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Bibliothèques - ressources

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mardi 19 février 2013

Mini libraries et library boxes

Outre-Atlantique, l'association Urban Librarians Unite (ULU) lutte contre les dégâts environnementaux provoqués par les récents ouragans et tempêtes. Elle a ainsi pu rassembler, par exemple, plus de 20.000 livres pour enfants pour remplacer les collections détruite par l'ouragan Sandy à New York. Et en attendant que les bâtiments eux-mêmes soient de nouveau opérationnels, elle a placé des "boîtes à livres", mini libraries, dans la rue, à l'emplacement des bibliothèques d'arrondissements les plus endommagées.

«Nos mini bibliothèques vont rencontrer les mêmes limites que toute autre petite bibliothèque," affirme ULU sur son site internet. "Elles ne pourront jamais être vues comme une alternatives aux bibliothèques qu'elles remplacent. Elles offrent simplement un peu de réconfort et de secours, en particulier aux enfants et aux familles, et elles rappellent combien les bibliothèques -et leurs bibliothécaires- sont réactifs, attentionnés et rapides pour répondre aux besoins de leurs communautés."

Une initiative qui fait penser aux little free libraries d'un côté, qui essaiment de plus en plus, y compris en France, mais dans des communes moins importantes et d'un autre côté à ce que peut proposer le bouclier bleu en terme de protection des biens culturels et patrimoniaux face aux situations d'urgence.

De son côté, l'association ULU espère proposer également prochainement des Library boxes, un dérivé de PirateBox avec du contenu culturel et informationnel

La LibraryBoxest un outil numérique mobile de distribution de fichiers open-source basé sur du matériel bon marché qui offre un contenu éducatif, social, et tout autre contenu important pour les usagers.

Incidemment, Urban Librarians Unite avait déjà fait parler d'elle récemment en organisant des actions pour sauver la bibliothèque de New York d'importantes coupes budgétaires en organisant une distribution gratuite de livres en mai 2012, une séance de câlins collectifs et une chaîne humaine en mai 2011 ou surtout une Zombie March for libraries (galerie FlickR) en octobre 2010.

jeudi 14 février 2013

Évaluer les apprentissages par le jeu

Un récent article de Mary J. Snyder Broussard, paru dans Journal of Academic Librarianship, propose d'évaluer les formations proposées en bibliothèque par le jeu.

L'auteure part du principe qu'aujourd'hui, dans l'Enseignement Supérieur (et ailleurs), l'évaluation des actions est indispensable. En bibliothèque, cela a donné lieu à la mise en place soit de grosse machines d'évaluation gourmandes en temps et énergie type Libqual+, soit sous forme de mini-évaluations non-systématiques et proposées immédiatement, tant que les étudiants sont encore présents.

L'argument de l'article est donc, outre rappeler et souligner l'importance des évaluations dans les formation, de proposer une méthode originale d'évaluation par le biais de jeux éducationnels. L'article revient sur l'importance des évaluations en bibliothèque, considère les modalités offerte par les jeux éducatifs et compare les deux modalités afin d'en extraire des similitudes et des modalités pouvant être réutilisées dans un contexte professionnel. En gros, le côté actif, participatif du jeu permet de mettre en pratique les compétences acquises. Mais au-delà, il s'agit pour le formateur d'atteindre des fonctionnalités de feedbacks, de retours immédiats,  de faciliter l’implication et d'améliorer les capacités d'apprentissage des participants

Parmi les jeux évoqués, on trouve :

  • "Des agents secrets à la bibliothèque" [Secret Agents in the Library] qui propose à un groupe d'usager d'explorer les ressources électroniques, les périodiques et les monographies  pour répondre à des questions. Les ussagers ainsi parcourent le répertoire de la bibliothèque, son site internet, les ressources en ligne et les bases de données.
  • "La Menace Gobelin" [Goblin Threat], un jeu pour comprendre les enjeux de la citation scientifique et du plagiat, se présente comme une sorte de QCM où l'usager doit répondre aux questions qui lui sont posées pour trouver le gobelin, chaque bonne réponse permettant de tuer un gobelin.

Dans les deux exemples, les bonnes réponses permettent de gagner des points et sont l'occasion de commentaires, voire de tutoriel ou d'explications plus poussée en cas de mauvaise réponse. 

  • Un troisième exemple proposé est "Bibliobouts" de la bibliothèque universitaire du Michigan, qui demande aux participants de trouver et insérer des citations bibliographiques dans un document ensuite soumis à la critique de l'ensemble du groupe, permettant ainsi d'acquérir une évaluation qualitative en plus de celle quantitative de réponses proposées.
  • Auquel on pourrait ajouter "Escouade B", le jeu sérieux proposé par le réseau des bibliothèques de Montréal dans le cadre du programme d'animation Bibliothèque à la rescousse (présentation par Thierry Robert lors de la journée d'étude sur les jeux sérieux en Bibliothèque à l'enssib).

