Vagabondages

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vendredi 28 février 2014

28 février 2005

28 février 2005. C'est la date de mon tout premier billet. Aujourd'hui, le blog à 9 ans. C'est un grand maintenant. Certes, très honnêtement, ce n'est pas neuf ans de rédactions de billets. Bon an mal an, il y eut des périodes plus ou moins longues où je n'ai pas écris une ligne et en parcourant les pages de billets rédigés dans mon interface d'administration, je me suis rendu compte que les billets d'excuse pour les absences devenaient relativement réguliers.

Comme je l'écrivais précédemment, le déplacement de la veille sur les réseaux sociaux est en partie responsable de cette chute et, pendant un temps, je me suis contenté de conserver les informations importantes sur mon Diigo sans en produire de nouvelles notes ou, a minima, de les retransmettre sur Twitter. La participation au groupe Légothèque, au sein des groupes de travail comme de l'écriture de billets participe également de ce manque de temps, ce que je ne regrette en rien. Juste qu'à certains moments il faut faire des choix et je les assume. Comme j'assume celui de réécrire ici, et donc d'accorder légèrement moins de temps à d'autres activités.

Il y a neuf ans, peu d'autres blogs en bibliothéconomie existaient. Les plus importants étaient alors celui de Nicolas Morin qui a, depuis arrêté toute activité de blogging même s'il continue à tweeter et intervenir via d'autres réseaux, et à qui je dois d'avoir ouvert mon propre outil après une présentation lors d'une formation à l'enssib ; l'autre est le Figoblog de Manue, dont les articles se sont faits plus espacés et qui donc, fêtera dans quelques semaines ses dix ans, lui (n'est-ce pas Manue, il faudra en faire un billet !). 

Quant à moi, je continue mes activités ici. Il faudra que je prenne le temps de changer de template, de revérifier tous les liens et de les mettre à jour. Ils n'ont pas bougé depuis des années. Le mieux sincèrement serait de changer de plateforme également et de quitter Dotclear via Gandi pour Wordpress, mais ce sera certainement dans un second temps.

Je continuerai d'écrire sur les bibliothèques, les outils innovants et leur utilisation dans les établissements, l'actualité de la profession. Au moins jusqu'à ce qu'un billet apparaisse dans les documents d'une note de synthèse de concours. La consécration, en quelque sorte Ce qui précède est de l'ironie [point d'ironie, même si cela me ferait secrètement plaisir]

Alors, à l'année prochaine pour les 10 ans.

jeudi 3 janvier 2013

Premiers pas avec une liseuse Kobo

Attention long billet.

Apparemment comme beaucoup de personnes cette année, j’ai reçu une liseuse à Noël. Je me suis décidé sur le tard pour ajouter l'appareil dans la liste mais finalement, je ne le regrette pas.

1. De la tablette à la liseuse


  • La tablette

A la maison, nous disposons déjà d’une tablette Asus transformer que, finalement, nous utilisons peu. Elle appartient à mon compagnon et son usage, il y a dix-huit mois d’abord éclectique, se voit peu à peu restreint à des applications de jeux. Un peu comme pour l’iPad précédemment testé, nous avions téléchargé nombre d’applications culturelles, institutionnelles et des livres numériques mais finalement, l'usage effectif et réel n'est pas au rendez-vous et l'outil est loin d'avoir détrôné les autres appareils du foyer.

Finalement, nous n’utilisons pas vraiment internet à partir de ce support, mais probablement est-ce parce que nous sommes plus friands de nos ordinateurs personnels dont le fixe est quasiment constamment allumé.

J’ai lu quelques ouvrages sur la tablette mais je me rends compte au final que ce qui m’intéressait était plus le côté interactif et multimédia que la lecture elle-même. De fait, je ne vais pas spontanément vers la tablette comme je peux prendre un livre papier qui traine et lire dessus relève tout autant d’une décision prise consciemment que d’un plaisir naturel. Pour la lecture, donc, je n’y vois que deux avantages majeurs : l’interactivité (mais finalement, n’est-ce pas ce qui a restreint notre usage aux applications ludiques ?)  et la couleur des illustrations. Je ne sais pas si le rétro-éclairage me fatiguait plus, mais il est en tout cas certain que mes plages de lectures se sont avérées plus courtes sur la tablette qu’actuellement sur la liseuse.

Il m’est arrivé de lire sur mon smartphone également. A l’époque, je disposais d’un HTC Hero sur lequel j’avais téléchargé « L'Étrange Histoire de Benjamin Button »,de F. Scott Fitzgerald. Il me semblait qu’une nouvelle serait plus facile à lire et finalement, la lecture s’est faite aisément même si je n’ai pas poussé l’expérience plus loin. D’abord pour des questions de confort de lecture évidente (c’est finalement fatiguant de devoir changer régulièrement de page, en plus de la taille des caractères et du rétro-éclairage), ensuite pour des questions de tenue de batterie.

  • Choix du support

La liseuse, comme support, ne m’attirait pas plus que cela. Je n’avais pas franchement été convaincu par la lecture sur tablette et je me disais qu’il en serait de même pour une liseuse. Finalement, je me suis décidé. Par curiosité d’une part, parce que plusieurs personnes de mon entourage avaient fait le pas d’autre part et m’en avaient parlé en bien louant le confort de lecture. Enfin, parce que je souhaitais lire plusieurs titres que je savais numériques, tombés ou non dans le domaine public, et que je ne souhaitais pas les acquérir (ma bibliothèque personnelle répond à une logique de collections plutôt particulière). Une liseuse me permet assez étrangement de parcourir ces titres, ces ouvrages, de tester en quelque sorte.

