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Bibliothèques - réflexions

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mardi 7 mai 2013

Histoires de distributeurs automatiques de livres

Je vous signale un article très intéressant sur les distributeurs automatique de livres rédigé par John Geoghegan et paru sur The blog, du Huff Post. Sincèrement, je ne sais pas vraiment quoi penser de ce genre de machines. Elles me paraissent d'une horreur sans nom (comment proposer un livre comme on vend des bonbons ou des cigarettes ?) et, en même temps, permettent à leur façon de diffuser la littérature...

Quoiqu'il en soit, l'article nous informe que le premier distributeur est apparu en Angleterre en 1822, inventée par un certain Richard Carlile. ce libraire, désireux de vendre des titres séditieux comme Le siècle de la raison de Thomas Paine (un traité déiste qui critique notamment la religion institutionnalisée), eut en effet l'idée de créer une machine permettant de distribuer et vendre des titres polémiques tout en évitant au libraire une probable arrestation puisqu'il n'y avait plus de contact entre lui et ses clients. On ne sait pas bien comment le distributeur fonctionnait, mais cela n'a pas empêché les autorités de l'époque de condamner Carlile pour vente de "documents blasphématoires". 

1. Jusqu'au milieu des années '50 : Penguincubator et Book-o-mat

Le Penguincubator

Ce n'est que plus d'un siècle plus tard, en 1937 à Londres selon l'article, qu'est apparu le Penguincubator. Imaginé par le fondateur des éditions Pinguin, Allen Lane, cette machine proposait des ouvrages de littérature classique pour le prix d'un paquet de cigarettes.



A l'époque, vendre de la littérature n'était déjà pas très bien vue et en France, l'arrivée du livre de poche quelques décennies plus tard sera l'enjeu d'un vaste débat de légitimité culturelle (lire ici l’étude que lui a consacré Bertrand Legendre et voir là un reportage au salon du livre de 1964) alors les vendre dans un distributeur automatique. On frôlait l'anarchie, une volonté délibérée de déstabiliser l'industrie du livre. Mais sur le site des édition Pinguin, on trouve cette anecdote concernant la création de la machine : 

De retour d'un week-end où il rendait visite à Agatha Christie dans le Devon, Allen Lane se retrouva dans la gare d'Exeter à la recherche d'une de ses boutiques pour y trouver de quoi lire sur le trajet du retour. Stupéfié par les titres proposés, il décida qu'une fiction contemporaine de bonne qualité devait être accessibles à un prix attractif, non seulement dans les librairies traditionnelles mais également sur les quais de gares, les vendeurs de tabacs ou les chaînes de magasins.

Apparemment, une machine fut ainsi installée près de la gare de Charing Cross à Londres, à la consternation des libraires locaux, mais il faut convenir qu'elle ne fut jamais distribuée à grande échelle et n'eut pas d'impact retentissant sur le marché. 

Le Book-O-Mat

Deux machine portent le nom de Book-o-mat : d'abord, en Juin 1947, la revue Popular Science évoque une nouvelle machine capable de proposer une cinquantaine de livres, vendus un quarter (25 cents). Tandis que deux ans plus tard, c'est la société Rock-Ola Manufacturing Corporation, connue pour ses bandits manchots et autres juke-box qui investit le marché.

2. Aujourd'hui : Novel Idea et Readomatic

Bien sûr, c'est surtout en Asie qu'on trouve aujourd'hui ce genre d'appareil. Une demi-douzaine d'entreprises chinoises ont investi le marché tandis qu'au Japon, un pays où l'on trouve des distributeurs automatiques pour à peu près tout et n'importe quoi, depuis la canette de bière au magasine porno, se vendent des titres de livres et de mangas au format de poches et épais comme des annuaire.

En Occident, une entreprise irlandaise a fait une tentative en installant des Distributeur Novel Idea notamment dans l'aéroport d'Heathrow à Londres, mais fit faillite en 2010.

Mais d'autres distributeurs automatiques ont été remarqués, par le New York Times dans une station de métro barcelonaise en 2008, ou l'année dernière à l'aéroport de Stockholm.

3. Et en bibliothèques ?

Ce genre de distributeurs commence à essaimer... jusque dans les bibliothèques. C'est le cas, aux États-Unis notamment où la bibliothèque publique de Fullerton (dans le réseau des bibliothèques d'Orange County, en Californie) a récemment installé un distributeur automatique (description du projet, en pdf et diaporama) près d'une gare ferroviaire. Bien sûr, il n'est plus question ici de vendre des livres mais bien de les prêter, et les possesseurs d'une carte de bibliothèque peuvent repartir avec l'un des 500 titres de bestsellers de la machine. A rendre ensuite à la bibliothèque locale, donc. 

Outre en Californie (qui accueille des distributeurs de ce genre depuis 2007 à la bibliothèque d'État de Californie et dans quatre autres établissements du réseau), de nombreuses autres bibliothèques se sont équipées de distributeurs de livres. C'est le cas notamment :

En Angleterre :

  • à Warwickshire en Angleterre (mais avec la crise outre-manche et les objectifs annoncé d'améliorations du services et d'usages plus efficace des crédits, cette installation à un goût amère),
  • à la bibliothèque publique d'Edmunton
  • la bibliothèque de Newcastle,

Au Canada :

  • la bibliothèque d'Ottawa
  • la bibliothèque de Toronto l'envisageait un temps

La bibliothèque d'État du Queensland, en Australie, a d'ailleurs publié un rapport sur l'usage de distributeurs de livres en bibliothèques (pdf).