Tous les objectifs d'apprentissage ne peuvent pas être rendu par des jeux. Ces derniers prennent du temps au moment de la conception tandis que le moindre défaut sera disséqué et souligné. De plus il convient de travailler au story board du jeu afin de faire correspondre chacune des activités aux objectifs recherchés mais l'évaluation ludique présente de nombreux avantages pour les bibliothécaires et pour lieux impliquer les étudiants. 

mardi 12 février 2013

Enquête US sur le marketing des bibliothèques publiques

Signalétique d'accueil de la Welcome to North Brunswick Public Library, publiée par la New Jersey State Library.

La revue professionnelle Library Journal publie cette semaine un article de Nancy Dowd, une collègue spécialiste de ces questions auprès de l'ALA et qui maintenant travaille chez Ebsco, sur les stratégies marketing des bibliothèques publiques américaines. Ces conclusions sont le résultat d'un sondage mené en novembre 2012 auprès 471 bibliothèques de toutes tailles et organisé par une division de Ebsco Publishing.

L'objectif de ce sondage était d'avoir une vision plus claire de la façon dont les bibliothèques se promouvaient elles-mêmes, afin de pouvoir développer, pour Ebsco, un produit plus adéquat et utile aux professionnels. Les questions portaient sur la façon dont ces établissements communiquaient pour toucher leurs usagers, les supports utilisés, les informations distribuées, l'efficacité ressenties de ces campagnes et les résultats obtenus, notamment en terme d'implication et d'engagement sur un territoire. 

Les résultats, selon Nancy Dowd, sont mauvais. 

Les répondants étaient les directeurs des établissements. Aux questions sur les supports de communications utilisés pour souligner la présence de leur établissement au sein de la communauté desservie, ce sont les principaux canaux qui sont remontés : un site web, des documents imprimés, des articles dans la presse locale ou encore une présence sur les médias sociaux. Mais à la question sur l'efficacité de ces moyens, les résultats chutent terriblement : si on prend l'exemple du site internet, 95% des bibliothèques répondantes utilisent leur site comme moyen de communication pour toucher les usagers mais seules 14% d'entre elles considèrent que ce moyen est réellement efficace. De la même façon, 86% des établissements ont une présence sur les médias sociaux, mais seules 4% considèrent que c'est vraiment efficace.

Plus généralement, 77% des répondants s'accordent pour souligner qu'une campagne marketing augmente la reconnaissance de la bibliothèque au sein de la communauté desservie mais seuls 47% évaluent l'efficacité de leurs campagnes tandis que 46% des bibliothèques répondent que l'évaluation est une "bonne idée mais nous n'avons pas le temps de la mettre en place".

De façon plus notable, moins de 20% des bibliothèques interrogées disent qu'elles disposent effectivement d'un plan de communication et seulement 11% d'entre elles confirment que ce plan est actualisé et utilisé. 16% des répondant affirment néanmoins réfléchir à la mise en place d'un plan de communication.

Consulter l'ensemble des résultats du sondage.

Pour aller plus loin, Nancy Dowd est co-auteur du blog, avec Kathy Dempsey  The "M" Word - Marketing libraries, consacré au marketing des bibliothèques.

jeudi 7 février 2013

libraries.pewinternet.org

Vous connaissez probablement le Centre de recherche sur l'internet et les modes de vie américain : Pew Research Center. Ce centre explore, entre autres, l'impact d'internet et des modifications d'usages qui s'en suivent sur les enfants, les familles, les communautés, les lieux de travail, les écoles, la qualité de vie ou l'engagement citoyen. Il est à l'origine de nombres de données et d'études qui nous permettent de suivre et d'abonder les modifications d'usages dans la société (américaine donc).

L'un des derniers travaux par exemple se penche sur la présence des Américains sur Facebook : 67% des Américains sont inscrits sur Facebook et parmi ces derniers, 61% pensent clore un jour ce compte. 20% des Américains qui utilisent internet mais pas Facebook disent avoir déjà eu un compte fermé depuis souvent parce qu'ils n'avaient pas le temps d'aller sur le réseau social (21%), sinon parce qu'ils estimaient qu'il ne s'y passait rien d'intéressant (10%), ou que leurs statuts de leurs contacts les énervait (9%). 8% estimaient y passer trop de temps.

