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Bibliothèques - réflexions

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mercredi 11 juillet 2007

déclaration de politique générale

Il y a déjà deux semaines, notre premier ministre faisait une déclaration de politique générale. Pour celles et ceux qui auraient raté ce moment, l'intégralité du discours est évidemment disponible en ligne sur le site du premier ministre et certains autres commerciaux (mais avec des gras, et des photos donc plus facile à lire).

Je ne relèverai pas l'intégralité du discours mais m'octroie néanoins le loisir de citer un passage évoquant les bibliothèques universitaires dans les paragraphes évoquant la rénovation de l'Université française :

"Faire de nos universités des pôles d'excellence. Pour cela, leur gouvernance sera clarifiée et renforcée. Leur autonomie sera réelle. Leurs responsabilités financières et pédagogiques seront accrues. Elles disposeront librement de leur patrimoine. Cette réforme décisive s'accompagnera d'une concertation de fond, dès à présent engagée, sur les conditions de vie et de travail des étudiants. Il s'agit de lutter contre l'échec en première année de licence, de promouvoir l'excellence des Masters, d'assurer l'insertion professionnelle des étudiants, de mettre à niveau les infrastructures existantes, de créer des campus avec des logements, des installations sportives, des bibliothèques modernes ouvertes le soir et le dimanche comme il en existe dans tous les pays développés."

Je me disais bien aussi que si nos bibliothèques étaient fermées le dimanche, c'était parce que nous vivions dans un pays sous-développé...

samedi 30 juin 2007

Le rôle du bibliothécaire dans la vie intellectuelle universitaire

Ci après, des morceaux choisis d'un discours effectué par le professeur Wiswa Waranapala, ministre de l'enseignement supérieur lors de la troisième conférence annuelle de l'association des bibliothécaires universitaires sri Lankais, le 08 juin dernier :

In my view, the University Librarian has to perform an unique role in the production and dissemination of knowledge, and this is of fundamental importance because the Library, as a knowledge institution, has undergone a tremendous change due to the impact of modern technology.

Modern Library is primarily technology-oriented and it is no more a collection of books and catalogues. (...)

It has to provide facilities for both the undergraduates and lecturers, and it is in this connection that one can say that the University Library is not a collection of text books. It is a working library which provides for teaching, reading and research.

In this respect, the University Library has a special role to play in promoting reading among students and research among the academic staff; in order to achieve this objective, the University Library has to collect material relevant for research and this task, as I understand, should fall on the shoulders of the Librarian, who, apart from his professionalism, needs to be an intellectual. (...)

In other words, policies in the fields of Higher Education have to be formulated to achieve such objectives as access, quality and relevance. It is in relation to the enhancement of quality that Library, with its new techniques and resources, could play a new role, for which the Universities system and Libraries should transform them into developmental-oriented institutions engaged in the production and dissemination of knowledge.

lundi 25 juin 2007

Utilisations du web 2.0 dans les bibliothèques


edit : C'est la première fois que j'utilisais la fonction "pièces jointes" de Gandi. En fait, la pièce jointe, et donc la diaporama apparaît en bas, à côté du lien vers les commentaires, sous la mention "une annexe. Pas très visible, je vous l'accorde. Pour y remédier, et comme annoncé, je vous propose en fin de billet, de le visionner grâce à SlideShare.

Aujourd'hui même se déroule une journée d'étude organisée par BibliEst sur le thème du web 2.0 et des bibliothèques. La journée se déroule en deux temps, soit deux tables-rondes :

La matinée est consacrée aux outils du web 2.0 et voit intervenir Frédéric Bidegain (IGE informatique) sur la définition du web 2.0, David Liziard (responsable de Bibliopédia et directeur de bibliothèque) sur les wikis et l'exemple de bibliopédia et moi-même sur "les outils du web 2.0 dans un contexte bibliothéconomique".

L'après-midi se veut plutôt un moment de réflexion qui se voit intitulé "Web 2.0 : nouveaux usages en bibliothèques ?". Parmi les interventions,  nous retrouverons Frédéric Bidegain qui tentera une "non-définition du web 2.0", cette fois mis en regard des contributions de Cécile Elwalid (documentaliste) qui reviendra sur la mutation des métiers et ce qu'est un "bibliothécaire 2.0", Pascal Leray (Bibliothécaire territorial) analysera quant à lui l'impact d'internet sur le rôle du professionnel de l'information, Françoise Prouvoyeur (IUT Paris 5) enfin évoquera les pratiques émergentes liées à l'apparition du web 2.0 et Xavier Polidoro (juriste) terminera la journée par un point de droit face à ces nouveaux moyens de communication.

Une journée bien chargée donc sur laquelle j'aurais peut-être l'occasion de revenir, à moins que David ne le fasse lui-même. En attendant, et d'après l'heure à laquelle ce billet est censé être publié, je dois être en pleine intervention. Pour vous permettre alors de profiter également de cette dernière, je vous propose de télécharger le diaporama que j'ai fait pour l'occasion. J'espère que la fonction "joindre un fichier" de la plateforme Gandi fonctionne correctement mais il ne devrait pas y avoir de raison.