Le rapport explique que ces machines ont trois avantages majeurs :

  1. délivrer des livres à n'importe quelle heure du jour et de la nuit surtout
  2. disséminer la présence de la bibliothèque dans des lieux très fréquentés et donc toucher des non-usagers (dans les centres commerciaux, les aéroports, les cinémas) ou des usagers empêchés (les hôpitaux, les maisons de retraites...)
  3. rendre les services rapidement adaptables (on peut les déplacer rapidement en fonction des besoins ou de l'usage)

En outre, ces machines peuvent servir de plusieurs façons :

  • un distributeur pour le prêt (uniquement) de documents
  • une délivrance différée pour des documents qui n'ont pas à être en accès libre. Certaines machines permettent de stocker des documents et de les prêter comme d'accepter le retour de manière automatisée.
  • Une "annexe" : la bibliothèque est installé dans des quartiers éloignée et sert de point lecture pour les habitants. Les usagers peuvent emprunter les 400 livres proposés, attendre qu'ils soient changés ou faire des réservations via le logiciel intégré. la machine fait des emprunts et des retours. (exemple de la bibliothèque de Shenzhen, en Chine)

4. Vendre et faire découvrir

Le plus souvent, on trouve plutôt des titres de bestsellers dans ces machines. Il s'agit d'attirer le chaland et de proposer des titres susceptibles de vite l'intéresser. Le plus souvent mais pas toujours.

L'an dernier, la "patte de singe", une librairie de Toronto a mis en place une machine appelée BIBLIO-MAT. La nouveauté de ce distributeur réside dans les titres délivrés : en échange de deux dollars canadiens, la machine vous propose deux titres d'occasion choisis aléatoirement. Vous ne pouvez ainsi jamais savoir ce sur quoi vous allez réellement tomber. Un concept qui ferait fureur également dans les bibliothèques :



Cliquez sur l'image pour voir une vidéo.

Pour aller plus loin :

mardi 16 avril 2013

Six compétences incontournables sur les médias sociaux

Début mars, sur ParisTech Review est paru un article intéressant sur les six compétences incontournable que "tout dirigeant doit maîtriser" sur les médias sociaux.

Publié initialement dans le McKinsey Quarterly par les dirigeants de General Electrics et partant du principe que la maîtrise des médias sociaux organisationnels procure un avantage concurrentiel non négligeable, les auteurs de l'article propose une série de six compétences clefs aujourd'hui que devraient acquérir tout responsable d'entreprise, pour nous responsable d'équipement et de projets. Cette liste a notamment émergés d'entretiens avec plusieurs responsables et cadres de l'entreprise au cours desquels ces derniers "ont décrit une vaste palette d’efforts visant à renforcer les compétences personnelles, expérimenter des techniques, investir dans de nouveaux outils, développer la participation des employés et enfin remanier les structures organisationnelles et leur gouvernance afin de mieux saisir des opportunités sociales émergentes".

D'après ce graphique, donc, le responsable se doit de savoir créer du contenu attrayant (producteur), exploiter la dynamique de diffusion (distributeur) et bien gérer le trop plein de communication de façon à faire sens (destinataire). Vis à vis de leurs agents, ils doivent savoir mettre en œuvre la stratégie appropriée (conseiller et maître d’œuvre), mettre en œuvre une infrastructure organisationnelle et technique adaptée à leur structure (architecte) et savoir repérer les tendances et les innovations qui lui permettront de prendre l'avantage (analyste).

mardi 5 mars 2013

Ce qu'on n'apprend pas en école de sciences de l'information

Dans son blog "Letters to a young librarian", Jessica Olin, directrice de la bibliothèque universitaire de Robert H. Parker du Wesley College, dans le Delaware, écrivait fin octobre 2012 une liste de dix points auxquels l'école de formation des bibliothécaires ne préparait pas. Cette liste s'adresse aux bibliothécaires qui travaillent dans les services communs de la documentation (ou l'équivalent américain pour être plus exact).

Je ne traduis ici que les intitulés et vous renvoie vers le blog initial pour le riche développement de chaque item :

  1. Les étudiants ne sont pas comme vous au même âge [Undergraduate students are not you at that age]
  2. Chaque établissement ou université a sa propre façon de travailler avec ses bibliothécaires [Every college/university has its own way of treating librarians].
  3. Pour la plupart des étudiants, demander l'aide du bibliothécaire est une solution de dernier recours [For most students, asking a librarian for help is a last resort].
  4. "On a déjà essayé cette solution en 1987 et elle n'avait pas marché alors, donc elle ne marchera pas non plus aujourd'hui" ["We tried that before in 1987, and it didn't work then, so it won't work now"].
  5. Les étudiants ne savent pas s'orienter dans les rayonnages [Students don't know how to find a book in the stacks]. 
  6. Chaque bibliothèque développe ses collections de manière complètement différente [Collection development is done differently in every library]. 
  7. Le personnel de l'Université peut devenir votre meilleur ami comme votre pire ennemi [Members of the faculty can be your best friends, or your worst enemies]. 
  8. Le personnel de la bibliothèque n'a pas toujours son mot à dire sur l'occupation des locaux de la bibliothèque [The library (the department) is not always in charge of how the library (the space) is used]. 
  9. Il y aura des relations sexuelles dans les locaux [Sex will happen in your library].
  10. Vous allez passer bien plus de temps en réunions que vous ne l'imaginez [You will spend more time in meetings than you can imagine].