Mon choix s’est donc finalement porté sur une Kobo Glo, notamment pour l’éclairage qui permet de ne pas trop s’abîmer les yeux le soir. Je ne souhaitais pas une Kindle, parce que les histoires d’effacement des titres m’avaient échaudé d’une part et d’autre part la politique de DRM d’Amazon m’est apparue assez rebutante. Je souhaitais lire plusieurs types de formats de fichiers. Je ne souhaitais pas non plus une liseuse à stylet comme c’est le cas de la Sony par exemple. Avec les tablettes, nous avons pris l’habitude de naviguer rapidement de manière tactile et il me semblait plus naturel de conserver ce geste avec la liseuse. Je ne voulais pas non plus de la Kobo Arc, qui est une autre tablette plus qu’une liseuse finalement, même si l’usage de la couleur m’attirait assez.


2. Découverte de la liseuse



  • Prise en main

La taille de l’appareil m’a d’abord surpris. Je n’avais pas encore eu de Kobo dans les mains et je m’attendais à ce que l’appareil soit plus grand. Cela m’a un peu dérouté, mais finalement ne gêne pas la lecture, voire permet une bonne prise en main et de glisser l’appareil aisément dans la poche de manteau.

La prise en main est ensuite relativement simple. Création du compte sur l’ordinateur, découverte des principales fonctionnalités. Je regrette cependant qu’il n’y ait pas de livret explicatif plus complet reprenant les diverses fonctionnalités de la liseuse dans la boîte qui ne fournit, initialement, que des explications techniques.

Premiers livres téléchargés donc, à partir de l’ordinateur connecté : « Quatre-vingt-treize » de Victor Hugo, « La Roue du Temps, t.1 » de Robert Jordan, « Les contes de Beedle le barde » de JK Rowling pour un unique achat, un manga pour voir ce que donne une bande dessinée et l’ouvrage « Le crime contre nature » de Gwenn Seemel qui propose un certain nombre d’illustrations afin de voir encore une fois comment la liseuse gère l’ensemble. De plus, je tenais à récupérer un titre chez un autre fournisseur que la Fnac dont le portail peut être abondant –quoique de nombreux titres ne sont encore accessibles qu’en anglais –mais il me semblait important de n’être pas prisonnier d’un seul fournisseur. Il faudra revenir d'ailleurs sur ce portail et sur la façon dont il propose les titres d'ouvrages par affinités, entre livres déjà téléchargés et succès de librairies.

Je suis déçu du traitement du manga : la liseuse affiche du page à page et, du coup, les cases et les phylactères sont vraiment petits, même si toujours lisible. J’aurais préféré un case à case plus simple. Il faudra que j’en télécharge d’autres afin de me faire une meilleure idée. Les illustrations du titre de Gwenn Seemel passent relativement bien. Ce n’est pas extraordinaire mais l’image rend bien, même si en noir et blanc ce qui ôte une dimension importante aux tableaux.

Pas non plus de téléchargement de magazines ni de journaux : le site indique que cette fonctionnalité n'est pas encore disponible et je n'ai pas fait l'effort d'en télécharger un gratuit quelque part.

J’ai commencé le Victor Hugo avec plaisir et délectation et j’avoue avoir été rapidement pris au jeu. La lecture est aisée, sans problème, et je suis rapidement resté plusieurs heures à parcourir la Bretagne révolutionnaire. Confort de lecture donc sans conteste.

  • Fonctionnalités de la liseuse

Ce n’est que dans un deuxième temps que j’ai découvert un certain nombre de fonctionnalités. Il faut commencer à fouiller la liseuse pour la bien prendre en main. Les titres les plus lus de sa bibliothèque personnelle apparaissent en mosaïque à l’écran de la liseuse. Cliquer sur le premier permet d’ouvrir le titre.

La liseuse permet de créer ses propres étagères virtuelles au sein des livres téléchargés, elle permet également de télécharger de simples extraits de livres numériques avant d’acheter l’ouvrage en question. Car si l’appareil se connecte à internet en wifi, ce n’est que pour synchroniser les titres téléchargés dans sa liseuse ou depuis son ordinateur ou pour acheter de nouveaux titres évidemment.

Dans les paramètres, on peut gérer son compte, la luminosité, la date et l’heure, la langue, la connexion wifi et accéder à de petits jeux (échecs, carnet de croquis, sudoku, navigateur internet basique).

  • Fonctionnalités sociales

Il est aussi possible de gérer son compte « Reading Life ». Cette option me laisse un peu dubitatif. Elle permet de gérer, nous dit-on, « l’évolution de votre lecture et de recevoir des récompenses Kobo ».

En gros, nous avons d’une part les statistiques de lectures (livres en cours, temps passé par livre, heures totales de lecture, temps restant par titre, pourcentage de la bibliothèque lu) et d’autre part des récompenses : un système semblable aux badges qu’on débloque sur Foursquare : on débloque ainsi des badges lorsqu’on se crée un compte Reading Life, se crée sa bibliothèque numérique, commence un nouveau livre, termine un livre, lit souvent le soir, lit depuis 2h, dans telle ou telle tranche horaire, utilise les fonctionnalités de notes, lie son compte Facebook etc.

Dubitatif donc car au côté ludique se joint un aspect intrusif peu appréciable même si, bien sûr, la collecte de ce genre de donnée n’est pas vraiment une nouvelle ni un nouveauté. C’est d’ailleurs en parcourant ces récompenses et celles à venir que j’ai découvert la fonctionnalité « afficher plus d’info » sur un titre de sa bibliothèque qui connecte l’ouvrage à sa fiche de résumé.

Enfin, la Fnac promet plus de fonctionnalités sociales qui mettent en avant les avis des lecteurs mais j'avoue n'avoir jamais vraiment été attiré par ce genre de choses et laisser plutôt cet aspect de côté.

  • Lecture numérique

Au cours de la lecture, j’ai apprécié l’ouverture de fenêtre pop-up pour les notes de bas-de-page ou le glossaire. C’est bien pratique, notamment dans le cadre d’un roman de fantaisie comme « La Roue du Temps » qui, selon la loi du genre, invente pléthore de vocabulaire pour faire plus exotique. Dans le cadre du glossaire, seules les premières lignes sont cependant affichées et il faut ensuite aller directement aux pages idoines pour lire l’intégralité de la définition mais la navigation et le retour dans la page lue sont plutôt aisés. Un bémol cependant, lorsqu’on referme une fenêtre pop-up, les caractères de la page apparaissent plus clairs, comme effacés. La fonctionnalité « dictionnaire » n’est pas toujours opérante ou alors c’est le vocabulaire de Victor Hugo qui échappe en partie aujourd’hui aux dictionnaires par défaut proposés.

