Un long billet en ce dimanche après-midi.

J'ai de la chance : il y a deux mois, mon boulot m'a prêté un iPad - enfin, une ardoise, plus précisément de marque iPad - qu'il me faut rendre très bientôt.

J'étais plutôt enthousiaste puisque franchement curieux de découvrir le fonctionnement de la tablette tactile avant même d'ailleurs toute application professionnelle. Comme tout le monde, après le battage médiatique qui a entouré l'objet, mon intérêt ne pouvait être qu'éveillé.

Compte-rendu subjectif d'utilisation.

1. la galaxie Apple

Ma première impression fut une légère frustration : une tablette Apple, ça se mérite. Plus exactement, pour utiliser la tablette il faut d'abord se créer un compte iTunes : un identifiant Apple permettant d'utiliser par la suite l'ensemble des produits de la marque et, surtout, d'accéder aux -et payer les- applications sur l'iTunes store. Les informations demandées incluent les coordonnées et le mode de paiement.

En soi, la logique se comprend même s'il est un peu désagréable de se voir forcé la main (donner ses coordonnées de carte bleue) pour simplement se créer un compte. La logique se comprend donc et je la pense même efficace : l'identifiant rentré est valable 15 minutes sans activité ce qui permet d'acheter applications ou contenu additionnel sans douleur ni s'en rendre vraiment compte... cette astuce permet ainsi à Apple de faciliter les modes de paiement et, réduisant cette barrière, de vendre d'autant plus d'applications.

L'intérêt par ailleurs se voit multiplié si l'on possède plusieurs outils Apple (iMac, iPod, iPhone) puisqu'elle renforce l'interopérabilité des différents produits de la marque à la pomme entre eux en les reliant tous derrière un identifiant unique. Je comprends que transférer ses musiques ou films sur un iPad depuis un autre terminal se voit facilité (et il doit être plus confortable de regarder un film sur un iPad assurément) mais cet argument n'est pour moi pas efficace car je ne possède aucun autre produit et je n'ai pas le moins du monde envie de changer pour l'instant.

Pour revenir à cette nécessité de donner son mode de paiement, Google avec son Android Market m'avait également demandé en son temps de rentrer mes identifiants pour payer des applications, mais ce besoin ne se trouvait pas comme condition à la création d'un compte.

2. Mes premières applications

Viens ensuite la partie ludique de l'outil. On commence à jouer un peu sur les changements d'écran -forcément minimes en l'absence d'applications, on regarde un peu les réglages et paramétrages et très vite on fond sur l'AppStore. A dire vrai, sans application, la tablette paraît passablement inutile. Et ce n'est pas une sinécure. L'Appstore est une horreur pour trouver une application un tant soit peu intéressante, tout paraît mélangé sans possibilité de tri aussi est-il largement préférable de rechercher une application par son nom quand vous le connaissez que de feuilleter l'existant [rectification : j'ai enfin trouvé des possibilités de tri mais je trouve quand même l'interface peu ergonomique].

Au fil du temps, j'ai installé une trentaine d'applications, pratiquement toutes gratuites, réparties en trois pages : applications culturelles et bibliocentrées, livre numérique et jeux, médias et pratique (cf. ci-après).

Finalement, j'utilise peu ces applications ou de manière très ponctuelles. Je n'ai pas l'impression vraiment de m'être emparé de l'outil, pour innovant qu'il soit, en tout cas moins que de mon mobile qui lui ne me quitte pas.

Les premières applications téléchargées se voulaient professionnelles. C'est pour cela qu'on m'a confié une tablette et c'est ce que je voulais vérifier en premier. A ce sujet, le blogueur Andy Buckhardt, Information Tyranosaur, avait publié cet été un article sur les 10 applications indispensables aux bibliothécaires mais je n'ai que moyennement été convaincu (les applications sont : iBooks, Stanza, Evernote, Dropbox, Twitterific, Dictionnary.com, GoodReader, Quick Office, Audionooks, Wikipanions -voir aussi iPads and iPods in Education (Part 2)-), notamment parce que certaines sont payantes et que je ne voulais pas payer dans un premier temps.

En téléchargeant les applications institutionnels, je voulais découvrir ce que d'autres bibliothèques proposaient, mais lorsqu'on l'a vu, et après quelques tests, on passe rapidement à autre chose. Surtout si on l'absence d'un authentifiant devient génant.