Récemment, donc, le directeur de Pew Internet, Lee Rainie, a fait une intervention au cours du Congrès d'Hiver de l'ALA, notamment pour évoquer les derniers développements et conclusions de son centre autour des bibliothèques. Il y a quelques mois, en effet, le centre a ouvert un portail consacré aux bibliothèques, libraries.pewinternet.org, sur lequel il rassemble toutes les études concernant ou ayant un impact sur nos institutions. On y retrouve notamment des données sur les habitudes de lectures des américains (par communautés notamment ou pour les ados par exemple), les livres électroniques et les possesseurs de tablettes et de liseuses, la typologie des services à l'ère du numérique et leur utilisations par les usagers ou encore les communautés d'apprentissage. En fait, on pourrait rassembler ces études autour de trois grands thèmes : les contenus numériques, les services des bibliothèques et les segmentations d'usagers.

Au cours de son intervention, Lee Rainie a développé ces différents points (je reprends et traduis là un billet de David Lee king qui se fait l'écho de cette intervention) pour exposer les dernières conclusions :

1. contenu numérique

  • On lit beaucoup plus de livres numériques. 16% des américains de plus de 16 ans en 2011, 23% en 2012. Au cours de la même période, la lecture de livres imprimés décline de 72% en 2011 à 67% en 2012.
  • 40% des américains dispose d'un appareil de lecture numérique : 31% ont une tablette, 26% une liseuse
  • Les lecteurs de livres électroniques auraient moins de 50 ans, seraient allé à l'Université, sont plutôt aisés (50k+), et sont de gros lecteurs. Ils achètent leurs livres électroniques.
  • Près de la moitié des Américains disposent d'un smartphone.
  • L'an dernier, près de 5% des Américains de plus de 16 ans aurait emprunté des livres électroniques à la bibliothèque.
  • Les usagers d'ailleurs sont de mieux en mieux informé de l'existence de ce service (31% du public).
  • Cependant plus de la moitié de ces usagers, s'ils connaissent l'existence de ce service, ne savent pas s'il leur est adressé ou non (57%).
  • Les problèmes rencontrés dans les cas de prêts concernent :
    • une incompatibilité matérielle avec la liseuse
    • l'absence de liste de réservation
  • Plus de la moitié des usagers attend une aide et des conseils de la part des bibliothécaires à propos de ce service.

2. Services de bibliothèques et usagers

  • Les répondants adorent leurs bibliothèques, plus pour ce qu'elles font pour leur territoire que en ce qu'elles répondent à leurs besoins. 
    • 91% pensent que les bibliothèques sont importantes dans les communautés
    • 6% disent que les bibliothèques sont importantes pour eux et leur famille
    • Les usagers aiment les bibliothécaires.
  • Les bibliothèques sont reconnues comme espaces numériques (libraries have rebranded themselves as tech hubs)
    • 77% considèrent qu'un accès gratuit à un ordinateur et à internet est un service très important
  • Les répondants veulent tous pouvoir accéder aux mêmes services
    • Les Africain-Americains et les Latinos sont particulièrement enthousiastes à propos des services qui leurs sont proposés.
  •  Les répondants attendent une plus grande implication des bibliothécaires
    • S'impliquer dans les écoles, la lutte contre l'analphabétisme, proposer des espaces confortables, plus de services en ligne est une attente des usagers.
    • A propos des services en ligne, 42% des américains pensent qu'ils sont incontournables, 34% pensent que les bibliothèques devraient en proposer, soit 76% de répondants qui estiment que les bibliothèques devraient plus investir le web.
  • Les bibliothèques ont des problèmes / opportunités de relations publiques. 
  • Il est facile de déterminer des cibles pour élargir son public.
    • Il y a encore une large part de la population qui n'utilise tout simplement pas la bibliothèque ni ne lit de livre.

mardi 22 janvier 2013

#uklibchat

  En faisant un peu de veille professionnelle, je suis tombé sur le site #uklibchat. Apparemment, il s'agirait d'une sorte de liste de discussion professionnelle 2.0 : une à deux fois par mois (habituellement un mardi soir, de 18h30 à 20h30), un groupe de professionnels des bibliothèques se rassemble sur Twitter pour une discussion thématique.

Ces thèmes sont proposés par les participants, inclus dans un agenda accessible à tous via le site #uklibchat et annoncé via twitter la semaine précédent la discussion. Comme la liste des thèmes est en accès libre, tout le monde peut intervenir et proposer un thème qui lui tient à cœur.  Un document est alors ouvert qui reprend le thème annoncé et liste les principales questions qui peuvent se poser de façon à créer un fil directeur au débat (exemple de document). Le jour dit, un membre de l'équipe, anime la discussion, pose des questions et alimente les échanges entre les participants. Toutes les interventions et tous les tweets liés à cette discussion sont regroupés grâce au hashtag correspondant. Bien sûr, une recherche avec le même hashtag permet de simplement suivre les conversations sans participer plus activement.

