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Culture et patrimoine

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samedi 21 juin 2008

L'INA créé sa propre chaîne de télévision

On s'éloigne du domaine des bibliothèques pour aborder celui des archives...

D'après le journal en ligne Le Point.fr, l'Institut national de l'audiovisuel ne devrait plus seulement se contenter d'archiver et préserver les documents audiovisuels, mais il devrait être à la tête d'une nouvelle chaîne publique appelée INA TV. "C'est une première mondiale qu'un institut d'archivage devienne lui-même diffuseur", se réjouit Emmanuel Hoog, président de l'Ina. Validée par le gouvernement, la chaîne devrait se voir dotée d'un budget annuel de 5,5 millions d'euros.

L'Ina dispose d'un fonds de 3 millions d'heures conservées, soit plus de 70 ans de programmes. Le site de l'Ina, qui connaît un grand succès public, s'enrichit, quant à lui, de 50.000 émissions chaque année. Un vaste plan de sauvegarde des archives par numérisation est en cours et devrait s'achever en 2015. À cette date, la France sera le premier pays au monde à avoir sauvé de la destruction sa mémoire audiovisuelle.


lundi 2 juin 2008

Tintin et Spiderman

 

Il est intéressant de noter certains parallèles fortuits :

Récemment, LivreHebdo a révélé qu'à l'occasion du centenaire de la naissance d'Hergé, sa veuve, Fanny Rodwell, aurait fait don d'une planche originale de l'album "l'Affaire Tournesol" (Casterman) au Centre Georges Pompidou à Paris.

"Entièrement dessinée de la main d'Hergé" (1907-1983), cette planche témoigne "de la maîtrise totale qu'il détenait dans la plénitude de son talent, de tous les éléments qui constituent la ligne claire", souligne le Centre Pompidou.

La planche offerte par Fanny Rodwell, présidente des Studios Hergé, au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou est parue le 16 mars 1955 dans le N° 10 de l'hebdomadaire Tintin. Il s'agit de la planche 12 de L'affaire Tournesol, reprise en album en 1956 chez Casterman.

Parallèlement donc, un donateur anonyme aurait offert à la Bibliothèque du Congrès les épreuves originales de "Amazing Fantasy # 15", la bande dessinée qui a fait connaitre, en août 1962, Spider-Man au monde entier, soit 24 pages originales (Photos).

Au cours des prochaines semaines, la Bibliothèque envisage de numériser les dessins pour en faciliter l'accès sur place, mais uniquement dans les salles de lecture ! ....  avec une copie numérique de référence qui permettra de préserver ces planches.

Seulement, alors que ces planches de comics vont rejoindre l'importante collection d'originaux de la section 'Bibliothèque Prints & Photographs Division' riche de plus de 125 000 caricatures, bandes dessinées, dessins politiques et  sociaux des années 1600 à nos jours, La planche de Tintin quant à elle "permet aux collections conservées par le Musée de s'ouvrir à un nouveau champ de la création, la bande dessinée", précise le Centre Pompidou.

jeudi 22 mai 2008

Autadafé à l'Unesco

Il est toujours agréable d'entendre ce genre de choses : le ministre de la culture égyptien a en effet affirmé récemment qu'il brûlerait lui-même les livres israëliens s'il en trouvait dans les bibliothèques d'Egypte.

Déjà, en soi, la remarque fait bondir quelque soit le contexte politique dans lequel elle s'insère, et d'autant plus venant d'un ministre de la culture, mais le problème ne s'arrête pas là : il s'avère en effet que Farouk Hosni, de son nom, est un candidat bien pour le secrétariat général de L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ! Et là, ça fait vraiment bizarre de se dire qu'un tel censeur pourrait se retrouver à la tête de l'institution internationale. Sur leur site d'ailleurs on trouve :

L'objectif que s'est fixé l'Organisation est vaste et ambitieux : construire la paix dans l'esprit des hommes à travers l’éducation, la science, la culture et la communication.(...) La paix est une démarche volontaire qui repose sur le respect de la différence et le dialogue. L’UNESCO veut être l’artisan de ce dialogue et promeut la collaboration entre les peuples (...) Ce mandat est sa raison d’être et son travail quotidien.

