Vagabondages

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jeudi 22 juillet 2010

Compétences pour les professeurs (documentalistes)

Le JORF n°0164 du 18 juillet 2010 publie un Arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d'éducation pour l'exercice de leur métier (NOR: MENH1012598A). Ce texte précise dans son annexe, dix compétences professionnelles jugées indispensables à acquérir au cours de la formation :

  1. Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable
  2. Maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
  3. Maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale
  4. Concevoir et mettre en œuvre son enseignement
  5. Organiser le travail de la classe
  6. Prendre en compte la diversité des élèves
  7. Évaluer les élèves
  8. Maîtriser les technologies de l'information et de la communication
  9. Travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l'école
  10. Se former et innover

Comme le titre de l'arrêté l'indique, ces compétences sont aussi destinées aux professeurs documentalistes . Ces compétences quant à elles, fournissent également une feuille de route pour la formation des personnels puisqu'elles seront évaluées au plus tard au moment de la titularisation. Pour chacune, de fait, sont précisées après un bref développement, les "Connaissances" (Le professeur connaît), "Capacités" (le professeur est capable de) et "Attitudes" (la compétence conduit le professeur à) que la compétence implique pour le futur personnel de l'État.

Je suppose que cette liste cherche à redonner une certaine unité et harmonie aux différents cursus de formation des enseignants depuis la masterisation voulue par le gouvernement. Ainsi évalués selon une échelle commune, la République pourra toujours viser un niveau commun et égal entre ses personnels enseignants.


jeudi 25 mars 2010

Enseignement supérieur français dans Second Life

Second Life est un univers virtuel. On en a beaucoup parlé il y a quelques années, plutôt autour de 2006 à dire vrai avant les autres vagues de buzz autour de Facebook et de Twitter par exemple mais plus guère ces derniers temps. N'allez pas croire pour autant que ce monde est mort ou devenu has been. Certes, le taux de fréquentation a baissé, les grandes marques qui avaient ouvert des boutiques en ligne (on se souvient de Nike présentant ces dernières collections en avant première sur SL) ont fini le plus souvent par les fermer et l'ouverture d'autres mondes open sources pour certains qui plus est, lui ont fait du mal mais est-ce vraiment le cas ? A bien y réfléchir, ne sont restés que les passionnés et quelques professionnels.

Second Life ne dort pas et nous voyons surgir de temps à autres des petites nouveautés améliorant l'interface elle-même (le viewer 2 beta est sorti en février dernier), on a vu également apparaître au fil du temps l'utilisation de la voix ou la simulation du mouvement pour les personnes handicapées... Afin de se développer, Second Life a fait un effort également en direction du monde éducatif, mettant un espace complet à disposition des personnes intéressées, Second Life/Education. Si cela vous intéresse, vous pouvez lire ce que propose le New Media Consortium(pdf) en matière de recherche, formation et expression artisitique

La France peu à peu se penche aussi sur ces sujets et quelques établissements d'enseignements supérieur et de recherche ont créé des antennes virtuelles. C'est le cas des Universités de Lille 1, Nancy 2, Toulon, l'université de Lyon 3, l'école INSEAD ("qui a des campus en France, à Singapour et sur Second LIfe") ou encore du CNRS.On m'a parlé également de Toulouse et d'Angoulême mais je n'ai pas retrouvé ces sites.

1. Universités

Lille1 propose un campus virtuel sur Second Life, ou plus précisément le Master Global E-Business (GEB) de la faculté des Sciences économiques et sociales de l'université. On y trouve un amphi permettant l'organisation de cours, des projections de diaporamas, des liens vers le site internet de la fac, de l'université ou vers la plateforme Moodle. Au sol, une carte situe l'université et sur des panneaux on peut voir les visages de la promotion 2010 du Master.



Amphithéâtre Lille1 sur Second Life

Le service NUTICE de l'Université Nancy 2 annonçait également en mars 2009 l'ouverture d'un espace sur Second Life. En mars 2009 ce service souhaitait engager une étude technique et pédagogique de Second Life, pris comme laboratoire d’essai, en vue d’évaluer la pertinence de ses usages pédagogiques possibles.