Le diaporama s'intitule "Les bibliothèques à l'épreuve du web 2.0" et se compose de deux grandes parties : une première revient rapidement sur les concepts du web 2.0 et une seconde recense quelques applications en bibliothèque à partir exemples concrets (enrichir les données, valoriser les services, informer des actualités, former les usagers, partager les ressources, participer à un opac 2.0). En fait, honnêtement rien de bien neuf par rapport à ce qui existe déjà et dont je me suis inspiré en partie (diaporamas de Bibliosession (ppt) ou d'Affordance (ppt) entre autres).

N'hésitez pas à critiquer et commenter le document. Il manque un certain nombre d'éléments (notamment sur la contextualisation des bibliothèques sur Amazon ou LibraryThing par exemple) ou celui de statistiques de prêts mais l'intervention n'était censée durer que 20 minutes (et déjà, là, je pense déborder un peu).

vendredi 15 juin 2007

Gazouiller en bibliothèque avec Twitter

Un service qui semble en plein essor, i.e. que je vois de plus en plus cité dans les différents billets proposés par mon agrégateur, est celui de Twitter qu’on pourrait traduire grosso modo par "gazouilleur".


Qu'est-ce que Twitter ?

Ce service n'est pas neuf semble-t-il qui a été lancé en juillet 2006 sous le nom de twttr mais ce n'est que depuis quelques semaines qu'il a vraiment pris de l'ampleur. De quoi s'agit-il ? Twitter est ce qu'on pourrait appeler un système de micro-blogging, couplé à un réseau social ou, comme l'explique TechCrunch

il s’agit d’une plateforme hyper simplifiée de blog qui permet de publier textes et liens (c’est tout) et qui est construite autour d’un réseau social permettant de suivre les mises à jours des membres de la communauté. Twitter explique que cette plateforme est destinée à vous informer ou informer les utilisateurs sur “ce que vous faites”.

Les billets ainsi publiés sont dès lors d'un minimalisme confondant et d'une simplicité extrême. Pas d'analyse complexe, ni de ces longs et illisibles billets que l'on retrouve ci et là (dont sur ce blog ^^). C'est plutôt la longueur et le style d'un SMS qui sont ici prônés, avec l'effet réseau d'une messagerie instantanée. Internet Actu précise :

Le principe est simple, vous disposez d’une page personnelle sur laquelle vous pouvez envoyer des messages via IM ou SMS. Vos amis peuvent s’abonner à votre page pour être alertés à chaque fois que vous envoyez un message - en choisissant eux aussi la manière, IM ou SM

Un moyen de tenir ses amis au courant de ce qu'on fait, et d'envoyer des SMS gratuitement. Et donc envoyer des messages sur twitter via l'interface web, IM ou SMS. Si vous voulez voir un exemple de ce que cela peut donner, allez voir la page d'Amy Kearns, bibliothécaire.

Une façon également d'être toujours présent -et quelque part, c'est cela qui importe, peut-être bien plus que de participer. Une façon qui souligne aussi le nomadisme grandissant des outils et des pratiques sociales.

L'ensemble des utilisateurs apparaît sur une Twittermap, une carte donc, consultable également sur Twittervision, et il est possible de faire des recherches grâce à une fonctionalité propre intitulée Twittersearch (c'est original).

Critiques

On pourrait néanmoins formuler quelques critiques vis à vis de ce service. La première réside dans l'intérêt réel des posts. Twitter veut répondre à la question "qu'est-ce que je fais" mais du coup, il y a nombre de billets qui sont d'un intérêt quasi nul. Savoir qu'untel est dans le train ou que telle personnalité trompe son conjoint parce que l'abonné vient de le lire sur la devanture d'un magazine est à mon avis fort peu appréciable.

Du coup, on arrive à une nouvelle forme d'infopollution qui souligne une nouvelle critique à formuler : nous avons des journées déjà parcellisées, je veux dire que nous sommes constamment dérangés pour une raison x ou y et qu'il devient rare et difficile de seulement s'assoir à son bureau et consacrer une heure ou deux à une même tâche. Si en plus, nous voilà dérangés par des SMS dénués d'intérêt, ça commence à devenir insupportable.

Utilisation de Twitter dans l'enseignement supérieur

Nonobstant ces critiques, certaines utilisations intéressantes de twitter semblent émerger... ou plutôt pourraient émerger, puisque ce n'est pas encore le cas. Ainsi, l'enseignant chercheur journaliste Manuel Canevet, sur son blog Toujours Plus, s'est-il penché sur les utilisations du logiciel dans un cadre universitaire :

Imaginons qu’une université se créé un compte twitter. Imaginons que ses étudiants également et connectent leurs profils. L’université peut de façon très simple envoyer des messages à ses étudiants et les toucher avec une quasi certitude : « Mr Untel reporte son cours », « la B.U. sera fermée demain »…..tout ça par SMS et gratuitement.  Après les panneaux d’affichage en liège, les mails sur des boites @univ-… voici venu le temps de twitter ?

