Attention long billet.

Apparemment comme beaucoup de personnes cette année, j’ai reçu une liseuse à Noël. Je me suis décidé sur le tard pour ajouter l'appareil dans la liste mais finalement, je ne le regrette pas.

1. De la tablette à la liseuse


  • La tablette

A la maison, nous disposons déjà d’une tablette Asus transformer que, finalement, nous utilisons peu. Elle appartient à mon compagnon et son usage, il y a dix-huit mois d’abord éclectique, se voit peu à peu restreint à des applications de jeux. Un peu comme pour l’iPad précédemment testé, nous avions téléchargé nombre d’applications culturelles, institutionnelles et des livres numériques mais finalement, l'usage effectif et réel n'est pas au rendez-vous et l'outil est loin d'avoir détrôné les autres appareils du foyer.

Finalement, nous n’utilisons pas vraiment internet à partir de ce support, mais probablement est-ce parce que nous sommes plus friands de nos ordinateurs personnels dont le fixe est quasiment constamment allumé.

J’ai lu quelques ouvrages sur la tablette mais je me rends compte au final que ce qui m’intéressait était plus le côté interactif et multimédia que la lecture elle-même. De fait, je ne vais pas spontanément vers la tablette comme je peux prendre un livre papier qui traine et lire dessus relève tout autant d’une décision prise consciemment que d’un plaisir naturel. Pour la lecture, donc, je n’y vois que deux avantages majeurs : l’interactivité (mais finalement, n’est-ce pas ce qui a restreint notre usage aux applications ludiques ?)  et la couleur des illustrations. Je ne sais pas si le rétro-éclairage me fatiguait plus, mais il est en tout cas certain que mes plages de lectures se sont avérées plus courtes sur la tablette qu’actuellement sur la liseuse.

Il m’est arrivé de lire sur mon smartphone également. A l’époque, je disposais d’un HTC Hero sur lequel j’avais téléchargé « L'Étrange Histoire de Benjamin Button »,de F. Scott Fitzgerald. Il me semblait qu’une nouvelle serait plus facile à lire et finalement, la lecture s’est faite aisément même si je n’ai pas poussé l’expérience plus loin. D’abord pour des questions de confort de lecture évidente (c’est finalement fatiguant de devoir changer régulièrement de page, en plus de la taille des caractères et du rétro-éclairage), ensuite pour des questions de tenue de batterie.

  • Choix du support

La liseuse, comme support, ne m’attirait pas plus que cela. Je n’avais pas franchement été convaincu par la lecture sur tablette et je me disais qu’il en serait de même pour une liseuse. Finalement, je me suis décidé. Par curiosité d’une part, parce que plusieurs personnes de mon entourage avaient fait le pas d’autre part et m’en avaient parlé en bien louant le confort de lecture. Enfin, parce que je souhaitais lire plusieurs titres que je savais numériques, tombés ou non dans le domaine public, et que je ne souhaitais pas les acquérir (ma bibliothèque personnelle répond à une logique de collections plutôt particulière). Une liseuse me permet assez étrangement de parcourir ces titres, ces ouvrages, de tester en quelque sorte.

Mon choix s’est donc finalement porté sur une Kobo Glo, notamment pour l’éclairage qui permet de ne pas trop s’abîmer les yeux le soir. Je ne souhaitais pas une Kindle, parce que les histoires d’effacement des titres m’avaient échaudé d’une part et d’autre part la politique de DRM d’Amazon m’est apparue assez rebutante. Je souhaitais lire plusieurs types de formats de fichiers. Je ne souhaitais pas non plus une liseuse à stylet comme c’est le cas de la Sony par exemple. Avec les tablettes, nous avons pris l’habitude de naviguer rapidement de manière tactile et il me semblait plus naturel de conserver ce geste avec la liseuse. Je ne voulais pas non plus de la Kobo Arc, qui est une autre tablette plus qu’une liseuse finalement, même si l’usage de la couleur m’attirait assez.