Ce billet était en fait un complément ou une réponse à un précédent billet, publié sur le même blog par Eric S. Riley responsable d'une bibliothèque du réseau de Washington D.C., et listant cette fois ces mêmes dix items adaptés aux bibliothèques municipales. Les items semblent alors un peu plus surprenants :

  1. Nettoyer les locaux [Janitorial Work] : entre le vomi du petit, les plantes renversées, les traces sur les murs, les toilettes bouchées...
  2. Les usagers avec des problèmes psychologiques [Mental Illness]
  3. Les usagers malades ou qui ont des problèmes de santé/ de propreté [Public Health]
  4. Les bénévoles dans les associations qui peuvent être vos fidèles alliés comme vos pires ennemis [Activism]
  5. Les petites plaintes du quotidien [Complaints] (l'ordi est trop lent, les enfants qui font du bruit...)
  6. Des amendes de retard exorbitantes [Exorbitant Fines]
  7. Des scènes de sexe [Sexual Situations]
  8. Le vandalisme [Vandalism]
  9. Des parents beaucoup trop laxistes ou à l'inverse qui battent presque leurs enfants [Parent/Child Discipline]
  10. De la violence [Violence]: guerre de gangs, empoignades, vols...
Et vous, qu'auriez-vous ajouté à cette liste ?


jeudi 28 février 2013

Quid après le plan Pécresse ?

Sur le site de l'Officiel de la Recherche et du Supérieur, on peut découvrir un article de Clarisse Jay revenant sur le bilan, trois ans après, du plan Pécresse pour les bibliothèques universitaires.

Pour rappel, le plan Pécresse [pdf] prévoyait cinq grandes orientations :
  1. Plus de bibliothèques ouvertes dès les vacances de Pâques 2010
  2. Des bibliothèques labellisées « NoctamBU »,
  3. Plus d’ouvrages en accès libre grâce au développement du numérique,
  4. Une politique documentaire renforcée
  5. Des bibliothèques plus fonctionnelles

Revenant sur ces différents dispositifs, l'article prend à contre-pied le rapport de l'Inspection générale des bibliothèques sur l'extension des horaires d'ouvertures [pdf], l'un des objectifs de ce plan, dont les conclusions étaient mitigées, pour souligner l'accroissement des heures d'ouverture hebdomadaires(de 57h en 2010 à 61h en moyenne) d'une part et d'autre part rappeler que 52 bibliothèques sont labellisées « NoctamBU » contre 34 en février 2010. Ce label, faut-il le rappeler, signale les bibliothèques ouvrant 65h et plus par semaine, 65h d'ouverture étant compris comme le standard européen. 

Bien sûr, le plan allait plus loin puisqu'il préconisait une plus grande mutualisation des politiques de sites, la mise en œuvre de plans de conservation partagée ou des stockages en silos, ou encore l'amélioration de la gouvernance des bibliothèques interuniversitaires mais il est vrai que c'est surtout autour de ce premier point que semblent s'être concentrés les efforts, y compris dans les critères d’évaluation des politiques documentaires par l’AERES.

Aujourd'hui, le nouveau Ministère, poursuit l'article, estime que le « plan Pécresse n'existe plus en tant que tel » et lui préfère le suivi d'une politique documentaire :

"Avec comme priorités la Bibliothèque scientifique numérique (BSN), une très grande infrastructure de recherche qui vise à permettre à l'ensemble des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche d'accéder à une offre de ressources scientifiques répondant aux standards internationaux ; la mise en place du projet Istex (initiative d'excellence de l'information scientifique et technique) issue du programme d'investissements d'avenir ; la mutualisation et les bibliothèques interuniversitaires ; ainsi que l'articulation entre réussite des étudiants et documentation conjointement avec l'ADBU et (...) une [nécessaire] coopération entre bibliothécaires et enseignants-chercheurs."

mercredi 20 février 2013

D'autres QRCodes littéraires dans le métro

Après l'initiative roumaine de proposer un accès à la librairie numérique de Vodaphone Roumanie dans le métro déjà signalée la semaine dernière, voilà que je tombe sur une initiative semblable proposée cette fois pour la célèbre New York Public Library.

Si j'ai bien compris, il ne s'agit pas d'un véritable projet, ou plus exactement, l'idée n'a pas réellement été mise en œuvre. L'image vous renvoie vers une vidéo promotionnelle réalisée dans le cadre d'un travail universitaire par un groupe d'étudiant en école de management de Miami.

Now that the internet is available almost anywhere, people are able to do “instant research” to learn about anything on their smartphones. The New York Public Library wants to remind New Yorkers that they are still a valuable resource, and a free service.

NYPL wants to take your usual subway ads and make them into something fun and entertaining. They want to give New Yorkers something productive to do on the subway instead of their everyday people watching.