Le même Manuel Canevet est allé plus loin encore qui a créé un compte Twitter pour l'AEF afin de diffuser encore plus largement les Actualités de l'Enseignement Supérieur déjà accessibles en ligne sur leur site internet, vous permettant ainsi de suivre toute l'actualité idoine sur votre téléphone mobile :

J'ai créé un compte Twitter à l'AEF ( http://twitter.com/aef ). Cela va vous permettre de recevoir gratuitement par SMS,  par messagerie instantanée (msn, jabber...) ou par internet, toute la journée, quasiment en temps réel les titres des dépêches de l'AEF. Plus besoin d'être derrière son ordinateur pour apprendre la dernière nomination au ministère ou la dernière déclaration du ministre, la tenue d'un prochain colloque ou bien le nombre de manifestants dans un mouvement de protestation. Dans un premier temps cela sera sans doute un peu artisanal, et je me concentrerais uniquement sur les titres des dépêches "enseignement supérieur | recherche".

En ce qui concerne le monde de l'entreprise, Benoît Descary explique que ce peut être un bon moyen de faire passer rapidement des informations à un groupe de personnes, si par exemple vous possédez un commerce et que vous désirez informer votre clientèle des nouveautés que vous recevez en boutique, ou tout simplement pour informer des nouveautés du groupe.

Utilisation de Twitter dans les bibliothèques

Et pour les bibliothèques ? Vous pensez bien que nos collègues américains se sont déjà penchés sur la question, et en réflechissant aux possibilités du service on peut lister deux grandes utilisations. La première consiste à alerter ses usagers :

  • Alerter une communauté des nouveautés y compris, et pourquoi pas ?, en fonction des groupes d'usagers (ados, parents, étudiants, chercheurs d'emploi...)
  • Prévenir les usagers lorsque les ouvrages qu'ils ont réservés sont arrivés
  • Prévenir lorsque le catalogue tombe en panne
  • Rappeler des ouvertures/fermetures exceptionnelles de la bibliothèque
  • Prévenir des événements divers et variés...
L'autre usage potentiel réside dans l'ouverture d'un service de référence en ligne, et c'est sans surprise le blog Digital reference qui évoque la question en parlant de ce que propose la Nebraska Library Commission dont le compte Twitter est empli de questions posées par les usagers (mais pas des réponses ensuite données). Incidemment ça permet de se faire une idée des questions qui peuvent être posées à un service municipal de références en ligne.

Stephen Francoeur, du blog Digital reference explique ce que pourrait donner une telle utilisation :

  1. Library sets up a Twitter account for reference and advertises it on library web site (among other places, obviously)
  2. Users add the library as a friend in Twitter so they can send reference questions to Twitter, having been forewarned that there is no privacy in submitting their questions this way (the library could tell users that it's like putting a question on an online bulletin board or forum). Users might also use the direct message option in Twitter to submit their questions.
  3. The library answers the question in Twitter using the direct message option.

Ou avec l'implémentation d'une base de connaissance alimentée par un flux RSS :

  1. User submits question to library (via Twitter direct message option or via chat, IM, email, reference desk, SMS reference, etc.)
  2. Library answers the question and asks permission to add it (stripped of all personally identifiable information) to a publicly searchable knowledgebase available from the library's web site. That knowledgebase spits out a RSS feed of all newly entered question/answer pairs.
  3. With permission from the user, the question and answer are added to the knowledgebase, which in turn sends out its RSS feed, which itself is sent to rss2twitter to be passed along to the library's Twitter account.

Bon, je demeure un peu sceptique, ne serait-ce parce que je pense notre société française et notre profession beaucoup moins à l'aise que nos chers voisins outre-atlantique avec ce genre de nouveautés technologiques. D'ailleurs, même ces derniers ne sont pas tous convaincus. Néanmoins, ça valait le coup de le mentionner au su de l'utilisation croissante qui apparaît.

lundi 4 juin 2007

Les quatre qualités d'un bibliothécaire (de référence) efficace




Dans un article paru dans le Chronicle of Higher Education, Todd Gilmann, Bibliothécaire responsable des fonds de littérature anglaise à l'Université de Yale, propose un article intitulé : "The Four Habits of Highly Effective Librarians". Après un rappel à un article précédent dans lequel il évoquait les mauvaises relations qu'entretenaient universitaires et biblitohécaires ("Many academic librarians feel unloved and underappreciated on their campuses, and the main reason is that they sense they are viewed as second-class citizens by members of the teaching faculty"), Gilmann explique qu'un autre grand ennemi du bibliothécaire est... son collègue bibliothécaire :

many of us librarians are our own (or one another's) worst enemies and that if we were more adept at working together, we could improve our lives and those of our colleagues.

Pour être plus efficace, poursuit-il, il faut savoir jouer et dépasser ces jeux de dépendance à l'égard des universitaires et d'interdépendance à l'égard de ses collègues et, afin de nous y aider, il développe quatre traits selon lui essentiels :
  • L'ouverture

All too often, librarians -- like all human beings -- do not listen to one another. In a well-meaning attempt to be proactive we may dutifully invite co-workers or subordinates to weigh in on how we might improve some aspect of our services. If they say things we have already thought of, or agree with (or both), all is well.

