On finit par savoir ce dont il s'agit. J'en ai déjà parlé sur ce blog et d'autres se sont emparé de cette nouvelle mode pour l'approfondir ou la critiquer. Il n'empêche que les cours en ligne ouverts massivement (MOOCs) forment actuellement une tendance non négligeable de la formation à distance.

Je ne reviendrai pas sur l'intérêt pour une bibliothèque de s'intéresser à ce genre d'évolution pédagogique, ni sur les implications que cela présuppose ou sur la façon dont elle pourrait répondre aux besoins informationnelles de stagiaires distants. Il s'agit là d'enjeux importants qui mobilisent notamment nos collègues outre-atlantiques.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est plus la façon dont les professionnels peuvent s'emparer de ces outils au titre de la formation professionnelle continue, outre l'intérêt d'explorer ces outils et de comprendre comment ils fonctionnent.

Dans cette optique, je vois trois intérêts à suivre ce genre de cours universitaire gratuit en ligne.

1. Élargir ses compétences

Le premier usage est purement professionnel : vous êtes responsable de collections mais pas forcément spécialiste du domaine que vous suivez. Les cours en ligne vont vous permettre d'explorer un peu plus ces domaines dont vous entendez parler à longueur de journée. Dans cette optique, la plateforme France Université Numérique recense une trentaine de cours à distance en français sur des domaines aussi variés que l'environnement, le droit, le numérique, le management et la gestion de projet, les relations internationales, la santé, les sciences ou les sciences humaines et sociales. Souvent, il s'agit de "principes", d' "éléments", d'un "abc" ou d'une "introduction"... c'est à dire d'un premier niveau d'informations accessible au plus grand nombre.

Bien sûr, si vous êtes anglophone, vous aurez tout intérêt à compulser les multiples établissements qui proposent des cours en ligne qu'il s'agisse du MIT et de Harvard via la plateforme EdX, de la plateforme Coursera qui regroupe une soixantaine d'universités (Colombia, Toronto, Washington, mais aussi Amsterdam, Barcelone, Centrale Paris, Normale Sup', Lausanne, Genève...), des vidéos pédagogiques de la Khan Academy (quelques vidéos en français), ou des cours de la codacademy pour apprendre à coder de manière interactive (même si c'est toujours plus fun d'apprendre à coder en jouant).

2. Comprendre son environnement

Un deuxième niveau ne porte pas directement sur votre quotidien mais doit pouvoir vous donner des clefs pour mieux comprendre ce dernier, l'environnement, les évolutions sociales. Un mooc sur la fabrication numérique par exemple peut donner des clefs pour mieux appréhender ces évolutions technologiques qu'on voit émerger peu à peu dans ces objets que sont les fablabs et autres makerspaces. Outre-atlantique, on propose de la même façon un cours intitulé Social issues through the comic books, (organisé par Canvas network et qui débute le 10 mars 2014).

3. Des Moocs bibliothéco-centrés

Enfin, le dernier niveau porte bien sûr sur des considérations strictement professionnelles et bibliothéconomiques. Honnêtement, il n'en existe pas tant que cela, et aucun en français à ma connaissance, mais en fouillant un peu il est possible de trouver une liste de formations susceptibles de vous intéresser. Ainsi ces derniers mois, Marlène Delhaye a-t-elle suivi le cours The Hyperlinked Library proposé par la San José State University. Elle revient dessus dans un billet éclairant qui n'élude pas les contraintes qu'un tel suivi impose, notamment en terme de charge de travail.  Cet été, Hortensius a, quant à lui, suivi un autre cours proposé cette fois par l'université de Syracuse à New York et intitulé : The new librarianship. Il nous en propose également un retour sur son blog.

D'autres Moocs se sont tenus sur nos thèmes professionnels (par exemple Information literacy for art and design students, par l' Association of Independent Colleges of Art and Design, qui se tenait cet automne 2013) ou sont organisés actuellement (Teaching library research strategies par le réseau CANVAS ouvert le 27 janvier 2014).

Néanmoins, si la formule vous tente et que vous souhaitez tenter l'expérience, et en attendant que d'aucuns, francophones, soient signalés, vous trouverez les cours suivants :

  • Communication :
Library Advocacy Unshushed: Values, evidence, action par l'Université de Toronto, débute le 24 février 2014

The course will include:

  • Values and transformative impacts of libraries and librarianship.
  • Research on current perceptions of libraries and librarians.
  • Role of relationships in advocacy.
  • Principles of influence and their impact on advocacy.
  • Strategic thinking and planning in advocacy.
  • Effective communication: messages, messengers, and timing.
  • Recherche d'information / Formation des usagers
Digital Literacies I, par la San Diego State University, débute le 24 février 2014
Reading for Understanding: Literacy for Learning in the 21st Century, par West Ed, débute le 10 février 2014
Google Ninja (utilisation avancée du moteur), par le réseau CANVAS. Débute le 10 mars 2014

Cela ne vous donne pas envie de participer ?