D’une manière générale, la navigation dans un titre est plutôt intuitive. Une pression suffit pour changer de page et les zones tactiles sont également paramétrables (ce qui est bien pratique pour le gaucher que je suis).

J’aurais cependant aimé pouvoir revenir rapidement à une page précise. Par exemple, toujours dans le cadre d’un livre de fantaisie, revenir aisément à la carte du monde ou de la région sans avoir à passer par la table des matières, ce qui peut s’avérer fastidieux. Il y a bien une fonctionnalité pour corner une page mais je n’ai pas encore compris à quoi ni comment elle servait. Soit dit en passant, on peut zoomer sur les illustrations, ce qui est une très bonne chose pour mieux suivre la lecture des cartes.

J’ai réglé la taille des caractères également de façon à n’avoir pas trop de pages par chapitre. Je trouve cela vraiment pratique. De même que modifier l'intensité du rétro-éclairage est moins fatiguant que le paramétrage par défaut.


3. En résumé :

  • Ce qui est bien :
- La taille
- Le paramétrage facile
- Le confort de lecture
- Je n’en ai pas parlé encore mais la durée de la batterie (pas besoin de recharger l’appareil tous les soirs comme pour une tablette, un luxe !)
- Le multiformat, il ne faut pas le nier
- J’aime bien le côté ludique des badges à débloquer

  • A améliorer :
- Une présentation des fonctionnalités de lecture et de navigation plus complète
- L’affichage des notes qui efface les caractères de l’encre électronique
- J’aime moins le potentiel envoi des données personnelles aux éditeurs
- Le traitement des images et des bandes dessinées (à vérifier avec d’autres titres)
- J'ai eu quelques problèmes liés aux métadonnées des ouvrages : titre sans auteur, deux fichiers pour un autre titre (un fichier texte et un fichier image pour la couverture) mais ce n'est pas lié à la liseuse elle-même ni au compte Fnac.

L’ensemble est donc globalement positif pour le gros lecteur que je suis. Et le côté portable ne m’empêche pas d’emporter l’appareil partout avec moi, y compris dans les transports en commun, ce qui est un très bon point également.

Vous avez essayé ?



jeudi 30 juin 2011

Ecrire pour un blog

Voici quelques temps que je n'avais publié et je m'en excuse.

Souvent, lorsque j'évoque mon activité de publication sur internet, les stagiaires et plus largement mes interlocuteurs me demandent quand est-ce que je prends le temps de bloguer et si cette activité est effectivement chronophage. La réponse est affirmative. Bien sûr que bloguer prends du temps comme toute activité, même si on développe tous des astuces pour réduire ce temps et le consacrer à d'autres tâches ou loisirs.

Une première réponse réside dans le recueil d'information et là interviennent les divers outils et pratiques à mettre en œuvre dans un processus de veille (cf. ce précédent billet). Le recueil d'information en lui-même n'est pas si compliqué que cela lorsque vous avez mis en place les outils ad hoc

Non, l'activité qui prend le plus de temps à dire vrai est la rédaction elle-même des billets. Vous avez là plusieurs types de billets proposés sur ce blog : 

  • Le premier concerne de simples reprises d'information de ce qu'on pourrait et peut trouver ailleurs. Ce sont alors des billets courts, rédigés plutôt rapidement parce que j'ai la chance de ne pas trop chercher mes mots lorsque j'écris (peut-être à tort d'ailleurs, mais j'ai eu peu de retour sur mon style sinon un manque de relecture). des phrases courtes, une image, une information unique. C'est le genre de billet que j'essaie de privilégier ne serait-ce pour en faciliter la consultation par les internautes et les lecteurs. Des billets courts et informatifs sont toujours plus efficaces. J'essaie d'en faire ressortir la structure et de mettre les informations essentielles en gras.
  • Le problème est que j'ai du mal parfois à faire court :-p Parmi les billets ici rédigés, il y a des articles qui agrègent des informations et proposent une synthèse de ma veille sur un sujet ou un autre, ou qui sont des comptes-rendus, tant de mes pratiques que de journées auxquelles j'ai pu assister. Ces billets sont plus longs, plus rédigés, probablement moins lisibles dans un contexte où la lecture rapide prime mais qui contiennent plus d'information. J'espère que mes lecteurs, s'ils ne les lisent pas sur le moment, les agrègent pour y revenir au moment où ils en auront vraiment besoin. Ces billets me prennent plus de temps, parfois plusieurs heures pour un seul article.
  • Il m'est arrivé également de rédiger des séries. Cela thématise un peu les billets produits et rend plus facile leur rédaction : il m'est ainsi arrivé de publier au cours de la même semaine des séries de trois quatre billets ayant le même thème : des semaines autour du traitement de l'image, des univers virtuels, du métier. Et je ne parle pas des publications récurrentes qui ont rencontré un succès inattendu comme mes billets du samedi consacrés au design en bibliothèque. La plupart des lecteurs que je rencontre ne me parlent presque plus que de ces billets !

Tout cela ne répond toujours pas à la question initiale : comment je m'en sors ? Tout simplement en préparant plusieurs billets à l'avance. Il m'arrive de passer une après-midi à travailler et rédiger des billets dont je programme une publication répartie sur quinze jours. S'il intervient un événement ou si je tombe sur une information importante, j'intercale simplement ce nouvel élément dans la publication prévue. Cela me permet de mieux organiser mes temps de travail et de loisir mais présente un défaut majeur : il m'arrive d'avoir encore du travail (cours à préparer par exemple) alors que ma réserve de billet est épuisée. La régularité de publication s'en voit contrariée, voire, emporté par d'autres activités, sévèrement compliquée.