Je crains que M.Hosni ne doive dès lors revoir sa copie.

dimanche 10 février 2008

Le centre BEAUBOURG en 1977


Trouvé sur le site de l'INA.fr cette interview de Françoise Giroud sur les objectifs du Centre Beaubourg, datant du 02 février 1977. Cela me donne l'occasin de rappeler l'offre impressionnante d'archives proposées par ce site.

C'EST A DIRE
A2 - 02/02/1977 - 00h02m28s

Interview de Françoise GIROUD, Secrétaire d'Etat à la culture.
Elle parle de l'originalité du centre Beaubourg. Elle explique que si le centre ne marche pas, il restera tout de même un beau musée d'Art Moderne, une bibliothèque publique, une cinémathèque dont Paris avait besoin. "Si c'est réussi, chacun y entrera comme chez lui". Elle parle aussi du public des enfants, de la liberté de se promener, de la communication que ce lieu sucitera.

vendredi 19 octobre 2007

Musées du livre et de l'imprimerie

Nous avons à Lyon un Musée de l'Imprimerie dont l'intense activité reflète l'a relation étroite qu'entretient la ville et le monde du livre. Créé en 1964 et installé dans un bâtiment Renaissance, ce "Musée de France" propose aux visiteurs de découvrir l’histoire du livre et des techniques graphiques, de Gutenberg à la photocomposition.

Les missions principales du Musée de l'imprimerie sont d'enrichir, de conserver, de documenter et de valoriser auprès de divers publics le patrimoine livresque et graphique.

Le Musée de l’imprimerie de Lyon possède également un un fonds documentaire et iconographique considérable qui constitue son Centre de Documentation. Ce fonds est composé d’ouvrages de référence et de périodiques acquis au cours de l’activité quotidienne du Musée, d’archives léguées et rassemblées en fonds spécialisés ainsi qu'une collection particulièrement remarquable de documents sur l’imprimerie et les procédés graphiques au XIXe siècle et un ensemble exceptionnel de spécimens et catalogues de caractères typographiques.

Depuis 1994, le Musée de l'imprimerie et la Bibliothèque municipale de Lyon sont devenus pôle associé de la Bibliothèque nationale de France, avec pour domaine de compétence l’histoire de l’imprimerie et du livre.

Le site du Musée, enfin, renvoie vers l'Institut d'Histoire du Livre (IHL) dont l'objectif est de regrouper des pôles d'excellence dans le domaine du livre et de l'écrit et propose un ensemble de liens concernant le monde de l'imprimerie et du graphisme (histoire de l'imprimerie, bibliogrpahie, industrie du graphisme, typographie...).

Le site de l'IHL propose enfin un Répertoire des musées européens du livre, de l’imprimerie et de la papeterie qui liste notamment 26 autres musées sur le sujet en France parmi lesquels :

Chaque notice du répertoire propose informations pratiques, profil des collections et statut administratif du musée concerné. On regrette simplement qu'il n'y ait pas plus de lien internet -quand le musée dispose d'une page ou d'un site propre- et d'une information mise à jour (il semble que certaine notice datent de 2004).

vendredi 14 septembre 2007

Journées du patrimoine

Ce week-end voit l'organisation des journées du Patrimoine, l'occasion de découvrir ou redécouvrir nombre de monuments habituellement fermés, et nombre de mêtiers qui se déroulent derrière ces murs. 

En effet, le thème national des Journées européennes du patrimoine, porte cette année sur « les métiers du patrimoine, des hommes et des femmes au service des biens culturels », l’occasion, lit-on, de valoriser l’ensemble des métiers anciens ou contemporains, techniques ou innovants, qui interviennent pour la connaissance, la conservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine.

Ces Journées européennes du patrimoine doivent couvrir l’ensemble des champs patrimoniaux dont le ministère de la culture et de la communication a la charge, depuis l’archéologie et les monuments jusqu’aux locomotives en passant par la photographie, de l’étude des savoir-faire au repérage ou à l’identification de nouveaux patrimoines. La richesse des ressources documentaires accumulées depuis cent cinquante ans qui trouvent aujourd'hui des utilisations extraordinaires grâce à la numérisation et à Internet pourrait également être à l'honneur.

