Vagabondages

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samedi 30 janvier 2010

L'étagère Puckman

Le studio Mirka Ginepro Design propose une étagère pour les nostalgiques des jeux d'arcades : l'étagère PuckMan. Ronde comme un ballon et plus jaune qu'un citron, cette étagère dénote parfaitement le héros des jeux vidéos Pac-Man qui pourchassait les fantômes sous l'effet d'une substance douteuse appelée pac-gommes.

L'étagère en elle-même prend un peu de place : haute de 1m80, large de 1m65 et profonde de 50 cm, elle laisse même un léger espacement avec le mur qui la soutient afin de permettre le passage de fils et autres câbles. Rigolo dans un fonds jeux vidéos, non ?

A mettre en lien avec ces lampes-fantômes du même studio ou cette table-basse en forme de manette de jeux Nintendo.

jeudi 28 janvier 2010

Pyjama party à la Bibliothèque universitaire.

Aux Etats-Unis, les étudiants organisent des raves dans la BU. Voilà qui a de quoi surprendre ou du moins amuser ici-bas. Mais rassurez-vous, les étudiants de l'hexagone ne sont pas en manque d'imagination. Voilà, en effet, découvré-je dans Le Monde, qu'une cinquantaine d'étudiants est venue occuper la BU de Droit de l'université de Nancy ce mardi 26 janvier à 10h30, habillés de pyjamas et armés d'oreillers, édredons et de peluches.

"By torchlight - Day 333 of Project 365" Purplemattfish (image Flickr - licence by-nc-nd)

Ces étudiants appartiendraient au collectif "B.U. by night", une association créée en septembre 2009 qui réclame une ouverture des Bibliothèques Universitaires 24h/24, 7j/7 (ceci dit, le site n'est guère prolixe sur les personnes qui sont derrière cette association). Selon une dépêche AFP l'association ferait état de 300 membres, non vérifiables, mais le groupe Facebook associé en revendique pour l'instant 1 200 avec l'argumentaire suivant :

- Parce que tous les étudiants devraient avoir accès à une bibliothèque quand ils en ont besoin, avec les livres dont ils ont besoin,
- Parce qu'une B.U. c'est aussi un accès gratuit à Internet, indispensable de nos jours et privilégié dans nos études par la mise en ligne des cours, 'Environnement Numérique de Travail..., et que tout le monde ne peut pas se le permettre,
- Parce que notre pays n'est pas à la hauteur dans ce domaine, et que Nancy serait la première ville à tenter une telle expérience,

nous demandons que nos B.U. soient ouvertes 24h/24, 7j/7 !

Durant la matinée, les militants ont donc parcouru les amphithéâtres de la faculté et la BU en distribuant des tracts, "avec le soutien du doyen de la fac", assure Hélène Rossinot citée par l'AFP.

Une action très visible et qui a atteint son but premier : faire connaître les ervendications de l'association. Les réactions d'ailleurs commencent à arriver, pas toujours très positives, de la part de collègues puisqu'on trouve ce genre de commentaire sur le site de l'association :

Visiteur: Je suis bibliothécaire, la BU où je travaille est ouverte jusque 22h, pour 10 pelés, qui utilisent les ordinateurs pour consulter leur page facebook et travaillent la plupart du temps sur leurs propres bouquins!!! On garde les murs, et on dépense un argent fou pour électricité, chauffage, emploi de personnel étudiant etc. pour RIEN. On n'est pas aux USA ici, et surtout, nous n'avons ni les mêmes moyens, ni les mêmes besoins. Et puis, nous sommes des professionnels de la documentation, pas des nounous ni des gardiens de bâtiment. Des ouvertures en soirée sont pratiquées déjà dans plusieurs BU, et on ne peut pas dire que l'utilité soit ébouriffante. Une BU n'est pas une salle de perm...

Sur le forum de l'association sont évoqués également brièvement les personnels qui pourraient ouvrir les locaux ou encore l'idée d'une ouverture plus large le week-end. Autant de questions qui continuent de secouer la profession elle-même et qui a déjà donné lieu par ailleurs à plusieurs rapports de l'Inspection générale.

lundi 25 janvier 2010

Cadre de l’UNESCO pour les statistiques culturelles 2009

Dans sa dernière lettre, l'ISU institut de statistiques de l'Unesco annonce la sortie du Cadre de l’UNESCO pour les statistiques culturelles 2009.

