La première personne pour laquelle je veille, c’est moi.

Du coup, les sites sur lesquels porte ma veille correspondent à mes besoins premiers : le monde des bibliothèques, l’innovation en bibliothèque, la formation et l’apprentissage, etc. Ma veille passe par de nombreux sites et de nombreuses sources.

I. Collecter l’information

1. Agrégateurs et flux RSS

Ma source principale est mon agrégateur.

Depuis le début de l’année, il s’agit deGoogle Reader après avoir longtemps été fidèle à Bloglines. Ceci étant, je me suis gardé un compte Bloglines sur lequel je peux m’attarder.

Mon agrégateur compte actuellement 294 flux, ce qui est évidemment beaucoup trop. Ces derniers sont regroupés en 15 dossiers dont cinq privés. Déjà, premier point non négligeable : les dossiers regroupent des flux à finalités personnelle et professionnelle. Je ne voulais pas séparer les deux dans une optique de gain de temps mais j’avoue que parfois il m’est difficile de tout lier. Je ne sais pourquoi mais ce chiffre de 300 flux agit comme une barrière psychologique et, à plusieurs reprises, une fois dépassé, je me suis pris à désherber en masse nombre de flux conservé et inutiles soit parce qu'ils ne sont plus alimentés, soit parce qu'ils sont redondants avec d'autres.

Les dossiers restant sont :

Il y a aussi un dossier "divers" qui me sert à regrouper tout ce que je ne sais pas où classer et qui finit en vraie poubelle de flux.

Évidemment, certaines catégories sont bien plus consultées que d’autres et, d’une manière générale, je concède que je devrais faire plus de désherbage qu'actuellement. Le fait est que je consulte mon agrégateur pendant environ une heure tous les matins, en fonction de ma charge de travail (il est arrivé que je l'oublie dans un coin et alors je n'ai pas eu le courage de l'effeuiller aussi, en ce cas, je marque tout arbitrairement comme lu et je recommence à zéro). Il m'arrive également en journée d'y jeter un œil, souvent vers midi puis vers 17h.

Je ne consulte pas forcément tout d'un coup non plus. Comme je prends souvent plus de temps pour lire les biblioblogs anglais par exemple, je ne consulte la catégorie qu'une fois par semaine environs. Mais il ne faut pas trop attendre parce qu'un spectre de flux non lus trop important m'empêche de les consulter, le but étant bien sûr de conserver le moins de flux non-lus possibles.

2. Les réseaux sociaux

Deuxième source importante d’information : les réseaux sociaux. Je récupère une part non négligeable de mes informations dans la veille rendue publique de nos collègues et notamment à partir de Twitter et de Facebook.

Sur Twitter je suis 223 comptes. Ces derniers sont regroupés en quatre grandes catégories thématiques :

  1. @Vagabondages/juridique
  2. @Vagabondages/biblioth-caires-et-veilleurs
  3. @Vagabondages/mondes-virtuels
  4. @Vagabondages/institutionnel

A ces catégories s’ajoutent une cinquième nommée rapidement « divers » et regroupant des comptes d’intérêt non professionnels, ces comptes qui ne rentrent nulle part ailleurs mais qui ne sont pas assez nombreux pour justifier une liste pour eux-seuls, et une sixième regroupant les amis, « privé ».

J’utilise pas mal Twitterje consulte plus que je ne participe. Le logiciel est intégré dans mon navigateur via Echofon mais l’add-on ne retransmet pas tous les tweets ai-je parfois l’impression. De toutes manières, je suis déjà un peu débordé donc ce n’est pas grave. Bien sûr, je me suis créé des alertes sur twittersearch et Google alertes aux flux desquelles je suis abonné afin de suivre quand même les thématiques et mots clefs qui me paraissent importants.

Ça permet aussi de distinguer des informations qui sont citées et recitées, potentiellement importantes (merci le Bouillon), tout en restant attentif aux signaux plus faibles, issus de comptes peu suivis, du moins dans le cercle d’influence fréquenté. C’est une grande force des réseaux justement que ces liens faibles qui apportent souvent une information, une ressource légèrement en décalage mais parfois pertinente par rapport à ce qu’on cherche.

Facebook aussi est une source importante d’information.

Mon compte Facebook est encore un compte privessionnel. Les deux tiers de mes 326 contacts sont des collègues et les messages qui s'affichent sur ma page ne sont pratiquement que des messages professionnels, dont 90% sont en fait les billets de ce blog.

