Vagabondages

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Tag - Droit de linformation

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mardi 2 février 2010

ACTA menace les libertés

500e billet sur Vagabondages. 500e billet, sur ce blog à dire vrai, donc plus en réalité puisqu'il y a eut un premier Vagabondages sous blogspot (et un éphémère clone censé me permettre d'assurer la transition).

J'avais prévu de rédiger un joli billet, mais au final je pense que le sujet du jour est tout autant important : la menace ACTA que vous avez pu découvrir sur d'autres blogs : La bibliothèque apprivoisée, Bibliobsession, ou encore les blogs spécialisés S.I.Lex et Paralipomènes. Je ne vais pas refaire un billet d'explications sur le sujet. Nos collègues s'en sont très bien chargés et d'une manière plus informée et plus intéressante que je ne pourrais le faire. Rappelons juste que le traité prévoit de renforcer drastiquement le droit d'auteur, réduire les libertés de circulation de l'information, d'accès à l'information sur le net et consacrer la notion de DRM.

Pourquoi on en parle maintenant ? En fait, voilà presque deux ans que la menace rode, mais elle ressurgit aujourd'hui parce que c'est ce mardi justement que devait avoir lieu la 7e rencontre des pays autour de l’ACTA : Canada, les Etats-Unis, l'Union Européenne, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Mexique, la Maroc et Singapour entre autres. Le plus grand secret entoure ces négociations. On connaît peu de leur contenu, le brouillon même des textes n'est pas diffusé. Tout juste sait-on que cette dernière rencontre se tenait à Mexico.

En France, l'Interassociation Archives Bibliothèques Documentation s'est emparée de la question. Représentant plus d'une quinzaine d'associations professionnelles, elle s'est à son tour élevée pour dénoncer le projet de traité et vient de publier un communiqué signé conjointement par une dizaine d'entre elles. l'IFLA devrait communiquer rapidement en ce sens également comme le suggèrent les précédentes prises de position de l'association internationale.

Les raisons de s'inquiéter pour les bibliothèques sont nombreuses. Un système répressif renforcé sans contrepoids (limitations ou exceptions au droit d'auteur au nom du bien commun) viendrait remettre en cause les libertés fondamentales d'accès à et de circulation de l'information. 

Lisez les billets précités. Lisez le communiqué de l'IABD que je remets ci-dessous. Diffusez-la, écrivez à vos députés européen et français, affichez le badge proposé par Bibliobsession. Informez-vous et prenez position.


Et puis s'intéresser à ces questions peut être l'occasion également de revenir sur d'autres menaces, locales, sur les libertés alors que sera discuté le 09 février à l'Assemblé le projet de loi LOPPSI.

« Tout ce que vous ferez est dérisoire, mais il est très important que vous le fassiez quand même » Gandhi.

ACTA c’est quoi ?

ACTA signifie Anti Counterfeiting Trade Agreement – Accord commercial de lutte contre la contrefaçon. Il s’agit d’un projet de traité international. Négocié dans le plus grand secret depuis le printemps 2008 par l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Corée du Sud, l’Australie et plusieurs autres pays, cet accord entendait à l’origine promouvoir de nouveaux moyens de lutte contre la contrefaçon, tant sous forme physique que numérique. Au fil des discussions, le chapitre d’ACTA consacré à Internet s’est étoffé d’une batterie de dispositions qui bouleverseraient en profondeur l’équilibre de la propriété intellectuelle dans le sens d’une aggravation du dispositif répressif destiné à protéger les droits d’auteur. ACTA risque d’amplifier le déséquilibre entre les ayants droits et les usagers des oeuvres et de faire obstacle à la créativité, l’innovation, la recherche, l’éducation et la formation.

Quel est le problème ?

Pour lutter contre le téléchargement illégal, l’ACTA imposerait à tous les pays signataires d’engager la responsabilité des FAI (Fournisseurs d’accès à Internet), de mettre en place de manière systématique des mesures de filtrage du réseau et de blocage de l’accès aux sites et d’organiser un dispositif de riposte graduée sans passer par le recours au juge afin de couper l’accès à Internet des contrevenants. L’ACTA consacre par ailleurs à nouveau la notion de DRM (Digital Rights Management – gestion des droits numériques) et renforce les moyens de lutte contre leur contournement. Cette menace n’a plus rien d’hypothétique à présent, puisque les parties ambitionnent de clore les négociations au cours de l’année 2010. En ce mois de janvier, les pays négociateurs se réunissent au Mexique, pour un septième round de discussions. Une huitième rencontre est prévue pour le mois d’avril, vraisemblablement en Nouvelle-Zélande.

