Un récent article de Mary J. Snyder Broussard, paru dans Journal of Academic Librarianship, propose d'évaluer les formations proposées en bibliothèque par le jeu.

L'auteure part du principe qu'aujourd'hui, dans l'Enseignement Supérieur (et ailleurs), l'évaluation des actions est indispensable. En bibliothèque, cela a donné lieu à la mise en place soit de grosse machines d'évaluation gourmandes en temps et énergie type Libqual+, soit sous forme de mini-évaluations non-systématiques et proposées immédiatement, tant que les étudiants sont encore présents.

L'argument de l'article est donc, outre rappeler et souligner l'importance des évaluations dans les formation, de proposer une méthode originale d'évaluation par le biais de jeux éducationnels. L'article revient sur l'importance des évaluations en bibliothèque, considère les modalités offerte par les jeux éducatifs et compare les deux modalités afin d'en extraire des similitudes et des modalités pouvant être réutilisées dans un contexte professionnel. En gros, le côté actif, participatif du jeu permet de mettre en pratique les compétences acquises. Mais au-delà, il s'agit pour le formateur d'atteindre des fonctionnalités de feedbacks, de retours immédiats,  de faciliter l’implication et d'améliorer les capacités d'apprentissage des participants

Parmi les jeux évoqués, on trouve :

  • "Des agents secrets à la bibliothèque" [Secret Agents in the Library] qui propose à un groupe d'usager d'explorer les ressources électroniques, les périodiques et les monographies  pour répondre à des questions. Les ussagers ainsi parcourent le répertoire de la bibliothèque, son site internet, les ressources en ligne et les bases de données.
  • "La Menace Gobelin" [Goblin Threat], un jeu pour comprendre les enjeux de la citation scientifique et du plagiat, se présente comme une sorte de QCM où l'usager doit répondre aux questions qui lui sont posées pour trouver le gobelin, chaque bonne réponse permettant de tuer un gobelin.

Dans les deux exemples, les bonnes réponses permettent de gagner des points et sont l'occasion de commentaires, voire de tutoriel ou d'explications plus poussée en cas de mauvaise réponse. 

  • Un troisième exemple proposé est "Bibliobouts" de la bibliothèque universitaire du Michigan, qui demande aux participants de trouver et insérer des citations bibliographiques dans un document ensuite soumis à la critique de l'ensemble du groupe, permettant ainsi d'acquérir une évaluation qualitative en plus de celle quantitative de réponses proposées.
  • Auquel on pourrait ajouter "Escouade B", le jeu sérieux proposé par le réseau des bibliothèques de Montréal dans le cadre du programme d'animation Bibliothèque à la rescousse (présentation par Thierry Robert lors de la journée d'étude sur les jeux sérieux en Bibliothèque à l'enssib).

Tous les objectifs d'apprentissage ne peuvent pas être rendu par des jeux. Ces derniers prennent du temps au moment de la conception tandis que le moindre défaut sera disséqué et souligné. De plus il convient de travailler au story board du jeu afin de faire correspondre chacune des activités aux objectifs recherchés mais l'évaluation ludique présente de nombreux avantages pour les bibliothécaires et pour lieux impliquer les étudiants.