But if their responses are not what we expect (read: want) to hear, rather than question our assumptions, we become defensive. We may nod sympathetically while telling ourselves that nothing needs to change. If the responses seem too challenging, we may even angrily defend the status quo.

Let's face it: It's hard to take criticism, even if it's constructive. It's even harder to act on it and try to change our behavior, policies, or procedures.

Voilà qui donne le ton. L'auteur prend exemple sur la baisse de fréquentation des services de références dans les bibliothèques américaines (c'est malin, au moment où nous ouvrons nos services...) et du débat qui s'est ouvert sur l'avenir de ce genre de services, les uns arguant qu'il n'existera plus comme tel en 2012, les autres espérant bien que le bureau de renseignement sera toujours présent. Et l'auteur de préciser que l'ouverture consiste également à écouter ce que nous disent les chiffres.

  • Réactivité

It is what happens once openness has succeeded. Responsiveness means taking appropriate action based on careful listening. Considering alternative models for delivering reference service would be an appropriate response to questions about the long-term viability of the traditional reference desk.


Ce qui arrive quand on est resté ouvert à l'environnement. Il s'agit alors d'être réactif et de répondre efficacement aux évolutions dans les usages. Todd Gilmann propose alors de suivre la tendance qui met en avant les outils en ligne tels que messagerie instantanée, Yahoo!Answers, Google Talk...
 L'important est d'accompagner l'usager, d'être avec lui, où il est, quitte à ce que cet accompagnement soit virtuel. Une autre réponse serait de rejoindre les usagers, et notamment les étudiants, dans les salles d'informatique plutôt que de s'accrocher aux collections papiers largement sous-utilisées.La volonté d'expérimenter de tels modèles n'est qu'un exemple de l'énorme potentiel de réactivité dont nous devons faire preuve.

  • Collaboration

By that, I refer to the desirability of working -- not in isolation, as so many of us do -- but with one's fellow librarians to get a job done.

Quelque soit l'activité que nous pouvons adopter dans l'exercice de nos fonction, il nous faut faire preuve de plus de collaboration entre nous. Et l'un des moyens pour ce faire est l'utilisation de wikis : With wikis, librarians from all over the campus can collaborate virtually to establish best practices, solve common problems, and generally feel more connected with their peers. Mais il évoque également d'autres outils tels que les réseaux sociaux comme Facebooks, les outils de partage par des tags, qui permettent aux collègues de s'échanger des ressources et de partager leurs travaux, ou l'organisation comme à Yale de symposia sur des pratiques communes (à Yale, sur l'amélioration de l'accès aux ressources primaires pour les chercheurs et les enseignants).

  • Communication
Dernier point :

No librarian enjoys learning from a campuswide e-mail discussion list that a decision that will dramatically affect his or her whole department was made unilaterally by another department, campus library, or administrator. Ideally, all stakeholders should be consulted before a decision is made -- and their feedback should not only be taken seriously but be seen to be taken seriously.

Il est important de communiquer sur les décisions prises, l'avancée des projets, d'impliquer l'ensemble des collègues. Sans cela, le projet risque de ne pas fonctionner. Rien de bien neuf, mais il est important parfois de rappeler certaines évidences.

mercredi 25 avril 2007

Pour vous, la bibliothèque du futur...


Sur leur blog commun, la promotion actuelle des DCB16 propose un petit film réalisé à l'occasion de la journée d'étude sur "L'avenir des bibliothèques" du 4 avril dernier. Certes la qualité est assez inégale, mais la vidéo est très intéressante, parfois drôle, parfois sérieuse, parfois inaudible ^^ sur des images de la nouvelle bibliothèque de l'enssib, du SCD de Lyon 1, la bibliothèque de la Manufacture (Lyon 3)... ou de divers endroits de Lyon.

Dans ce court-métrage, les élèves conservateurs se sont interrogés les uns les autres sur leurs visions et leurs représentations respectives de la bibliothèque, abordant des sujets aussi divers que le rôle patrimonial des bibliothèques, la maîtrise de l'information, l'ouverture au savoir pour le plus grand nombre, le côté convivial du lieu, les stratégies de services, la bibliothèque hybride, le rôle des bibliothécaires comme valeur ajoutée, les "computer geek"...

Le film est proposé au format Xvid et téléchargeable en deux parties. Vous pourrez alors le lire avec un lecteur comme VLC ou MPlayer. Il est aussi disponible en quatre parties en flash directement sur leur blog, grâce à un lecteur DailyMotion où elles ont été déposées. A voir d'urgence :)

Juste une remarque : il y a des lectures mais pas toujours les références des passages lus.

mercredi 18 avril 2007

Qui a besoin des bibliothèques à l’heure de Google ?

Ce soir l’enssib recevait Alex Byrne, directeur de la Bibliothèque de l’université de technologie de Sydney, en Australie, et surtout président de l’IFLA, l’international federation of librarian associations and institutions, une fédération internationale fondée en 1927 –elle fête donc cette année ses 80 ans- dans le but de favoriser le développement des bibliothèques et plus largement de l’accès à l’information.

