Vagabondages

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Tag - DRM

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mardi 2 février 2010

ACTA menace les libertés

500e billet sur Vagabondages. 500e billet, sur ce blog à dire vrai, donc plus en réalité puisqu'il y a eut un premier Vagabondages sous blogspot (et un éphémère clone censé me permettre d'assurer la transition).

J'avais prévu de rédiger un joli billet, mais au final je pense que le sujet du jour est tout autant important : la menace ACTA que vous avez pu découvrir sur d'autres blogs : La bibliothèque apprivoisée, Bibliobsession, ou encore les blogs spécialisés S.I.Lex et Paralipomènes. Je ne vais pas refaire un billet d'explications sur le sujet. Nos collègues s'en sont très bien chargés et d'une manière plus informée et plus intéressante que je ne pourrais le faire. Rappelons juste que le traité prévoit de renforcer drastiquement le droit d'auteur, réduire les libertés de circulation de l'information, d'accès à l'information sur le net et consacrer la notion de DRM.

Pourquoi on en parle maintenant ? En fait, voilà presque deux ans que la menace rode, mais elle ressurgit aujourd'hui parce que c'est ce mardi justement que devait avoir lieu la 7e rencontre des pays autour de l’ACTA : Canada, les Etats-Unis, l'Union Européenne, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Maroc et Singapour entre autres. Le plus grand secret entoure ces négociations. On connaît peu de leur contenu, le brouillon même des textes n'est pas diffusé. Tout juste sait-on que cette dernière rencontre se tenait à Mexico.

En France, l'Interassociation Archives Bibliothèques Documentation s'est emparée de la question. Représentant plus d'une quinzaine d'associations professionnelles, elle s'est à son tour élevée pour dénoncer le projet de traité et vient de publier un communiqué signé conjointement par une dizaine d'entre elles. l'IFLA devrait communiquer rapidement en ce sens également comme le suggèrent les précédentes prises de position de l'association internationale.

Les raisons de s'inquiéter pour les bibliothèques sont nombreuses. Un système répressif renforcé sans contrepoids (limitations ou exceptions au droit d'auteur au nom du bien commun) viendrait remettre en cause les libertés fondamentales d'accès à et de circulation de l'information. 

Lisez les billets précités. Lisez le communiqué de l'IABD que je remets ci-dessous. Diffusez-la, écrivez à vos députés européen et français, affichez le badge proposé par Bibliobsession. Informez-vous et prenez position.


Et puis s'intéresser à ces questions peut être l'occasion également de revenir sur d'autres menaces, locales, sur les libertés alors que sera discuté le 09 février à l'Assemblé le projet de loi LOPPSI.

« Tout ce que vous ferez est dérisoire, mais il est très important que vous le fassiez quand même » Gandhi.

ACTA c’est quoi ?

ACTA signifie Anti Counterfeiting Trade Agreement – Accord commercial de lutte contre la contrefaçon. Il s’agit d’un projet de traité international. Négocié dans le plus grand secret depuis le printemps 2008 par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Corée du Sud, l’Australie et plusieurs autres pays, cet accord entendait à l’origine promouvoir de nouveaux moyens de lutte contre la contrefaçon, tant sous forme physique que numérique. Au fil des discussions, le chapitre d’ACTA consacré à Internet s’est étoffé d’une batterie de dispositions qui bouleverseraient en profondeur l’équilibre de la propriété intellectuelle dans le sens d’une aggravation du dispositif répressif destiné à protéger les droits d’auteur. ACTA risque d’amplifier le déséquilibre entre les ayants droits et les usagers des oeuvres et de faire obstacle à la créativité, l’innovation, la recherche, l’éducation et la formation.

Quel est le problème ?