New Yorkers will be given a free digital book sample to read on their way to work. Once finished they will be informed of the closest libraries so they could finish their story.

L'idée est donc que la bibliothèque achète des espaces publicitaires dans le métro qui permettraient aux usagers de lire des titres issus des collections de la bibliothèque. Dans le scénario développé, les passagers peuvent télécharger par NFC un extrait d'une dizaine de pages de l'ouvrage voulu puis, une fois sortis du métro et donc qu'il leur est de nouveau possible de se connecter à internet, l'application géolocalise les bibliothèques de la NYPL pour permettre au futur usager de venir emprunter le titre entamé.

Une idée intéressante et peut-être plus accessible que de recouvrir entièrement les murs d'une station pour un établissement public...

jeudi 17 janvier 2013

Bibliothécaire : quelles fonctions ?

Dans l'un de ses derniers billets intitulé "When is a librarian not a librarian", Ian Clark, co-auteur du site collaboratif Voices for the library qui lutte contre les fermetures de bibliothèques au Royaume-Uni, revient sur les évolutions des fonctions de bibliothécaire. 

À partir de son parcours personnel où, diplômé récemment d'un master en Sciences de l'information, il affirme n'être pas tenté par une activité "classique" de bibliothécaire mais plutôt par un poste autour de la liberté de l'information (responsable open access par exemple), il s'est penché sur ce qu'on pouvait trouver aujourd'hui comme fonctions pour ce qu'il appelle un "bibliothécaire ne travaillant pas en bibliothèque".

C'est une notion un peu difficile à transposer chez nous puisque nous n'avons pas les mêmes acceptions derrière les attributions de bibliothécaire, non pas tant en ce qui concerne le métier lui-même qu'autour de fonctions annexes que nous qualifierions plus de fonctions de documentaliste. Un professeur documentaliste, travaillant dans un CDI, chez nous, prendrait dans le monde anglo-saxon le titre de bibliothécaire, plus exactement de school librarian

Il n'empêche, la liste ébauchée a partir de retour de collègues en poste, est déjà intéressante. J'essaie de la regrouper dans des catégories qui nous sont déjà plus familières :

1. Des fonctions de documentaliste

  • Chargé de veille [Information specialist]
  • Responsable circuit de l'information [Data and Information Process Officer]
  • Responsable Système de gestion de la connaissance [Knowledge Management Systems Manager]
  • Gestionnaire de contenu [Global portal content manager]
  • Gestionnaire de données numériques [Computerised Records Trainer]
  • Ingénieur documentaliste [Information specialist (work with R&D - patent searching, competitive intelligence,  knowledge management, records retention)]
  • Record Manager
  • Documentaliste audiovisuel [Film Researcher at the BBC]

2. Des fonctions archivistiques

  • Généalogiste [Genealogist]

3. Des fonctions nouvelles en bibliothèques

  • Gestionnaire d'information en ligne [Online Information Manager]
  • Spécialiste de la Recherche [Research specialist]
  • Analyste projet [Project Analyst (for a library based project)]
  • Recherche d'information pour gérer sa carrière [Information Specialist (careers service)]
  • Chargé de mission autour de la liberté de l'information [Freedom of Information Officer]
  • Chargé de mission Qualité ? (travail sur des données probantes, concrètes) [Evidence Advisor]
  • Animateur de communauté [Communications and Social Media Officer]
  • Responsable du développement de contenus [Content Development Officer, Library & Archival Services]

Ce sont donc effectivement ces dernières qui nous intéressent plus directement. On peut les regrouper derrière l'apparition de fonctions nouvelles liées à la gestion de contenu en ligne (depuis la production à la conservation, en passant par l'animation de communauté), à la gestion qualité qui, même si c'est lié au service public, demeure une notion relativement récente dans le monde des bibliothèques, au travail en lien à des communautés particulières (ici les Chercheurs ou les personnes en recherche d'emploi). Il me semble en effet assister à un renouvellement de l'intérêt porté aux Chercheurs en tant que public spécifique : à l'université de Versailles Saint-Quentin, par exemple, le SCD s'appelle Direction des bibliothèques et de l'information scientifique et technique (DBIST) et des fonctions sont ainsi orientées "services numériques aux chercheurs". Parmi les fonctions qui émergent ces dernières années, on voit des postes autour de la valorisation du contenu et de la communication également, quel que soit le support.

Et vous qu'auriez-vous ajouté à cette liste ?

vendredi 12 octobre 2012

Des MOOCs et des bibliothèques

L'association des bibliothèques de recherche américaines vient de publier un article sur les MOOCS intitulé : Massive Open Online Courses: Legal and Policy Issues for Research Libraries, un sujet qui émerge de manière de plus en plus nette dans les préoccupations actuelles et que d'aucuns considèrent comme le concept éducationnel qui fait le plus de buzz cette année.


1. De quoi s'agit-il exactement ?

Les MOOCs désignent donc les Massive Open Online Courses, littéralement des cours ouvert massivement multi-apprenants. Il s'agit donc de cours accessibles librement en ligne, ouverts à un nombre illimité d'inscrits, une forme pédagogique liée à l'enseignement à distance qui attire de plus en plus d'institution à l'instar de...

