Vagabondages

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Bibliothèques - réflexions

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 12 janvier 2012

Mais que veulent les étudiants ?

D'après une étude mené par l'agence Educause, et cité dans l'article "What students want in a college, les étudiants américains veulent être connectés.

Pas de grande surprise avec ce résultat, sauf que, plus précisément, 60% des étudiants sont très attentifs à pouvoir disposer de connections wifi n'importe où sur le campus, et pas uniquement dans les résidences universitaires ou dans les salles informatiques (quand c'est le cas). Bon, certes, 78% des répondants ajoutent que ce wifi ne va pas les aider à se concentrer sur leurs études, mais plutôt à jouer, écouter de la musique, communiquer avec leurs amis...

L'étude précise d'ailleurs qu'un peu moins d'un tiers des répondants font plus confiance dans la technologie que dans leurs professeurs et que ces dernier d'ailleurs sont “incapable of getting technology working without student aid”, incapable d'utiliser la technologie sans l'aide d'un étudiant.

Les étudiants auraient donc besoin (ou croient avoir besoin) d'être constamment connectés, une autre étude précisant même que les étudiants font la part belle aux classes hybrides, des enseignements qui combinent pédagogie en présentiel et à distance (étude menée par Online Colleges, cf l'infographie ci-après).

L'auteure de l'article part ensuite dans des considérations autour de l'enseignement à distance, soulignant combien il est important et utile pour des étudiants qui, de plus en plus, ont un travail à côté ou des personnes à s'occuper, mais tout en précisant néanmoins également combien des sessions en présentiel demeurent incontournables, ne serait-ce que pour rencontrer, discuter, expliquer certains points plus difficilement assimilés. N'avez-vous jamais eu de problème de communication à cause d'un courriel malheureux ou mal écrit ? 

Dans cette optique, un cours "hybride" semble idéal qui reconnaît d'une part les nouvelles habitudes des étudiants et d'autre part conserve une nécessaire interaction physique avec les étudiants. 

Ci après, une infographie qui revient l'usage des TIC sur les campus américains (cliquer sur l'image pour la voir en grand et en entier)

mardi 10 janvier 2012

L'ALA Ferme son île sur Second Life

Kay Tairov est un vieux de la vieille. Il a rejoint l'Univers virtuel de Second Life dès 2007, soit il y a maintenant bientôt cinq ans. Également membre de l'American Library Association, l'association professionnelle américaine, il s'occupait entre autres et avec d'autres de la gestion d'une île maintenue, payée et gérée par l'ALA sur Second Life. Un groupe également regroupe in world ceux intéressés par la vie de l'association. 

Récemment Kay Tairov a envoyé un message à tous les membres du groupe :

I wanted to let you know that ALA Island will be closing come the new year. ALA will still maintain a presence in SL, just on a smaller scale. Please send me an IM if you have questions. Thank you, Kay Tairov

Les raisons ne sont pas difficiles à deviner. SL perd de plus en plus d'utilisateurs, même s'il semble s'être stabilisé ces derniers temps, au point d'ailleurs que LindenLabs, l’entreprise créée par Philip Rosedale comme partie juridique, légale, du mode virtuel et dont le seul but était d'éditer et de soutenir Second Life, vient d'annoncer qu'elle allait diversifier ses activités.

In addition to delivering new features and increasing our support for Second Life, we will be launching some completely different products next year not related to Second Life. Some of them will be very experimental, but all will fit within our company’s proud history of enabling creativity, which I hope may interest some of you.

Bien sûr, cela pose des questions quant à la permanence de SL à l'avenir. Les fermetures et augmentations de tarifs ces dernières années ont contribué à la désertion progressive de l'Univers Virtuels, laissant la place aux non-profit groups intéressés par la co-création de contenu, les développements ou l'innovation pédagogique. 

De ce point de vue, les bibliothèques se sont révélées des utilisatrices particulièrement actives et impliquées sur Second Life, allant jusqu'à créer un archipel entier d'îles bibliothéco-centrées : l'InfoArchipel. La présence d'une île gérée directement par la prestigieuse ALA a d'ailleurs représenté un attrait indéniable dans la constitution de cet archipel et, partant, la disparition de cette dernière est loin de se révéler anecdotique.

