser l'implication des usagers grâce à Second Life

La nouvelle bibliothèque de Birmingham vient d'ouvrir ses portes quelque deux ans avant la date prévue... dans l'univers virtuel de Second Life.

La ville de Birmingham
prévoit la construction d'une nouvelle bibliothèque. Le projet est déjà bien avancé et l'ouverture officielle du nouvel équipement est attendu pour 2013. Mais alors que certaines bibliothèques accompagnent ces projets de construction d'un blog et d'un album sur un site de partage de photos comme FlickR, nos collègues outre-manche proposent une démarche inédite : la nouvelle bibliothèque a été recrée, telle qu'elle ouvrira, en 3D sur l'univers virtuel de Second Life permettant ainsi aux usagers et aux équipes appelées à y travailler de découvrir les lieux et de laisser leurs commentaires.



C'est donc suite à un partenariat passé avec la Mairie que la société spécialisée Daden Limited a pu recréer l'établissement à partir des plans d'architecte. Mais la société est allée plus loin qui a également mis un entrepôt de mobilier à disposition des bibliothécaires afin de leur permettre de se rendre compte par eux-même le rendu de telle couleur ou de tel mobilier. Pour cela, une équipe de bibliothécaires a été spécialement formée sur l'appréhension, la modification et la construction de l'environnement dans un univers virtuel.

Les usagers quant à eux devraient être capables de visiter les différentes salles avec un guide automatique, laisser des commentaires sur des "posts-it" 3D dans des zones bien définies et découvrir plusieurs configurations possibles d'une même pièce en cliquant sur un bouton spécial. Les commentaires sont automatiquement archivés dans une base de données et, plus tard, d'autres visiteurs peuvent voter (likes/dislikes) pour leurs propositions préférées.

"Virtual worlds are all about community, collaboration and the social aspects of an activity whereas the web which is typically about the informational and transactional aspects. With a virtual world model people can begin to understand what a building or space will be like and share their experiences with others - something quite different to watching a video fly through of a development," notes Soulla Stylianou, Daden's Client Director.

précise le communiqué de presse officiel.

Effectivement, l'expérience peut être extraordinaire et c'est une idée très riche que d'utiliser le biais des univers virtuels pour promouvoir et surtout impliquer les usagers mêmes dans l'ouverture d'un nouvel équipement.

Daden est allé plus loin qui a placé des senseurs dans la bibliothèque virtuel enregistrant les parcours des visiteurs, offrant ainsi aux bibliothécaires des indices sur l'utilisation et l'appropriation future des lieux. Reste que tous les usagers n'ont pas d'avatar sur Second Life et, du coup, je me demande si les collègues recueilleront suffisamment de données pour établir des diagnostics pertinents.

Le blog Betterverse, qui s'intéresse à la présence des non-profit organisations dans les mondes virtuels précise que ce n'est pas la première fois, bien sûr, que des équipements sont ainsi proposés au public. EN 2006, un "3d wiki" avait ainsi été proposé sur Second Life pour recueillir l'avis des New Yorkais sur la construction d'un parc dans le Queens et, la même année, une chaîne d'hôtel avait ouvert un hôtel virtuel à découvrir in world. Plus récemment, en 2010, une réplique de la nouvelle école de commerce de l'Université Rutgers était construite dans Second Life mais aussi sur OpenSim, son équivalent open source, pour permettre aux étudiants et aux membres de l'équipe pédagogique de découvrir les lieux avant la fin des travaux.

Si vous avez un avatar, vous pouvez visiter la bibliothèque à ces coordonnées (145/126/35), sinon, vous trouverez une vidéo de présentation en ligne sur YouTube. Le projet y apparaît vraiment enthousiasmant.