Début juillet, la bibliothèque de Rennes métropole, aka Les Champs Libres, ouvrait ses données en open-data. Plus précisément, la publication en open data des données ne concerne que les statistiques de fréquentation et s'est vue portée par le collectif Open Data Rennes. C'était l'opération #biblioviz.


Mais encore ?

L’open data, ou ouverture des données, est un mouvement visant à rendre les données publiques accessibles à tous les citoyens, qui peuvent ensuite les réutiliser et les redistribuer librement et sans restriction. Les données sont partout : texte, multimédia, carte, date, horaires, localisation, information, image, vidéo, et elles peuvent être fournies par des particuliers comme des associations ou en l'occurrence des services publics. 

Les données publiques, i.e. des informations rassemblées, conservées, créées ou éditées par le service public, les administrations, les collectivités, les institutions ou l’état, regroupent :

  • Des données de description du territoire : cartes, cadastre
  • Des études, des réglementations, des statistiques
  • Les projets, enquêtes, subventions, budgets du service public
  • Les réseaux urbains : eau, énergie, transports, logistique, télécoms
  • La localisation et les horaires d’ouverture services et commerces
  • Les ressources : voirie, bâtiments, espaces, parkings
  • Des mesures : environnement, trafic, circulation
  • Des événements culturels, sportifs, etc.
  • Des informations touristiques, culturelles, des données d’archives
  • Des données électorales
  • ...

En France, la loi du 17 juillet 1978 modifiée par l’ordonnance du 6 juin 2005 oblige les administrations publiques à mettre à disposition les informations produites dans le cadre de leur service, soit de libérer des données réutilisables, y compris de manière automatique, afin de les traiter en grande quantité pour créer de la valeur ajoutée. A noter que certains types de données ne sont pas concernés par cette obligation légale : les données privées, ou celles relevant de la sécurité publique.

L'objectif est multiple :

  1. Du point du vue des administrations, il s'agit d'améliorer la transparence du fonctionnement des administrations et de valoriser le travail du service public en favorisant la création de services à valeur ajouté et en développant l'attractivité du territoire ;
  2. Du point de vue du citoyen, cette "libération" doit permettre une meilleure compréhension des administrations, une certaine forme de contrôle également et donc de favoriser la démocratie et la participation citoyenne.


Et donc ?

En France, toujours, plusieurs institutions ont ainsi ouvert leurs données. Le site le plus important à ce sujet pourrait être data.gouv.fr, géré par la Mission Etatlab, et qui regroupe les données de 90 établissements  : des ministères (dont Culture et Enseignement supérieur), des établissements publics (la SNCF [ici une infographie sur les retards TGV en mars 2012], ou l'IGN), ou encore des collectivités locales (CG Saône et Loire, Région Aquitaine, ville de Saint-Quentin - Aisne).

La carte ci-après, proposée en licence Open Database Licence (ODbL), un modèle qui impose à l’exploitant de citer la source et de laisser la base ouverte, qu’elle ait été enrichie ou non, à l'initiative de l'association LiberTIC essaie de recenser les projets liés à cette ouverture des données publiques.

Cliquer pour une carte en open-data à jour (Proposée par LiberTIC).


La carte recense, en mai 2012, une myriade de projets citoyens, 14 communes, 4 départements et 1 région engagés dans une démarche d'ouverture des données portant notamment sur l'environnement, l'éducation, la citoyenneté, le budget, les transports, les infrastructures, la culture...

Des villes s'en servent notamment pour proposer des applications innovantes comme à Montpellier ou à Rennes où le catalogue d'applications informe sur les transports, une navigation dans la maquette 3D de la ville, une liste des arbres remarquables ou une boîte à outils d’aide à la mobilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite.

ouvrir les données, est-ce la panacée ?

N'allons pas croire cependant que l'ouverture des données est la réponse à tous les problèmes. Elle doit faire face elle-même à certains enjeux bien connus des bibliothèques qui recoupe des questions de formats de données (comment standardiser ces données ?) et de généralisation de ces pratiques encore trop peu connues du grand public. On trouve généralement des données aux formats CSV, ODS, XLS, ODS, RTF, XML ou RDF.

D'autres questions concernent la réutilisation effective des données : il ne suffit pas d'ouvrir les données pour que les usagers et les citoyens s'en emparent, surtout si les données sont brutes et peu aisément compréhensible en dehors du cercle relativement fermé des développeurs. Ne peut-on dès lors craindre que le mouvement s'enferme dans des questions techniques que ce soit au niveau des données elles-mêmes que de ce qu'elles désignent : il est bien beau de libérer les données budgétaires, mais elles relèvent de réglementations telles qu'elles sont déjà en soi difficilement appréhendables. Comment exercer un juste contrôle citoyen si on ne comprend pas ce qu'on télécharge, si on ne sait pas comment traiter l'ensemble ? Récolter est une chose, traiter en est une autre. 

D'où l'importance pour certaines institutions d'offrir des interfaces adaptées de visualisation en plus de la seule possibilité de télécharger les données comme ce que propose le conseil général de Saône-et-Loire par exemple. 

En bibliothèques ?

Peu de bibliothèques encore ont ouvert leurs données, du moins à ma connaissance.

La plus importante demeure probablement la Bibliothèque nationale de France qui propose notamment l’intégralité des données provenant de ses différents catalogues, ainsi que de la bibliothèque numérique Gallica, permettant de créer des pages librement réutilisables par tous les publics, sur les auteurs et les œuvres. Un projet qui utilise également les techniques du web sémantique pour lier les ressources et en faciliter la réutilisation et la dissémination.

Un autre exemple donc est celui de #biblioviz à Rennes. Actuellement ce sont essentiellement les statistiques de fréquentation qui sont disponibles et qui ont été réutilisées par des citoyens pour créer, entre autres, les infographies suivantes :

[Infographie] Fréquentation de la bibliothèque par semaine en 2011. Auteur : Auregann. Licence CC-BY-SA.


[Infographie] Fréquentation de la bibliothèque par tranche horaire dans la semaine en 2012. Auteur : Auregann. Licence CC-BY-SA.

D'autres collectivités ont ainsi ouvert leurs données.

Si vous connaissez d'autres exemples, n'hésitez pas à m'en faire part que nous puissions alimenter cette liste, voire créer une page sur le sujet dans bibliopédia.

Cf aussi :