Pareil pour les livres numériques. C'est intéressant de lire un ouvrage sur la tablette mais je me rends compte que ça ne correspond pas encore à ma pratique de lecture. Je veux dire que je n'ai rien contre la lecture sur écran -je lisais déjà sur mon téléphone portable quoiqu'assez rarement- mais mes habitudes font que je lis soit dans les transports, soit le soir chez moi.

Dans les transports, il m'est plus simple d'emporter un livre de poche qui se glisse aisément dans mon manteau que de prendre l'iPad bizarrement un peu grand et trop rigide pour supporter les à-coups de la foule. Par ailleurs, la tablette fait encore un peu m'as-tu-vu vis à vis des autres passagers quand le livre n'attire qu'indifférence sinon une vague curiosité.

A la maison, la tablette trouve déjà plus sa place. il m'est arrivé de passer une soirée à lire Winnie l'ourson allongé dans le canapé, puis de "zapper" sur Verlaine avant finalement de me mettre à jouer. J'avais l'aspect mobile (pouvoir emporter sa tablette avec soi, montrer quelque chose à mon compagnon) mais finalement, au-delà du nombre de titres disponibles, et je ne parle pas des titres seulement français, je trouve dommage que l'interactivité ne soit pas plus développée dans les livres numériques. Finalement, ces moments de découverte passés, je n'ai pas d'utilisation intensive de ma tablette.

3. Usages mobiles

Finalement, ce sont d'autres fonctionnalités qui sont sollicitées sur l'iPad, et notamment l'internet mobile.

Il m'est en effet plus rapide d'ouvrir la tablette que d'allumer mon PC et je peux donc accéder plus rapidement aux informations ou aux sites qui m'intéressent. Bien sûr, il faut se faire à Safari qui, comme tout nouveau navigateur, apparaît comme un peu déroutant (on perd ses repères). De plus, l'iPad étant monotache, on ne peut charger qu'une page à la fois parmi toutes celles ouvertes, ce qui paraît plutôt frustrant lorsqu'on est habitué à manipuler plusieurs onglets simultanément. Autre point négatif, je n'arrive pas toujours à me connecter à ma messagerie professionnelle mais ce devrait s'arranger j'espère.

En revanche, les point positifs majeurs sont la rapidité de navigation que je souligne et celle d'exécution. L'écran tactile est très réactif et rapide. On peut en changer la sensibilité efficacement. Je dois avouer, après qu'on me l'ait fait remarquer, que c'est vraiment plus rapide que sur mon HTC touchsense et donc, en terme d'usages, bien plus gratifiant.

A la maison, c'est également l'usage principal qu'en fait mon compagnon, j'ose croire usager lambda. Il se moque des applications sinon de jeux (les smurfs et lil' pirates surtout qui demandent une intervention quotidienne comme tout jeu en ligne et qui, surtout, permettent de voir la progression de ses amis via le Game Center) et se concentre sur le navigateur, pour aller sur internet, suivre des solutions de jeu vidéo tout en jouant avec sa console, consulter ses courriels, etc.

Au travail certain collègue utilise son iPad comme d'un ordinateur portable, prenant rapidement des notes dessus lors de réunions, créant des cartes heuristiques avec, consultant tel courriel important ou branchant la tablette avec le rétroprojecteur pour afficher un document à l'ensemble des participants. Une utilisation intelligente et complète de l'outil. 

Mon utilisation reste plutôt sommaire je le crains. Surtout, n'ayant d'autres produits Apple, je dois probablement passer à côté de possibilités en terme d'interopérabilité et de contenus multimédia. Je n'ai pas regardé de film avec ma tablette ni ne m'en sert comme netbook, mais le besoin ne s'en est pas fait sentir non plus. Pour les films, je ne vois pas comment les charger dans la tablette sinon via un iTunes qu'il me pèse d'installer.

J'aime vraiment l'idée de la tablette mobile pour autant, mais si je devais faire un achat, je ne pense pas que ce serait un iPad. Les autres tablettes présentées lors des derniers salons m'intéressent plus et je serai spontanément plus enclin à me tourner vers une solution Android ^^, enfin lorsqu'elle sortira et sera financièrement accessible.

