Comme tout congrès, c'est l'IFLA c'est aussi l'occasion de récupérer des biblio-goodies, vous savez, tous ces objets publicitaires promotionnels que proposent les bibliothèques (parce que ce sont ceux-ci qui m'intéressent, pas tellement ceux de fournisseurs). Et je peux vous assurer que les établissements ont de la suite dans les idées.

Dans ma collection, ou plutôt dans ma collecte, pour l'instant se trouvait déjà des mugs, des sacs, des cartes postales, une écharpe IFLA, des petites voitures représentant des bibliobus, un calendrier de bibliothécaires mâles, des stylos, des marque-pages ou encore des badges. En voici quelques exemples :

Notez le "cleanPatch" des bibliothèques médiathèques de Metz : un mini chiffon qui se colle au dos du téléphone d'où il se détache pour vous aider à nettoyer l'écran de votre appareil mobile. On ne les voit pas non plus, mais le carton rose est une carte postale renvoyant aux affiches créées à l'intention des 30 ans de la BDSL.

On y trouve également des jouets, autour de la représentation du bibliothécaires, depuis le personnage Légo à cette chère Nancy Pearl (qui existe vraiment) mais pas en version DeLuxe, c'est à dire sans son chariot à livres et son ordinateur, ou la figurine de Rex Libris. On trouve également dans ma collection des boîtes de BiblioDéfi, dont il va peut-être falloir que je fasse une photo. Bon, je n'ai pas encore la Barbie bibliothécaire gothique, mais ça viendra peut-être...

Cette année, la collecte fut bonne, tant au niveau des prospectus que d'autres goodies. Il manque dans l'image ci-dessous la sacoche du congressiste et les badges apparaissent après mais vous y retrouvez le matériel habituel, à savoir les marque-pages, les stylos, une clef USB, un chiffon antistatique et des cartes postales, dont une série reprenant les principaux axes du IFLA Trend Report, avec des phrases chocs comme : "Who's profiting from your personal information ?", "If online education is free, then how much is it really worth ?", "When your phone, your car and your wristwatch know where you are all the times - who runs your life ?", "Are you ready for cyber-politics ?"

Dans le pot se trouvent de précédents badges de bibliothèques : de Rouen, Londres ou encore de la BANQ à Montréal. Il manque aussi le badge contre la censure de l'AbF. 

Sur la première photo, parmi les prospectus, se trouvent un journal rédigé par des enfants dans les prisons, diverses initiatives pour favoriser la lecture dont les paquets de cartes à collectionner "Now and Then".

Ces cartes proviennent du National Library Board de Singapour.  Vous en avez peut-être récemment entendu parler : le mois dernier,  cette instance avait fait retirer des bibliothèques de la cité-État trois titres évoquant l'homoparentalité provoquant une assez vive polémique et la démission de trois membres du prix littéraire de Singapour.

Cette fois, l'initiative semble intéressante : il s'agit d'amener les petits garçons de 7 à 12 ans à la lecture en leur faisant collectionner des cartes sur le passé et le présent de la Cité : militaire, transports, lieux, technologie... une façon amusante, nous raconte le collègue présentant son poster officiel, de découvrir l'histoire locale, le plaisir de la lecture et d'apprendre à travers les ressources de la bibliothèque. L'initiative espère aussi renforcer les liens entre les générations en favorisant les échanges autour des cartes. Il y avait ainsi 100 cartes à collectionner et 4 cartes en édition limitée, avec des illustrations holographiques, chacune valant 24 cartes normales. Les enfants pouvaient alors faire des échanges avec les bibliothécaires et lors d'animations spécifiques.

Concrètement, les usagers doivent emprunter huit documents pour recevoir un paquet de quatre cartes à collectionner. Le poster explique qu'au cours des dix mois de l'expérience, toutes les cartes ont été distribuées générant plus de 2.4 millions de prêts, ce non seulement dans la bibliothèque nationale de Singapour mais également dans huit autres bibliothèques partenaires.

Chaque carte présente sur une face une image et sur son recto quelques lignes d'explication, d'anecdotes agrémentées d'un code QR censé renvoyer vers des ressources en ligne. 

Le problème est que manifestement, ce sont surtout des cartes sur l'armée et autres considérations militaires qui remontent. Plusieurs collègues n'ont eu que cela. Sur deux paquets, j'ai eu six cartes sur l'armée, une carte sur le Zoo de Singapour et une carte sur "le smartphone. En fait de "ressources en ligne", les cartes militaires renvoient vers le site du ministère de la défense, ses forces terrestres, aériennes, son recrutement. On ne peut nier que ça fait un peu tache dans le projet. Sinon, la carte du Zoo renvoie vers le site du zoo, celle sur le smartphone renvoie vers la page de la Britannica sur les smartphones. 

Alors, bonne idée ? Peut-être, s'il n'y avait pas ce spectre de récupération militariste. Un paquet de cartes à collectionner est un objet qui doit effectivement bien marcher dans les cours de récrés.