Sur le site officiel, on peut faire une recherche thématique dans le programme, ou voir la sélection des « coups de cœur » des DRAC. Quant au Salon du patrimoine culturel, il aura lieu du 8 au 11 novembre à Paris, sur le thème « Patrimoine et environnement ».

samedi 8 septembre 2007

la Journée internationale de l'alphabétisation

© UNESCO
Poster de la Journée internationale de l’alphabétisation 2007

Le 08 septembre est la Journée internationale de l'alphabétisation. Chaque année, l’UNESCO dresse alors devant la communauté internationale le bilan de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes dans le monde, un bilan encore peu satisfaisant puisque près de 781 millions d’adultes n’ont aucune notion de lecture et d’écriture ; un adulte sur cinq, dont deux tiers de femmes, ne sait ni lire ni écrire ; 72,1 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et ils sont plus nombreux encore à fréquenter l’école de manière irrégulière ou à abandonner leurs études. Le thème de cette journée, cette année, est « L’alphabétisation, clé de la santé et du bien-être ». Ce thème est également une priorité de l’exercice biennal 2007-2008 de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation.

A cette occasion, le Courrier de l'Unesco consacre les pages de son dernier numéro aux lauréats 2007 des Prix d’alphabétisation de l’UNESCO, remis le 10 septembre à Bamako (Mali), dans le cadre de la Conférence régionale africaine sur l’alphabétisation dans le monde.

Parallèlement, six conférences régionales et sous-régionales organisées par l’UNESCO et destinées à lutter contre l’analphabétisme dans le monde sont prévues jusque la fin de l'année 2008. La seconde en date s'est ouverte à Pékin (Chine) les 31 juillet et 1er août dernier (la première s’était tenue à Doha (Qatar), en mars 2007) et a tenté de répondre à des questions telles que : Comment faire progresser l’alphabétisation dans des pays qui, comme l’Indonésie ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée, comptent une extraordinaire diversité linguistique ? Comment apprendre à lire et à écrire dans des régions rurales et enclavées? Quelles initiatives peuvent-elles être menées auprès des migrants ? 

Autant d'initiatives qui font suite à la Conférence sur l’alphabétisation dans le monde organisée par la Maison Blanche à New-York le 18 septembre 2006, sous les auspices de Laura Bush, Première Dame des Etats-Unis et Ambassadrice Honoraire pour la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation. Cette conférence avait marqué le coup d’envoi d’une vaste campagne internationale en faveur de l’alphabétisation dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation (2003-2012). Un combat qui s'inscrit dans les objectifs du Millénaire pour le développement, un ensemble de huit objectifs adoptés en 2000 dans la Déclaration du Millénaire et censés être atteint en 2015.

Pour concrétiser son action dans le cadre de la DNUA, l'UNESCO a encore lancé une nouvelle initiative pour l'alphabétisation, intitulée LIFE (Initiative pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir, 2005-2015), visant à offrir des possibilités d'apprentissage aux adultes analphabètes, et en particulier aux femmes, dans 34 pays où les taux d'alphabétisation sont inférieurs à 50 % et/ou la population analphabète dépasse les 10 millions. 

A voir également le Portail Unesco sur l'alphabétisation et la bibliographie sur l'alphabétisation proposée par la Bibliothèque de l'Unesco.

mercredi 13 juin 2007

Le Courrier de l'Unesco

On en a très probablement parlé l'année dernière mais comme je viens de m'abonner et de recevoir mon premier numéro, je vais revenir sur la version électronique du Courrier de l'Unseco.

Cette publication date d'août 1947, soit deux ans après la création de l’UNESCO. Le Courrier reflète les idéaux et les préoccupations de l'organisation à travers des articles provenant du monde entier. En mars 2006, le courrier devient une lettre électronique à laquelle chacun peut s'abonner et consulter en ligne dans les six langues officielles de l’Organisation (anglais, français, espagnol, arabe, russe et chinois), chaque numéro de ce mensuel est consacré à un thème lié à une actualité intéressant l’UNESCO. 

