Je suis abonné aux Centre de nouvelles de l'ONU. Ce site me permets de recevoir régulièrement (et en nombre assez importants) les dépêches et les communiqués de presse des différentes agences de l'ONU. C'est une ressource très riche et intéressante qui permets de se tenir informé de ce qui se passe dans le monde et des actions de l'Organisation. Bon, j'aurais préféré un flux plus précisément orienté sur les questions culturelles notamment mais c'est déjà très bien.

Dans les derniers messages se trouvait cette annonce : la nomination de l'ancien président du Portugal à la tête de l'Alliance des Civilisation. C'est peut-être moi qui ne suis pas très au fait des arcanes onusiennes mais je ne connaissais pas cette Alliance. D'aprèsle site et la dépêche, l'initiative provient des gouvernements d'Espagne et de Turquie afin de rapprocher les Civilisations, pour une meilleure entente entre les peuples et donc favoriser une plus grande stabilité internationale. Les premier études portent sur les regards mutuels que se portent le monde islamique et le monde occidental ou encore sur l'importance de l'accès à l'éducation. Deux rapports ont pour l'instant été commissionnés par l'Alliance :

Civilization: Truth or Tool? - R. Bulliet (PDF file)

Western Historiography and the Problem of "Western" History - JGA Pocock (PDF file)

Une initiative qui a le mérite d'être et que je salue...

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Le texte de la dépêche :

L'ANCIEN PRÉSIDENT DU PORTUGAL NOMMÉ HAUT REPRÉSENTANT DE L'ALLIANCE DES CIVILISATIONS
New York, Apr 26 2007 2:00PM
Le Secrétaire général a nommé aujourd'hui Jorge Sampaio, ancien président du Portugal, au poste de Haut Représentant de l'Alliance des civilisations, après consultations avec les chefs de gouvernement de l'Espagne et de la Turquie, les deux pays à l'origine de l'initiative. « Le Haut Représentant apportera la vision et le leadership requis notamment pour promouvoir l'Alliance des civilisations en tant qu'initiative crédible et viable pour réduire les dangereuses tensions entre les diverses sociétés à travers le monde, et pour atténuer la menace que ces tensions font peser sur la stabilité internationale » a dit la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

L'initiative avait été lancée par le prédécesseur de Ban Ki-moon, Kofi Annan, le 14 juillet 2005 (dépêche du 14.07.2005). Le Secrétaire général envisageait ainsi un mouvement destiné à combattre les divisions, les préjugés, les incompréhensions entre les cultures, notamment islamiques et occidentales, qui menacent de manière potentielle la paix dans le monde. Un « Comité des sages » mis en place par le Secrétaire général lui avait remis à Istanbul, en novembre 2006, un rapport qui soulignait que les migrations, l'intégration et les technologies faisaient que l'humanité ne vit plus dans des 'civilisations' différentes (dépêche du 13.11.2006).

Ce rapport estimait aussi que « les raisons clefs du fossé grandissant entre les sociétés musulmanes et occidentales n'étaient pas d'ordre religieux mais politique ». Il plaçait par ailleurs au centre des efforts « l'éducation au multiculturalisme, le règlement du conflit israélo-palestinien et les réformes démocratiques dans le monde musulman » (dépêche du 13.11.2006). « Bien que la religion soit souvent exploitée, de façon cynique, pour attiser les passions, alimenter la méfiance et soutenir les cris alarmistes selon lesquels le monde fait face à une nouvelle 'guerre de religion', le fond de la question est politique », soulignaient les « Sages ». Parmi les solutions proposées par le Groupe de haut niveau à l'origine du rapport figurait tout d'abord « la création d'un Haut Représentant destiné à assister le Secrétaire général à désamorcer les crises à l'intersection de la religion et de la politique ». Le rapport proposait la rédaction d'un 'Livre blanc' pour procéder à une analyse 'froide et objective' du conflit israélo-palestinien, et la convocation d'une conférence internationale sur le Moyen-Orient. Il proposait aussi au niveau politique le soutien à l'expansion du pluralisme politique dans les pays musulmans, appelant les partis dirigeants dans le monde musulman à ouvrir un espace à la pleine participation des partis politiques non violents, qu'ils soient religieux ou séculaires, et les gouvernements étrangers à être cohérents dans leur soutien au pluralisme, en respectant notamment le résultat des élections. Il proposait enfin la création d'un Fonds mondial pour la solidarité avec la jeunesse et la promotion d'une éducation aux droits de l'homme et au multiculturalisme parmi les jeunes.