4. D'un point de vue professionnel ?

D'un point de vue professionnel, je ne sais pas trop. Je listerai plusieurs types d'utilisation :

1. Comme d'un netbook.

  • Avoir des applications bureautiques et profiter pleinement de la mobilité de l'outils. Efficace.
  • En test pour nos propres applications (mais si, ça va venir)

2. A la bibliothèque :

  • En prêt comme d'un netbook
  • En prêt comme d'une liseuse (mais alors selon quelles modalités ?)
  • En outil de travail : j'avais lu que des bibliothécaires se servaient d'Ipad pour accompagner l'usager dans les rayons et avoir l'OPAC sous la main.
3. Pour étudier les usages mobiles
  • Étudier les livres numériques, lesquels, qu'est-ce qu'un livre augmenté ?
  • Étudier les usages potentiels (plutôt livres numériques ou presse en ligne ?) comme à Tance
  • Étudier la façon dont nos lecteurs s'emparent de cet outils (et ils sont relativement nombreux, comme à Toulouse) mais alors que veut-on mesurer et selon quels critères et indicateurs ?
4. Tablettes dans l'enseignement
  • Quelles applications peuvent être utiles dans un contexte d'apprentissage ? Y compris d'apprentissage informationnel ?
  • Comment exploiter les capacités de l'iPad (écran tactile, géolocalisation, multimédia) pour l'apprentissage mais aussi pour les présentations (il devrait être possible de présenter des données tant d'un point de vue visuel, auditif que kinesthétique ?
  • Le côté ludique de l'objet influe-t-il sur son appréhension et jusqu'à quel point ?




Mes applications iPad


copie d'écran de l'application de la Bibliothèque Publique de Fayette

Page 1 : Applications culturelles et biblio-centrées. 

En première page parce que c'est quand même mon alibi pour travailler avec l'iPad. Les applications choisies sont :

  • CultureClic : un application initialement prévue sur iPhone se proposant de découvrir la culture, la littérature et la culture scientifique à travers reproductions, réalité augmentée, géolocalisation des établissements culturels, dossiers et un réseau social afférent.
  • Quai Branly : propose une découverte des collections, des vidéos de présentations, l'agenda et des informations pratiques autour du musée
  • Patrimap : une présentation du patrimoine parisien avec balades et jeu
Puis viennent des applications autour de biblitohèques :
  • Ask-WA : le service de question-réponse en ligne des bibliothèques publiques de l'Etat de Washington
  • Cornell University Library : qui propose un accès au catalogue, au compte-lecteur, des infos pratiques, une géolocalisation, la possibilité d'interroger les bilbitohécaires et un annuaire de lien mobile-friendly
  • Fayette Public Library : qui propose un accès au catalogue, les documents plus empruntés, une géolocalisation de la bilbiothèque et un accès au compte-lecteur
  • Pubsearch : permet de faire des recherches dans la base
  • PLoS Medecine : permet de faire des recherches dans la base
  • Electre-LH : permet de faire des recherches dans la base mais pas d'accéder aux notices pour lesquelles il faut un compte premium
Enfin quelques outils de bureautique :