En favorisant la mise en place d'indicateurs et la recherche analytique dans le domaine de la culture, ce cadre espère faciliter la comparaison internationale fondée sur une compréhension commune de la culture et sur l’utilisation de définitions standardisées et de classifications internationales économiques et sociales. Ainsi le document précise-t-il :

Le Cadre pour les statistiques culturelles (CSC) est un outil dont la vocation est d’organiser les statistiques culturelles à l’échelle nationale et internationale. Il se base sur des fondements conceptuels et une compréhension commune de la culture qui permettent de mesurer de nombreuses expressions culturelles, quel que soit leur mode de production social et économique. Par le biais de ses définitions standards, le cadre permet également de produire des données comparables à l’échelle internationale.

Il remplace une précédente version datant de 1986 et prend en compte les évolutions technologiques qui ont radicalement transformé la culture et ses moyens d’accès ces dernières années ainsi que de nouveaux domaines tels le patrimoine immatériel, ou encore les politiques et les pratiques culturelles sans cesse renouvelées. De fait, le CSC développe davantage une mesure de la dimension économique de la culture (notamment en raison de données économiques plus accessibles) même si les données sociales demeurent présentes. Utilisant pour ce faire plusieurs classifications, le CSC se veut un outil et une méthodologie conçus pour être utilisés à l’échelle nationale et internationale,et servir de fondement à une meilleure collecte et diffusion des statistiques culturelles. Le CSC tente de refléter le plus grand nombre possible
d’activités en lien avec la production, la distribution et l’utilisation de la culture.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Le cadre pour les statistiques culturelles : concepts et structure
  3. Statistiques culturelles : Mesurer la dimension économique
  4. Statistiques culturelles : Mesurer la dimension sociale
  5. Collecte des données : tableaux des codes des classifications internationales
  6. Remarques finales

samedi 23 janvier 2010

Round sofa d'Irina Zhdanova

Encore une bibliothèque très tendance cette semaine. Jugez plutôt.

La designer Irina Zhdanova nous propose une bibliothèque à la fois orginale et créative de forme circulaire. C'est sympa, mais il y a un peu de déperdition de place, non ?



mercredi 20 janvier 2010

NCSU libraries mobile site

La bibliothèque universitaire de l'université de Caroline du Nord (NCSU - North Carolina State University) propose, parmi différents services, un site entièrement créé pour la navigation mobile, i.e. à partir de son téléphone portable.

Le site propose de nombreux services en ligne. Il est en effet désormais possible, à partir de son téléphone de :

  • vérifier la disponibilité des ordinateurs (un service qu'on retrouve souvent d'ailleurs outre-atlantique mais que je n'ai pas rencontré ici),
  • trouver des informations pratiques sur les différents bâtiments de la bibliothèque (heures d'ouvertures, services, location),
  • rechercher des documents dans le catalogue
  • accéder au service de référence en ligne
  • consulter les sites internet complets de la bibliothèque ou de l'université
  • voire de profiter des webcams disposées sur le campus.



Parmi les services en développement il est prévu encore d'ajouter une application annonçant la disponibilité des salles, ou encore la réservation des ouvrages.

Un design optimisé pour l'iPhone mais accessible à partir de tous les appareils mobiles soit directement à l'adresse du site de la bibliothèque, soit à partir du site mobile de l'université elle-même.

Cette initiative est à rapprocher de celle récente du MIT, comme de nombreuses autres bibliothèques universitaires outre-atlantique.

lundi 18 janvier 2010

Du livre à la réalité (augmentée)

D'après la revue Technology Review , l'éditeur anglais Templar Publishing viendrait de sortir le premier livre outre-manche à profiter des effets de la réalité augmentée. Un site entier est proposé pour accompagner cette première expérience.

En filmant le livre Drake's Comprehensive Compendium of Dragonology (forcément avec des dragons, ils vont attirer du monde) avec une webcam, couplé à un logiciel spécifique, les lecteurs verront l'image s'animer à l'écran. En fait, le logiciel repère des marqueyrs sur la page et les utilise comme des points de repères spatiaux pour dessiner une image en 3D du dragon. La bête bouge et rugit et le lecteur peut même tourner le livre pour l'admirer sous différents angles. Le livre est vendu au Royaume-Uni pour £15.

Vous pouvez admirer une vidéo de l'expérience sur le site de Technology Review.

samedi 16 janvier 2010

Architecture et réalité augmentée

Un billet qui fait échos à celui du vendredi 08 janvier qui présentait les QR codes en bibliothèque.

Fubiz nous présente une utilisation originale de ces codes, intégrée cette fois non plus à un objet culturel ou à une page web mais directement à l'architecture d'un bâtiment !

Nous sommes au Japon, patrie de naissance des ces fameux codes (1994 nous dit Wikipédia). A côté de la station de Tachikawa et au milieu d’un quartier commercial nous apprend le site, se trouve cette étrange façade imaginée par Terada Design. Elle est entièrement habillée d’un code QR, permettant de lire à partir de son téléphone mobile donc, des informations sur les services et sociétés hébergés.