Mr Byrne était donc invité à ce titre et a proposé aux participants une intervention en quatre parties : Dans la première, il s’est d’abord présenté et a évoqué l’université et la bibliothèque dans laquelle il travaille. Ensuite est venue l’intervention à proprement parler où il a d’abord évoqué le développement des technologies de l’information et l’emballement lié au web 2.0, puis il a expliqué ce qu’était l’IFLA, ses missions, ses axes de travail, et son rôle notamment au sein du dernier sommet mondial sur la société de l’information. Enfin, il est revenu sur le rôle des bibliothèques à l’heure de Google.

Rapidement, la bibliothèque de l’université de technologie de Sydney est relativement récente. L’université elle-même date de 1988, même si elle est issue d’un Sydney Technical College remontant, lui, à 1893. C’est une université de 32.000 étudiants, dont 5.000 étudiants étrangers.

La bibliothèque se veut « highly digital », résolument numérique. Dans cette optique, elle propose l’accès à 23.000 périodiques électroniques et pas moins de 80.000 livres électroniques ce qui me semble véritablement surprenant quand on sait combien ce genre de document a du mal à percer dans le paysage documentaire hexagonal. Elle propose également 560.000 ouvrages papiers. L’implémentation de la technologie RFID est prévue pour décembre 2007. Une recherche croisée entre toutes leurs ressources en ligne est possible via le service SFX de Metalib mais ils n’en sont pas satisfait, ne serait-ce parce qu’au final, l’usager se retrouve avec nombre d’interfaces différentes et qu’il se sent un peu perdu. A ce sujet, la maîtrise de l’information est un élément très important, « a major priority », à la bibliothèque qui aimerait qu’elle soit mieux intégrée dans les cursus. Enfin, son service de référence est un service en ligne, utilisant Reftrackers et propose un accès à sa base de connaissance.

Technologies de l'information et bibliothèques

Alex Byrne a ensuite évoqué le formidable développement des ressources sur internet, qu’il s’agisse des bases de données spécialisées (incontournable dans une activité de recherche), des revues en texte intégral, des agrégateurs ou des sites internets dont le récent dynamisme (par opposition aux pages statiques) posait des problèmes notamment en matière d’archivage et de préservation des données. Au-delà, il a abordé les technologies « émergentes » et liées au web 2.0, évoquant l’évolution dans les modes de publications, de recherche, d’accès à l’information grâce à l’utilisation d’outils tels que wiki, blogs, podcasts, grâce aux réseaux sociaux, aux mashups. Alors qu’il parlait des podcasts, il en a profité pour évoquer rapidement les problèmes d’évolution des supports d’information et de pérénisation des outils pour lire les données, de même le développement des moteurs de recherche apportant une information rapide et gratuite a été pour lui l’occasion de rappeler l’opposition de l’IFLA aux accords entre la Chine et Yahoo puis Google afin que ces firmes proposent une version édulcorée, id est censurée de leur moteur. Surtout, il a opposé le dynamisme de l’information sur internet aux catalogues statiques et peu attrayant des bibliothèques.

Avec le web 2.0, le public espère plus de dynamisme, d’interactivité, d’immédiateté dans son rapport à l’information. Il veut pouvoir prendre part à sa diffusion et les bibliothèques, qui sont elles-mêmes en pleine mutation, doivent s’approprier ces nouvelles technologies. Prenant pour exemple l’important travail de numérisation des onze volumes de la Description de l’Egypte proposée par la Bibliotheca Alexandrina, Mr Byrne nous a rappelé combien ces technologies pouvaient nous apporter en matière d’amélioration de la recherche, de travail sur un document (on peut l’annoter, le consulter autant de fois qu’on le souhaite sans toucher à l’intégrité du document), de travail collaboratif etc…

Le rôle de l'IFLA dans la société de l'information

En second lieu, Mr Byrne est revenu sur l’IFLA. Il a ainsi rappelé que l’association vieille de 80 ans regroupait 1700 membres issus de 150 pays différents, eux-mêmes adhérents à des associations nationales (ou internationales) de bibliothécaires, des bibliothèques, des services de bibliothèques des secteurs publics, privés et bénévoles, mais encore des membres individuels qui soutiennent ses objectifs et participent à son travail. Son action repose sur trois piliers :

  1. Le pilier des Membres reposant sur les services offerts, les congrès proposés y compris dans des zones peu accessibles (cette année le congrès de l’IFLA aura lieu en Afrique, à Durban, afin de permettre aux collègues africains qui ont plus de difficultés pour se déplacer de pouvoir participer). Pour information, le congrès annuel 2006 s’était tenu à Séoul, en Corée du Sud, et en 2008 se tiendra à Québec, au Canada. Ce pilier repose enfin également sur les publications de l’association.
  2. Le pilier Profession désigne le fonctionnement très hiérarchique de la fédération découpée en 48 sections réunies en 8 divisions. Il coordonne des programmes fondamentaux spécifiques autour du développement des bibliothèques dans le Tiers-monde (ALP), des normes bibliographiques, de la préservation et de la conservation des documents (PAC), de l’Unimarc.
  3. Le pilier Société souligne l’impact des bibliothèques et des services d’information sur la société. Il travaille dans ce cadre sur deux programmes fondamentaux, le premier autour du copyright (CLM) et le second sur le libre accès à l’information et la liberté d’expression (FAIFE). Ils travaillent également dans ce cadre avec d’autres partenaires tels que le bouclier bleu [sur lequel je reviendrais], l’Unesco, l’association internationale des éditeurs… et participent au sommet mondial sur la société de l‘information dont j’avais parlé à l’époque.