C'est le problème d'écrire pour un blog personnel. Ce qui en fait la richesse aussi puisque je ne me sens pas attaché ni à ce blog, ni à ce canal particulier de diffusion.

Ce qui me permet également d'y revenir. 

Voir aussi : Comment rédiger un billet de blog ? / Apprendreabloguer.com

lundi 7 mars 2011

Dis-moi comment tu veilles...

La première personne pour laquelle je veille, c’est moi.

Du coup, les sites sur lesquels porte ma veille correspondent à mes besoins premiers : le monde des bibliothèques, l’innovation en bibliothèque, la formation et l’apprentissage, etc. Ma veille passe par de nombreux sites et de nombreuses sources.

I. Collecter l’information

1. Agrégateurs et flux RSS

Ma source principale est mon agrégateur.

Depuis le début de l’année, il s’agit deGoogle Reader après avoir longtemps été fidèle à Bloglines. Ceci étant, je me suis gardé un compte Bloglines sur lequel je peux m’attarder.

Mon agrégateur compte actuellement 294 flux, ce qui est évidemment beaucoup trop. Ces derniers sont regroupés en 15 dossiers dont cinq privés. Déjà, premier point non négligeable : les dossiers regroupent des flux à finalités personnelle et professionnelle. Je ne voulais pas séparer les deux dans une optique de gain de temps mais j’avoue que parfois il m’est difficile de tout lier. Je ne sais pourquoi mais ce chiffre de 300 flux agit comme une barrière psychologique et, à plusieurs reprises, une fois dépassé, je me suis pris à désherber en masse nombre de flux conservé et inutiles soit parce qu'ils ne sont plus alimentés, soit parce qu'ils sont redondants avec d'autres.

Les dossiers restant sont :

Il y a aussi un dossier "divers" qui me sert à regrouper tout ce que je ne sais pas où classer et qui finit en vraie poubelle de flux.

Évidemment, certaines catégories sont bien plus consultées que d’autres et, d’une manière générale, je concède que je devrais faire plus de désherbage qu'actuellement. Le fait est que je consulte mon agrégateur pendant environ une heure tous les matins, en fonction de ma charge de travail (il est arrivé que je l'oublie dans un coin et alors je n'ai pas eu le courage de l'effeuiller aussi, en ce cas, je marque tout arbitrairement comme lu et je recommence à zéro). Il m'arrive également en journée d'y jeter un œil, souvent vers midi puis vers 17h.

Je ne consulte pas forcément tout d'un coup non plus. Comme je prends souvent plus de temps pour lire les biblioblogs anglais par exemple, je ne consulte la catégorie qu'une fois par semaine environs. Mais il ne faut pas trop attendre parce qu'un spectre de flux non lus trop important m'empêche de les consulter, le but étant bien sûr de conserver le moins de flux non-lus possibles.

2. Les réseaux sociaux

Deuxième source importante d’information : les réseaux sociaux. Je récupère une part non négligeable de mes informations dans la veille rendue publique de nos collègues et notamment à partir de Twitter et de Facebook.

Sur Twitter je suis 223 comptes. Ces derniers sont regroupés en quatre grandes catégories thématiques :

  1. @Vagabondages/juridique
  2. @Vagabondages/biblioth-caires-et-veilleurs
  3. @Vagabondages/mondes-virtuels
  4. @Vagabondages/institutionnel

A ces catégories s’ajoutent une cinquième nommée rapidement « divers » et regroupant des comptes d’intérêt non professionnels, ces comptes qui ne rentrent nulle part ailleurs mais qui ne sont pas assez nombreux pour justifier une liste pour eux-seuls, et une sixième regroupant les amis, « privé ».

J’utilise pas mal Twitterje consulte plus que je ne participe. Le logiciel est intégré dans mon navigateur via Echofon mais l’add-on ne retransmet pas tous les tweets ai-je parfois l’impression. De toutes manières, je suis déjà un peu débordé donc ce n’est pas grave. Bien sûr, je me suis créé des alertes sur twittersearch et Google alertes aux flux desquelles je suis abonné afin de suivre quand même les thématiques et mots clefs qui me paraissent importants.

Ça permet aussi de distinguer des informations qui sont citées et recitées, potentiellement importantes (merci le Bouillon), tout en restant attentif aux signaux plus faibles, issus de comptes peu suivis, du moins dans le cercle d’influence fréquenté. C’est une grande force des réseaux justement que ces liens faibles qui apportent souvent une information, une ressource légèrement en décalage mais parfois pertinente par rapport à ce qu’on cherche.

Facebook aussi est une source importante d’information.

Mon compte Facebook est encore un compte privessionnel. Les deux tiers de mes 326 contacts sont des collègues et les messages qui s'affichent sur ma page ne sont pratiquement que des messages professionnels, dont 90% sont en fait les billets de ce blog.

Pour l’instant, je consulte essentiellement le « mur » Facebook pour ma veille. C’est-à-dire que je rate probablement 75% des informations qui y sont publiées, mais il m’arrive de cliquer sur les listes d’amis que j’ai construites afin d’y gagner un peu plus en lisibilité :

  • Amis
  • Bibliothèques
  • enssib
  • Famille

En vain. Ces listes sont encore trop vagues et, à dire vrai, n’ont pas été créées dans cet objectif : ces listes me servent essentiellement à définir des options de visibilités : le profil est largement ouvert aux amis et à la famille, en accès restreint pour les autres avec des niveaux de restrictions parfois relativement fins.

Un certain nombre d’informations se révèle redondant entre Facebook et Twitter : les collègues veilleurs les plus actifs publient sur les deux réseaux mais ce n’est pas si important que cela : je ne suis pas tout le temps sur l’un et sur l’autre en même temps et, ainsi, je peux toujours avoir accès à l’information.