    

Allez voir la vidéo de présentation également sur le site de Fubiz. Absolument épatant !

jeudi 14 janvier 2010

Un domaine public entre parenthèses

Certes, c'est peut-être un peu exagéré comme titre, mais on en est pas loin. Du moins aux États-Unis.

De quoi s'agit-il ? Aux États-Unis, le 1er janvier est le Public domain day : le jour où l'on fête le rôle du domaine public dans nos sociétés et plus précisément l'arrivée de nouveaux titres. Une fête d'ailleurs pas restreinte à la seule Amérique du Nord mais qui a également des retombées ailleurs en Europe comme en Suisse ou en Pologne.

Cette année, des centaines de nouveaux auteurs ont donc rejoint le domaine public, 563 précisément selon l' Open knowledge fondation blog, auteurs dont vous retrouvez la liste complète ici. Cette liste est établie à partir de la date du décès de l'auteur et des 70 ans réglementaires, selon les lois de protection de la propriété intellectuelle de la plupart des pays :

Article L.123-1 du Code de la propriété intellectuelle en France :
« L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. »

Par comparaison, le durée n'est que de 50 ans au Canada.

C'est donc le cas des ouvrages d'auteurs tels que le poète irlandais William Butler Yeats ou encore le père de la psychanalyse Sigmund Freud tous deux morts en 1939. Précisons que la notion de domaine public n'est pas restreinte à la seule littérature mais concerne toutes les œuvres de l'esprit. Cette année voit ainsi l'entrée des oeuvres d'Alphonse Mucha par exemple.

Aux États-Unis cependant, cette entrée est amère. En effet, lorsque le Congrès a voté la première loi sur le Copyright en 1790, sa durée en était de 14 ans, renouvelable une fois. Puis, jusqu'en 1978, il a été voté que le copyright durait 28 ans à partir de la date de publication, renouvelables une seconde fois 28 ans. L'acte de renouvellement devait être volontaire, ce qui faisait que 85% des copyrights n'étaient pas renouvelés et entraient automatiquement dans le domaine public.

En 1978 entre en vigueur le Copyright Act, voté en 76, qui pousse la durée de protection à 50 ans à partir de la date de décès de l'auteur tandis qu'en 1998 cette échéance est poussée à 70 ans, comme en France, voire, pour des œuvres collectives d'entreprises, à 120 ans après la création ou 95 ans à partir de la publication grâce à la Copyright Term Extension Act (appelée aussi la Mickey Mouse Protection Act en raison du soutien important fourni par la Walt Disney Company). En cinquante ans, la durée de ce copyright américain aura été étendu près de onze fois.

Les collègues et spécialistes outre-atlantique sont donc amers. Avec un zest de masochisme, ils ont vérifié quelles seraient les œuvres tombées dans le domaine public cette année si la loi de 1976 n'avait pas été votée. A l'époque donc, la durée du Copyright était de 28 ans, renouvelable une fois. Mettons que les auteurs et éditeurs aient pensé à faire renouveler leur droit, nous aurions aujourd'hui des œuvres publiées en 1953 telles :

  • Ian Fleming's Casino Royale (premier James Bond)
  • Agatha Christie’s A Pocket Full of Rye
  • Ray Bradbury’s dystopian novel Fahrenheit 451
  • C.S. Lewis’s The Silver Chair (4e livre des Chroniques de Narnia)
  • J.D. Salinger’s Nine Stories
  • James Baldwin’s Go Tell It On the Mountain
ou encore les films :
  • Walt Disney's Peter Pan
  • Byron Haskin's The War of the Worlds

La conclusion est sans appel : 

The effects were culturally catastrophic.  Copyright went from covering very little culture, and only covering it for a 28 year period during which it was commercially available, to covering all of culture, regardless of whether it was available — often for over a century

Ces dernières années, le domaine public semble sombrer peu à peu. De recents changements dans les lois de propriétés intellectuelle l'ont grignoté peu à peu dont des changements sur les domaines couverts par la propriété intellectuelle  (les brevet qui sont étendus au séquençage des gènes par exemple) et les rapports revenant sur la forme numérique du domaine public n'en finissent plus de le mettre à mal.



Cette année, et les prochaines années jusqu'en 2019, aucun titre n'entrera dans le domaine public aux États-Unis. And it's sad...


Voir aussi :

mardi 12 janvier 2010

Librarian in 1947

Sur Internet Archive on trouve de tout et n'importe quoi... Enfin, pas toujours n'importe quoi. Regardez par exemple cette vidéo montrant et décrivant le métier de bibliothécaire aux Etats-Unis en 1947. La vidéo est décrite en ces termes :

Shows the work of a cataloguer, the school librarian, the reference librarian, the librarian who works with children & the librarian who specializes in a field".

