anonymat et QR codes
Par Thomas le vendredi 8 janvier 2010, 19:05 - Mobiles etc. - Lien permanent
On a beaucoup parlé d'anonymat sur les blogs, et notamment les blogs professionnels. C'est une question récurrente, peut-être moins ces dernières années (bien que Lully ait publié un billet cet automne sur le sujet) mais qui avait connu son heure de gloire il y a deux ans après la publication d'un article dans le Bulletin des bibliothèques de France rédigé par Nicolas Morin et Marlène Delhaye intitulé : "Un panorama de la biblioblogosphère francophone à la fin de 2006". Ils y pourfendaient la notion d'anonymat dans les biblioblogs et chacun alors d'y aller de sa plume et entrer dans le débat. Ce blog, d'ailleurs, n'a pas fait figure d'exception.
Afin d'y mettre un terme, je me dévoile et vous communique mes coordonnées professionnelles. Enfin, presque. C'est surtout pour moi l'occasion d'utiliser un nouveau jouet : un générateur de QR codes, Quick Response Code , une sorte de code-barres carré, déjà évoqués à plusieurs reprises sur Vagabondages.

Le générateur permet de créer un pictogramme pour organiser un événement, donner des informations sur un contact, donner une simple adresse de courrier électronique, un numéro de téléphone, un message SMS, du texte, une URL ou encore spécifier une géolocalisation. Même Google s'y met et propose son générateur perso : Zebra crossing.
Vous imaginez une "soirée facteur" (où quel que soit le nom qu'on apporte à
ces soirées de rencontres entre célibataires) où les participants porteraient
des t-shirts avec des pictogrammes mentionnant leurs numéro de téléphone
?
L'idée est donc plus généralement d'offrir des informations supplémentaires
sur un produit ou un service -certaines municipalités se sont emparées de
l'outil comme à Manor, au Texas (pdf)- et les
bibliothèques outre-atlantique commencent à se pencher sur le phénomène. C'est
le cas notamment dans les bibliothèques publiques de Sacramento et de Dover
Town.
Chris Freeman, bibliothécaire à la Sacramento Public Library explique sur son blog, The Civil Librarian, que : "On our library blog, Grand Central, we now have a QR code posted in the sidebar that, when scanned, will load the contact information for our SMS reference service directly into the user's phone. Pretty cool!". En scannant le pictogramme, l'application de texto s'ouvre avec le numéro SMS de leur service de référence à distance. L'annonce date de cet été. Un mois plus tard, les QR Codes faisaient leur apparition sur les cartes de visites des personnels : en scannant cette dernière, les contacts peuvent importer directement toutes les informations professionnels dans leur liste de contact. Générer le code n'est pas compliqué, l'imprimer non plus grâce à QR stuff (je sens que je vais adorer cela).

Dans le Massachusetts, Dover Town Library a un autre usage des ces petits codes. Il s'agit cette fois de proposer des petites énigmes, de petits jeux (le code se trouve notamment sur le portail enfant) en jouant sur le côté devinette. Ainsi, sous l'accroche "Scan the QRCode and get ready for lots of reading fun! Learn more about this at the Library!" la bibliothèque a d'abord fait une pub autour de leur programme estival de lecture (summer reading website) et le code alors délivrait le texte... allez, je vous laisse le découvrir vous-même ci-dessous.

Actuellement, le code cache le texte : "Best wishes for a great 2010 !"
Encore une nouvelle technologie à suivre et qui me paraît prometteuse. Proposer une adresse mail pour accéder directement aux contenus en ligne à partir de son téléphone, des informations de contact ou encore un texte sont autant d'applications qui demandent à être reprises et approfondies par nos établissements. Et puis, comme le dirait Chris Freeman : "Pretty cool, isn't it ?"
Commentaires
J'aime beaucoup les exemples que tu as sélectionnés pour leur utilisation. Dans la bibliothèque du collège où j'enseigne, j'ai utilisé un temps les QR Codes pour montrer à nos élèves qu'il est possible d' "augmenter" de plusieurs manières le contenu d'un livre en le reliant à un site pertinent (cf la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=pBdb...). Dans le même style, des compagnies comme bookBéo (http://blog.bookbeo.com/) travaillent à l'application de ce type de procédé aux livres et à d'autres produits culturels.
A signaler que même si l'on a pas de téléphone équipé d'un programme compatible pour déchiffrer les QR Codes, il est possible avec une webcam et un programme comme BarCapture de compenser.
Et enfin...Bonne année 2010 !
J'aime bien l'idée, et je pense que ces passerelles tangible/numérique ont de l'avenir! Pourtant ça fait déjà quelques années que les QR codes existent... et ne décollent pas. J'ai tendance à être plus convaincu par les bon vieux codes barres qu'un simple appareil photo peut reconnaître et qui identifient un objet auquel on peut associer des données sur le web... sinon bravo pour ce bloguing out, dans le petit monde des bibliothèques, le pseudonymat n'est jamais très solide...
Cela fait plusieurs années que les QR codes existent. Wikipédia nous informe que ce code a été créé par l'entreprise japonaise Denso-Wave en 1994, soit il y a près de quinze ans. Cependant, on commence tout juste à en entendre parler de ce côté de la planète. Il semble en effet que ce boom soit lié à l'explosion des téléphones mobiles et autres smartphones.
De fait, je suis assez intrigué par ces petits codes qui peuvent héberger bien plus de renseignement qu'un simple code à barre et permettent d'interagir directement avec le mobile de l'usager. Après les bornes bluetooth de la DOK, il semble que le mobile prenne une place petit à petit dans les modes de communications.
Merci "l'autre Thomas" pour les liens également. Je connaissais certaines applications -dont la vidéo youtube- mais je découvre avec plaisir BookBéo.
Il me semble qu'il y a des problèmes de normalisation, pour que ce genre de technologie s'impose ici. Au Japon, je crois que ce sont les opérateurs téléphoniques qui ont imposés leurs propres standards, lisibles uniquement depuis leurs téléphones donc.
Dans une société très techno comme la leur, ça a pris rapidement.
Il me semble que le travail de normalisation de ces codes au niveau mondial est en cours (ça doit être GS1 qui s'occupe de ça). A suivre...
Effectivement, la normalisation de ces codes est encore en cours. La mondialisation n'a pas encore vu émerger les standards qui rendront l'outil lisible depuis toutes les plateformes mais ce ne saurait tarder. A suivre donc...