2. Découverte de la liseuse



  • Prise en main

La taille de l’appareil m’a d’abord surpris. Je n’avais pas encore eu de Kobo dans les mains et je m’attendais à ce que l’appareil soit plus grand. Cela m’a un peu dérouté, mais finalement ne gêne pas la lecture, voire permet une bonne prise en main et de glisser l’appareil aisément dans la poche de manteau.

La prise en main est ensuite relativement simple. Création du compte sur l’ordinateur, découverte des principales fonctionnalités. Je regrette cependant qu’il n’y ait pas de livret explicatif plus complet reprenant les diverses fonctionnalités de la liseuse dans la boîte qui ne fournit, initialement, que des explications techniques.

Premiers livres téléchargés donc, à partir de l’ordinateur connecté : « Quatre-vingt-treize » de Victor Hugo, « La Roue du Temps, t.1 » de Robert Jordan, « Les contes de Beedle le barde » de JK Rowling pour un unique achat, un manga pour voir ce que donne une bande dessinée et l’ouvrage « Le crime contre nature » de Gwenn Seemel qui propose un certain nombre d’illustrations afin de voir encore une fois comment la liseuse gère l’ensemble. De plus, je tenais à récupérer un titre chez un autre fournisseur que la Fnac dont le portail peut être abondant –quoique de nombreux titres ne sont encore accessibles qu’en anglais –mais il me semblait important de n’être pas prisonnier d’un seul fournisseur. Il faudra revenir d'ailleurs sur ce portail et sur la façon dont il propose les titres d'ouvrages par affinités, entre livres déjà téléchargés et succès de librairies.

Je suis déçu du traitement du manga : la liseuse affiche du page à page et, du coup, les cases et les phylactères sont vraiment petits, même si toujours lisible. J’aurais préféré un case à case plus simple. Il faudra que j’en télécharge d’autres afin de me faire une meilleure idée. Les illustrations du titre de Gwenn Seemel passent relativement bien. Ce n’est pas extraordinaire mais l’image rend bien, même si en noir et blanc ce qui ôte une dimension importante aux tableaux.

Pas non plus de téléchargement de magazines ni de journaux : le site indique que cette fonctionnalité n'est pas encore disponible et je n'ai pas fait l'effort d'en télécharger un gratuit quelque part.

J’ai commencé le Victor Hugo avec plaisir et délectation et j’avoue avoir été rapidement pris au jeu. La lecture est aisée, sans problème, et je suis rapidement resté plusieurs heures à parcourir la Bretagne révolutionnaire. Confort de lecture donc sans conteste.

  • Fonctionnalités de la liseuse

Ce n’est que dans un deuxième temps que j’ai découvert un certain nombre de fonctionnalités. Il faut commencer à fouiller la liseuse pour la bien prendre en main. Les titres les plus lus de sa bibliothèque personnelle apparaissent en mosaïque à l’écran de la liseuse. Cliquer sur le premier permet d’ouvrir le titre.

La liseuse permet de créer ses propres étagères virtuelles au sein des livres téléchargés, elle permet également de télécharger de simples extraits de livres numériques avant d’acheter l’ouvrage en question. Car si l’appareil se connecte à internet en wifi, ce n’est que pour synchroniser les titres téléchargés dans sa liseuse ou depuis son ordinateur ou pour acheter de nouveaux titres évidemment.

Dans les paramètres, on peut gérer son compte, la luminosité, la date et l’heure, la langue, la connexion wifi et accéder à de petits jeux (échecs, carnet de croquis, sudoku, navigateur internet basique).

  • Fonctionnalités sociales

Il est aussi possible de gérer son compte « Reading Life ». Cette option me laisse un peu dubitatif. Elle permet de gérer, nous dit-on, « l’évolution de votre lecture et de recevoir des récompenses Kobo ».