Dans le numéro de ce mois-ci, par exemple, l'accent est mis sur le programme Mémoire du Monde de l'Unesco qui, depuis 15 ans, s'attache à préserver le patrimoine documentaire de l’humanité. Ainsi en 2007, les dossiers ont-ils portés sur : Les médias donnent de la voix Numéro 1 ; Femmes et science : une histoire d’atomes crochus Numéro 2 ; Musées : visite guidée Numéro 3 ; Les médias pris pour cible Numéro 4 ; Mémoire du monde Numéro 5. Et plus précisément dans ce dernier numéro :

Le patrimoine documentaire à l’ère du numérique : interview avec Abdelaziz Abid
Depuis 15 ans, le programme Mémoire du monde s’occupe de la conservation et de la numérisation du patrimoine documentaire de l’humanité. Grâce au soutien de l’UNESCO, des dizaines de collections d’archive, des milliers de mètres de pellicule, des millions de pages de manuscrits, livres ou journaux ont bénéficié de différentes mesures de protection.

Tombouctou dévoile une partie cachée de l’histoire écrite de l’Afrique
Quelque 200 000 anciens manuscrits qui se délitaient lentement mais sûrement dans des bibliothèques, caves et greniers de Tombouctou, au Mali, sont aujourd’hui systématiquement recensés, conservés et numérisés. Ces trésors inestimables, dont les plus anciens remontent au 13e siècle, témoignent que l’histoire de l’Afrique n’est pas seulement orale.

Le Matenadaran, du moine copiste à l’ère du numérique
En plein cœur d’Erevan, la capitale arménienne, le Matenadaran abrite 17.000 manuscrits et 30.000 documents dont certains remontent à l’Antiquité. Des textes sur des thèmes très variés s’y côtoient en arabe, persan, syriaque, grec, latin, amharique, japonais et certaines langues indiennes dans ce musée-bibliothèque qui a vu le jour en même temps que l’alphabet arménien, en 405. Aujourd’hui, le Matenadaran entre dans l’ère numérique grâce à l’UNESCO.

Un pont entre les cultures
Quatre siècles de colonisation sont racontés et illustrés dans la « Colleccion des Lenguas Indigenas » conservée à Guadalajara (Mexique). Ces 166 livres, imprimés à partir de 1539, gardent aussi la mémoire de 17 langues indigènes dont certaines ont quasiment disparu. La collection est candidate à l’inscription au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO.

Le Retour de Kelly Gang
Enquêtes, progrès technique et chance, tels sont les ingrédients du succès de la restauration de « L'Histoire de Kelly Gang », le premier long métrage du monde. L’Australie a ainsi retrouvé la toute première trace d’un mythe cher à son cœur, qui fait partie de sa mémoire collective.

Archives de la traite négrière : escales
Registres et journaux de bord, mémoires et récits de voyage, recensements d’esclaves… les archives de la traite négrière atlantique balisent aujourd’hui les itinéraires des anciens négriers reliant l’Europe, les Amériques et l’Afrique. Où peut-on trouver ces précieux documents ?

Bon, je vais finir par créer une nouvelle catégorie pour ces sujets portant sur l'Unesco...

mardi 5 juin 2007

Programme Information pour tous de l'UNESCO (PIPT)

Selon les spécialistes de la préservation de l’information qui participaient le 3 avril 2007 au débat thématique organisé par le Programme Information pour tous de l’UNESCO (PIPT) à la Bibliothèque nationale de France à Paris, “plus de 80 % des collections audiovisuelles témoignant de la diversité culturelle et linguistique dans le monde ne bénéficient pas d’un traitement professionnel”.



Le Programme Information pour tous est un programme intergouvernemental, créé en 2000. Dans le cadre du PIPT, les gouvernements du monde entier se sont engagés à mobiliser les nouvelles opportunités de l'ère de l'information pour créer des sociétés équitables grâce à un meilleur accès à l'information. Le PIPT travaille en étroite collaboration avec d'autres organisations intergouvernementales et des ONG internationales, en particulier avec celles qui sont spécialisées dans la gestion et la préservation de l'information, comme la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) et le Conseil international des archives (CIA).

Dans le cadre de leur 12ème réunion, le 3 avril dernier donc, les membres du Bureau du PIPT se sont penchés sur les problèmes et les impératifs que soulève la préservation de l’information, en particulier à l’ère du numérique.

Le communiqué de presse explique :

Nos ancêtres n’avaient pas besoin de prendre des mesures particulières pour préserver le contenu fixé sur papyrus ou parchemin. Alors que ces documents se sont conservés pendant des millénaires, le contenu numérique a une espérance de vie d’une dizaine d’années seulement. Le problème ne réside pas forcément dans la dégradation des supports, mais plutôt dans l’obsolescence des formats. “A l’ère du numérique, si rien n’est fait pour préserver l’information, nous allons tout perdre”, a observé Dietrich Schüller, vice-président du Conseil du PIPT et spécialiste de l’archivage audiovisuel.