L'ALA possède un blog autour de cette présence virtuelle  sur lequel vous pouvez trouver des informations sur ce que l'association faisait -et continuera de faire, dans une moindre mesure- en ligne.

mercredi 21 septembre 2011

Comment les réseaux sociaux changent notre façon de lire ?

"Comment les réseaux sociaux changent notre façon de lire ?" est le titre d'un article paru cet été dans Mind Shift et proposé par .

L'auteur y explique que, si l'acte de lecture est un acte social -et nous avons toujours été amené à partager nos lectures, ce dernier se voit forcément touché par le développement du web social.

Le phénomène des recommandations en est un exemple fort : n'a-t-on pas vu en début d'année Amazon proposer une nouvelle fonctionnalité de "Public Notes", permettant à tout un chacun de partager avec le plus grand nombre les notes prises à la lecture d'un Kindle. Et si vous liez vos comptes Facebbok et Twitter, vous vous verrez suivre automatiquement l'ensemble des contacts que vous avez sur ces sites (ce qui peut s'avérer dérangeant quand même). Une fonctionnalité proposée aussi depuis cet été par Google qui propose quant à lui de partager les titres que vous lisez sur son propre réseau Google plus. Dans ces exemples, le partage est limité à l'utilisation d'une même plateforme, ou d'une même édition, mais d'autres réseaux libres, en ligne, existent et facilitent les échanges.

A dire vrai, les réseaux sociaux de lecture ne sont pas rares, mais il permettent l'émergence de nombreux groupes de lectures (ou clubs lectures) privés où les lecteurs partagent leurs impressions, écrivent des compte-rendus de lecture etc. notamment dans un contexte scolaire, parfois en temps réel pour des e-lecteurs suivant une même édition.

On pourra opposer, poursuit l'auteur, que les fonctionnalités sociales distraient l'usager de sa lecture, mais à l'inverse, elle affirme que ces éléments apportent de la profondeur et de la compréhension au texte, exactement comme peuvent le faire les clubs lecture, où les pairs nous aident à découvrir, appréhender des notions qui peuvent paraître ardu lorsqu'on lit seul.

lundi 12 septembre 2011

L'ESÉN et les bibliothèques

L'ESÉN change de nom. Vous me direz, le changement est transparent et anodin. Vous vous trompez.

1. L'ESÉN

L'ESÉN, c'est l'École supérieure de l'éducation nationale, un organisme en charge de la formation des personnels d'encadrement de l'éducation nationale, et qui concerne donc en premier lieu les lauréats des concours de recrutement d'inspecteurs, et de personnels de direction.

L'École propose également une offre de formation tout au long de la vie destinée aux personnels d'encadrements de l'enseignement scolaire d'une part et d'autre part, pour les personnels de l'enseignement supérieur. Enfin, quatre masters cohabilités en management public et des organisations scolaires visent à professionnaliser ces personnels.

L'établissement se situe à Poitiers, près du Futuroscope.

2. l'ESÉN (bis)

Le 24 août a paru un arrêté modifiant sensiblement le nom de l'ESÉN. L'Arrêté du 24 août 2011 portant création de l'Ecole supérieure de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, un service à compétence nationale directement rattaché à la direction générale des ressources humaines (art.1).

L'article 2 précise les fonctions de ce nouveau service :

L'Ecole supérieure de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche est chargée de la conception, du pilotage et de la mise en œuvre de la formation des personnels d'encadrement pédagogiques et administratifs, des personnels ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé et des personnels des bibliothèques du ministère chargé de l'éducation nationale et du ministère chargé de l'enseignement supérieur (...)

Cette précision paraît surprenante à l'heure où l'enssib vient de contractualiser son projet d'établissement 2011-2015 avec le ministère. Remarquez, l'ESEN s'adressait déjà aux BIATOSS en portant une action nationale de Brochure présentant les actions de formation continue retenues en réponse à l'appel d'offres "Actions nationales de formation" (pdf). Ces actions étaient organisées en 2010-2011 par les établissements d'enseignement supérieur sélectionnés et s'adressaient alors principalement aux personnels BIATOSS exerçant en leur sein (rappelons ici que les bibliothécaires d'état sont personnels BIATOSS mais que les conservateurs sont personnels scientifiques).

