Le département Communication de l'Université Concordia au Canada a publié, cet été, une étude sur ce que nos avatars, ces alter-ego numériques 3D que nous créons pour nous symboliser et identifier dans les univers virtuels, pouvait dire de nous-mêmes. L'idée était de partir d'une approche marketing, i.e. de déterminer ce que les avatars disent des consommateurs, ou de nos habitudes de consommation, mais l'intérêt demeure.

Rien ne nous oblige à créer un avatar qui nous ressemble, rien ne nous oblige à reprendre le même genre, rien non plus d'adopter une forme humaine. 

selon les deux chercheurs, qui ont fait remplir un questionnaire rempli par les créateurs d’avatars afin d’établir leur personnalité dans un premier temps puis ont comparé le profil ainsi créé à la perception que les autres citoyens virtuels avaient de l’avatar, cette comparaison s'appuie sur plusieurs éléments visuels : teinte et longueur de la coiffure, morphologie corporelle, tenue et style vestimentaires, etc.

« En général, l’apparence physique d’un avatar incarnait la véritable personnalité de l’individu qui l’avait créé, a déclaré le professeur Bodur. Par exemple, un avatar séduisant, coiffé et vêtu avec style, donnait l’impression d’une personnalité extravertie, ce qui correspondait au profil établi par notre questionnaire. »

« Ce lien entre avatar et créateur nous permet de mieux comprendre les consommateurs qui se cachent derrière un personnage virtuel et favorise l’émergence de stratégies de commercialisation virtuelle plus ciblées. Les entreprises pourront également se servir de notre étude comme guide lors de la conception de porte-paroles virtuels. »

L'article complet, en anglais, est paru dans le numéro 8 d'août 2010 du magazine Psychology and Marketing, pages 741–765.