Je possède également des comptes sur d’autres réseaux sociaux comme MySpace (mort), LinkedIn ou Viadeo. Mais je ne prends pas vraiment le temps de consulter aussi régulièrement ces sites. A dire vrai, je profite plus des fonctionnalités de push et donc des lettres d’informations que je reçois pour les visiter occasionnellement.

3. Les listes de diffusion

Finalement, du moins en ce qui concerne mes pratiques de travail, le courrier électronique est loin d’être mort.

Par mail, je reçois des lettres d’informations nombreuses et variées :

  • de Second Life et des groupes de bibliothécaires, ce qui me permet de rester au courant de ce qui s’y passe même si je lis l’info occasionnellement (Alliance Second Life ; Librarians of Second Life ; LIS Student Unions…)
  • des réseaux sociaux et notamment les lettres d’infos des groupes auxquels je me suis abonnés sur différents sites comme les groupes « Library 2.0 Group Members » ou « ADBS » sur LinkedIn
  • Je reçois les lettres du site http://www.territorial.frnotamment sur les thématiques de la Culture, de la Communication, la RH et de la Documentation (liste complète des Lettres)
  • Je reçois la lettre EDUCPRO du groupe l’Etudiant,
  • le courrier de l’Unesco et celles de l’ABF (nationale + mails du groupe régional)

Je suis aussi abonnés à des listes de diffusion, notamment deux-trois de l’IFLA ([DIGLIB] pour les bibliothèques numériques, [IFLA-IT] sur la technologie del 'information et [UNIVERS] pour les bibliothèques universitaires et de recherche) mais avec un succès franchement mitigé : la seule vraiment active [DIGLIB] recense essentiellement des appels à colloques donc d'intérêt limité. Je reçois également  celle de l’AIFBD liée au site Bibliodoc. Plus efficace déjà mais à partir d'une autre adresse mail ce qui complique quand même les choses.

Enfin arrivent aussi par mail les informations que me passent collègues et amis sur des messages susceptibles de m’intéresser, ce dont je leur en suis gré.

II. Sélectionner l’information


Bien sûr, tout cela est bien beau mais paraît passablement indigeste. D’autant que, s’il m’arrive une à deux fois par an de revenir sur mes abonnements pour faire un peu de nettoyage, je demeure souvent bien en peine d’en tirer rapidement la substantifique moelle.

Quand je tombe sur une information intéressante, j’essaie le plus possible de la garder en mémoire. Pour ce faire, mon outil essentiel est Diigo. J’ai commencé avec Delicious, mais je suis rapidement passé à Diigo, tout en ayant relié les deux de sorte que mes ajouts sur le second alimentent automatiquement le premier. Ainsi, que l’info provienne de Twitter, d’un mail ou d’un butinage sur internet, je sauvegarde rapidement la page sur le site de partage de signets. Le site est facilement accessible, notamment grâce à un plug-in et une barre idoine installés dans le navigateur. J’y entre le titre, rarement une explication et ajoute quelques mots clefs.

Ce n’est pas la Panacée, loin de là. Sincèrement, j’avoue avoir un peu de mal avec ces mots-clefs parce que je ne veux pas les multiplier à l’infini et que je suis très réticent lorsqu’il faut en créer de nouveaux. Je crains en effet l’éparpillement des mots-clefs et donc potentiellement la perte des liens sauvegardés. Mais du coup, je tords un peu les mots-clefs utilisés jusqu’à ce que je cède et il me semble que ce n’est guère mieux. D'autant qu'alors, je ne prends pas toujours le temps de parcourir mes liens déjà sauvegardés pour leur attribuer le mot-clef correct nouvellement créé. Hey, j'aimerais vous y voir aussi.

Mes mots-clefs recouvrent plusieurs réalités. Devant catégoriser une information, je me trouve avec des métadonnées différentes toutes placées au même niveau. Ainsi les mots-clefs que je vais employer vont désigner :

  • le contenu de la ressource (statistiques ; usages ; mobile ; identité_numérique ; …)
  • une précision formelle le cas échéant (bibliographie ; tutoriel)
  • Parfois une indication géographique (France, Etats-Unis)
  • un type d’outils (Facebook ; Second_Life ; iPad ;…)
  • une description physique (image ; diaporama)

Je sais que c’est tendre le bâton pour se faire battre mais ce n’est pas tout :-(. J’ai des tags en anglais et d’autres en français : parfois en effet, lorsque je vais un peu trop vite, il m’est arrivé d’accepter des mots-clefs en anglais proposés automatiquement par Diigo. Je suis revenu sur la page des mots-clefs pour corriger tout cela mais certains me paraissent utiles : « Recherche» et « Research » me permettent de distinguer la « Recherche » universitaire des fonctionnalités de moteurs de recherche. Parfois il y a des redondances dues à de premières incertitudes (ex : « SecondLife » et « Second_Life ») que je corrige lentement mais il peut paraître fastidieux de reprendre les 130 occurrences d’un « SecondLife ».

Reste que, dans mes erreurs, il m’arrive aussi de sauvegarder des pages que je suis censé lire plus tard et que, bien évidemment, je ne lis pas plus tard. Ou presque. C’est important mais pas si grave que cela : on ne peut jamais tout lire. C’est impossible. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Les enregistrer est une façon de les garder sous le coude, pour plus tard, quand le besoin s’en fera sentir. C’est une façon aussi de les parcourir rapidement et de garder dans un coin de la tête qu’un document récent aborde telle problématique ou tel sujet dont on peut avoir besoin ultérieurement.

III. Rendre l’information

Veiller pour accumuler ne sert à rien. Si ce n’était que pour cela, je gagnerai du temps à ne rien faire et me contenterai d’interagir avec mes amis.

La première personne pour laquelle je veille, c’est moi. Du coup, le rendu de la veille doit se faire dans une forme qui m’intéresse en premier lieu. C’est aussi pour cela que j'alimente un blog. Cela me permet de garder trace des informations qui m’ont intéressé, voire d’en proposer des synthèses. Un blog publique parce que j’ai la faiblesse de croire que certains des billets que je rédige peuvent intéresser d’autres collègues, mais pas vraiment un blog d’opinion. Ce n’est pas pour cela que je l’ai ouvert.