Le site recommande aux participant d'utiliser des clients Twitter permettant de garder une trace de l'ensemble de la conversation (comme HootSuite ou TweetDeck par exemple) mais, de son côté, il propose également des résumés (soit l'ensemble de ce qui a été dit) et, depuis novembre 2012, des synthèses des discussions, réécrites sous forme d'article, pour rendre l'ensemble plus compréhensible et accessible par les professionnels.

A titre d'information, je redonne les thèmes proposés en 2012 trouvés dans la page des archives de discussions. La prochaine session se tiendra le mardi 05 février 2013 sur les "publications en open-access".

En 2011, on trouve des interventions sur les mobiles en bibliothèque, la gamification, ou encore les livres électroniques. On voit qu'outre-manche, se retrouvent peu ou prou les mêmes problématiques professionnelles. On en trouve d'autres liées au contexte anglo-saxon (activism, probablement lié aux fermetures de bibliothèques ou jobhunting puisque travailler dans les biblitohèques ne relève pas de la fonction publique).

L'équipe de #uklibchat rassemble en tout cinq collègues, apparemment bénévoles et toutes par ailleurs déjà en poste dans des bibliothèques, sur des fonctions plutôt variées (i.e. pas uniquement liées aux nouvelles technologies) et dans des établissements de tous statuts.Il ne me semble pas que cette initiative soit liée à une quelconque association professionnelle mais je peux me tromper. La revue de presse, en revanche, souligne que, pour être récente, l'initiative a été remarquée et que les professionnels s'en sont emparés.

Je trouve cette initiative de proposer des débats sur Twitter vraiment intéressante. Elle redonne à la profession une dimension peut-être un peu perdue depuis l'arrêt de la liste de discussion Biblio-fr (même si, sur la fin, il y avait moins de vrais débats). Peut-être serait-ce une idée pour les associations professionnelles comme l'AbF et son groupe des Hybrides ?

jeudi 10 janvier 2013

El profesional de la información sur Pinterest

La revue professionnelle espagnole El profesional de la información (en gros, l'équivalent de notre BBF) a ouvert un compte sur le réseau de partage d'image Pinterest depuis quelques semaines. 

1. Pinterest ?

La revue précise que pour elle, Pinterest est un service du web social de “curación de contenidos” (sélection et diffusion en ligne d'information pertinente), qui se caractérise notamment par sa forte composante visuelle

Assez simplement, le site se veut un "tableau virtuel" sur lequel on afficherait des points d'intérêts, cartes, textes, vidéos et surtout images et photographies, libres aux usagers ensuite de les ranger dans différentes rubriques ou de leur ajouter une légende pour les catégoriser. Pinterest commence à être de mieux en mieux implanté dans le paysage informationnel et, en début d'année dernière, selon Gartner, affirmait attirer plus d'usagers que Twitter, LinkedIn ou Google+, non pas en nombre d'inscrits, mais en temps passé sur le site.

Outre-atlantique, c'est notre collègue Joseph Murphy notamment qui s'est penché sur le réseau social et ses applications en bibliothèques. Il permet de partager du contenu, marquer et commenter des images et des vidéos, promouvoir son établissement (ici un Guide Michelin of libraries), ses collections (Gutman library), rassembler des ressources, partager, échanger, se connecter, se promouvoir soi-même (Joe Murphy)...

Lire notamment :


2. Pourquoi une revue professionnelle ?

 

C'est cet ensemble de panneaux thématiques, ce dispositif de veille visuelle, qui intéresse EPI voyant là des "possibilités infinies pour une revue professionnelle" qui rappelle qu'elle a toujours été en quête de nouveaux modes de communication, alimentant un blog dès 2007, maintenant des comptes sur les réseaux Facebook, LinkedIn, le site de microblogging Twitter.

Parmi les rubriques proposées, on trouve :

J'aime beaucoup l'idée, notamment les citations et le recueil des images. Mais il faut que ce soit bien agencé.

NB : les derniers numéros de la revue portaient sur les Bibliothèques universitaires (sommaire), Droit et information (sommaire) ou encore sur la communication numérique (sommaire). Tous les dossiers des précédents numéros. Les résumés des articles sont proposés en espagnol et en anglais.

mercredi 19 décembre 2012

Statistiques du dépôt légal

Parmi les missions de la Bibliothèque nationale de France se trouve celle de collecter tous les documents mis à disposition du public qu'ils soient imprimés, graphiques, photographiques, sonores, audiovisuels, multimédias, ainsi que les logiciels, les bases de données et, depuis 2006, les sites internet, au titre du dépôt légal. Une mission qui s'est certes élargie et étoffée au fil des siècles mais n'a pas fondamentalement évoluée. Ainsi rassemblé, l'ensemble de ces documents offre, de fait, une source d'information inédite et extrêmement riche sur les évolutions de l'édition française notamment. 