Je ne pense pas l'enssib, chargée tout spécialement de la formation des personnels encadrants des bibliothèques, menacée d'une quelque façon. Néanmoins, je suis curieux de voir comment les deux écoles vont se rapprocher pour aborder cette évolution... Je suis incapable encore de considérer leur importance, même si je doute que cela change grand chose pour le moment.

jeudi 8 septembre 2011

IT professionals and librarians

Je cite là un article intéressant de Ann All, paru dans ITbusinessEdge, et intitulé : "What IT Professionals Can Learn from Librarians" (ce que les IT professionnals peuvent apprendre des bibliothécaires).Les IT professionals, ce sont les professionnels qui travaillent dans les "nouvelles" technologies, disons sur les technologies émergentes ou innovantes (cloud computing, SIG etc...).

Dans son article donc, Ann All, revient sur les pratiques de ces professionnels et soulignent tout ce qu'ils pourraient apprendre des bibliothécaires, et notamment en terme de service.

Zink said:

If you think about a library, librarians are very techie but also very service oriented. Our librarians are exposed very intentionally, and have been for 15 years, to this intermingling of cultures. I’ve often said our help desk at the university would never be able to work for an uncaring IT help desk in the private sector. ... Librarians listen very well and will do anything to get an answer. The last thing they would say is, “I’m sorry. I’m going to send you a manual.” In libraries, the reference desk is very high on the status. It’s just the opposite in IT organizations. We have movement out of both, both laterally and vertically. It was a grand experiment that’s worked out very well.

Une culture de l'accueil, une volonté d'écoute et de répondre au mieux et au plus près des besoins des usagers forment le socle des services proposés par les bibliothécaires, services que les IT professionals essaieront de porter au mieux. Cette façon dont les biblitohécaires cernent les besoins des usagers au travers de questions, d'intérêt, permet également de rapprocher professionnel et "client" justement et de rendre un service encore plus efficace. 

Voilà qui est rassurant de voir ces compétences reconnues. Mais il convient de souligner que les bibliothécaires aussi ont beaucoup à apprendre des services techniques et informatiques avec lesquels ils travaillent. Les fonctions doivent se comprendre en terme de complémentarité plus que d'opposition et nous ne pourrions pas travailler correctement sans eux. La médiation numérique documentaire que nous appelons et voyons émerger dans nos établissements ne pourrait être le produit des seuls efforts des bibliothécaires.

Ou presque.

voir aussi :

lundi 29 août 2011

Ressources pédagogiques libres et bibliothèques

Elyssa Kroski nous propose un très intéressant diaporama sur l'Education libre et les bibliothèques. Disponible sur slideshare.

Les ressources pédagogiques Libre -je ne sais pas s'il existe un meilleur terme en français, c'est le fait de promouvoir le libre dans l'enseignement que ce soit au niveau du contenu (près de 3.000 cours disponibles sur plus de 300 universités dans le monde), des outils et logiciels utilisés ou des licences intellectuelles associées. En 2005, un Consortium s'est d'ailleurs créé qui rassemble plus de 200 institutions et associations dédiées à la création de cours en ligne : l'Open Courseware Consortium. En France, participent l'Université de Lyon, l'Ecole de Management de Grenoble et ParisTech.

Les bibliothèques ont aussi leur rôle à jouer dans la promotion de ces ressources pédagogiques, que ce soit dans la création et la maintenance de dépôts et de bibliothèques numériques, dans la valorisation de ces mêmes ressources, la promotion auprès de la communauté éducative, enseignante et étudiante. Au delà, il s'agit de promouvoir une philosophie d'échange et de partage, faire avancer le savoir dans la société... Et cela passe également par l'utilisation de telles ressources, de tels logiciels dans le travail interne comme par exemple, utiliser un wiki comme procédurier pour l'ensemble des équipes, recenser et créer des tutoriels pour l'utilisation de ses logiciels et bases de données etc.

Un diaporama donc qui mérite qu'on y jette un œil à l'heure où on commence à se pencher sur les ressources pédagogiques numériques dans nos universités.

jeudi 25 août 2011

Un nouveau décret pour les bibliothèques universitaires.