Un second type de rendu recouvre les supports de cours que je donne. Que ce soit en formation initiale ou en formation continue, j’essaie toujours d’alimenter mes cours et mes présentations de références récentes et particulières. Je passe donc un temps certain à parcourir l’ensemble des ressources que j’ai pu sauvegarder sous un mot-clef donné, quitte pour certaines donc à les découvrir pour la première fois. De fait, je n’ai pas de plan de cours inné dans la tête. Ce dernier se dégage sensiblement des informations dont je dispose que j’organise petit à petit. Une gigantesque et perpétuelle note de synthèse, en somme.

Il y a également les informations qui rentrent dans divers produits documentaires. Lorsque j’étais au département des ressources documentaires de l’enssib, je me servais bien sûr des connaissances acquises et des ressources trouvées pour répondre le plus justement possible au service Questions ?Réponses!, pour proposer une brève au blog d’actualités du monde de l'information et des bibliothèques, pour rassembler les informations les plus pertinentes et construire des produits documentaires pertinents (dossiers et fiches pratiques). Maintenant, les informations me sont surtout destinées, mais je continue à envoyer des messages aux collègues potentiellement intéressés.

Enfin, il y a toutes ces informations qui ne sont pas traitées mais qui viennent enrichir une connaissance diffuse, ces liens qu’on fait suivre aux collègues et ces pages qu’on garde pour soi, parce qu’elles nous ont plu mais dont on sait qu’on ne tirera pas grand-chose pour le moment sinon pour soi.

vendredi 11 décembre 2009

Tentative

Voilà Vagabondages qui revêt ses atours hivernaux. Un mois que je n'ai rien posté.

Je reconnais que ce n'est pas vraiment sérieux comme je reconnais avoir évidemment quelques excuses. Je m'étais arrêté le temps de me consacré à d'autres projets professionnels plus urgents mais les blogs ont cette faculté étrange : plus longtemps on s'arrête de poster des billets, moins on a l'envie de reprendre. Peut-être aussi une forme de lassitude, peut-être la révélation que l'alimentation était en partie due à l'habitude, peut-être l'occasion d'un questionnement sur ce que signifie bloguer aujourd'hui.

Une forme de lassitude ? Ce journal en ligne fêtera en février prochain ses cinq ans. C'est à la fois peu et énorme au regard d'internet. La publication des billets essaie de se conformer à une espèce de régularité mise à mal ces derniers mois pour des raisons personnelles comme professionnelles. Parallèlement, le flux perpétuel de l'information donne envie de continuer à ce rôle de relai et de médiateur. Mais est-il vraiment important de bloguer encore alors que Bibliopedia annonce près d'une centaine de blogs de bibliothécaires, une trentaine de documentalistes, une dizaine de blogs de chercheurs en  SIC, et que de nouveaux titres apparaissent tous les jours dans ce paysage en perpétuelle évolution ? Encore dernièrement, je me dois de saluer -avec plaisir toujours- les blogs "Crieurs Publics", "24 hours library people", "Ma(g)BU" ou encore "Paralipomènes".

Une forme d'habitude aussi. Je blogue essentiellement pour moi, je n'ai pas à le cacher. Je blogue pour les collègues et à dire vrai, pour tous ceux qui souhaiteront me lire et qui trouveront un intérêt dans mes billets. Je ne cherche pas à toucher spécifiquement tel groupe de lecteur car il faut que cette activité demeure un loisir et non pas une contrainte ce qu'elle est déjà sous une certaine forme : lire des flux d'information de toutes parts (mon agrégateur explose et même sans cela, les réseaux sociaux suffisent à inonder le professionnel que je suis, à peine capable de faire des coupes franches dans tous ces flux) pousse à écrire des billets ; appartenir à une communauté, même informelle, force tout autant à de telles publications. En même temps, c'est une activité plaisante et gratifiante.

Dès lors, comment faire ? Faut-il continuer à bloguer ? Je répondrai volontiers par l'affirmative. A quelle régularité ? Je ne sais pas. A dire vrai, ce n'est pas tant la fréquence qui importe que la régularité. Je peux très bien ne publier qu'une seule fois par semaine si je me tiens à une telle contrainte. L'ennui est que j'ai peur de ne pas arriver à me tenir à une telle échéance, si je ne suis pas le nez dans le guidon. J'en étais venu ces derniers temps à ne publier qu'un jour sur deux, avec une bonne moitié des billets préparés à l'avance quitte à en remplacer quelques uns en fonction de l'actualité. Je vais essayer de garder ce rythme : ou presque. Dur dur avec les vacances qui approchent.

Que publier également ? Mes billets sont essentiellement des billets d'information qui n'appellent pas à commentaire. Issus de ma veille, ils portent sur des thématiques qui me sont chères avec une particularité : celui du samedi porte sur la thématique du design par jeu. Je propose peu de billets construits, de réflexion. Disons que je me réserve le temps de telles rédactions lorsque je le juge utile mais que je ne me contraint pas à ce que tous les billets aient une telle teneur. La blogosphère semble pencher vers des billets plus approfondis, les informations brute étant publiées sur d'autres réseaux, mais je pense qu'il demeure de la place pour les deux types d'écrits. Je ne suis pas même entièrement convaincu que le blog soit le bon médium pour des billets trop longs que les lecteurs peinent à lire.

Le temps de se poser donc, et on repart. Vous êtes d'accord ? 

mercredi 22 juillet 2009

Aujourd'hui...

Aujourd'hui, je change de dizaine. :)

mardi 17 février 2009

La bibliothèque et la librairie

Entendu le week-end dernier dans une grande librairie un usager se plaindre tout bas à son ami à propos d'un ouvrage en présentoir [je ne reproduis pas les paroles exactes mais l'idée y est] :

- Pourquoi c'est pas comme à la bibliothèque ? Au moins, là bas il y a des numéros sur la tranche des livres, comme ça on peut retrouver tout seul où ils sont rangés et voir les autres bouquins du même thème.