En gros, nous avons d’une part les statistiques de lectures (livres en cours, temps passé par livre, heures totales de lecture, temps restant par titre, pourcentage de la bibliothèque lu) et d’autre part des récompenses : un système semblable aux badges qu’on débloque sur Foursquare : on débloque ainsi des badges lorsqu’on se crée un compte Reading Life, se crée sa bibliothèque numérique, commence un nouveau livre, termine un livre, lit souvent le soir, lit depuis 2h, dans telle ou telle tranche horaire, utilise les fonctionnalités de notes, lie son compte Facebook etc.

Dubitatif donc car au côté ludique se joint un aspect intrusif peu appréciable même si, bien sûr, la collecte de ce genre de donnée n’est pas vraiment une nouvelle ni un nouveauté. C’est d’ailleurs en parcourant ces récompenses et celles à venir que j’ai découvert la fonctionnalité « afficher plus d’info » sur un titre de sa bibliothèque qui connecte l’ouvrage à sa fiche de résumé.

Enfin, la Fnac promet plus de fonctionnalités sociales qui mettent en avant les avis des lecteurs mais j'avoue n'avoir jamais vraiment été attiré par ce genre de choses et laisser plutôt cet aspect de côté.

  • Lecture numérique

Au cours de la lecture, j’ai apprécié l’ouverture de fenêtre pop-up pour les notes de bas-de-page ou le glossaire. C’est bien pratique, notamment dans le cadre d’un roman de fantaisie comme « La Roue du Temps » qui, selon la loi du genre, invente pléthore de vocabulaire pour faire plus exotique. Dans le cadre du glossaire, seules les premières lignes sont cependant affichées et il faut ensuite aller directement aux pages idoines pour lire l’intégralité de la définition mais la navigation et le retour dans la page lue sont plutôt aisés. Un bémol cependant, lorsqu’on referme une fenêtre pop-up, les caractères de la page apparaissent plus clairs, comme effacés. La fonctionnalité « dictionnaire » n’est pas toujours opérante ou alors c’est le vocabulaire de Victor Hugo qui échappe en partie aujourd’hui aux dictionnaires par défaut proposés.

D’une manière générale, la navigation dans un titre est plutôt intuitive. Une pression suffit pour changer de page et les zones tactiles sont également paramétrables (ce qui est bien pratique pour le gaucher que je suis).

J’aurais cependant aimé pouvoir revenir rapidement à une page précise. Par exemple, toujours dans le cadre d’un livre de fantaisie, revenir aisément à la carte du monde ou de la région sans avoir à passer par la table des matières, ce qui peut s’avérer fastidieux. Il y a bien une fonctionnalité pour corner une page mais je n’ai pas encore compris à quoi ni comment elle servait. Soit dit en passant, on peut zoomer sur les illustrations, ce qui est une très bonne chose pour mieux suivre la lecture des cartes.

J’ai réglé la taille des caractères également de façon à n’avoir pas trop de pages par chapitre. Je trouve cela vraiment pratique. De même que modifier l'intensité du rétro-éclairage est moins fatiguant que le paramétrage par défaut.


3. En résumé :

  • Ce qui est bien :
- La taille
- Le paramétrage facile
- Le confort de lecture
- Je n’en ai pas parlé encore mais la durée de la batterie (pas besoin de recharger l’appareil tous les soirs comme pour une tablette, un luxe !)
- Le multiformat, il ne faut pas le nier
- J’aime bien le côté ludique des badges à débloquer

  • A améliorer :
- Une présentation des fonctionnalités de lecture et de navigation plus complète
- L’affichage des notes qui efface les caractères de l’encre électronique
- J’aime moins le potentiel envoi des données personnelles aux éditeurs
- Le traitement des images et des bandes dessinées (à vérifier avec d’autres titres)
- J'ai eu quelques problèmes liés aux métadonnées des ouvrages : titre sans auteur, deux fichiers pour un autre titre (un fichier texte et un fichier image pour la couverture) mais ce n'est pas lié à la liseuse elle-même ni au compte Fnac.

L’ensemble est donc globalement positif pour le gros lecteur que je suis. Et le côté portable ne m’empêche pas d’emporter l’appareil partout avec moi, y compris dans les transports en commun, ce qui est un très bon point également.

Vous avez essayé ?