Quelle est la position de l’IABD ?

L’IABD défend naturellement le droit d’auteur et de la création sur Internet et s’oppose à toute forme de contrefaçon. Pour autant, les associations signataires ne considère pas que le droit d’auteur et les droits voisins doivent être dotés d’une portée si absolue que leur défense viendrait à remettre en cause les libertés fondamentales par un système déséquilibré et uniquement répressif. Le respect du droit d’auteur, composante du droit de propriété, doit être concilié avec les autres libertés fondamentales reconnues par notre Constitution et par les grands textes internationaux que la France a signés.

En tant que lieux d’accès à l’information, à la culture et au savoir, en tant qu’espaces de citoyenneté, les bibliothèques, services d’archives et centres de documentation sont porteurs d’une idée d’un droit d’auteur équilibré totalement incompatible avec le projet ACTA tel qu’il s’annonce.

Les associations signataires s’oppose fermement à l’ACTA dans un contexte où l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle) a décidé de lancer à l’été 2009 de nouvelles négociations en vue d’un traité sur les exceptions et limitations au droit d’auteur, afin de rééquilibrer le système qui a été mis en place depuis 1996 à partir des deux grands traités sur le droit d’auteur. Cette réflexion porterait dans un premier temps sur les exceptions en faveur des personnes ayant des déficiences visuelles, mais elle pourrait être élargie à l’enseignement et aux bibliothèques, thèmes à propos desquelles l’OMPI a conduit d’importants travaux de recherche. Au niveau européen également, la Commission, à travers la démarche du Livre vert « Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance », appelle à une refonte de la propriété intellectuelle au niveau européen qui accorderait une plus large place à la liberté d’accéder à l’information et de la faire circuler. Dans toutes ces communications, la Commission fait un lien entre cet objectif et le rôle central que pourraient jouer les bibliothèques, et cette position s’est encore affermie avec le grand débat sur la numérisation du patrimoine.

Ce sont ces potentialités et ces espoirs auxquels l’ACTA, dans la plus grande opacité et en dehors de toute transparence démocratique, pourrait porter un coup mortel en verrouillant le système au plus haut niveau. Il deviendra tout simplement inutile de demander au législateur français ou européen d’opérer des réformes en vue d’un meilleur équilibre si notre pays ou l’Union s’engagent à mettre en oeuvre cet accord.

Les associations signataires s’associent à la coalition mondiale d’organisations non-gouvernementales, d’associations de consommateurs et de fournisseurs de services en ligne qui publie une lettre ouverte adressée aux institutions européennes. Ces organisations appellent le Parlement européen et les négociateurs de l’Union européenne à établir la transparence du processus de négociation et à s’opposer à toute mesure qui, dans l’accord multilatéral, porterait atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens en Europe et à travers le monde.

Déclaration du 2 février 2010 validée par les associations suivantes, membres de l’IABD :


- AAF (Association des archivistes français)
- ABF (Associatiton des bibliothécaires de France)
- ACIM (Association de coopération des professionnels de l’information musicale)
- ADBDP (Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt)
- ADBS (Association des professionnels de l’information et de la documentation)
- ADBU (Association des directeurs et des personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation)
- ADDNB (Association pour le développement des documents numériques en bibliothèque)
- AIBM-France (Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux. Groupe français)

jeudi 14 janvier 2010

Un domaine public entre parenthèses

Certes, c'est peut-être un peu exagéré comme titre, mais on en est pas loin. Du moins aux États-Unis.

De quoi s'agit-il ? Aux États-Unis, le 1er janvier est le Public domain day : le jour où l'on fête le rôle du domaine public dans nos sociétés et plus précisément l'arrivée de nouveaux titres. Une fête d'ailleurs pas restreinte à la seule Amérique du Nord mais qui a également des retombées ailleurs en Europe comme en Suisse ou en Pologne.