1. L'observatoire du dépôt légal 

La BnF traitait déjà les documents reçus au titre du dépôt légal, ne serait-ce pour des fins de gestions de ses collections. Depuis cet automne, l'ensemble de ces traitements statistiques sont proposés en ligne sur son site internet et diffusés dans une nouvelle publication annuelle sobrement intitulée : l’Observatoire du dépôt légal : reflet de l’édition contemporaine.


La bibliothèque présente cette nouvelle publication de la façon suivante :

L’Observatoire couvre tous les supports documentaires et tous les secteurs de l’édition. Il intègre dans un même panorama l’édition commerciale et ce qu’on pourrait appeler « les zones grises du patrimoine » : auto-édition, édition associative, publications de la société civile, etc.

Il ne s’agit pas pour la BnF de constituer une source exhaustive sur l’édition française mais de proposer une vision originale, propre au dépôt légal, qui viendra utilement compléter les analyses publiées par d’autres organismes publics et privés.

Actuellement, ce sont les chiffres du dépôt 2011 qui sont en ligne. Les fichiers proposés sont au format xls et donc potentiellement réutilisables par tout un chacun. Un peu moins d'une dizaine de documents sont accessibles qui proposent des données portant sur les livres imprimés, les périodiques imprimés, l'audiovisuel, la musique imprimée, les documents cartographiques, les estampes et les photographies ou encore les sites internet. Chaque classeur propose ensuite des indicateurs circonstanciés sur le support. De fait, chaque type de document requiert des indicateurs spécifiques qui rendent caduque toute tentative d'agrégation plus large des données. Ainsi, dans le classeur sur les livres imprimés trouve-t-on des feuillets portant sur les dépôts (nombre, tirage, prix moyen), les déposants (par nombre de dépôt, région, catégorie...), les imprimeurs (nombre, lieu d'impression), genre (classe thématique, part des fictions et des documentaires, publications officielles, jeunesse), pays, langues, traductions, collections etc.

En plus de ces tableaux, aux données évidemment systématiquement sourcées, la BnF propose un document de synthèse et de focus qui, est-il précisé, pour cette première édition, porte sur la dématérialisation des périodiques et de la presse (pdf). On y parcourt, sans grande surprise, la tendance à la dématérialisation de la presse, emportée par la vague du numérique et les évolutions des usages comme des techniques tout en soulignant l'extraordianire vitalité des publications imprimées, certaines publications nées en ligne suscitant parfois la création de revues imprimées. 

Afin de proposer une vision globale de l'évolution du paysage éditorial et de la production française, le document de synthèse porte sur plusieurs années de dépôt et non plus seulement sur les données 2011. Ainsi, pour garder mon exemple des livres imprimés, découvre-t-on que l’augmentation du nombre de dépôts est chaque année continue et croissante (70 109 livres ont été enregistrés en 2011, soit 4 % de plus qu’en 2010 (67 278). Cette augmentation est de 12 % en 5 ans (62 527 en 2006), de 25 % en 10 ans (55 941 en 2001), de 57 % en 20 ans (44 530 en 1991), de 286 % en 50 ans (18 176 en 1961)).

Un document dont la lecture apparaît aujourd'hui éclairante et indispensable.

2. Statistiques de la bibliographie nationale française

Les professionnels du livre connaissent la Bibliographie nationale française, un document publié environ deux fois par mois qui recense et rassemble les notices bibliographiques des documents édités ou diffusés en France, et reçus par la BnF au titre du dépôt légal. l s'agit alors d'un instantané sur tous les documents parus en France à un moment donné. La Bibliographie est ensuite accessible via deux modes de feuilletages : un cadre de classement regroupant les notices sous de grandes classes thématiques, correspondant à la classification décimale Dewey, et des index (auteurs, titres, sujets...). Ainsi peut-on savoir quels sont les titres publiés jeunesse sur tel ou tel thème en février 2011 en Bretagne par exemple. Les notices présentées renvoient bien sûr ensuite au catalogue de la BnF et, partant, donne accès à ses services : constitution d'un panier, envoi par courriel, impression ou ajout de la notice aux favoris. .