Il existe de la même manière plusieurs types de MOOCs. Initialement, ils se voyaient centrés sur les échanges entre les participants qui forment le cœur des apprentissages, tandis qu'on assiste plutôt à l'émergence d'enseignements institutionnels adoptant la structure plus traditionnelle d'un cours en présentiel, transposé sur une plateforme de cours en ligne. Dans le premier cas, chacun apporte sa pierre à l'établissement de savoir en faisant ses recherches de son côté (on parle là de cMOOC, pour souligner l'approche connectiviste). Dans le second cas, on évoque les xMOOCs, en référence à l'initiative edX du MIT, en collaboration avec les universités de Harvard, de Berkeley et aujourd'hui de l'Université du Texas. Mais depuis, de nombreuses autres universités se sont lancées dans la production de cours en ligne comme le montre la plateforme Coursera qui propose 200 cours, à l'heure où ce billet est écrit, et revendique plus d'un million d'utilisateurs (ici, un cours sur la gamification, là sur ces technologies qui nous menacent).

En septembre dernier, Google lui même s'est intéressé au modèle en lançant sa propre plateforme de partage : Course Builder, une plateforme open-source proposant des xMOOCs (en fonction de la modalité d'apprentissage recherchée, les plateformes vont en effet différer) et réunissant des institutions prestigieuses comme les Universités de Stanford, d'Indiana, de San Diego, l'EPFL de Lausanne ou, entre autres, un consortium panibérique : Universia.

Nous ne sommes évidemment pas aussi avancé en France pour la mise en ligne de cours gratuits, mais nous proposons déjà un accès certain à nombre de ressources en ligne au travers notamment des universités numériques thématiques. On y trouve des ressources de toute nature (vidéos, cours, exercices, QCM) etc. De la même façon, plusieurs universités proposent des cours en ligne à partir de plateformes locales, des ENT des établissements ou d'un dépôt sur des plateformes privées comme iTunes (cf. un billet précédent) mais ces enseignements sont rarement massifs ni même ouverts à tous

2. Pourquoi des MOOCs dans mon établissement ?

Dans son article "Quelle offre de MOOC pour mon établissement ?", Jean-Marie Gilliot, Maître de conférence au département informatique de Télécom Bretagne, propose deux axes de développement de cours en ligne aux étudiants d'une institution : développer des MOOCs en interne, et autoriser l'accès aux MOOCs externes.

Dans le premier cas, il liste les objectifs suivants (je ne développe pas les items mais vous renvoie à son article sur le sujet) :

  • Pour démontrer la dynamique de l’établissement.
  • Pour accroître la visibilité de l’établissement.
  • Pour attirer des futurs étudiants.
  • Pour faire des économies.reste difficile à évaluer. Surtout que la concurrence obligera certainement à faire vévoluer les couprs plus vite qu’aujourd’hui ;
  • Pour permettre à de nouveaux étudiants de s’inscrire dans des formations existantes
  • Pour développer une nouvelle offre.
  • Pour rendre une offre disponible sur plusieurs sites.
  • Pour améliorer la pédagogie.

Cependant, dans son article "Making sense of MOOCs : Musing in a maze of Myths, Paradox and Possibilities", Sir John Daniels, spécialiste de la question et membre du Conseil de l'Éducation au Royaume-Uni (entre autres) précise que le système ne représente pas la panacée en matière éducative, entre des étudiants qui plagient plus facilement qu'en présentiel d'une part et d'autre part un pourcentage finalement relativement faible d'apprenants qui réussissent le diplôme :

Patterson reports that only 7% of the 50,000 students who took his Coursera-UC Berkeley course in Software Engineering passed (Meyer, 2012).

Un taux extraordinairement bas, mais qui s'explique en partie par le fait que, les cours étant gratuits, ils attirent nombre de curieux que des frais universitaires auraient de la même façon rebutés.

Le potentiel d'apprentissage apporté par toutes ces technologies ne fait aucun doute, ne serait-ce pour la démultiplication des ressources éducatives pour un coût relativement faible, mais pour l'instant leurs usages n'est pas réellement entré dans les mœurs, voire se sont plutôt révélées décevants (cf. aussi l'usage des notebook au Pérou).

De la même façon, on peut se demander si la plupart des MOOCs sont réellement innovants d'un point de vue pédagogiques, et s'ils ne reprennent pas au contraire des méthodes anciennes, verticales, largement éprouvées. Les techniques de formation à distance existent depuis quarante ans. Voire, il y aurait dans les MOOCs encore moins de personnalisation des enseignements puisque l'enseignant -dont la présence demeure nécessaire comme le montrent les études sur la formation à distance justement-  ne peut suivre autant d'inscrits de manière simultanée.

Il ne s'agit donc pas d'espérer diffuser largement un enseignement supérieur comme éducation populaire, mais bien plutôt de favoriser l'insertion des institutions dans une politique de développement d'enseignements à distance et plus largement de mise à disposition de ressources pédagogiques numériques (espérons le, ouvertes).

3. Et dans ma bibliothèque ?

Plusieurs bibliothèques universitaires s'intéressent à la valorisation des ressources pédagogiques numériques, libres ou non, et à la façon dont elles peuvent / doivent les intégrer dans leur offre de ressources. Le premier angle d'approche concerne un partenariat entre le SCD et les services informatiques sur l'indexation des Ressources pédagogiques numériques mais elle peut aller jusqu'à la production de cours en ligne en fonction d'établissements.