Il repose son livre et s'éloigne.

Le livre en question était un ouvrage de la collection "Osez..." chez la Musardine mis en valeur à l'occasion de la Saint-Valentin. Je suppose que c'est pour cela que le jeune homme n'a pas souhaité demander à un vendeur.

lundi 1 décembre 2008

Je me souviens.

Je me souviens d’un jour de pluie, en compagnie des membres de mon association. Nous avions allumé des lumignons et même si je savais l’importance du moment, je ne me sentais pas personnellement concerné. Je me souviens des slogans, des passants mi-concernés, mi-chassés par la fin de journée et le mauvais temps, et des lumières dont la flamme vacillait mais refusait par un fait extraordinaire de s’éteindre. Je me souviens d’un changement de tonalité dans les paroles, à mon oreille. Une colère sourde s’exprimait, un tremblement léger dont je ne parvenais pas à saisir l’origine. Lentement, je me suis tourné vers mes amis, et j’ai vu les larmes couler le long de leurs joues. Les mots se perdaient dans la grisaille du soir, mais la pluie n’arrivait pas à noyer la tristesse du moment. Je me souviens, c’était mon premier 1er décembre et nous luttions pour un renforcement de la prévention.

Je me souviens de ses traits creusés. De son regard vitreux et de mon innocence. Je ne comprenais pas. Et puis j’ai su. Personne n’en parlait et tout le monde le savait. Il était malade. Et la maladie jour après jour creusait ses traits. Je ne le voyais plus que de temps en temps. Il était devenu trop faible pour sortir. Mais alors il semblait fort. Fort et si frêle à la fois. Je me souviens de la trithérapie. Des médicaments qu’il prend et qui le rendaient si malade. Mais qui lui ont redonné vie. Je me souviens n’avoir jamais su exactement où me situer dans mes rapports avec lui, le plus souvent nous n’y pensons pas mais parfois, une faiblesse passagère vient rappeler que rien n’est gagné et ne le sera jamais.

Je me souviens dans le local des après-midi que nous passions à dessiner une mappemonde géante puis à inscrire le nombre de morts du sida continents par continents. Tous, nous tournions autour et nous ne parvenions pas à concrétiser ces chiffres tellement énormes qu’ils en devenaient abstraits. J’ai levé la tête et j’ai souris. Souris d’être avec eux, là ; souris de cet ensemble dont la force se révèle dans ces fragments de quotidien. Le week-end suivant, nous demandions aux passants de punaiser des rubans rouges sur la mappemonde et à la fin de la journée, nous n’avions plus de place nulle part. Cette action participative a eut du succès et nous en étions fiers.

Je me souviens de la fête, de la bénédiction des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, des cornettes décorées de badges et de couleurs vives. Je me souviens des portraits et des photos exposés au Centre Gay et Lesbien, des militants devenant Sœurs, ces instants volés des séjours de ressourcement au chevet des malades, du tuning de pilluliers, des spectacles et de la force qu’il y a derrière. Je me souviens avoir sérieusement songé à devenir Sœur à mon tour et n’avoir pas osé ni pu, pour différentes raisons, franchir le pas.

Je me souviens de la colère. De la rage d’autres militants, mais d’une rage agissante. Des slogans chocs. Silence = Mort, Colère = Action, Ignorance is your enemy, Knowledge is a weapon. Je me souviens des die-in, des minutes de silences. Je me souviens des discours et des engueulades dans les assemblées générales, et du contraste avec les longues après-midi amicales à faire les mailings. Je me souviens n’avoir jamais été pénétré d’une telle colère, je n’ai jamais participé in situ à de telles actions, mais j'ai fait ce que j'ai pu. J'avais envie d’agir et d’aider. Je voulais rester informé aussi, ce me semblait vraiment important. Savoir. Pouvoir.

Je me souviens de la peur. De ce sentiment étrange lorsqu’on se retrouve au Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit dans l’attente du résultat du test. On se dit qu’il n’y a pas de raison, mais on ne peut s’empêcher de redouter ce que va dire le médecin. La terre sous les pieds ne semble plus aussi ferme, nos propres muscles n’apparaissent plus fiables. L’arrivée dans le cabinet se fait comme à travers une matière cotonneuse et l’homme n’est plus qu’une silhouette, qu’une fonction. Il tient le papier dans sa main mais il parle. Pourquoi ne le lit-il pas ? Il me regarde. Et puis, enfin, il dit le résultat. Je me souviens être sorti et avoir regardé les autres patients en passant devant la salle d’attente et d'avoir croisé un regard plein d'angoisse. Ou peut-être était-ce ma propre angoisse que me renvoyaient ces yeux inquiets. Xavier m’attendait dans le couloir. Nous nous sommes étreints, soulagés. Nos tests étaient négatifs.

Je me souviens de la cérémonie des noms. L’ouverture des patchworks répond à une organisation stricte, aux gestes lents, toujours du centre vers les extrémités pendant que l’orateur évoque la maladie. Lorsqu’il finit son discours, les panneaux sont déployés sur le sol. Alors, les porteurs prennent un coin du carré de tissus et tournent lentement tandis que résonne implacable la litanie des noms. D’abord celle des morts brodés sur les patchworks ; ensuite les spectateurs sont invités à continuer la litanie en mémoire de leurs ami-e-s. Je me souviens de ce sentiment qui prend les tripes et vous bouleverse, des larmes qui commencent à couler sur mes joues, et de n’avoir pas envie de les retenir ni même de les essuyer. Laisser aller. Le nombre de noms ajoutés dépasse largement la liste initiale et il faut pourtant qu’il s’arrête. Je ne pourrais pas continuer à tourner comme ça indéfiniment. Lorsque la cérémonie s’arrête, les tissus sont de nouveaux déposés au sol, bien à plat. Je m’éloigne. Hors de la foule qui s’avance et hors du temps. Je ne peux plus.