Ce qui est peut-être un peu moins bien connu, ce sont les statistiques que le service propose. On peut ainsi avoir accès, sur les trois dernières années, des données sur :
  • le nombre des dépôts pour les livres, les publications en série, la musique, les atlas, les cartes et plans ;
  • la répartition par grande discipline pour les livres et les publications en série ;
  • les chiffres pour les livres jeunesse et les livres scolaires.

Comme pour l'obseratoire, un document de synthèse est disponible au format pdf qui rassemble les données disponibles au cours des trois dernières années.

vendredi 9 novembre 2012

Lancement de la bibliothèque numérique francophone accessible

Depuis peu est ouverte la bibliothèque numérique francophone accessible

A l'occasion du salon du livre de Paris 2012, trois associations travaillant avec des personnes aveugles et malvoyantes, l’association Braillenet, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes (GIAA) et l’Association pour le Bien des Aveugles et des Malvoyants de Genève (ABA) annonçaient l'ouverture prochaine d'un service de lecture numérique accessible aux personnes déficientes visuelles (voir la vidéo de présentation).

La Bnfa propose plus de 12 000 titres, couvrant un large éventail de la production actuelle : romans, manuels, documentaires, biographies, essais, livres pour la jeunesse, … tous accessibles sous forme numérique sur des dispositifs adaptés aux besoins des personnes handicapées : appareils braille ou équipés de synthèse de parole, systèmes informatiques permettant un affichage en gros caractères, conformément aux  standards du consortium DAISY, grâce à la plateforme Hélène 3.0 développée par l'association Braillenet avec le soutien de  l'UPMC, l'INRIA et l'INSERM,sur laquelle elle repose.

Premier service francophone de téléchargement de livres au format DAISY, la Bnfa est ouverte aux personnes bénéficiant des exceptions au droit d’auteur prévues par leurs législations nationales. Actuellement, elle se voit donc proposée à travers deux sites distincts, www.bnfa.fr et www.bnfa.ch, destinés respectivement aux bénéficiaires des lois françaises et suisses.

L'inscription à la Bibliothèque Numérique Francophone Accessible est gratuite pour les particuliers, mais dans le cadre d'une institution, il est également possible d'en proposer l'accès en en contactant les différents partenaires. Officiellement, les lecteurs doivent apporter une preuve de leur éligibilité, je suppose donc qu'il faudra que l'institution argue qu'elle offre son service également à un publics déficient visuel.

En terme de recherche, le catalogue propose aux utilisateurs une recherche simple, dans les champs de la notice, que l'on peut restreindre aux seuls documents sonores (voix de synthèse ou voix humaine) ou textuels (au format DAISY ou PDF). Il est aussi possible de filtrer l'ouvrage par genres adultes comme jeunesses. Une page spécifique propose un formulaire de recherche avancé. Les recherches génèrent des flux RSS permettant aux utilisateurs de s'abonner à une requête précise pour suivre les acquisitions dans un domaine précis. Au niveau de la notice, il lui est ensuite proposé les différents formats auxquels l'ouvrage est disponible.

L'usager peut se créer un espace personnel dans lequel il peut accéder à son compte lecteur, retrouver des listes de titre établies à partir des notices du catalogue ou faire des suggestions d'acquisition. Identifié, il lui est également possible de déposer un commentaire sur les notices.

De son côté, la bibliothèque propose des bibliographies et des listes appelées Sélections thématiques (cuisine, droit, entreprise, romans francophones, rentrée littéraire 2011 et 2012...). En plus des Nouveautés, mises en exergue et des traditionnels mais non moins efficaces Coups de coeur, il est possible simplement de consulter "Un livre au hasard".

La bibliothèque numérique francophone accessible est propulsée par Koha.

mardi 6 novembre 2012

Services augmentés pour les publics handicapés

On apprend sur le site de Proxima Mobile que des chercheurs du MIT auraient mis au point une bague équipée d’une microcaméra servant à prendre des photos d’un objet pour en obtenir une description vocale : eyering (Voir vidéo)

Destinée aux personnes non-voyantes, cette bague permettrait, en pointant du doigt un objet de savoir de quel type d’objet il s’agit, sa couleur ou même son prix. Les données recueillies par la caméra sont analysées par une application de reconnaissance d’images qui décrit vocalement l’objet identifié. Les concepteurs de ce projet se proposent, à terme, d’analyser des vidéos en temps réel afin qu’EyeRing puisse remplacer la canne des non-voyants.