On demeure loin cependant de la problématique des MOOCs et de leur double contrainte de proposition de cours massivement multi-apprenants d'une part, et ouverts d'autre part. 

L'ARL s'empare donc du sujet et souligne que les MOOCs soulèvent des questions légales et stratégiques importantes pour les établissements, liées aux enjeux du libre-accès et de l'égal accès de l'information pour tous.

These questions involve information policy concerns that are central to research
libraries, including the proper application of fair use, the transition to open access as the
default mode of scholarly publishing, and the provision of equal access to learning
materials for students with and without disabilities.

Selon l'association, les bibliothèques doivent évidemment prendre part à ces nouveaux modes d'apprentissage en suivant deux directions parallèles : la première, classique, est de faciliter l'appropriation par les étudiants des ressources en ligne qui leur sont nécessaires ; la seconde plus récente mais non moins importante est de conseiller les Universités dans leur utilisation d'un environnement libre et ouvert.

D'un point de vue légal, les MOOCs soulèvent des questions relatives à :

  • L'utilisation de cours et de références tierces dans des cours en ligne
  • Le statut juridique des cours produits et, partant, des enseignants (droit d'image par exemple)
  • Le lien avec le Digital Millenium Copyright Act (responsabilité des contenus)
  • L'accès des enseignements aux publics handicapés
Ce sont ces différents points que le document tente d'éclaircir au regard du droit américain (Existe-t-il toujours une exception pédagogique quand le cours est censé se voir "massivement" distribué ? Ou quand la plateforme est co-gérée par une entreprise privée par exemple ? Qui est propriétaire du cours et des supports, l'enseignant ou l'institution ? Qui est responsable en cas de contenu illégal ?)

D'un point de vue stratégique, l'ARL affirme les positions suivantes :

  • L'utilisation du Fair Use est un droit essentiel pour les bibliothèques et leurs usagers
  • Il faut utiliser et promouvoir des modèles Libres
  • Il faut penser l'accessibilité pour tous les contenus dès le début du projet 

L'association conclue en réaffirmant le rôle primordial des bibliothèques dans le développement de cours ouverts massivement multi-apprenants en ligne. Au delà des enjeux évoqués, il s'agit de souligner l'importance et la pertinence des bibliothèques et de leurs collections comme soutien aux enseignements ; c'est pourquoi la façon dont ces dernières, en tant qu'expertes seront associées au développement des MOOCs apparaît central.


Pour aller plus loin :
  • MOOC Madness : http://chronicle.com/section/Online-Learning/623/
  • http://tipes.wordpress.com/category/environnements-dapprentissage/mooc/

mardi 17 juillet 2012

Bibliothèques et Open-data

Début juillet, la bibliothèque de Rennes métropole, aka Les Champs Libres, ouvrait ses données en open-data. Plus précisément, la publication en open data des données ne concerne que les statistiques de fréquentation et s'est vue portée par le collectif Open Data Rennes. C'était l'opération #biblioviz.


Mais encore ?

L’open data, ou ouverture des données, est un mouvement visant à rendre les données publiques accessibles à tous les citoyens, qui peuvent ensuite les réutiliser et les redistribuer librement et sans restriction. Les données sont partout : texte, multimédia, carte, date, horaires, localisation, information, image, vidéo, et elles peuvent être fournies par des particuliers comme des associations ou en l'occurrence des services publics. 

Les données publiques, i.e. des informations rassemblées, conservées, créées ou éditées par le service public, les administrations, les collectivités, les institutions ou l’état, regroupent :

  • Des données de description du territoire : cartes, cadastre
  • Des études, des réglementations, des statistiques
  • Les projets, enquêtes, subventions, budgets du service public
  • Les réseaux urbains : eau, énergie, transports, logistique, télécoms
  • La localisation et les horaires d’ouverture services et commerces
  • Les ressources : voirie, bâtiments, espaces, parkings
  • Des mesures : environnement, trafic, circulation
  • Des événements culturels, sportifs, etc.
  • Des informations touristiques, culturelles, des données d’archives
  • Des données électorales
  • ...

En France, la loi du 17 juillet 1978 modifiée par l’ordonnance du 6 juin 2005 oblige les administrations publiques à mettre à disposition les informations produites dans le cadre de leur service, soit de libérer des données réutilisables, y compris de manière automatique, afin de les traiter en grande quantité pour créer de la valeur ajoutée. A noter que certains types de données ne sont pas concernés par cette obligation légale : les données privées, ou celles relevant de la sécurité publique.

L'objectif est multiple :

  1. Du point du vue des administrations, il s'agit d'améliorer la transparence du fonctionnement des administrations et de valoriser le travail du service public en favorisant la création de services à valeur ajouté et en développant l'attractivité du territoire ;
  2. Du point de vue du citoyen, cette "libération" doit permettre une meilleure compréhension des administrations, une certaine forme de contrôle également et donc de favoriser la démocratie et la participation citoyenne.


Et donc ?

