Après l’IFLA Camp, le congrès de l’IFLA lui-même. Mon congrès de l’IFLA plus précisément, tant je suppose que chacun des 4.000 participants (hey, 3.500 au congrès de Paris en 1989 !) a vécu cette expérience différemment et tout autant intensément.

Je suppose que les compte-rendus vont pleuvoir, du coup, je vais concentrer celui-ci sur mon vécu plus qu'un résumé du congrès.


1. Le volontariat

Ma présence au Congrès fut possible grâce au volontariat, soit la possibilité de participer au congrès en échange d'heures de services pour aider à l'organisation, le bon fonctionnement du congrès, l'orientation et l'accueil des congressistes. Des fonctions agréables même si souvent prenantes et aux horaires parfois improbables : se lever à 5h30 pour partir à 6h et être présent sur les lieux du congrès à 7h, un dimanche de surcroît, c’est tester loin la raison de service –surtout quand on s’est couché tard la veille.

Mais être volontaire, c’est d’abord faire partie d’une grande famille, rencontrer des collègues de France et d’ailleurs, parfois venant de sa propre ville aussi, et échanger sur le devenir d’une part, les travaux d’autre part des uns et des autres. C'est également revoir des amis avec grand plaisir, passer simplement du temps avec eux, faire des sorties, partager des expériences, rire, se sentir complice et proche.

Être volontaire, c’est courir partout. Parcourir le Centre de long en large et de haut en bas, résoudre des problèmes informatiques, des problèmes de photocopies, ou de bouteilles d’eau manquantes.  Pour ma part, ce fut également refouler le traiteur aux portes du Salon des exposants pour défaut de badge ou le Chef de la sécurité (l’un comme l’autre ont pu accéder au salon et tout a bien fini heureusement). Aider des collègues handicapés à se diriger vers le micro pour poser leur question, vérifier les bonbonnes d’eau, prendre les congressistes en photos, avec leur tablette, avec leur smartphone, avec leur appareil, et encore, et encore, et encore…  Faciliter l’orientation des congressistes, se battre avec un vocabulaire anglais pourtant su mais qui ne voulait pas sortir sinon forcément après que la personne se soit éloignée. Bref, un sentiment diffus et plaisant d’être utile.

Ce fut aussi profiter pleinement de l'ambiance du Congrès. Sourire et essayer de faire naître un sourire sur les visages des collègues du monde entier. Avoir le plaisir de renseigner et d'accompagner. Aider une congressiste à retrouver son appareil photo et être couvert d’applaudissements fort peu mérités. Donner l’occasion à un vieux professeur américain de parler en français pour son plus grand plaisir et ne plus arriver à arrêter son bavardage. C'est une fatigue sourde parce que continue, mais qui en devient familière, et le sentiment du travail bien fait. Ce sont les applaudissements des congressistes à la cérémonie de fermeture… Beaucoup de souvenirs, d'images, de sensations.

L’équipe réseaux sociaux documentait ces instants via la page officielle Facebook, un compte Twitter résumé en un StorIfla, une sorte de reportage au jour le jour du congrès et de ses coulisses.

Très concrètement, être volontaire ce fut donc en ce qui me concerne le contrôle des badges à l’entrée des salles, la distribution des sacoches et de leurs badges aux congressistes nouvellement arrivés et inscrits, la distribution de casques de traduction, l’assistance aux intervenants durant les conférences, l’assistance aux traducteurs, la vérification des bonbonnes d’eau, l'orientation de congressistes. Des activités variées qui m’ont permis de rencontrer et de discuter avec des collègues étrangers et de participer à quelques réunions et sessions. 

2. Business Meetings et Sessions

Avec un tel rassemblement de professionnels, il n’est pas surprenant que l’IFLA soit surtout l’occasion de nombre de réunions de travail. De réunions officieuses, organisées dans l'ombre du Congrès profitant de la présence des différents partenaires et participants, et de réunions officielles bien sûr, inscrites dans le programme, celles des différentes divisions, sections et groupes d’intérêts spéciaux qui structurent l’association.

Pour ma part, j’ai pu assister à la première réunion de la section Education and Training : cette réunion organisée le samedi 16 août a lancé des groupes de travail dont les premières conclusions furent discutées lors d’une seconde réunion prévue le mercredi 20. Cette section, qui fêtait ses 40 ans le lundi 18 au cours d’une journée extraordinaire à l’enssib, suivait un déroulement et un ordre du jour bien structuré et organisé : introduction, rapports des responsables de groupe, projets, conférences à venir, ce dans les deux prochaines années. En 2016 par exemple, la section prévoie de travailler sur le e-learning. On sentait qu'ils avaient l'habitude de travailler ensemble et que son fonctionnement était éprouvé pour des résultats reconnus d'ailleurs.

J’ai également assisté à la première réunion du groupe d’intérêt spécial Services to LGBTQ users, formé en 2013 à Singapour. La réunion rassemblait presque autant de participants (une trentaine) mais s’est déroulée de manière un peu moins cadrée. Les collègues ne se connaissant pas, la dynamique de la réunion était moins importante au début. Ce fut néanmoins l’occasion de faire le point sur la vie du groupe, sur la toute proche conférence prévue le jour suivant « Adressing the silence: how libraries can serve their lgbtq users », les projets à venir (organisation de la prochaine conférence au Cap, mise en perspective de la déclaration de Lyon avec les objectifs du groupe, rédaction d’un Plan d’action pour les années à venir…) et découverte des actions des différents membres, dont une présentation de la commission Légothèque de l’AbF.

Parmi les sessions et conférences, j’ai pu assister à –outre celle réservée aux nouveaux participants et les cérémonies d’ouverture et de fermeture- une session de la section Literacy and reading organisée sous forme de mini-ateliers : ainsi, au lieu de faire se succéder les intervenants à la tribune, la section a-t-elle préféré les répartir dans une dizaine de tables où chacun pouvait présenter son projet à et répondre aux questions d’une dizaine de congressistes. Tous les quarts d’heures, les congressistes changeaient de table et de projet. Une formule censée faciliter les échanges avec la salle. C'est intéressant, soit- dit en passant, cette diversité de modalités de conférence : conférences magistrales, discussions libres façon café philo, cette forme de speed-meeting... on sent que les collègues réfléchissent aux moyens de favoriser les échanges avec et d'impliquer plus étroitement les participants.

J’ai pu sinon assister à une partie de session sur les « hot topics in academics libraries », sur « Libraries in the political process: benefits and risks of political visibility » (dont les interventions sont aussi traduites en français) et sur « New technologies, information, users and libraries: Looking into the future ». Notez bien que le texte de la plupart des interventions est accessible en ligne au niveau du programme du congrès, une mine des plus riches quel que soit votre intérêt professionnel.

J’essaierai de revenir sur ces sujets plus spécifiquement dans d'autres billets.

Pour aller plus loin :