  Un nouveau décret concernant les bibliothèques universitaires vient de paraître dans le JORF n°0196 du 25 août 2011. Ce décret, sobrement appelé Décret n° 2011-996 du 23 août 2011 relatif aux bibliothèques et autres structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur créées sous forme de services communs, remplace et abroge les précédents décrets n° 85-694 du 4 juillet 1985 sur les services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale (et n° 91-321 du 27 mars 1991 relatif à l'organisation des services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur des académies de Paris, Créteil et Versailles relevant du ministère de l'éducation nationale).


1. Bibliothèques et services communs de documentation

A. Bibliothèque

En premier lieu, comme le souligne la brève de l'enssib, on retrouve l'appellation "bibliothèque" pour évoquer ces "structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur". La notice d'introduction du décret précise en effet :

Ce décret réintroduit le terme bibliothèque utilisé par l'ensemble de la communauté universitaire, rénove les missions de ces services communs en mentionnant notamment le développement des ressources documentaires numérique et simplifie leur cadre réglementaire laissant aux établissements la libre organisation de leurs bibliothèques.

Concernant cette nomination, l'article 1 précise que "tous les services [d'activité technique et documentaire d'intérêt commun] qui accueillent du public sont dénommés bibliothèques".

B. Services communs

En fait, ce premier article rappelle la possibilité de créer des services communs de documentation et des services interétablissements. Une capacité inscrite dans le code de l'éducation sous les articles L. 714-1 et L.714-2. D'ailleurs, l'article 4 réaffirme que "toute bibliothèque ou tout centre de documentation de l'université a vocation à être intégré dans un service commun,(...) les autres centres documentaires de l'université sont associés au service commun". Volonté est faite d'évoquer le cas de ces myriades de bibliothèques associées que n'arrivent pas toujours à signaler, gérer, et encore moins intégrer, les SCD malgré les textes. 

Ceci dit, disparaissent des articles sur l'organisation des SCD en sections documentaires et sur l'organisation interne d'un SCD. Cet article étant probablement obsolète.

C. Groupement d'Intérêt Public

Le décret évoque enfin une autre possibilité : la création de groupements d'intérêt public

Un groupement d'intérêt public est une personne morale. Il permet à des collectivités publiques de s'associer entre elles et avec des personnes privées, normalement pour une durée limitée, afin d'exercer ensemble une activité d'intérêt général ou de réaliser un projet commun.

Cette possibilité n'est pas neuve. Elle existait déjà dans le précédent décret de 85, article 12, titre II sur la coopération documentaire interétablissement : "Le statut du groupement d'intérêt public peut être substitué à celui de service commun, par décision des établissements contractants et dans les conditions fixées par l'article L. 719-11 du code de l'éducation" et concerne notamment les complexes coopérations entre bibliothèques sur Paris et sa région.


2. Les missions des bibliothèques

Les missions de ces établissements ne changent guère, et se voient même étoffées.

On retrouve en effet dans le nouveau décret 8 missions principales :

  1. Mettre en œuvre la politique documentaire de l'établissement. Cette mission existait déjà.
  2. Accueillir les usagers et les personnels (...) et organiser les espaces de travail et de consultation. Cette mission n'était pas formulée dans le précédent décret. Le fait de l'inscrire dans le décret renforce justement le rôle d'accueil et souligne l'importance de la bibliothèque comme lieu.
  3. Acquérir, signaler, gérer, communiquer documents et ressources. Cette mission a été reprise telle quelle.
  4. Développer les ressources documentaires numériques. L'importance de la documentation numérique est ici affirmée et reconnue. Il est demandé expressément à la bibliothèque de participer à la production de l'IST, "notamment par la production, le signalement et la diffusion de documents numériques". Je souligne le terme de production qui entérine une évolution notable dans le discours professionnel de ces dernières années appelant non plus seulement à signaler les ressources mais bien à participer activement et produire des documents.
  5. Participer à la recherche et aux activités d'animation culturelles, scientifiques et technique de l'établissement. Je souligne ici qu'est réaffirmée la dimension culturelle de la bibliothèque. Une dimension déjà présente dans le décret précédent mais qui s'est vue inégalement exploitée.  
  6. Favoriser toute initiative dans le domaine de la formation initiale, continue et de la recherche. Encore une fois, honnêtement, rien de neuf ici. Ceci étant, c'est l'occasion de souligner le rôle de la bibliothèque comme laboratoire d'innovation dans la droite ligne des discussion échangées dans nos milieux professionnels.
  7. Coopérer avec les bibliothèques qui concourent aux mêmes objectifs (...) notamment par la participation à des catalgues collectifs. Cela existait déjà.
  8. Former les utilisateurs à l'IST. On perd l'emploi du terme "usagers" et je me demande pourquoi ? Encore une fois, cette mission existait déjà, mais il est important de la souligner et d'insister de nouveau sur la mission formatrice de la bibliothèque. 
Nous avons donc des missions réparties en 4 grandes catégories :
  • Des missions documentaires (poldoc ; acquérir, gérer, signaler ; gestion des espaces) avec un focus concernant expressément la documentation numérique : la bibliothèque comme lieu d'information
  • Une mission d'accueil et culturelle : la bibliothèque comme lieu de rencontre et de vie.
  • Une mission de formation : la bibliothèque comme lieu de formation
  • Une mission de production et d'innovation : la bibliothèque comme lieu de création