Au Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui s’est tenu à Genève en 2003 puis à Tunis en 2005, l’IFLA a publié un manifeste d’Alexandrie (parce qu’adopté à Alexandrie, Egypte, à la Bibliotheca Alexandrina, le 11 Novembre 2005 lors du pré-sommet de Tunis) revenant sur le rôle des bibliothèques dans la société de l'information et insistant, à l'endroit des gouvernements, sur l'importance et les enjeux d'une véritable politique publique et une proclamation d'Alexandrie sur la maîtrise de l'information et l'apprentissage tout au long de la vie qui rappelle entre autre que :

La maîtrise de l'information est au coeur de la formation tout au long de la vie. Elle permet aux gens, dans tous les chemins de la vie, de chercher, d'évaluer, d'utiliser et de créer l'information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels. C'est un droit humain de base dans un monde numérique qui apporte l'intégration de tous les peuples.

Les bibliothèques à l'heure de Google

L’accès à l’information est un droit. Il ne saurait être réservé à une partie de la population et les bibliothèques voient là leur rôle se conforter et devenir d’autant plus prégnant, en tant qu’espace neutre, sans parti pris d’aucune sorte, d’accès à l’information et à une information pertinente, en tant qu’espace, et en tant que lieu d’apprentissage, notamment de maîtrise d’information. L’information est fondamentale pour le développement économique et culturel. Contre Google, enfin, les bibliothèques peuvent se poser à plusieurs niveaux :
  • fiabilité des sources
  • service d’information non commercial
  • conseils pour une information de qualité
  • découverte et usages d’information
  • apprentissage à la maîtrise de l’information
  • encouragement à la création de contenu par les usagers
  • préservation de l’information et du savoir pour le futur

Lutter contre Google, c’est donc avant tout aider les gens à maîtriser l’information, identifier la provenance et la validité des informations que le moteur leur présente.

Les questions ensuite portèrent sur les résultats du Sommet de Tunis, ce qui fut l’occasion d’évoquer les enjeux de la gouvernance de l’internet. Une seconde aborda le libre-accès et là Mr Byrne a souligné que les bibliothèques avaient un rôle à jouer en rendant accessibles les périodiques en accès-libre, travaillant avec les facultés pour soutenir le mouvement voire le soutenir de façon active en proposant elles-mêmes la publication de périodiques en accès libre.

Une troisième enfin s’interrogeait sur la pérennité à terme des bibliothèques dans un monde où l’information devenait de plus en plus numérique. A cela Mr Byrne répondit qu’il était vrai que les supports de l’information changeaient : les annuaires par exemple semblaient avoir complètement disparus sous forme papier au profit du numérique et certaines disciplines scientifiques comme la médecine avaient besoin d’une information sans cesse à jour pour continuer leurs recherches mais en ce qui concernait la littérature, il allait être difficile de dépasser la forme du codex. Dans les années ’50-’60, les gens pensaient que les microformes étaient les formats ultimes de préservation et de diffusion des documents. Aujourd’hui, ils sont clairement dépassés mêmes s’ils sont encore parfois utilisés. Les supports varient, mais ils ne s’opposent pas. Ils se placent en compléments les uns des autres, en complément du livre. Enfin, même sans livres, les bibliothèques existeraient toujours que ce soit en tant qu’espace physique pour les usagers ou que ce soit en tant que lieu virtuel, de bibliothèque numérique riche de services à proposer.

En soi, la conférence était intéressante même si Mr Byrne n’a rien dit de vraiment révolutionnaire et puis, honnêtement, je m’attendais à autre chose sans vraiment savoir quoi. Il est amusant également de remarquer cette mode toute américaine, disons anglo-saxonne, de proposer des diapos emplies de seules photos, car Mr Byrne en a largement profité pour nous montrer, outre les environs de Sydney, des photographies de bibliothèques issues des quatre coins du monde : Chili, Suède, Chine, Egypte…

Pour conclure, si cela vous intéresse, le diaporama de l’intervention devrait être rapidement disponible sur le site internet de l’enssib, ainsi que l’ensemble de la conférence : cette dernière à cet effet était filmée et je pense qu'elle devrait être également mise en ligne.

Mise à jour du lien La vidéo de l'intervention est disponible sur le site de l'enssib.

mardi 20 février 2007

Bibliothèques sinistrées


Le 08 février dernier, une catastrophe s'est abattue en même temps que des trombes d'eau et d'une partie du toit sur les collections du Service Commun de la Documentation de l'université de Lille III :

Au final, deux mille cinq cents livres d’art et culture endommagés dont soixante-dix-neuf, imprimés sur papier glacé, assez gravement. « Ils sont à l’isolement. On se donne trois semaines pour les sécher. Si des champignons se développent, il faudra s’en séparer  », diagnostique Cécile Martini, conservateur du patrimoine qui estime le montant total des pertes à 6.000 €.

