Selon les spécialistes de la préservation de l’information qui participaient le 3 avril 2007 au débat thématique organisé par le Programme Information pour tous de l’UNESCO (PIPT) à la Bibliothèque nationale de France à Paris, “plus de 80 % des collections audiovisuelles témoignant de la diversité culturelle et linguistique dans le monde ne bénéficient pas d’un traitement professionnel”.



Le Programme Information pour tous est un programme intergouvernemental, créé en 2000. Dans le cadre du PIPT, les gouvernements du monde entier se sont engagés à mobiliser les nouvelles opportunités de l'ère de l'information pour créer des sociétés équitables grâce à un meilleur accès à l'information. Le PIPT travaille en étroite collaboration avec d'autres organisations intergouvernementales et des ONG internationales, en particulier avec celles qui sont spécialisées dans la gestion et la préservation de l'information, comme la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) et le Conseil international des archives (CIA).

Dans le cadre de leur 12ème réunion, le 3 avril dernier donc, les membres du Bureau du PIPT se sont penchés sur les problèmes et les impératifs que soulève la préservation de l’information, en particulier à l’ère du numérique.

Le communiqué de presse explique :

Nos ancêtres n’avaient pas besoin de prendre des mesures particulières pour préserver le contenu fixé sur papyrus ou parchemin. Alors que ces documents se sont conservés pendant des millénaires, le contenu numérique a une espérance de vie d’une dizaine d’années seulement. Le problème ne réside pas forcément dans la dégradation des supports, mais plutôt dans l’obsolescence des formats. “A l’ère du numérique, si rien n’est fait pour préserver l’information, nous allons tout perdre”, a observé Dietrich Schüller, vice-président du Conseil du PIPT et spécialiste de l’archivage audiovisuel.

Tout au long du débat, le PIPT a précisé le rôle que les gouvernements ont à jouer pour développer des politiques volontaristes et établir des priorités afin d’assurer la préservation de l’information. L’information numérique demande une attention particulière et constante.

“Des réservoirs d’information en bonne et due forme ne représentent pas uniquement la mémoire du monde, ils fournissent des informations vérifiées, complètes et fiables, ainsi que des exemples de bonne gouvernance”, a souligné Laurence Zwimpfer, président du Conseil du PIPT. Les intervenants ont incité les gouvernements à reconnaître que l’accès à l’information est un capital et que sa préservation accroît sa valeur. Les gouvernements, sachant que les ressources seront toujours limitées, sont invités à consulter des professionnels de la préservation de l’information pour définir des priorités et faire des choix sur ce qui doit être préservé.

La préservation n’est pas un but en soi, mais c’est une condition indispensable pour permettre aux citoyens du monde d’avoir accès à l’information et de l’utiliser. Promouvoir et protéger l’information à travers l’accès et la préservation font partie des grandes priorités du Programme Information pour tous.

Le Programme Information pour tous a été créé en 2001 pour répondre aux problèmes et aux opportunités soulevés par la société de l’information. Il se mobilise pour défendre les populations exclues par la fracture informationnelle.

Les actes du débat thématique et le document contenant les résultats (“Key messages for Governments and Industry”) sont accessibles ici.