Pour l’instant, je consulte essentiellement le « mur » Facebook pour ma veille. C’est-à-dire que je rate probablement 75% des informations qui y sont publiées, mais il m’arrive de cliquer sur les listes d’amis que j’ai construites afin d’y gagner un peu plus en lisibilité :

  • Amis
  • Bibliothèques
  • enssib
  • Famille

En vain. Ces listes sont encore trop vagues et, à dire vrai, n’ont pas été créées dans cet objectif : ces listes me servent essentiellement à définir des options de visibilités : le profil est largement ouvert aux amis et à la famille, en accès restreint pour les autres avec des niveaux de restrictions parfois relativement fins.

Un certain nombre d’informations se révèle redondant entre Facebook et Twitter : les collègues veilleurs les plus actifs publient sur les deux réseaux mais ce n’est pas si important que cela : je ne suis pas tout le temps sur l’un et sur l’autre en même temps et, ainsi, je peux toujours avoir accès à l’information.

Je possède également des comptes sur d’autres réseaux sociaux comme MySpace (mort), LinkedIn ou Viadeo. Mais je ne prends pas vraiment le temps de consulter aussi régulièrement ces sites. A dire vrai, je profite plus des fonctionnalités de push et donc des lettres d’informations que je reçois pour les visiter occasionnellement.

3. Les listes de diffusion

Finalement, du moins en ce qui concerne mes pratiques de travail, le courrier électronique est loin d’être mort.

Par mail, je reçois des lettres d’informations nombreuses et variées :

  • de Second Life et des groupes de bibliothécaires, ce qui me permet de rester au courant de ce qui s’y passe même si je lis l’info occasionnellement (Alliance Second Life ; Librarians of Second Life ; LIS Student Unions…)
  • des réseaux sociaux et notamment les lettres d’infos des groupes auxquels je me suis abonnés sur différents sites comme les groupes « Library 2.0 Group Members » ou « ADBS » sur LinkedIn
  • Je reçois les lettres du site http://www.territorial.frnotamment sur les thématiques de la Culture, de la Communication, la RH et de la Documentation (liste complète des Lettres)
  • Je reçois la lettre EDUCPRO du groupe l’Etudiant,
  • le courrier de l’Unesco et celles de l’ABF (nationale + mails du groupe régional)

Je suis aussi abonnés à des listes de diffusion, notamment deux-trois de l’IFLA ([DIGLIB] pour les bibliothèques numériques, [IFLA-IT] sur la technologie del 'information et [UNIVERS] pour les bibliothèques universitaires et de recherche) mais avec un succès franchement mitigé : la seule vraiment active [DIGLIB] recense essentiellement des appels à colloques donc d'intérêt limité. Je reçois également  celle de l’AIFBD liée au site Bibliodoc. Plus efficace déjà mais à partir d'une autre adresse mail ce qui complique quand même les choses.

Enfin arrivent aussi par mail les informations que me passent collègues et amis sur des messages susceptibles de m’intéresser, ce dont je leur en suis gré.

II. Sélectionner l’information


Bien sûr, tout cela est bien beau mais paraît passablement indigeste. D’autant que, s’il m’arrive une à deux fois par an de revenir sur mes abonnements pour faire un peu de nettoyage, je demeure souvent bien en peine d’en tirer rapidement la substantifique moelle.

Quand je tombe sur une information intéressante, j’essaie le plus possible de la garder en mémoire. Pour ce faire, mon outil essentiel est Diigo. J’ai commencé avec Delicious, mais je suis rapidement passé à Diigo, tout en ayant relié les deux de sorte que mes ajouts sur le second alimentent automatiquement le premier. Ainsi, que l’info provienne de Twitter, d’un mail ou d’un butinage sur internet, je sauvegarde rapidement la page sur le site de partage de signets. Le site est facilement accessible, notamment grâce à un plug-in et une barre idoine installés dans le navigateur. J’y entre le titre, rarement une explication et ajoute quelques mots clefs.

Ce n’est pas la Panacée, loin de là. Sincèrement, j’avoue avoir un peu de mal avec ces mots-clefs parce que je ne veux pas les multiplier à l’infini et que je suis très réticent lorsqu’il faut en créer de nouveaux. Je crains en effet l’éparpillement des mots-clefs et donc potentiellement la perte des liens sauvegardés. Mais du coup, je tords un peu les mots-clefs utilisés jusqu’à ce que je cède et il me semble que ce n’est guère mieux. D'autant qu'alors, je ne prends pas toujours le temps de parcourir mes liens déjà sauvegardés pour leur attribuer le mot-clef correct nouvellement créé. Hey, j'aimerais vous y voir aussi.