Cette année, des centaines de nouveaux auteurs ont donc rejoint le domaine public, 563 précisément selon l' Open knowledge fondation blog, auteurs dont vous retrouvez la liste complète ici. Cette liste est établie à partir de la date du décès de l'auteur et des 70 ans réglementaires, selon les lois de protection de la propriété intellectuelle de la plupart des pays :

Article L.123-1 du Code de la propriété intellectuelle en France :
« L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son œuvre sous quelque forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent. »

Par comparaison, le durée n'est que de 50 ans au Canada.

C'est donc le cas des ouvrages d'auteurs tels que le poète irlandais William Butler Yeats ou encore le père de la psychanalyse Sigmund Freud tous deux morts en 1939. Précisons que la notion de domaine public n'est pas restreinte à la seule littérature mais concerne toutes les œuvres de l'esprit. Cette année voit ainsi l'entrée des oeuvres d'Alphonse Mucha par exemple.

Aux États-Unis cependant, cette entrée est amère. En effet, lorsque le Congrès a voté la première loi sur le Copyright en 1790, sa durée en était de 14 ans, renouvelable une fois. Puis, jusqu'en 1978, il a été voté que le copyright durait 28 ans à partir de la date de publication, renouvelables une seconde fois 28 ans. L'acte de renouvellement devait être volontaire, ce qui faisait que 85% des copyrights n'étaient pas renouvelés et entraient automatiquement dans le domaine public.

En 1978 entre en vigueur le Copyright Act, voté en 76, qui pousse la durée de protection à 50 ans à partir de la date de décès de l'auteur tandis qu'en 1998 cette échéance est poussée à 70 ans, comme en France, voire, pour des œuvres collectives d'entreprises, à 120 ans après la création ou 95 ans à partir de la publication grâce à la Copyright Term Extension Act (appelée aussi la Mickey Mouse Protection Act en raison du soutien important fourni par la Walt Disney Company). En cinquante ans, la durée de ce copyright américain aura été étendu près de onze fois.

Les collègues et spécialistes outre-atlantique sont donc amers. Avec un zest de masochisme, ils ont vérifié quelles seraient les œuvres tombées dans le domaine public cette année si la loi de 1976 n'avait pas été votée. A l'époque donc, la durée du Copyright était de 28 ans, renouvelable une fois. Mettons que les auteurs et éditeurs aient pensé à faire renouveler leur droit, nous aurions aujourd'hui des œuvres publiées en 1953 telles :

  • Ian Fleming's Casino Royale (premier James Bond)
  • Agatha Christie’s A Pocket Full of Rye
  • Ray Bradbury’s dystopian novel Fahrenheit 451
  • C.S. Lewis’s The Silver Chair (4e livre des Chroniques de Narnia)
  • J.D. Salinger’s Nine Stories
  • James Baldwin’s Go Tell It On the Mountain
ou encore les films :
  • Walt Disney's Peter Pan
  • Byron Haskin's The War of the Worlds

La conclusion est sans appel : 

The effects were culturally catastrophic.  Copyright went from covering very little culture, and only covering it for a 28 year period during which it was commercially available, to covering all of culture, regardless of whether it was available — often for over a century

Ces dernières années, le domaine public semble sombrer peu à peu. De recents changements dans les lois de propriétés intellectuelle l'ont grignoté peu à peu dont des changements sur les domaines couverts par la propriété intellectuelle  (les brevet qui sont étendus au séquençage des gènes par exemple) et les rapports revenant sur la forme numérique du domaine public n'en finissent plus de le mettre à mal.



Cette année, et les prochaines années jusqu'en 2019, aucun titre n'entrera dans le domaine public aux États-Unis. And it's sad...


Voir aussi :

jeudi 12 mars 2009

Quand S.I.Lex fait des étincelles

Bon, certes, elle était facile. Il n'empêche que je ne pouvais passer à côté du signalement du blog de Lionel Maurel : S.I.Lex. Ce conservateur en poste à la Bibliothèque nationale de France, spécialiste des questions juridiques et auteur, outre de très nombreux articles, de l'ouvrage "Bibliothèques numériques : le défi du droit d'auteur" paru en 2008 aux Presses de l'enssib, et préfacé par Yves Alix, nous propose depuis un peu moins d'un mois un blog qu'il définit : "au croisement du droit et des sciences de l’information".