3. Direction et conseil de la documentation

A. Le directeur

A la tête de l'institution se trouve un directeur nommé sur proposition du Président de l'université (et non plus après avis de) par le Ministre. Finalement rien de bien neuf : il s'agit de conformer ce décret au décret 2009-207 portant notamment sur les fonctions des directeurs de SCD et à la mise en place de la LRU. 

Le nouvel article ici précise que le directeur prépare les délibérations du conseil documentaire, notamment en matière budgétaire. Un budget dont le projet est voté au Conseil documentaire (sic) donc mais qui est validé en CA.

Le directeur dirige le service et les personnels, organise les relations avec les partenaires extérieurs, élabore le règlement intérieur voté en conseil documentaire. Il présente au Conseil d'Administration un rapport annuel. (Tout cela existait déjà hors la mention expresse au règlement intérieur). Je rappelle que le directeur n'est plus appelé à siéger au Conseil d'administration, hors consultation ou demande de sa part.

Tout ce qui est subvention de fonctionnement et d'équipement disparaît du décret, les nouvelles lois ayant transféré ces subventions directement aux universités. Il est juste précisé qu'une part des droits annuels de scolarité est affectée au budget propre du service et que ce dernier peut bénéficier de dotations.

De la même façon, il n'est plus précisé que les personnels sont affectés au SCD. En remplacement, on a droit à une phrase bateau précisant que" Les personnels recrutés dans les corps de personnel scientifique, technique et de service des bibliothèques ont vocation à mettre en œuvre la politique documentaire dans l'ensemble des bibliothèques de l'établissement". C'est important, mais on peut espérer que les personnels du SCD vont faire leur travail, oui. 

B. Le Conseil documentaire

J'ai enfin, l'impression que le Conseil documentaire se voit renforcé. Les arrêtés fixant les modalités de fonctionnement des anciens conseils des services communs (notamment l'Arrêté du 4 juillet 1985 ont tous été abrogés par un arrêté paru dans le même JORF. 

La composition de ce nouveau conseil est précisée (pas plus de vingt membres contre trente auparavant, dont le Président, des Enseignants-Chercheurs, des étudiants, des personnels du service). Les mandats demeurent de 4 ans (sauf les représentants étudiants dont le mandats est de deux ans). L'ensemble de la composition et du fonctionnement de ce Conseil doit être définit dans le règlement intérieur.

Parmi ses missions, le Conseil doit :

  • voter le projet de budget du SCD
  • élaborer des propositions concernant la politique documentaire
  • est consulté sur les projets de conventions relatives à la documentation
  • est tenu informé des crédits alloués aux organismes documentaires associés et à leurs utilisation
Une façon de formaliser un peu l’existence de ce Conseil, en espérant qu'il sera mieux reconnu au sein des établissements.


mardi 5 juillet 2011

Valeurs, éthique et compétences

Le site de l'ALA, l'American Library Association, a publié sur son site les valeurs centrales, incontournables, dont se réclame la profession.Bon, vous me direz, cela date de 2004, mais il est toujours intéressant d'en remettre une couche.