Apparemment, seules les salles de lectures ont été touchées par le sinistre, les fonds patrimoniaux très riches de ce SCD, qui héberge également pour des raisons historiques les réserves des deux autres universités lilloises (Lille 1 -Sciences et Technologies- et Lille 2 - Droit et Santé-), étaient à l'abri en réserve.

C'est l'occasion de rappeler la vétusté des locaux des bibliothèques universitaires, parents pauvre de l'Université elle-même pas toujours très bien lotie (ex sur ce diaporama Flickr Paris 8 ). Pourtant, voilà longtemps que la sonnette d'alarme est tirée et la publication du Rapport Miquel au ministre de l’Éducation nationale, en 1989, qui dénonce une situation catastrophique pour les bibliothèques universitaires et parle de "locaux exigus ou périmés", apparaît comme une date charnière. Deux plans immobiliers, les schémas "U2000" et "U3M" vont alors être successivement lancés par les pouvoirs publics pour soutenir les bibliothèques. Le premier mettait l'accent sur les constructions neuves et le second, qui s'étend jusque 2015, prévoit plus de réhabilitations et de modernisations, ce qui devraient être le cas de nombre de bibliothèques jugées peu fonctionnelles et défaillantes en terme de sécurité. Ces plans sont complétés par les Contrats de Projets Etats-Régions (CPER) dont les nouvelles formes crééent un contexte relativement inédit (sur la base de projets) et, partant, quelque part incertain. D'autant que les programmations ne peuvent toutes être respectées, comme ce fut le cas, pour reprendre l'exemple initial, des opérations de réhabilitations de Lille III prévues au précédent CPER mais qui n'ont pas pu être engagées, mais également des universités de Lille I, Tours Lettres, Toulouses III médecine...

Alors bien sûr, des efforts ont été fournis ces quinze dernières années et il serait de mauvaise foi que d'affirmer le contraire mais la massification du nombre d'étudiants et l'ampleur du retard rendent ces efforts presque inopérants. Les problèmes de constructions en effet ont des répercussions sur les missions fondamentales des biblitohèques, qu'il s'agisse de conservation ou de diffusion. Le rapport 2005 de la Cour des Comptes sur les bibliothèques universitaires dénoncait encore, à ce titre, le fait qu'« en 2003 le ratio d’encadrement dans les bibliothèques universitaires était de 3.1 agents administratifs pour 1000 étudiants, les locaux représentaient 0.67 m² par étudiant et il y avait une place assise pour 13 étudiants », ce aggravé par l’inégalité de l’offre en libre-accès entre les universités françaises d'une part (8.7% des collections en libre-accès à Dijon contre 97.6% à Toulouse II), et d'autre part, également, de l'offre vis à vis des autres pays occidentaux, européens ou non.

Bien sûr la question du tout-numérique se pose également. Impossible de nier de nos jours la prégnance des moyens et des systèmes d'information, ni l'importance toujours plus significative du tout-numérique . Mais, comme le soulignait Claude Jolly « les nouvelles technologies de l’information et l’existence d’une information scientifique en ligne n’ont en aucune façon supprimé l’exigence d’espaces organisés dédiés à la documentation, même si, comme il est naturel, elles modifient la nature et le mode de fonctionnement de ces espaces». Anne-Marie Chaintreau, en charge des dossiers de construction de bibliothèques et des volets documentaires des contrats à la Sous-direction des bibliothèques, poursuit :

Les nouvelles technologies ne font que rendre encore plus indispensables des lieux de convergence de la pensée au moment de sa dispersion la plus radicale ; il faut des lieux de socialisation, notamment pour le jeune étudiant, qui, pendant ses études, ne peut rester seul devant son ordinateur face au foisonnement d’Internet. Les étudiants recherchent la compagnie des autres, travaillent de plus en plus en groupes, utilisent les bibliothèques comme des lieux de rencontre, de travail et de liens avec le monde ; ils apprécient ces lieux « organisés », calmes, rassurants, à dimension humaine que sont les bibliothèques, où ils peuvent se former à la recherche documentaire. La communauté universitaire tout entière a besoin d’un lieu où se recentrer, d’un bâtiment « digne » « majestueux », « symbolique » « initiatique », où il sera possible à chacun de se documenter, de se concentrer, de se retrouver, de travailler.

Je ne suis pas certains que la communauté universitaire ait réellement besoin de bâtiments majestueux, en revanche j'estime qu'elle a besoin de bâtiments dignes. Ne serait-ce que pour le respect de ses publics, de ses professionnels et de ses collections.

Voir aussi :

jeudi 15 février 2007

La mort du catalogage ?


Je me fais l'écho d'un billet d'Eli Jacobowitz publié sur son blog "Clarifying and Explaining" et intitulé : The virtues and limits of cataloging.