Le film montre la façon dont on travailait à l'époque, qui parfois ne diffère pas vraiment de ce qui se passe aujourd'hui (un usager qui recherche un "livre bleu sur la télévision" et la professionnelle de répondre : "I think I can help you!"). 

The Librarian in 1947 :

dimanche 10 janvier 2010

Facebook en bibliothèque ?

Avant les vacances, j'ai reçu, au même titre que de nombreux autres collègues, une question me demandant assez largement quels conseils je pouvais donner à une bibliothèque "désirant utiliser Facebook dans le cadre de sa relation avec les usagers".

Voici en substance quelle fut ma réponse :

Quelques éléments de réponse à un question qui est vaste et mériterait précisions : les besoins et les modes d'actions d'une bibliothèque territoriale ne sont pas les mêmes que ceux d'une bibliothèque d'État par exemple. Par ailleurs, en terme de médiation, cette utilisation de Facebook se fera-t-elle au niveau institutionnel, celui d'un service (espace multimédia, musique, jeunesse), d'un thème, ou encore au titre de personnes ressources (le profil d'un bibliothécaire du service de référence, es qualité, par exemple ) ? Ces premières questions sont importantes et auront un impact certain sur l'utilisation de l'outil qu'est Facebook, notamment parce qu'une telle utilisation ne pourra se faire qu'en réponse à un projet.

Pourquoi utiliser Facebook ? Quel est le projet derrière, et à quels objectifs une telle utilisation est censée répondre ? sont à mon sens les premières questions à se poser. En fonction des réponses, du type de médiation envisagé, la bibliothèque mettra en place un mode d'alimentation et de fonctionnement fort différent. Par exemple, plutôt que de créer un profil ou une page (sachant que la page pour une institution est plus appropriée, le profil étant réservé à des personnes ressources par exemple), la bibliothèque peut parfaitement envisager de commencer par créer un groupe autour d'une animation, une collection, ce en concertation avec son public, notamment les ados, et mettre en place cette nouvelle visibilité en commun avec eux en les associant étroitement au projet.

Facebook peut ainsi servir à faire découvrir les collections de la bibliothèque, échanger avec les usagers en amont d'une animation comme en aval pour recueillir les avis, restituer des expériences. Facebook peut être le lieu d'un approfondissement aussi, après l'animation, avec la mise à disponibilité de liens, photos, vidéo ou d'espace d'échange (forum). Autant d'outils qui permettent également d'être présent pendant, d'accompagner l'usager dans son expérience de la bibliothèque.

J'évoque ici des animations mais ce peut être utile également au quotidien, en proposant des informations locales (horaires d'ouvertures et de fermetures), des widgets d'accès aux ressources (catalogues, bases de données), voire un service de renseignements à distance (chat, meebo).

Quels conseils apporter ? Bien définir son projet dans un premier temps, en accord avec sa tutelle, et ensuite proposer plutôt une page institutionnelle pour un établissement. Elles sont faites pour cela. Reste que proposer ce genre de page ne suffit pas : quitte à investir l'espace, autant profiter pleinement des outils mis à disposition. Une bibliothèque ne devrait pas se contenter de se créer un profil Facebook, en soi ce n'a aucun intérêt. L'idéal est de compléter ce profil et les myriades d'onglets en ligne : onglets photos avec des images des animations, de l'équipe, du lieu, onglet vidéos avec des vidéos des ateliers ou des animations, onglet encarts avec des widgets de recherche dans le catalogue, dans les ressources, de chat voire un onglet événements, un onglet forum, pourquoi pas ? J'irai plus loin encore en proposant à la bibliothèque de participer en tant que telle à des groupes pour se fondre dans ceux où se trouvent et se retrouvent les usagers, banaliser sa présence en quelque sorte (certes réservés aux détenteurs d'un profil si je ne m'abuse).

Le dernier conseil serait de communiquer autour de cette présence en ligne : quitte à valoriser l'institution, autant que ce soit su. Il n'est pas gênant d'ajouter une ligne sur les documents de communication de la bibliothèque, il est intéressant de renvoyer vers les photos de l'animation ou celle d'un profil. Dans Facebook même, il n'est pas inutile de participer, montrer sa présence, voire profiter d'un billet pour rappeler qu'on peut faire une recherche à partir du widget idoine.

Je suppose que ma réponse est loin d'être complète et peut porter à commentaires, réflexions et ajouts. Mais il s'agissait surtout de dresser là quelques éléments à gros traits.

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