En France, toujours, plusieurs institutions ont ainsi ouvert leurs données. Le site le plus important à ce sujet pourrait être data.gouv.fr, géré par la Mission Etatlab, et qui regroupe les données de 90 établissements  : des ministères (dont Culture et Enseignement supérieur), des établissements publics (la SNCF [ici une infographie sur les retards TGV en mars 2012], ou l'IGN), ou encore des collectivités locales (CG Saône et Loire, Région Aquitaine, ville de Saint-Quentin - Aisne).

La carte ci-après, proposée en licence Open Database Licence (ODbL), un modèle qui impose à l’exploitant de citer la source et de laisser la base ouverte, qu’elle ait été enrichie ou non, à l'initiative de l'association LiberTIC essaie de recenser les projets liés à cette ouverture des données publiques.

Cliquer pour une carte en open-data à jour (Proposée par LiberTIC).


La carte recense, en mai 2012, une myriade de projets citoyens, 14 communes, 4 départements et 1 région engagés dans une démarche d'ouverture des données portant notamment sur l'environnement, l'éducation, la citoyenneté, le budget, les transports, les infrastructures, la culture...

Des villes s'en servent notamment pour proposer des applications innovantes comme à Montpellier ou à Rennes où le catalogue d'applications informe sur les transports, une navigation dans la maquette 3D de la ville, une liste des arbres remarquables ou une boîte à outils d’aide à la mobilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite.

ouvrir les données, est-ce la panacée ?

N'allons pas croire cependant que l'ouverture des données est la réponse à tous les problèmes. Elle doit faire face elle-même à certains enjeux bien connus des bibliothèques qui recoupe des questions de formats de données (comment standardiser ces données ?) et de généralisation de ces pratiques encore trop peu connues du grand public. On trouve généralement des données aux formats CSV, ODS, XLS, ODS, RTF, XML ou RDF.

D'autres questions concernent la réutilisation effective des données : il ne suffit pas d'ouvrir les données pour que les usagers et les citoyens s'en emparent, surtout si les données sont brutes et peu aisément compréhensible en dehors du cercle relativement fermé des développeurs. Ne peut-on dès lors craindre que le mouvement s'enferme dans des questions techniques que ce soit au niveau des données elles-mêmes que de ce qu'elles désignent : il est bien beau de libérer les données budgétaires, mais elles relèvent de réglementations telles qu'elles sont déjà en soi difficilement appréhendables. Comment exercer un juste contrôle citoyen si on ne comprend pas ce qu'on télécharge, si on ne sait pas comment traiter l'ensemble ? Récolter est une chose, traiter en est une autre. 

D'où l'importance pour certaines institutions d'offrir des interfaces adaptées de visualisation en plus de la seule possibilité de télécharger les données comme ce que propose le conseil général de Saône-et-Loire par exemple. 

En bibliothèques ?

Peu de bibliothèques encore ont ouvert leurs données, du moins à ma connaissance.

La plus importante demeure probablement la Bibliothèque nationale de France qui propose notamment l’intégralité des données provenant de ses différents catalogues, ainsi que de la bibliothèque numérique Gallica, permettant de créer des pages librement réutilisables par tous les publics, sur les auteurs et les œuvres. Un projet qui utilise également les techniques du web sémantique pour lier les ressources et en faciliter la réutilisation et la dissémination.

Un autre exemple donc est celui de #biblioviz à Rennes. Actuellement ce sont essentiellement les statistiques de fréquentation qui sont disponibles et qui ont été réutilisées par des citoyens pour créer, entre autres, les infographies suivantes :

[Infographie] Fréquentation de la bibliothèque par semaine en 2011. Auteur : Auregann. Licence CC-BY-SA.


[Infographie] Fréquentation de la bibliothèque par tranche horaire dans la semaine en 2012. Auteur : Auregann. Licence CC-BY-SA.

D'autres collectivités ont ainsi ouvert leurs données.

Si vous connaissez d'autres exemples, n'hésitez pas à m'en faire part que nous puissions alimenter cette liste, voire créer une page sur le sujet dans bibliopédia.

Cf aussi :

jeudi 28 juin 2012

Rapports américains pour les bibliothèques universitaires et de recherches

L'Association of Research Libraries (ARL) est l'équivalent -en très gros- de notre ADBU ou de l'européenne LIBER

1. Utilisation du Fair Use en BU aux Etats-Unis

En janvier 2012, l'association a sorti un "Code des bonnes pratiques pour l'utilisation du Fair Use dans les bibliothèques universitaires et de recherches" (Code of Best Practices in Fair Use for Academic and Research Libraries).

Ce code de bonnes pratiques identifie huit situations représentant des pratiques professionnelles généralement acceptées pour l'utilisation de matériaux sous droits, dans des situations récurrentes mais particulières. Ces situations ont été identifiées, au regard du droit américain bien évidemment, et uniquement celui-ci, au cours d'une année de réflexion menée par un groupe de travail sur le sujet. Le groupe s'est également penché sur d'autres questions mais autour desquelles aucun consensus ne s'est dégagé ou qu'il a estimé moins prioritaires. L'ARL propose que ces recommendations soient revues régulièrement et mises ç jour en fonction de l'actualité.