Je me souviens de la main qui serre la mienne, les bras croisés sous un t-shirt du sidaction. La chaîne de solidarité est importante, les bénévoles sont nombreux et au cœur du cercle ainsi formé, les lumignons dessinent un ruban rouge. Les flammes de nouveau vivotent sous la bruine mais l'atmosphère n'est pas pesante. La minute de silence est intense, ensuite, les gens rient, discutent, s'emparent d'une bougie puis repartent dans la nuit, cette petite flamme d'espoir au creux de la main. Je pensais qu'il fallait les rendre, éteindre cette action avant de rentrer et faire comme si de rien n'était mais j'apprécie de pouvoir emporter la lumière par les rues de la ville. Penser que ces lumières sont ainsi disséminées me fait sourire.

Je me souviens de ces mots, dont je fais miens : « Protège-toi ».

mardi 4 novembre 2008

Come back

J'avais d'abord pensé ne pas y faire mention du tout, puis un simple mot, mais finalement, je vais en faire un billet à part entière, même si ce dernier n'est en soi pas forcément long.

Désolé de n'avoir pas posté plus tôt. Disons pour faire court que je n'avais ni la forme physique ni l'envie de le faire, qu'à mon retour j'avais trop de chose à faire pour prendre le temps de me replonger dans tout cela et que maintenant mon agrégateur est si impressionnant que j'ose à peine le parcourir pour le lire.

Je vais revenir écrire régulièrement des billets. Parce que ça me plaît. Parce que j'aime artager les informations que je trouve et que j'aime avoir le sentiment d'appartenir à un réseau et un groupe. Parce que j'aime profondément et sincèrement ce que je fais, à la fois à titre professionnel et à la fois ici en tant que blogueur. Je le fais principalement pour moi, parce que blogueur est avant tout une activité personnelle, et je le fais aussi pour vous, j'espère. Merci de me tirer les oreilles lorsque j'ai un peu de retard :p

Et à bientôt sur ces pages.

mardi 20 mai 2008

A propos de mon travail de maîtrise sur la littérature de jeunesse


Un billet qui n'a rien à voir avec les bibliothèques, pour une fois.

J'ai produit alors que j'étais en maîtrise SID à Lille 3 en 2002 un travail universitaire sur les représentations de "l'homosexualité dans la littérature de jeunesse". Stricto sensu, ce travail n'est pas cependant un travail universitaire : il a été réalisé au courant de l'été, tant pour moi-même que pour enrichir le site web de Lille 3 jeunesse et n'a donc pas été réellement évalué par l'appareil universitaire, si ce n'est de manière informelle ou détournée : j'ai été invité à en faire une présentation lors d'une journée d'étude sur les adolescent et la lecture, d'une part, et d'autre part il est effectivement longtemps resté en ligne sur le site en question.

J'ai travaillé sur les représentations de l'homosexualité que pouvait transmettre la littérature de jeunesse en terme d'identification pour de jeunes adolescents homosexuels ou en terme de reconnaissance pour les autres.

Sincèrement, ce travail a ses défauts évidemment comme peut l'être un mémoire d'un étudiant non suivi de surcroît (parties légèrement répétitives, limites du corpus probablement mal définies ou mal respectées), mais j'en étais et je demeure fier de l'avoir produit. D'autant qu'il faisait figure de travail pionnier à l'époque où le sujet n'avait pas été -à ma connaissance du moins- encore défriché. J'y analysais un peu moins d'une cinquantaine de titres que j'estimais alors quasi-exhaustif de la production sur le sujet. Le mémoire a par ailleurs reçu un accueil plutôt enthousiaste à ma grande surprise, a été cité dans nombre de bibliographies sur le genre et les sexualités, ou sur des sites spécialisés comme HomoEdu, les Altersexualités ou HomoLibris.

Jusqu'ici pas trop de soucis. Et puis survint deux problèmes.

Le premier fut la disparition de mon travail lors de la refonte du site de Lille 3 Jeunesse. Quelque part, c'est normal : il ne s'agissait pas vraiment d'un travail universitaire comme je l'expliquais même s'il en prenait la forme. Néanmoins, ça m'a ennuyé. Je considère que ce mémoire avait pleinement sa part parmi les autres travaux estudiantins dont il prenait de surcroît la forme et l'apparence. Par ailleurs, les liens des sites suscités sont devenus tous caduques ce qui est franchement gênant. J'ai contacté les collègues en question afin de proposer de nouveau mon travail, et espère qu'il revienne en ligne rapidement.

Le second est la parution récente d'un ouvrage portant sur le même sujet, pratiquement -et pour cause- le même corpus (une trentaine ouvrages en français parus entre 1989 et 2003 dans des collections jeunesse), avec les mêmes finalités que mon travail, la même problématique d'identification et de reconnaissance, peu ou prou les mêmes exemples et la même construction (figures de l'homosexualité, Sida, homoparentalité...). Alors évidemment, cet essai se veut bien plus développé que ma "mini-thèse" -c'était le nom du travail universitaire à rendre, d'autant qu'il se veut réécriture d'une thèse (une vraie celle-là), évidemment son analyse est bien plus poussée que la mienne, lui qui invoque des sommités comme Eve Kosofsky Sedgwyck, Didier Éribon, Judith Butler pour étayer son propos, évidemment il invoque des procédés d'analyses littéraires qui me font défaut... mais j'ai quand même ressenti un petit pincement car j'ai le sentiment qu'il s'est profondément inspiré de mon travail. Certes, ce dernier était libre de réutilisation, certes mon nom apparaît dans la bibliographie mais je ne sais pas. Je me sens un peu dépossédé de ce que j'ai produit...

Bref, j'ai eut envie de remettre mon travail en ligne. Il y a désormais plus complet, mais ça me tenait à coeur. Aussi, le voici :


[EDIT] : l'adresse du travail sur le site de lille3 jeunesse : http://jeunet.univ-lille3.fr/article.php3?id_article=1103

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