Tout au long du débat, le PIPT a précisé le rôle que les gouvernements ont à jouer pour développer des politiques volontaristes et établir des priorités afin d’assurer la préservation de l’information. L’information numérique demande une attention particulière et constante.

“Des réservoirs d’information en bonne et due forme ne représentent pas uniquement la mémoire du monde, ils fournissent des informations vérifiées, complètes et fiables, ainsi que des exemples de bonne gouvernance”, a souligné Laurence Zwimpfer, président du Conseil du PIPT. Les intervenants ont incité les gouvernements à reconnaître que l’accès à l’information est un capital et que sa préservation accroît sa valeur. Les gouvernements, sachant que les ressources seront toujours limitées, sont invités à consulter des professionnels de la préservation de l’information pour définir des priorités et faire des choix sur ce qui doit être préservé.

La préservation n’est pas un but en soi, mais c’est une condition indispensable pour permettre aux citoyens du monde d’avoir accès à l’information et de l’utiliser. Promouvoir et protéger l’information à travers l’accès et la préservation font partie des grandes priorités du Programme Information pour tous.

Le Programme Information pour tous a été créé en 2001 pour répondre aux problèmes et aux opportunités soulevés par la société de l’information. Il se mobilise pour défendre les populations exclues par la fracture informationnelle.

Les actes du débat thématique et le document contenant les résultats (“Key messages for Governments and Industry”) sont accessibles ici.

lundi 30 avril 2007

Le Bouclier bleu

Dans mon compte-rendu de l'intervention d'Alex Byrne, je disais que l'IFLA travaillait de concert avec le Bouclier bleu en promettant de revenir sur ce comité international.

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Le Bouclier Bleu est un symbole choisi par la Convention de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ("Convention de La Haye" - 1954) . Cette Convention adoptée à la suite des destructions massives infligées au patrimoine culturel au cours de la Seconde Guerre Mondiale, est le premier instrument international à vocation universelle qui soit exclusivement axé sur la protection du patrimoine culturel. Elle s'applique aux biens meubles ou immeubles, y compris les monuments d'architecture, d'art ou d'histoire, les sites archéologiques, les oeuvres d'art, les manuscrits, les livres et autres objets d'intérêt artistique, historique ou archéologique, ainsi que les collections scientifiques de toute nature, sans égard à leur origine ou propriétaire. Au départ simple emblème marquant les sites culturels à protéger, il est devenu également le nom d’un comité international créé en 1996 pour protéger le patrimoine culturel mondial en cas de guerre ou de catastrophe naturelle.

Le comité international du bouclier bleu réunit cinq organisations non-gouvernementales qui sont :

Le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels y possède un statut d’observateur et la Division du patrimoine culturel de l’UNESCO ont des représentants présents aux réunions du Comité. Depuis peu, un représentant de la Croix-Rouge est également appelé à assister aux réunions. Selon son président, le Bouclier bleu se veut l’équivalent de la Croix-Rouge pour les biens culturels à ceci près, ajouterais-je, que le Bouclier bleu coordonne plutôt des actions préventives que supplétives. La Convention de la Hague stipule en effet :

Les États parties à la Convention bénéficient de la mise en place d'un réseau composé de plus de cent États qui se sont engagés à adopter des mesures préventives pour assurer cette protection non seulement en période d'hostilités (à ce stade, il est en général trop tard), mais également en temps de paix, par des mesures variées :
• sauvegarder et respecter les biens culturels en cas de conflit armé (cette obligation s'applique également aux conflits de caractère non international) ;
• envisager la possibilité d'octroyer une protection spéciale pour un nombre restreint de refuges destinés à abriter des biens culturels meubles en cas de conflit armé, de centres monumentaux et d'autres biens culturels immeubles de très haute importance en les inscrivant dans le "Registre international des biens culturels sous protection spéciale" ;
• envisager la possibilité d'employer le signe distinctif de la Convention pour certains bâtiments et monuments importants, et ;
• créer des unités spéciales, au sein des forces armées, qui soient chargées de la protection du patrimoine culturel ;
• pénaliser les violations de la Convention et promouvoir largement la Convention auprès du grand public, et des groupes-cibles comme des professionnels du patrimoine culturel, des militaires ou des services chargés de faire respecter la loi.