Le rapport pose les questions suivantes, pour une utilisation du fair use dans l'enseignement supérieur américain :

1. Quand peut-on numériser de matériaux sous droits pour les étudiants ? Les vidéos relèvent-elles des mêmes pratiques que le texte imprimé ?
2. Comment mettre à disposition des collections particulières en ligne ?
3. Les bibliothèques peuvent-elles archiver des sites web pour une utilisation pédagogique ?

Le document est accessible en ligne : http://www.arl.org/bm~doc/code-of-best-practices-fair-use.pdf

2.Politiques documentaires en BU

Un autre groupe de travail de l'association, le 21st-Century Research Library Collections Task Force, a sorti un document en mai dernier sur le développement des collections en bibliothèque universitaire. Le document souligne l'importance des politiques d'acquisitions et de conservation partagées. Le travail en équipe et pluri-institutionnel est ainsi valorisé pour faire face aux enjeux notamment économiques auxquels sont confrontés les établissements soulignant par là-même l'émergence de nouvelles fonctions et compétences au sein des équipes.

Collective problems require collective action, which requires a shared vision.

Dans un monde en réseau, les collections locales deviennent moins pertinentes et induisent des apprentissages fragmentaires et incomplètes. De la même façon, il ne faut plus penser les collections comme des produits en soi mais bien comme des composantes de ressources informationnelles plus larges.

Rather than focusing on acquiring the products of scholarship, the library is now an engaged agent supporting and embedded within the processes of scholarship. Collections management is now a juggling act, with the three plates to keep spinning marked Local Needs, Shared Investment, and Coordinated Decisions.

Dans le nouveau paysagge qui se dessine, plusieurs éléments vont acquérir une importance grandissante : bien sûr, la communauté des enseignants chercheurs et leurs usages, la complexité de la constitution des collections elles-mêmes, les modèles économiques et juridiques qui vont émerger, l'efficacité des infrastructures.

Pour télécharger le PDF d'un résumé du rapport.
Pour voir le diaporama présenté lors d'une réunion de l'ARL sur le sujet.

lundi 18 juin 2012

Jamais sans mon comic book

Vous vous souvenez peut-être du Zombie guide to the library, un guide du lecteur proposé par la bibliothèque du McPherson College aux États-Unis sous la forme d'une bande dessinée au cours de laquelle, deux jeunes étudiants se réfugiaient dans une bibliothèque pour échapper à des hordes de zombies. Là, ils découvraient les différentes ressources que pouvait leur proposer la bibliothèque pour se battre et vaincre les revenants.

La bande dessinée est proposée le dessinateur de webcomics et ancien bibliothécaire C. Michaël Hall, sur un scénario d'un autre collègue enseignant à la Emporia State University, Matt Upson et avec les couleurs de Dustin Evans

Les trois amis ne se sont pas arrêtés là puisqu'ils nous ont proposé depuis deux autres bandes dessinées sur le même principe. Si la première se déroulait dans les locaux d'une bibliothèque universitaire, la seconde se déroule cette fois dans ceux d'une bibliothèque municipale(la bibliothèque Wilton, dans le Connecticut) et voit les protagonistes se battre contre une horde de monstres tous sortis de livres plus effrayants les uns que les autres (pour un peu on se croirait dans Richard au Pays des Livres Magiques). Et voilà nos héros aux prises avec le Fantôme de l'Opéra, Frankenstein ou le terrifiant Dracula.

Heureusement, la bibliothécaire est là...

  Encore une fois, outre l'ingénieux mélange entre la bande dessinée et les informations pour le lecteur, doublée en fin de volumes d'explications sur le système de classement ou les opérateurs booléens, ce qui rend le volume intéressant et amusant demeure le côté décalé, les références discrètes qui dénoncent les professionnels derrière le projet sans pour autant se prendre au sérieux (les pauvres moniteurs se font bouffer par les zombies dans la première histoire).

Alors, on aura compris les bibliothèques ne sont peut-être pas des havres de paix mais elles ont les ressources idéales pour affronter les aléas qu'on peut rencontrer dans la vie. D'où question pas moins idéale : Comment devient-on bibliothécaire ? Et c'est là tout l'objet du troisième et dernier opus (pour l'instant) de la série : Supreme Librarians in Metaspace. Le titre n'est pas complètement anodin puisque les initiales forment l'acronyme SLIM qui est aussi celui de l'école de bibliothécaire représentée : l'école de gestion en sciences de l'information et des bibliothèques (School of library and information management) de l'Université d'État d'Emporia.

Il s'agit donc dans ce dernier opus de mettre en valeur les différentes activités et facettes du métier de bibliothécaire, toujours d'une manière drôle et décalée. Avec l'espoir que cette ressource créera des vocations ou, au minimum, permettra de changer la représentation que les usagers ont de leurs bibliothécaires.

A travers un voyage spatio-temporel à la Scrooge, on part à la rencontre des bibliothécaires d'Alexandrie, arabes, de Dewey, d'un vieux bibliobus (on n'est pas loin du bus magique) avec des chats et une bibliothécaire percée et tatouée (parce que bon, les chignons ça va un temps)... pas de numérique, mais comme le dit l'un des protagonistes, c'est à chacun de créer le futur des bibliothèques.

Quoiqu'il en soit, par leur côté décalé et amusant, ces comics forment assurément un moyen de communication efficace, vous ne trouvez pas ?

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