Page 2 : applications livres numériques et jeux
Pour les livres numériques, j'ai rapidement téléchargé l'application iBooks que je me suis empressé de garnir de titres tels :
  • Alice's Adventures in Wonderland and Through the Looking Glass 
  • Winnie-the-Pooh : Je me suis amusé à lire enfin le fameux Winnie-the-Pooh que je ne connaissais pas dans sa version originale ce qui m'a permit d'essayer la lecture sur iPad. A dire vrai, l'expérience est plutôt concluante. Mise à part cette question de reflets, on lit très bien sur une tablette, le fait de pouvoir tourner les pages est agréable et j'ai apprécié dans ce titre la possibilité de voir en bas de page le nombre de pages restantes dans le chapitre et dans l'ouvrage. Une chose m'a troublé, c'est de ne pas retrouvé forcément le même agencement de page (en recto et verso) suite à un changement d'orientation de la tablette : en format portrait, une seule page s'affiche ; en format paysage, deux pages s'affichent. Le passage de l'un à l'autre peut changer l'agencement des pages en paysage.
  • Le guide de l'utilisateur de l'iPad qui m'a mine de rien beaucoup servi dans les premiers temps
  • viennent quelques titres de littérature : Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo, Mémoires d'Outre-Tombe de François-René de Chateaubriand, Œuvres complètes de Paul Verlaine, Contes humoristiques d'Alphonse Allais, Poèmes d'Oscar Wilde, Alcools d'Apollinaire, Dictionnaire des idées reçues de Gustave Flaubert, Voyage au centre de la Terre de Jules Verne
J'ai complété mon iBooks de titres qui font l'objet d'applications spécifiques :
  • Alice for the iPad lite : C'est le fameux titre qui a fait l'objet de vidéos de démonstrations quant aux illustrations et au traitement des interactions qui accompagnaient le texte. C'est vrai que l'idée est intéressante et qu'il est amusant de bouger sa tablette dans tous les sens, cependant je trouve finalement que les animations sont limitées et répétitives. mais peut-être est-ce dû à ma version light.
  • Book of the Dragon... Lite : Sur le même principe qu'Alice, ce livre documentaire sur les dragons émaille d'illustrations interactives et de mini-vidéos le texte écrit. L'idée est bonne mais aurait pu être poussée un peu plus encore. Enfin, encore une fois je n'avais que la version light, gratuite.
  • Nuits de Noël : une application qui aide les enfants à apprendre à lire. elle propose une version en écriture cursive et une en caractères d'imprimerie, colore les voyelles, distingue les lettres muettes, souligne les syllabes, illustre et explique certains mots difficiles et raconte l'histoire. Je suis fan :)
et enfin, des applications pour les bandes dessinées :
  • Marvel : L'application permet de lire des extraits des dernières publications Marvel et d'être alerté des nouveaux titres. on peut lire les comics page par pages ou case par case.
  • Angoulême11 : le festival a proposé une application présentant les titres de la sélection officielle et invitant les mobinautes à voter pour leur préféré. Je trouve dommage qu'il n'y ait pas eu de mise à jour soulignant les vainqueurs et les prix remis au festival même. Pour chaque titre, on pouvait lire un extrait de quelques pages en lecture classique ou animée avec un vrai travail de lecture et de passage de case à case voire de partie de case vers une autre partie.
Je termine avec quelques jeux mis ici :
  • Infinity Blade : un jeu de combat en haute définition très bien réussi bien qu'un peu répétitif [payant]
  • Akinator HD : Akinator le génie devine à coup sûr à qui vous pensez (ou presque : je l'ai collé avec Bruno Racine :p)
  • Doodle Grub : le jeu de serpent nouvelle génération
  • Smurfs Village : il faut s'occuper de son village schtroumpf en plantant des ressources et faisant des mini-jeux
  • iconcours : Des QCM censés préparer aux concours IEP, ESC et ENA (oui, j'ai mis ça dans la partie jeux :p)
  • The librarian : une bilbiothécaire accueille des usagers, et cherche les ouvrages qu'ils demandent
page 3 : Applications de médias et pratiques

  • France24 : l'une des meilleurs applications de média à mon sens. J'aime beaucoup la visualisation des événements sur la mappemonde.
  • 20minutes.fr : L'application liée au journal. Informations correctes.
  • Le Monde.fr : Une très bonne application de média également, facilement accessible et lisible. Une vraie réussite.
  • Liveradio : une application qui permet d'écouter les chaînes de radio depuis sa tablette
Quelques applications pratiques terminent ce tour :
  • Google Earth
  • iPhiGéNie : une application qui propose d'afficher les cartes IGN sur sa tablette
  • Via Michelin Trafic : une application proposée par Via Michelin pour accéder à l'information trafic en temps réel. Ceci étant, passé le premier intérêt, je me pose des questions quant à l'efficacité de ce genre d'application : le must serait en effet de pouvoir en disposer lors d'un déplacement mais alors la connection internet serait perdue, à moins d'avoir une clef 3G...
  • Info MAIRES : une application proposée par Groupama assurances censée informer les maires sur des notions juridiques d'assurances et de préventions pour les communes.
  • Allociné : une application permettant de retrouver aisément des films et leurs horaires en salle.
et in fine :
  • AnsheX Client : un client mobile pour Second Life permettant d'accéder à son compte, son inventaire, de discuter avec ses amis voire de se transférer dans une autre zone de l'univers virtuel. J'ai le même genre d'application sous Android mais il est plus sympa d'utiliser un navigateur dédié.