Mes mots-clefs recouvrent plusieurs réalités. Devant catégoriser une information, je me trouve avec des métadonnées différentes toutes placées au même niveau. Ainsi les mots-clefs que je vais employer vont désigner :

  • le contenu de la ressource (statistiques ; usages ; mobile ; identité_numérique ; …)
  • une précision formelle le cas échéant (bibliographie ; tutoriel)
  • Parfois une indication géographique (France, Etats-Unis)
  • un type d’outils (Facebook ; Second_Life ; iPad ;…)
  • une description physique (image ; diaporama)

Je sais que c’est tendre le bâton pour se faire battre mais ce n’est pas tout :-(. J’ai des tags en anglais et d’autres en français : parfois en effet, lorsque je vais un peu trop vite, il m’est arrivé d’accepter des mots-clefs en anglais proposés automatiquement par Diigo. Je suis revenu sur la page des mots-clefs pour corriger tout cela mais certains me paraissent utiles : « Recherche» et « Research » me permettent de distinguer la « Recherche » universitaire des fonctionnalités de moteurs de recherche. Parfois il y a des redondances dues à de premières incertitudes (ex : « SecondLife » et « Second_Life ») que je corrige lentement mais il peut paraître fastidieux de reprendre les 130 occurrences d’un « SecondLife ».

Reste que, dans mes erreurs, il m’arrive aussi de sauvegarder des pages que je suis censé lire plus tard et que, bien évidemment, je ne lis pas plus tard. Ou presque. C’est important mais pas si grave que cela : on ne peut jamais tout lire. C’est impossible. Mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Les enregistrer est une façon de les garder sous le coude, pour plus tard, quand le besoin s’en fera sentir. C’est une façon aussi de les parcourir rapidement et de garder dans un coin de la tête qu’un document récent aborde telle problématique ou tel sujet dont on peut avoir besoin ultérieurement.

III. Rendre l’information

Veiller pour accumuler ne sert à rien. Si ce n’était que pour cela, je gagnerai du temps à ne rien faire et me contenterai d’interagir avec mes amis.

La première personne pour laquelle je veille, c’est moi. Du coup, le rendu de la veille doit se faire dans une forme qui m’intéresse en premier lieu. C’est aussi pour cela que j'alimente un blog. Cela me permet de garder trace des informations qui m’ont intéressé, voire d’en proposer des synthèses. Un blog publique parce que j’ai la faiblesse de croire que certains des billets que je rédige peuvent intéresser d’autres collègues, mais pas vraiment un blog d’opinion. Ce n’est pas pour cela que je l’ai ouvert.

Un second type de rendu recouvre les supports de cours que je donne. Que ce soit en formation initiale ou en formation continue, j’essaie toujours d’alimenter mes cours et mes présentations de références récentes et particulières. Je passe donc un temps certain à parcourir l’ensemble des ressources que j’ai pu sauvegarder sous un mot-clef donné, quitte pour certaines donc à les découvrir pour la première fois. De fait, je n’ai pas de plan de cours inné dans la tête. Ce dernier se dégage sensiblement des informations dont je dispose que j’organise petit à petit. Une gigantesque et perpétuelle note de synthèse, en somme.

Il y a également les informations qui rentrent dans divers produits documentaires. Lorsque j’étais au département des ressources documentaires de l’enssib, je me servais bien sûr des connaissances acquises et des ressources trouvées pour répondre le plus justement possible au service Questions ?Réponses!, pour proposer une brève au blog d’actualités du monde de l'information et des bibliothèques, pour rassembler les informations les plus pertinentes et construire des produits documentaires pertinents (dossiers et fiches pratiques). Maintenant, les informations me sont surtout destinées, mais je continue à envoyer des messages aux collègues potentiellement intéressés.

Enfin, il y a toutes ces informations qui ne sont pas traitées mais qui viennent enrichir une connaissance diffuse, ces liens qu’on fait suivre aux collègues et ces pages qu’on garde pour soi, parce qu’elles nous ont plu mais dont on sait qu’on ne tirera pas grand-chose pour le moment sinon pour soi.