1. Valeurs professionnelles

La page intitulée "Core Values, Ethics, and Core Competences" prospose la liste de valeurs suivantes :

  • L'accès (Access)
  • la confidentialité (Confidentiality/Privacy)
  • Le respect de la démocratie (Democracy)
  • le respect de la diversité (Diversity)
  • L'éducation et la formation tout au long de la vie (Education and Lifelong Learning)
  • La liberté intellectuelle (Intellectual Freedom)
  • La conservation des documents (Preservation)
  • Le caractère public des Biens (The Public Good)
  • Le professionnalisme (Professionalism)
  • La notion de service -et nous pourrions ajouter de Service Public- (Service)
  • La responsabilité sociale (Social Responsibility)
Ces valeurs non seulement fondent mais sous-tendent l'exercice de notre profession selon nos collègues outre-atlantique. Des valeurs exprimées et répétées dans les documents, politiques, stratégies professionnelles mises en œuvre.

2. Code d'éthique

Les professionnels américains doivent répondre à un code d'éthique voté là-bas en 1995 et qui comprend XX points parmi lesquels :

  1. Nous fournissons les meilleurs services à tous les usagers
  2. Nous soutenons le principe de liberté intellectuelle et résistons aux efforts de censure des ressources de la bibliothèque.
  3. Nous protégeons le droit de nos usagers à la confidentialité dans leurs recherches informationnelles et la consultation, l'emprunt des ressources.
  4. Nous respectons les droits de propriété intellectuelle et promouvons un équilibre en les besoins des usagers et les titulaires des droits.
  5. Nous traitons nos collègues avec respect, équité et confiance (respect, fairness, and good faith) et promouvons des conditons d'emploi juste pour tous dans nos institutions.
  6. Nous ne laissons pas les intérêts privés prendre le pas sur nos usagers, collègues ou institutions.
  7. Nous distinguons nos convictions personnelles de nos devoirs professionnels et empêchons nos croyances d'interférer avec les buts de notre institutions ou l'accès aux ressources.
  8. Nous visons l'excellence dans l'exercice de notre profession en améliorant nos connaissances et nos compétences, en encourageant le développement professionnel de nos collègues et en encourageant les aspirations des futurs membres de notre profession.
Voir la collection "Textes fondamentaux" dans la bibliothèque numérique de l'enssib qui rassemble justement les codes de déontologie, déclarations et manifestes professionnels.

3. Les compétences au cœur de notre métier

Enfin, le document liste les compétences au cœur du métier de bibliothécaire, celles que chaque sortant d'un master accrédité -puisque qu'en Amérique du Nord, c'est l'ALA qui accrédite les formation visant à former les futurs bibliothécaires. Ces dernières sont regroupées en huit catégories :

  1. Les fondements de la profession (Foundations of the Profession) : éthique, histoire des bibliothèques, histoire de la communication, politiques publiques et culturelles, cadre légal
  2. Politique documentaire (Information Resources) : politique documentaire, gestion des collections, acquisitions, preservation et conservation
  3. Gestion de l'information (Organization of Recorded Knowledge and Information) : organisation des catalogues, indexation, classification, métadonnées
  4. Compétences techniques (Technological Knowledge and Skills) : incidence de la technologie sur les ressources et les services, impact sur l'éthique professionnelle, évaluation de l'information et des services, identifier et analyser l'innovation et les technologies émergentes
  5. Répondre aux usagers (Reference and User Services) : être en situation de référence, information litteracy, compétences pédagogiques, évaluer les besoins des usagers, évaluer un service
  6. Faire de la Recherche (Research) : faire de la recherche en sciences de l'information (méthode, champs, évaluation)
  7. La formation des usagers (Continuing Education and Lifelong Learning) : la formation des professionnels, la bibliothèque comme lieu de formation pour les usagers, méthodes d'apprentissage en bibliothèque
  8. Administrer et Gérer (Administration and Management) : Gestion budgétaire, gestion du personnel, évaluation des services développer des partenariats, être responsable d'équipe (transformational leadership)
Le document date de 2009.

