Aujourd'hui, nous sommes le 17 mai.

Depuis sept ans, cette journée est consacrée Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, à l'initiative du français Louis-Georges Tin et de son comité IDAHO (International day against homophobia).

Dans ce cadre, plusieurs bibliothèques organisent des manifestations à l'instar de la BM de la Part-Dieu, à Lyon, par le biais de son centre de ressources sur le genre, le point G, qui proposait le mercredi 16 mai au soir la projection du film d'animation de Sébastien Watel, Le baiser de la lune, racontant les amours de deux poissons garçons pour un public d'enfants entre huit et dix ans (CM1, CM2). La séance, en présence du réalisateur, se poursuivait par un débat sur l'opportunité et les modalités de telles projections face à un public jeune.

Une discussion qui est allé au-delà de la seule lutte contre l'homophobie en évoquant les parallèles possibles avec les luttes contre d'autres stéréotypes, d'autres discriminations, d'autres exclusions : qu'il s'agisse de questions de genre, de culture, et inversement de respect de soi, ou de vivre ensemble.

Parallèlement, les artistes s'engagent, à l'instar de Pochep et Silver, deux illustrateurs de bandes dessinées qui proposent aujourd'hui la sortie de Projet 17 mai, un site collaboratif regroupant les contributions de dessinateurs plus ou moins connus sur le thème de l'homosexualité et de la lutte contre l'homophobie. Cette initiative fait écho à un premier web-recueil initié en 2009 par la bloggueuse Julie Maroh, qui avait rassemblé une centaine de blogueurs en leur demandant de faire une note sur le sujet sur leur blog.

Le but du projet est d'aider : des personnes à se sentir soutenues à travers le projet, [montrer] que les choses s’améliorent et qu’il faut se battre pour ça. Et surtout, on espère que ça poussera certains lecteurs ou lectrices à se poser des questions sur le sujet. L’homophobie dans notre quotidien n’est pas uniquement des insultes ou des agressions, c’est aussi des clichés, des moqueries, des préjugés et des injustices. explique Silver sur le blog de Madmoizelle.

Construction de l'identité, lutte contre les stéréotypes, réflexions sur le multiculturalisme, les questions de genres ou l’orientation sexuelle et sentimentale sont autant d'axes développés par le récent groupe ABF très logiquement appelé "Bibliothèques, construction de soi et lutte contre les stéréotypes". Ce dernier propose d'ailleurs l'organisation d'une conférence débat lors du prochain congrès de l'association à Montreuil, le jeudi 7 juin 2012 à partir de 16h à 17h30 dans l'Espace-rencontre 1, sur le thème de l'inclusion : Inclusion et bibliothèques : une vision positive de l’accueil des publics dits minoritaires.

La rencontre réunira la chercheuse Christine Detrez, Maître de conférence en sociologie à l'Ens Lyon, et auteure de travaux sur le genre, la réception, les pratiques de lectures. Ses recherches actuelles portent sur les pratiques culturelles des enfants, sur les représentations du corps féminin, et sur les écrivaines contemporaines maghrébines.

Un second chercheur invité est Denis Merklen, Maître de conférence à l'EHESS, auteur de travaux sur les classes populaires, leurs modes d’inscription collective et de socialisation politique, et plus récemment sur les processus d’individuation en milieu populaire. Depuis 2006 notamment, il aborde ces questions du point de vue des bibliothèques de quartier : Pourquoi brûler des livres ? Violence, culture et politique populaires : une approche du point de vue des bibliothèques de quartier.

La dernière intervenante attendue est Sylvie Tomolillo qui est la responsable du Centre de ressources sur le genre de la bibliothèque municipale de la Part-Dieu : le Point G, rassemblant un ensemble documentaire ciblé sur les questions d’identité de genre et d’orientation sexuelle.Elle pourra aborder la façon dont ce centre a vu le jour dans un contexte professionnel et les enjeux et problématiques qui se sont alors posés. Le point G, incidemment, propose des liens vers d'autres ressources externes et liste un certain nombre de bibliographies thématiques. 

Trois quart d'heures d'exposés puis échanges avec la salle. Voilà qui promet d'être intéressant.