Jenny Levine, the Shifted Librarian, nous présente plusieurs projets intéressants sur son blog, cette semaine évoquant de potentiels services innovants en bibliothèque.

1. Remodéliser des villes à partir des photos sur FlickR

La première expérience est le projet de recherche d'un groupe de chercheurs du GRAIL, un laboratoire de l'université de Washington (University of Washington’s graphics and imaging laboratory). L'idée est assez intéressante qui propose un logiciel capable de chercher les photos d'un lieu particulier présentes sur le web, de les comparer, filtrer, enregistrer leur point de vue et à partir de là, recréer le lieu en question en modélisation 3D.

Deux villes ont servi de test. La première est Rome, reconstruite en un jour seulement à partir de quelques 150 000 photos piochées sur FlickR. La seconde est la ville de Dubrovnic en Croatie dont la modélisation de la vieille ville aura pris à peine 22 heures. Les vidéos de ces réalisations sont disponibles en ligne

2. La table tactile de Microsoft

La deuxième expérience, raconte Jenny, nous vient de nos désormais célèbres confrères hollandais de la DOK. La DOK de Delft, cette bibliothèque innovante, Library Concept Center, a créé une application étonnante qui feuillette dans les collections de photos historiques locales : "Erfgoed Delft".

Dans la vidéo reproduite par Jenny Levine, Jaap van de Geer interview Koen Rotteveel, dont le titre est Interaction Designer and Developer. Ce dernier présente une utilisation innovante liée à la table tactile de Microsoft : On y pose sa carte de lecteur ; la table identifie d'où on vient et fait affleurer à sa surface des photos, des vidéos évoquant l'histoire de son quartier.

Une manière originale de valoriser et recréer une médiation autour des collections locales. Même si vous ne comprenez pas l'anglais, la démonstration reste impressionnante.

3. La réalité augmentée

Jenny termine en évoquant les récentes développements et expériences conduits autour de la réalité augmentée, une évolution technologique permettant d’interagir en temps réel avec des éléments virtuels intégrés à l'environnement. Les villes se posent des questions sur la façon la meilleure d'utiliser ces technologies, en utilisant cette réalité augmentée ou les fameux QR codes.

Ces applications permettent de visualiser des stations de métro les plus proches (à Paris, à Lyon), d'ajouter des informations directement sur l'environnement reproduit par la caméra de son téléphone. On pourrait imaginer ajouter des informations sur les monuments, aux points stratégiques de visites touristiques, signaler les monuments importants, superposer une carte aux images réelles pour faciliter la navigation au sein de la ville. 

Et de se demander en quoi ces applications balbutiantes peuvent nous intéresser et changer nos pratiques, la médiation documentaire que nous pouvons mettre en place.Elles possèdent les informations, elles possèdent des fonds riches et divers. Il pourrait s'agir de notes d'information, de notices touristiques. On parlait de photos, comment mettre en regard des images historiques et le parcours des usagers ? Sur un mode plus ludique, peut-on recréer l'ambiance d'un roman, parcourir le Paris fantastique d'Adèle Blanc-Sec, signaler en 3D le parcours d'un auteur ?

Comment les bibliothèques peuvent-elles prendre part à cette expansion de l'internet mobile ? Au-delà, Jenny évoque la surabonsdance omniprésente en permanence de l'information et questionne :

If you feel information overload now, just wait until that information flow magically appears all around you in the real world and not just on a screen. Can librarians become part of users’ networks and help filter out some of the noise? Will libraries make their archives open and available for these types of uses ?

Je ne pense pas que les applications et services présentés ici soient pour demain, ni peut-être même pour après-demain. la technologie est trop récente et il est impossible de prévoir ce qu'il va advenir. Mais je suis d'accord avec elle pour demeurer vigilent et souligner le rôle de filtre dans le bruit urbain. Je crois de plus en plus au rôle des accès mobiles et les billets tagués avec ce même terme commencent ici à être nombreux. Il ne s'agit pas d'utiliser la technologie pour utiliser la technologie, il s'agit plutôt d'imaginer comment tirer avantages de ces nouveaux outils, comment s'adapter aux pratiques mobiles, à l'ubiquité apparente et, au final, comment aider au mieux nos usagers.