Je suis content parce que finalement ça rejoint peu ou prou ce que je viens de construire pour les bibliothécaires (). Nos élèves devraient pouvoir postuler aux États-Unis à la sortie de l'école !

jeudi 30 juin 2011

Bibliothèques et terminaux mobiles

Mi-juin, j'ai proposé dans un stage de formation continue une intervention sur les usages possibles, en bibliothèque, des terminaux mobiles

Mon intervention était proposée en plusieurs temps : ainsi, après avoir précisé le champs de l'intervention (Typologie de terminaux mobiles ; Usages et usagers ; L’offre aujourd’hui en matière culturelle), et avoir précisé quelques points (différence entre un site mobile et une application par exemple), j'ai dressé un panorama de ce qui se faisait à partir d'un terminal mobile (Quels ressources pour quels services ?) en terminant par des points plus spécifiques à ce genre de terminal (usages des QRCodes, géolocalisation et géoréférencement, réalité augmentée). Vous trouverez en dessous le plan de l'intervention

1. De quoi parle-t-on ?

  1. Typologie de terminaux mobiles
  2. Usages et usagers
  3. L’offre aujourd’hui

2. Projeter une présence mobile

  1. Une stratégie globale
  2. Par quoi commencer ?
  3. Application ou site mobile ?

3. Quels ressources pour quels services ?

  1. Informations pratiques
  2. Ressources et catalogue
  3. Services mobiles

4. Le mobile, outil de médiation

  1. Le QR Code
  2. La géolocalisation
  3. La réalité augmentée

Mon propos n'était pas de rentrer dans des considérations techniques. Je ne suis pas technicien, encore moins développeur. Il s'agissait surtout de revenir sur ce qu'il était possible de faire et dans quel cadre. Mon propos pèche pourtant je pense sur plusieurs aspects : j'aurais voulu plus insister sur le côté gestion de projet (mais ce côté est indépendant du thème en lui-même) et donc revenir sur les points essentiels à aborder dans un cahier des charges. Enfin, encore une fois, le propos était surtout de clarifier un peu le sujet pour les stagiaires. 

J'espère qu'il vous sera tout autant utile (cliquer sur l'image)

Si le lien sur l'image ne fonctionne pas, j'ai déposé le diaporama sur mon compte Slideo à l'adresse : http://www.slideo.com/article/details/articleId/2906
(slideo parce que Slideshare ne marchait pas lorsque j'ai voulu le télécharger sur cette autre plateforme).

vendredi 6 mai 2011

carte des littéracies

Repéré par Stephen Abrams, cet arbre des littéracies découvert sur le blog "Sense and Reference : a philosophical library blog". La littéracie, c'est les connaissances et les compétences, la culture, nécessaires pour évoluer dans un environnement. Olivier Le Deuff, qui travaille entre autre sur la notion de culture de l'information, en parlerait bien mieux que moi.

Devant donc cette avalanche de littéracies outre-atlantique, notre blogueur a essayé de redonner un peu de sens à tout cela et à les catégoriser (je l'adore rien que pour cela).

Il considère, dans ce work in progress, deux sortes de compétences/savoirs : ceux liés directement à la maîtrise d'un médium et ceux qui doivent être acquis en dehors de tout médium spécifique. Dans le premier groupe vous retrouvez des savoirs autour de la lecture, de l'écriture, de l'interprétation qu'il s'agisse de texte, d'image ou de vidéo. Chaque medium mobilise ses propres savoirs, et l'ensemble de ces savoirs peut être mobilisés au sein d'un medium qui rassemblerait l'ensemble de ces supports à la fois comme le web. Ce que nos amis américains appellent la transliteracy.

Les autres types de literacy 'media-neutral' sont donc indépendant de tout support. C'est l'information literacy qui nous demande d'être capable d'évaluer de l'information, la scientific literacy qui veut que nous comprenions les méthodes scientifiques qui demeurent quelque soit la technologie utilisée.

Dans sa taxonomie, Wilk subdivise donc ce second type de culture en littéracies liées à un domaine (littérature, science, économie etc.) et celles indépendantes de tout domaine. Ces littéracies sont liées à des concepts plus généraux dans les sciences de l'information comme les compétences critiques qui chercheraient des dimensions sociales cachées dans les textes dans une approche marxiste ou les compétences media literacy qui focaliseraient sur les biais journalistiques, la censure, la propagande, un certain sens des médias donc .

Et vous, qu'en pensez-vous ?

- page 1 de 9