Les thématiques des billets déjà proposés sont intéressantes, clairement traitées, qui évoquent en vrac, le copyleft, le contexte juridique de l'utilisation de ressources son et images en bibliothèque, la numérisation du domaine public, le rapport Hadopi tristement d'actualité, ou l'accord Google Book Search. Autant de thématiques qui devraient intéresser tous les professionnels en poste. Je vous recommande notamment son dernier billet intitulé : Fragile, si fragile … La liberté documentaire.

Quand on sait que l'auteur est par ailleurs membre de la Commission Droit de l’Information de l'ADBS , et participe à l’action de lobbying de l’IABD (Interassociation Archives/Bibliothèques/Documentation), on se dit que décidément, ce blog devient incontournable.

mardi 25 novembre 2008

Copyright et préservation numérique

Educause nous informe de la parution en juillet dernier d'une étude intitulée "International Study on the Impact of Copyright Law on Digital Preservation" (pdf)

This study focuses on the copyright and related laws of Australia, the Netherlands, the United Kingdom and the United States and the impact of those laws on digital preservation of copyrighted works. It also addresses proposals for legislative reform and efforts to develop non-legislative solutions to the challenges that copyright law presents for digital preservation.

This is a joint report from The Library of Congress National Digital Information, Infrastructure and Preservation Program, The Joint Information Systems Committee, The Open Access to Knowledge (OAK) Law Project and .he SURFfoundation

mardi 19 février 2008

Droit 2.0


Je vais faire la promotion aujourd'hui de la base de dépôt institutionnel Papyrus, de l'Université de Montréal, à Montréal, Québec, où s'est tenue en avril 2007 une conférence intitulée : "Droit 2.0 : Droit et web 2.0". 

Le mot de bienvenue (vidéo) de M. Gautrais, Professeur en droit de la sécurité et des affaires électroniques (blog juridique), évoque :

Le « web 2.0 » passionne face aux potentialités infinies qu’il semble être capable de proposer. Dans la courte, très courte histoire d’Internet, des relents de « nouveaux espaces », quelque peu comparables à ceux des années 1995-1996 apparaissent. Des espaces lointains, où le droit est omniprésent, de plus en plus, et ce, même si souvent son application pose problème. Du nouveau droit déjà obsolète, de l’ancien dont l’application est parfois douteuse, la communauté juridique s’interroge sur cette réalité ô combien vivante et difficile à contrôler. Autour de ce thème de « droit 2.0 », la présente activité réunie plusieurs experts nationalement et internationalement reconnus qui vont traiter de certaines des facettes de ce droit d’aujourd’hui.

De cette conférence, vous pouvez commencer par visionner les vidéos suivantes :
 
2007-04-20 « Responsabilité et approche collaborative : qui doit répondre de la wikialité ? » dans le cadre de la Conférence « Droit 2.0 : droit et web 2.0 » VERMEYS, Nicolas

Le « web 2.0 » passionne face aux potentialités infinies qu’il semble être capable de proposer. Dans la courte, très courte histoire d’Internet, des relents de « nouveaux espaces », quelque peu comparables à ceux des années 1995-1996 apparaissent. Des espaces lointains, où le droit est omniprésent, de plus en plus, et ce, même si souvent son application pose problème. Du nouveau droit déjà obsolète, de l’ancien dont l’application est parfois douteuse, la communauté juridique s’interroge sur cette réalité ô combien vivante et difficile à contrôler. Autour de ce thème de « droit 2.0 », la présente activité réunie plusieurs experts nationalement et internationalement reconnus qui vont traiter de certaines des facettes de ce droit d’aujourd’hui.