En 1999, une Second Protocole à la convention de la Haye est adopté afin de pallier au flou et au manque de moyens définis par la Convention de La Haye. Il introduit en effet de nouvelles mesures, avec la création d'une nouvelle catégorie de protection renforcée pour les biens culturels particulièrement importants pour l'humanité induisant des « mesures de protections exceptionnelles » ; il crée aussi un Comité intergouvernemental chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention et du deuxième Protocole, et un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Le comité international du Boucler bleu se voit alors investi d’un rôle de conseil privilégié auprès de ce Comité intergouvernemental pour la Protection du Patrimoine.

D’une manière générale, le Bouclier Bleu est l'une des composantes du Programme de Préparation aux Situations d'urgence, plan cohérent d'action pour l'action concertée de diverses agences et organisations régionales et internationales, qui comprend donc cinq éléments :
  1. Un Fonds indépendant
  2. Le Bouclier Bleu
  3. Documentation et Information
  4. Formation et Manuels
  5. Campagnes de sensibilisation

Les objectifs du Bouclier bleu sont de :
  • faciliter l’intervention de la communauté internationale lorsque le patrimoine culturel est menacé ou lors de situations d’urgence ;
  • encourager la sauvegarde et le respect du patrimoine culturel et plus particulièrement la prévention des risques ;
  • former des experts au niveau national et interrégional capables de prévenir et maîtriser une catastrophe puis d’assurer un retour à la normale ;
  • intervenir en tant que consultant pour protéger le patrimoine culturel en danger ;
  • travailler en liaison avec d’autres organisations notamment l’UNESCO, l’ICCROM et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Pour l’instant les actions du Bouclier bleu ont été surtout centrées sur les grands conflits internationaux tels que la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, les inondations en Europe de l’Est ou en Asie, l’absence d’institutions culturelles en Afghanistan… Pour y arriver, le Comité du Bouclier bleu exhorte les gouvernements, attire l’attention de l’opinion publique et des médias sur les problèmes, essaie de développer la conscience publique sur les formidables dommages qui pourraient être causés notre héritage culturel et parfois, il envoie des experts et de l’équipement de « premier secours » en cas d’urgence. En certaines occasions, il peut être amené à collecter des fonds pour aider les équipes locales. Les actions du Comité sont donc :

  • collecter et partager les informations sur les risques menaçant le patrimoine culturel à travers le monde ;
  • sensibiliser le grand public aux dommages causés au patrimoine culturel ;
  • communiquer les règles de bonne gestion des risques aux différents responsables du patrimoine culturel (institution, gouvernement...) ;
  • inviter les décideurs et les professionnels à prendre les mesures nécessaires pour la prévention et l’établissement d’un plan d’urgence, ainsi que l’intervention en cas de sinistre et la remise en état ;
  • offrir l’expertise de professionnels en cas d’urgence ;
  • identifier les ressources nécessaires à la prévention des catastrophes et à une intervention rapide en cas d’urgence ;
  • encourager la formation de comités nationaux du Bouclier bleu.

Ces initiatives internationales sont relayées et encouragées par des initiatives locales. Des comités du Bouclier bleu ont donc été créés ou sont en cours de constitution dans plusieurs pays qui rassemblent des professionnels d’horizons variés, des instances gouvernementales locales et nationales, des services d’urgence et l’armée. Ils forment les polices à reconnaîtres les objets volés, encourages les institutions à préparer des plans de secours en cas de désastre, entrainent les services d’urgence à protéger les biens culturels. Pour l’instant des comités nationaux ont été créés : en Australie, en Belgique, au Bénin, en République Tchèque, en France, En Italie, en Ireland, en Macédoine, en Norvège, aux Pays-bas, en Pologne et au Royaume-Uni. D’autres comités nationaux sont en cours de constitution au Canada et au Pérou.


Lire aussi:
Avec le bouclier bleu, protégeons notre patrimoine culturel en danger (pdf) actes de la session co-organisee par le programme fondamental PAC et la section des bibliothèques nationales de l’IFLA lors de son 68e congrès annuel à Glasgow en 2002.

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