Pour lutter contre le téléchargement illégal, l’ACTA imposerait à tous les pays signataires d’engager la responsabilité des FAI (Fournisseurs d’accès à Internet), de mettre en place de manière systématique des mesures de filtrage du réseau et de blocage de l’accès aux sites et d’organiser un dispositif de riposte graduée sans passer par le recours au juge afin de couper l’accès à Internet des contrevenants. L’ACTA consacre par ailleurs à nouveau la notion de DRM (Digital Rights Management – gestion des droits numériques) et renforce les moyens de lutte contre leur contournement. Cette menace n’a plus rien d’hypothétique à présent, puisque les parties ambitionnent de clore les négociations au cours de l’année 2010. En ce mois de janvier, les pays négociateurs se réunissent au Mexique, pour un septième round de discussions. Une huitième rencontre est prévue pour le mois d’avril, vraisemblablement en Nouvelle-Zélande.

Quelle est la position de l’IABD ?

L’IABD défend naturellement le droit d’auteur et de la création sur Internet et s’oppose à toute forme de contrefaçon. Pour autant, les associations signataires ne considère pas que le droit d’auteur et les droits voisins doivent être dotés d’une portée si absolue que leur défense viendrait à remettre en cause les libertés fondamentales par un système déséquilibré et uniquement répressif. Le respect du droit d’auteur, composante du droit de propriété, doit être concilié avec les autres libertés fondamentales reconnues par notre Constitution et par les grands textes internationaux que la France a signés.

En tant que lieux d’accès à l’information, à la culture et au savoir, en tant qu’espaces de citoyenneté, les bibliothèques, services d’archives et centres de documentation sont porteurs d’une idée d’un droit d’auteur équilibré totalement incompatible avec le projet ACTA tel qu’il s’annonce.

Les associations signataires s’oppose fermement à l’ACTA dans un contexte où l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) a décidé de lancer à l’été 2009 de nouvelles négociations en vue d’un traité sur les exceptions et limitations au droit d’auteur, afin de rééquilibrer le système qui a été mis en place depuis 1996 à partir des deux grands traités sur le droit d’auteur. Cette réflexion porterait dans un premier temps sur les exceptions en faveur des personnes ayant des déficiences visuelles, mais elle pourrait être élargie à l’enseignement et aux bibliothèques, thèmes à propos desquelles l’OMPI a conduit d’importants travaux de recherche. Au niveau européen également, la Commission, à travers la démarche du Livre vert « Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance », appelle à une refonte de la propriété intellectuelle au niveau européen qui accorderait une plus large place à la liberté d’accéder à l’information et de la faire circuler. Dans toutes ces communications, la Commission fait un lien entre cet objectif et le rôle central que pourraient jouer les bibliothèques, et cette position s’est encore affermie avec le grand débat sur la numérisation du patrimoine.

Ce sont ces potentialités et ces espoirs auxquels l’ACTA, dans la plus grande opacité et en dehors de toute transparence démocratique, pourrait porter un coup mortel en verrouillant le système au plus haut niveau. Il deviendra tout simplement inutile de demander au législateur français ou européen d’opérer des réformes en vue d’un meilleur équilibre si notre pays ou l’Union s’engagent à mettre en oeuvre cet accord.

Les associations signataires s’associent à la coalition mondiale d’organisations non-gouvernementales, d’associations de consommateurs et de fournisseurs de services en ligne qui publie une lettre ouverte adressée aux institutions européennes. Ces organisations appellent le Parlement européen et les négociateurs de l’Union européenne à établir la transparence du processus de négociation et à s’opposer à toute mesure qui, dans l’accord multilatéral, porterait atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens en Europe et à travers le monde.

Déclaration du 2 février 2010 validée par les associations suivantes, membres de l’IABD :


- AAF (Association des archivistes français)
- ABF (Associatiton des bibliothécaires de France)
- ACIM (Association de coopération des professionnels de l’information musicale)
- ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt)
- ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation)
- ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)
- ADDNB (Association pour le développement des documents numériques en bibliothèque)
- AIBM-France (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux. Groupe français)

dimanche 22 avril 2007

Humeur

The Real Reason Aliens Won't Contact Us

Illustration sur la gestion numérique des droits vue sur Blaugh.