2007-04-20 « Responsabilités des blogues » dans le cadre de la Conférence « Droit 2.0 : droit et web 2.0 », 20 avril 2007.TRUDEL, Pierre

Le « web 2.0 » passionne face aux potentialités infinies qu’il semble être capable de proposer. Dans la courte, très courte histoire d’Internet, des relents de « nouveaux espaces », quelque peu comparables à ceux des années 1995-1996 apparaissent. Des espaces lointains, où le droit est omniprésent, de plus en plus, et ce, même si souvent son application pose problème. Du nouveau droit déjà obsolète, de l’ancien dont l’application est parfois douteuse, la communauté juridique s’interroge sur cette réalité ô combien vivante et difficile à contrôler. Autour de ce thème de « droit 2.0 », la présente activité réunie plusieurs experts nationalement et internationalement reconnus qui vont traiter de certaines des facettes de ce droit d’aujourd’hui.

Les autres interventions de la journée sont disponibles en ligne sur le blog de M. Gautrais et portent sur :
  1. « Définition du web 2.0 »  Michel LEBLANC - Associé fondateur d’Analyweb (vidéo) (20"46’)
  2. « Sécurité 2.0 » Benoit DUPONT - Professeur agrégé département de criminologie - UDM - titulaire de la Chaire du Canada en sécurité, identité et technologie (vidéo) (20"42’)
  3. « Responsabilité et approche collaborative : qui doit répondre de la wikialité ? » Nicolas VERMEYS, Avocat - Doctorant - Coordonnateur du CRDP (vidéo) (29"40’)
  4. Responsabilités des blogues Pierre TRUDEL, Professeur titulaire - Faculté de droit - UDM - Titulaire de la Chaire L. R. Wilson (vidéo) (24"05’)
  5. « Youtube v. Viacom ou droit d’auteur 2.0 »  Marcel NAUD - Avocat - Robic (vidéo) (32"15’)
  6. Publicité en ligne et nouveaux développements  Douglas J. SIMSOVIC, Avocat Heenan Blaikie (vidéo) (29"30’)

Toujours sur le thème du droit 2.0, on consultera avec intérêt dans Papyrus :

1. 2007-02 Disponibilité, valeur et fiabilité de la documentation juridique sur Internet
Lemay, Chantal
; Patry, Linda

Depuis la fin des années 90, on assiste au Canada à un effort de démocratisation de la documentation juridique en accès libre. Nous présenterons d'abord deux portails majeurs en droit canadien, celui de l'Institut canadien d'information juridique (IIJCan) et celui de LexUM. Afin de distinguer ces portails des sites gouvernementaux, nous examinerons quelques sites officiels tant pour la législation que pour la jurisprudence. Nous aborderons ensuite les sources de doctrine et terminerons par une description des nouveautés offertes par le Web 2.0: wikis, blogues et fils RSS.


2. la présentation (ppt et word) de Chantal Lemay sur les fils RSS en bibliothèque de droit, donnée le 1er mars 2007 devant l'Association des bibliothèques de droit de Montréal (ABDM):

De plus en plus utilisée sur Internet, la syndication de contenu, plus connue sous le nom de fils RSS, présente un réel potentiel pour les bibliothèques et pour le milieu juridique. Cette présentation porte dans un premier temps sur ce qu'est cette technologie, puis présente différentes utilisations des fils RSS en bibliothèque juridique (veille, référence, développement de collection, diffusion de l'information).


A noter enfin que parmi les collections proposées par le répertoire institutionnel se trouve les collections suivantes :

lundi 9 juillet 2007

Podcast sur les aspects juridiques des blogs


Michèle Battisti, déléguée permanente au droit de l'information auprès de l'Association des professionnels de l'information et de la documentation,  nous informe que le site de l'ADBS propose une interview de Cédric Manara, professeur associé à l'EDHEC Business School en podcast sur les aspects juridiques des blogs.

Cédric Manara aborde les contraintes imposées par les hébergeurs et des responsabilités respectives, les questions liées au droit d'auteur, au droit à l'image (pour les personnes, pour les biens ou plus exactement pour les propriétaires des biens...), le respect des données personnels. il rappelle également que demeurent interdits tous injures, propos racistes, homophobe, incitation à la haine, etc... dans le corps du texte comme dans le commentaire. De même, un hyperlien ne peut être fait n'importe comment (vers la page intéressante, la page d'accueil, un document ?) et encore moins sans la permission du propriétaire du site lié. Il termine enfin sur les droits et devoirs des salariés et des fonctionnaires blogueurs.