Dans cet article de vulgarisation, l'auteur met en balance la pratique des tags et de la folksonomie -i.e. indexation par les internautes- d'une part et d'autre part le catalogage professionnel des bibliothécaires, dans une société débordante d'informations et de données. Les premiers constats ne sont pas en faveurs des tags qui semblent fragiles :

  • tous apparaissent au même niveau sans réelle catégorisation au contraire des standards MARC ou DUBLIN CORE ;
  • il n'y a aucun contrôle dans le vocabulaire utilisé et "italien" ne donnera pas les mêmes résultats qu' "Italien" ou "italiens" au contraire des vocabulaires contrôlés des professionnels
  • de nombreux problèmes persistent ensuite au moment du catalogage pour décrire correctement l'objet, qui plus est pour des ressources numériques et là encore, les bibliothécaires l'emportent en ce qu'ils ont établi des règles de catalogages ;
  • On pourrait ajouter le caractère personnel d'une indexation non contrôlée et les problèmes de synonymie (une personne pourra utiliser "roman" quand une autre emploiera le terme "littérature") ou encore passer outre les barrières de l'homographie (le mot-clef "mousse" désigne-t-il un marin, un dessert, un végétal ?)...
Les pratiques professionnelles semblent donc avoir de beaux jours devant elles. Oui mais voilà, le problème est que pour s'en servir, il faut avoir un diplôme en bibliothéconomie alors même que la masse d'information disponible sur internet semble doubler tous les trois ans et l'auteur de se demander : "It is a serious and valid question whether it will be humanly possible to catalog even the fraction of information that we find worth keeping". Il conclut alors que le catalogage professionnel doit s'adapter, ou mourir.

Confiant, le billet se poursuit sur la remarque qu'aujourd'hui nous pouvons avoir des outils qui écoutent et suivent les recommandations des bibliothécaires mais ne peut s'empêcher de conclure :

Eventually, robots might catalog for us. (Librarians shudder.) What we now know is just how far away that is - bot catalogers will need much better AI than currently exists. But in order for this project to even be possible, we have to make our data bot-readable. That means implementing some of the cataloging technologies invented and refined by librarians over the centuries.

Les robots au final devraient cataloguer pour nous, mais pour ce faire, il faut rendre nos données aisément accessibles à ces robots. Nous avons besoin, poursuit-il, de standardiser formats et contenus des métadonnées. Les ressources numériques n'ont pas seulement besoin de métadonnées, mais également de méta-métadonnées qui décrivent les standards qu'elles reconnaissent.

Plusieurs solutions sont à l'étude pour régler ces problèmes et se rapprocher d'un web sémantique, ce que Xavier Lacot précise :

L'expression de faits non ambigus au sujet de ressources données peut se faire par le biais d'ontologies ; depuis 2004, le W3C (World Wide Web Consortium) s'est doté d'un langage XML permettant de décrire des ontologies (OWL - Web Ontology Language). Ce qui manque, désormais, ce sont les outils adaptés pour peupler ces ontologies. Les wikis sémantiques sont une tentative, mais leur emploi demeure encore trop complexe pour obtenir du succès auprès du grand public. Une fois que ces outils seront en place, l'universalisation des informations disponibles sur le Web pourra à nouveau faire un pas en avant.

Et Eli Jacobowitz de clore en affirmant qu'utiliser des formats ouverts serait déjà une première étape.

Autrans 2004


Pour aller plus loin:

jeudi 11 janvier 2007

Un robot bibliothécaire

L'université de l'état de Chicago a ouvert une nouvelle bibliothèque le 12 octobre 2006. Cette dernière propose de nouveaux services dont des collections spécifiques pour les communautés desservies (Community Archives Collection/University Archives/Special collections), un coin pour les enfants lié je suppose à leur centre de ressources en éducation et surtout ROVER, le robot bibliothécaire (cf photo). Rover signifie Retrieval Online Via Electronic Robot. Il permet de retrouver près de 80% des collections de la bibliothèque dont les périodiques reliés (bound periodicals? Merci PascalK), les publications d'Etudes sur la communauté noire, des documents d'archives, des microformes et la plupart des monographies antérieures à 1991. Pour retirer le document, il suffit lors d'une recherche dans le catalogue informatisé de cliquer sur le bouton "Request", en haut de l'écran. Ensuite entrer son numéro de lecteur et aller se présenter à la banque de prêt. Les documents sont retrouvés et identifiés par le robot grâce à une puce RFID.

Materials dating from 1991 onwards are dealt with by the likes of you and me, but anything older is tagged with a radio-frequency ID chip and retrieved by "tall forklift-style machines that run on tracks and stow materials in a three storey high storage facility"

Enfin, près de la banque de prêt se trouvent deux automates de prêt pour les usagers désirant emprunter des documents sans l'aide d'un bibliothécaire. Alors pas d'affolement. Ce n'est pas la mort de la profession ou je ne sais quelle fin du métier de bibliothécaire. D'ailleurs, il reste encore des biblitohécaires à la bibliothèque universitaire de l'Etat de Chicago ne serait-ce pour les documents postérieurs à 1991. J'avoue néanmoins que lire cela fait très bibliothèque du futur ou de Science-Fiction. Je suis pour ma part assez admiratif et curieux d'un tel dispositif, voire envieux. C'est fou ce qu'on peut faire avec le RFID quand même. Il n'y avait pas des BU qui voulaient essayer en France ?

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