1. Des mobiles accessibles ?

Sans aller jusque là, il apparaît indéniable que les smartphones depuis l'apparition des nouveaux OS (iOS pour l'iPhone et leurs concurrents sous Android) de nouvelles possibilités sont apparues, les derniers modèles intégrant nativement un grand nombre de nouvelles fonctionnalités facilitant l'utilisation de leur appareil d'une part et de ses applications d'autre part par les usagers empêchés. Récemment de nouvelles applications spécifiques sont développées à l'instar de BlindSquare pour iOS, une appli qui associe la géolocalisation, synthèse vocale et les bases de données publiques pour guider les usagers déficients visuels et leur fournir l'information recherchée. L'occasion de rappeler combien l'ouverture des données est cruciale aujourd'hui.

On trouvera plus largement chez Apple un lecteur d’écran (VoiceOver), un agrandisseur d'écran (Zoom) ainsi qu’un générateur d’alertes visuelles pour les malentendants chez Apple. On trouvera également des applications de dictaphone pour ses mémos voire, sur iPhone4, la prise en charge des afficheurs braille sans fil et des tableaux brailles internationaux (cf. aussi). Tandis que le projet open-source "Eyes-free" de Google se propose d'utiliser son appareil "sans les yeux", par simple toucher-glisser d'écran, en utilisant la boussole pour entrer textes et nombres, grâce à une synthèse vocale ou encore via un système « haptique » de retour d’informations tactiles sous formes de vibrations.

Pour les personnes à mobilité réduite, Proxima Mobile propose l'application Jaccede Mobile, une application qui permet, grâce à la géolocalisation, d' afficher les lieux publics accessibles à proximité,
d'ajouter facilement des lieux accessibles et d' enrichir les fiches de lieux déjà référencées. Plus largement, de nombreuses applications peuvent permettre d'assister les personnes ayant des problèmes de motricités ou des problèmes d'apprentissage.

2. Livres numériques et accessibilité

Luc Maumet, responsable de la Médiathèque Valentin Haüy, spécialisé dans les services pour les publics empêchés de lire, je le rappelle, propose un blog très intéressant sur les solutions numériques d'accès à l'écrit : Nouvelles lectures

Il y souligne entre autre combien l'arrivée des livres numériques est une chance pour augmenter l'accès à l'écrit des personnes empêchées en proposant des technologies accessibles financièrement et simples à utiliser. Grâce aux formats EPUB et DAISY, les livres numériques rendent accessible de la même manière un ouvrage à une personne souffrant de handicap qu'à une autre n'en souffrant pas. C'est notamment dans cette optique que travaille le consortium DAISY (cf. aussi ce diaporama présenté au dernier congrès de l'IFLA présentant le consortium). Remarquons au passage que ces développements ne se font pas sans difficultés que ce soit en terme d'offre -toujours faible, même si des bibliothèques de libres numériques existent- ou tout simplement de dispositif de lecture où les verrous numérique, pour certains, créent une situation pour le moins paradoxale : les contenus accessibles existent mais sont rendus inaccessibles par ces DRM.

Les technologies aujourd'hui nous permettent d'amoindrir les difficultés rencontrées par les personnes handicapées. L'utilisation de tablettes peuvent nous permettre de repenser nos services et de proposer de nouvelles animations, l'achat de ressources numériques dans un format accessible représentent un premier pas pour rendre accessibles à tous nos collections et nous permettre également de mieux accueillir l'ensemble des publics desservis par nos établissements. Cela pose de nombreuses questions cependant en terme d'accès, et poussent nos établissements à s'intéresser aux notions d'open data, de logiciels d'open source, et autres questions autour de la libre circulation du savoir mais ce n'en est que plus intéressant.

Combien de bibliothèques proposent un portail d'accès spécifique à l'instar de ce que propose la Bm de Lyon ? 

Voir également :

  • Le blog Nouvelles Lectures, de Luc Maumet
  • Les actualités de la catégorie consacrée au handicap sur le site Proxima Mobile
  • Plus largement, pour les publics handicapés et les bibliothèques, la fiche du dictionnaire de l'enssib.
  • Le site Handicap.fr



jeudi 14 juin 2012

Trouver des applis jeunesse

Suite à une question récente, je me suis interrogé sur les modalités pour trouver des applications identifiées jeunesse dans les différentes "stores" pour des tablettes et autres terminaux mobiles.

En soi, finalement, ce n'est pas difficile. Il existe plusieurs sites qui proposent des focus jeunesse et, à dire vrai, c'est plutôt le contraire qui devient ennuyant : comment et à partir de quoi sélectionner dans la masse des applis disponibles et là, peu de critères d'évaluation sont connus. Je ne suis pas certain qu'une vraie grille d'évaluation ait été mise en place la plupart du temps et, du coup, je serais vraiment intéressé de découvrir comment des bibliothèques comme les Champs Libre à Rennes, la Petite Bibliothèque Ronde de Clamart ou encore le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées ont opérés leurs choix lorsqu'ils ont établis une liste d'applications au niveau des tablettes proposées au prêt ou à la consultation.