L'interview, d'une durée de 17'43'' et disponible en ligne à l'adresse : http://www.adbs.fr/site/publications/droit_info/blog.php, est menée par Michèle Battisti avec Olivier Blondeau à la technique et proposée sous licence Creative Commons - Paternité-Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification.

lundi 23 avril 2007

Un code de conduite des blogueurs

J'ai pas mal de retard dans mon agrégateur et je vide peu à peu les centaines de billets qui attendent. Pourtant dans ma lecture, voilà que je rencontre à plusieurs reprise le même  thème : le code de conduite des blogueurs.

L'appel a été lancé par Tim O'Reilly, l'homme qui a inventé la dénomination web 2.0, et fait suite à une affaire aux Etats-Unis où une bloggueuse aurait reçu des menaces de mort pour une raison inconnue. O'Reilly propose donc un code de conduite en sept points, précisant que :

Nous nous réjouissons de l’existence de la blogosphère parce qu’elle promeut un dialogue franc et ouvert. En revanche, la franchise ne veut pas dire manque de courtoisie. Nous proposons ce Code de conduite pour la blogosphère dans l’espoir qu’il soit créateur d’une culture encourageant à la fois l’expression personnelle et le dialogue constructif. On peut être d’accord pour ne pas être d’accord sans pour autant être désagréable.

(traduction de la totalité du code de conduite par les Humains associés, sur le blog Néthique.info)
  1. Nous assumons la responsabilité de nos paroles et nous nous réservons le droit de ne pas accepter dans nos blogs les commentaires qui ne sont pas conformes aux règles élémentaires de la courtoisie.
  2. Nous ne dirons rien en ligne que nous ne dirions pas face à face
  3. Au cas où la querelle s’envenime, nous échangeons en privé avant de le faire publiquement.
  4. Lorsque nous croyons qu’une personne est attaquée sans raison valable, nous agissons.
  5. Nous n’admettons pas les commentaires anonymes.
  6. Nous ne prêtons pas attention aux trolls.
  7. Nous invitons les blogueurs à faire respecter avec vigueur leurs conditions d’accueil sur leurs blogs.

  8. A ces sept premiers termes ont été ajoutés d'autres points discutés et validés sur Blogging wikia, un wiki dédié à la publication sur les blogs :

  9. Garder le secret sur nos sources
  10. Pouvoir détruire des commentaires à discrétion.
  11. Ne pas faire de mal via le blog.

L'ensemble des points proposés et l'ensemble des discussions peut être retrouvé sur le wiki.

De fait, ce code de conduite, s'il n'est pas neuf - il existe déjà de semblables règles pour le web en général (la "Nétiquette"), les forums (voire, plusieurs forums ont leurs propre charte d'utilsation) et même les blogs- ce code de conduite donc ne fait pas l'unanimité parmi les blogueurs américains qui voient là une nouvelle tentative de leur dicter ce qu'ils doivent faire ou non et redoutent l'instauration d'un "New blog Order" bien pensant mis en place et validé, semble-t-il, par l'apparition de badges sur les blogs respectueux. Un simple appel, "call for common sense and treating others with respect", alors doit prévoir sur toute mainmise forcée.

Pour finir, je rappellerai que les blogs sont des espaces publics et qu'en ce sens ils relèvent de règles juridiques déjà posées. Les blogueurs ne sont bien évidemment pas libres d’écrire ce qu’ils veulent et demeurent soumis à la législation en vigueur que Maître Eolas rappelle dans son billet désormais célèbre sur les rapports entre blogueurs et responsabilité, rappelant que écrire et publier sur un blog, c'est engager sa responsabilité sur le contenu de ce qui y est écrit. et que si la liberté d'expression est une liberté fondamentale, (…) il n'existe aucune liberté générale et absolue.. Le forum des droits sur l'internet -qui rappelait en février 2006 qu'un blogueur avait été condamné juridiquement pour avoir tenu des propos agressifs- propose également un guide "Je blogue tranquille". Enfin, Michel Leblanc nous renvoie vers un travail universitaire sur "la responsabilité des blogues" (pdf).