Ainsi que vous l'avez certainement vu, l'enssib vient de publier dans la collection Boîte à outils un ouvrage intitulé Développer la médiation numérique documentaire.

Pour la première fois, cette ouvrage fait l'objet d'une version numérique vous permettant :

  • d'accéder gratuitement aux articles
  • de commenter les articles et retours d'expériences proposés
  • de contribuer à la réflexion via un forum de discussion
  • d'enrichir le contenu, notamment par le complément d'un entretien entre Xavier Galaup qui a dirigé l'ouvrage et Michel Fingerhut, directeur de la Médiathèque de l'Ircam à propos du Portail de la musique contemporaine.

Si cette formule vous convient, vous êtes également convié à répondre à un questionnaire sur les besoins et les usages des acheteurs des livres des Presses de l’enssib en matière de versions numériques. On peut louer cette initiative de la part des Presses de l'école et je vous espère nombreux à y répondre. 

Xavier Galaup m'a donc sollicité pour évoquer l'acquisition d'une culture numérique pour les professionnels de l'information, comme préalable et partie prenante à la mise en place d'un projet de médiation numérique documentaire.

Je ne reviens pas sur l'article, que vous trouverez en ligne, donc, avec les contraintes propres de l'exercice (notamment en terme de nombre de caractères, mais parfois cela fait du bien aussi de se forcer à être synthétique ET clair, ce qui est loin d'être toujours évident).

Mon propos est donc d'établir un besoin de culture numérique qui passe d'abord par une certaine curiosité professionnelle. Une curiosité, mais pas uniquement. Un certain nombre d'enjeux externes doivent nous pousser également à nous informer sur les mutations de notre profession : Les évolutions techniques qui changent notre environnement d'une part et exercent dessus, de manière plus ou moins transparente, certaines pressions (importunes comme opportunes), les mutations des publics et de leurs besoins qui influent également sur la qualité des services rendus, la concurrence d'autres services en ligne apparaissent comme autant de facteurs nous amenant à mieux envisager et comprendre une évolution générale induite par le numérique et à lui opposer une réponse professionnelle adaptée.

Ces mutations nous poussent à mieux cerner d'inévitables besoins en compétences nouvelles que j'ai essayé, dans l'article, de rassembler en trois catégories :

  • Des compétences stratégiques permettant d'envisager ce nouveau contexte et de construire un projet de service sinon éclairé, du moins averti ;
  • Des compétences techniques requérant la maîtrise de ces nouveaux outils pas tant d'un point de vue informatique -nous ne sommes pas et ne devons pas nous substituer aux informaticiens- qu’informationnel, professionnel.
  • Des compétences organisationnelles qui apportent là un volet plus managérial en s'intéressant à la mise en œuvre de ces projets numériques documentaires au sein de l'organisation.

Il ne s'agit cependant pas d'opposer des compétences à d'autres, ni de se spécialiser et de n'acquérir qu'une vision technique par exemple. C'est bien leur interdépendance, leur complémentarité qui permettra une prise en main et une mise en œuvre réussie du projet final.

Je pense donc que l'acquisition de ces compétences, comme de la culture numérique d'une manière générale, est aujourd'hui primordiale et doit passer par une multitude de dispositifs de formation qu'ils soient formels (cours de formation initiale, stages de formation continue) ou informels (formations internes, expérimentations, micro-formations). Je crois sincèrement en l'importance des cours et des stages, notamment parce qu'ils permettent de prendre le temps, de formaliser des connaissances diffuses, d'échanger avec d'autres professionnels et je demeure persuadé qu'ils sont nécessaires et compatibles avec le travail, l'expérimentation et la veille quotidiens pour transformer des connaissances en compétences.

Cela signifie surtout que les fonctions liées à la mise en place d'une chaîne de médiation doivent être reconnues et inscrites