1. Des listes d'applications pour les enfants 

Les recensions d'applications jeunesse, donc, ne manquent pas. En faisant une rapide recherche, on peut trouver des sites institutionnels qui commencent à se pencher sur la question, en plus d'autres personnels et professionnels. Je suis parti des résultats de ma propre veille et d'une recherche simple sur internet pour rassembler ces premiers sites.

A. Sites institutionnels

En France, la PBR participe donc au site DeclicKids, un magazine numérique qui propose des "chroniques" soit des critiques d'applications pour les enfants. On peut faire un tri par plateforme, par âge, par catégorie (apprendre, histoires, jeux...), éditeurs... 

Autre proposition, Edumobile est un site belge autour de l'usage pédagogique mobile. Il propose diverses catégories autour des domaines d'enseignements, des livres pour enfants et du ludo-éducatif.

Aux États-Unis, Yalsa (Young Adult Library Service Association) est la branche de l'ALA concernant les bibliothèques jeunesse. Elle dispose notamment d'un blog qui propose une rubrique intitulée"App of the Week" (archives) qui justement fait des recension d'applications. Certes c'est en anglais donc pas forcément toujours accessibles mais ce peut être une bonne piste de recherche.

De la même façon, il existe un blog proposé cette fois par leSchool Library JournalTouch and Go, qui se veut un guide des meilleures applications pour les enfants et les adolescents. Toujours en anglais bien sûr.

Enfin, vous avez probablement entendu parler récemment de la Darien Library. Cette bibliothèque propose deskits d'accompagnement au prêt de tablettes (avec des informations pour les parents, des explications sur les applications sélectionnées...). Cette bibliothèque propose également uneliste d'applications pour les tout-petits.

B. Sites perso et professionnels

Si l'on sort des sites institutionnels, il demeure plusieurs sites spécialisés autour des applications jeunesses dont les francophones : La Souris grise très présente et active sur twitter aussi proposée par la journaliste Laure Deschamps et dont l'équipe accueille notamment Axelle Desaint. Mais on pourrait citer de la même façon l'annuaire Applikids proposé par le site commercial "Affaires de mômes" ou encore le site AppliMini proposé cette fois par Odile et Valérie.

De façon plus générale, il peut être intéressant de consulter également des sites comme le portail d'information sur le livre numérique Idboox qui propose plusieurs catégories jeunesse comme "ebook pour enfants", "Ludo-éducatif", "3ans et plus"... ;

Parmi les sélections étrangères nous pourrions commencer par le site Common Sense media qui propose une liste d'applications rangées selon l'âge, le support et l'intérêt en terme d'apprentissage (ici leur sélection pour la famille). Vous trouverez en ligne leurs critères pour établir ces distinctions. Mais il existe d'autres sites comme Kirkus media qui dispose d'une section iPad pour les livres électroniques.

Les parents s'organisent puisqu'avec iKidApps, une maman, certes professeur en Sciences de l'information ce qui n'est pas anodin, a créé un portail autour des applications jeunesse tandis qu'une famille australienne propose sa propre sélection de titres (plus de deux cents titres évalués et classées par activités et âges des enfants). 

2. Une grille d'évaluation

 Pour revenir à la question d'une grille d'évaluation, il me semble que la plupart de ces sites utilisent leur propre système. Il existe bien quelques liens sur le sujet mais les informations sont encore éparses et demandent à être réécrites et repensées. Par exemple :
Cependant, si l'on reprend les critères rencontrés ont peut définir plusieurs catégories :

Des données techniques :
  • Quelle date de création
  • Quelle version de l'application 
  • Quel support / plateforme d'utilisation (iPhone, iPod, Android...) ;
  • éventuellement durée du jeu ;
Des données autour du contenu :
  • âge recommandé
  • Concept
  • Description
  • domaine (jeux, matière abordée, livre électronique, outils de création, livre électronique ou BD...) ;
  • type d'interaction ;

et enfin,

  • auteur ;  
  • coût éventuel ;
  • âge recommandé :

Commun Sense Media complète ces premières informations avec des questionnements autour de l'intérêt de l'application (est-elle amusante, passionnante ?), de l'approche éducative (cette approche est-elle centrale ou non, les concepts sont-ils transférables dans la vie réelle ? quelles compétences l'enfant développe-t-il ?), du retour qu'obtiennent les enfants (quels retours ? le jeu s'adapte-t-il à ce que font les enfants ?), au contexte. 

D'autres idées ?

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