L'université du Sud à Toulon également s'est intéressée au monde virtuel, et plus précisément le laboratoire I3M, qui fait de la recherche en sciences de l'information et de la communication. On y trouve un bâtiment avec des salle de classe, des cours pour s'entrainer, une étude sur SLoodle (ce masu-up entre Second Life et la plateforme Moodle)...

Enfin, le 30 octobre dernier, le Centre droit et nouvelles technologies de la faculté de Droit virtuelle de Lyon ouvrait à son tour un espace sur Seconde Life. Le projet, co-financé par l’Université Lyon 3 et le Conseil Général du Rhône pour un total de 3000 euros, offrira à terme huit cents documents couvrant les quatre premières années de droit, des exercices en ligne et de l’actualité juridique. Pour l'instant, le campus virtuel est composé d'une plate-forme d'accueil, d'un bâtiment pédagogique, d'une salle de travaux dirigés et d'un amphithéâtre doté de bornes où l'on peut télécharger les supports de cours laissés par les professeurs. Voir aussi la vidéo de présentation.

Faculté de Droit Virtuelle.

A noter que le CATI, rattaché à l'Université de Paris IV La Sorbonne a créé le Virtual Montmartre, une parcelle reproduisant le fameux Monmartre au début du XXe.



2. Écoles et instituts de recherches

En outre, le blog "Parcours" sur NordBlog évoque, en décembre 2009, la présence de HEI (Hautes Etudes d'Ingénieur), une école d'ingénieurs de Lille 1 toujours, dans le monde virtuel (mais je n'ai pas trouvé la localisation de ce campus). On y retrouve les locaux de l'école, mais aussi des salles de cours, de réunion... On peut y retrouver et consulter des documents pédagogiques, mais aussi discuter avec d'autres étudiants ou profs.

Comme école, difficile de passer à côté de l'École de télécommunication de Bretagne qui possède, in world, sa propre île.  En fait, cette île accueille un grand nombre d'écoles puisque en 2009 le groupe Institut Telecom et le réseau des écoles des Mines ont fusionné. On y trouve un bâtiment pour la recherche mettant en avant les chercheurs du réseau, un bâtiment pour les formation avec un amphi, un gymnase, des résidences étudiantes voire un espace pour le "foyer" et le réseau des élèves.

Île École des télécommunications

L'INSEAD également a une implantation ferme dans Second Life. Elle possède une île entière à son nom où sont menées des enquêtes et des études. Our studies are carried out by INSEAD professors, PhD students, and research associates, and are purely for academic purposes. The results are available to the public in research journals such as the Journal of Consumer Research and the Journal of Marketing Research, among others. We do not do studies directly for companies. Précisent-ils.

Enfin, pour finir cette énumération, le CNRS a ouvert en mai 2009 sur une île appelée EuroCampus, une "Maison de l'Astroparticule". Selon le communiqué du CNRS, EuroCampus a pour objectif de créer dans Second Life un continent français et européen des sciences, de la culture et de l'éducation comme un archipel d'îles indépendantes et néanmoins connectées les unes aux autres.  Ceci dit, je ne retrouve pas non plus le lieu in world. Voilà ce que c'est que de relayer les info un an après ^^.

Vous connaissez d'autres projets ?

mercredi 16 décembre 2009

Proxima Mobile

Le 26 octobre dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'état chargé de la Prospective et du développement de l'économie numérique, et Bernard Benhamou, délégué aux usages de l'internet, ont présenté six des soixante-huit lauréats de l'appel à projets "Proxima Mobile". Cette initiative "unique en Europe" selon les services du secrétariat d'Etat, "est le premier portail de services innovants gratuits et accessibles depuis les téléphones mobiles consacrés à internet". 

L'appel à projet à retenu quelques 68 projets sur les 250 déposés par des TPE, PME, établissements publics, associations... couvrant un large éventail de domaines : santé, éducation, emploi, handicap, emploi, culture, développement durable, etc. L'objectif est alors triple :

  1. Créer un bouquet de services sur mobiles utiles à l’ensemble des citoyens.
  2. Permettre aux publics les moins connectés (personnes âgées ou handicapées, personnes sous condition de ressources) de bénéficier plus largement des services et applications utiles de l’Internet mobile.
  3. Stimuler l’écosystème des services Internet sur mobiles qui est devenu un enjeu stratégique pour l’ensemble des acteurs de l’économie numérique.
Dans le domaine de la culture, donc, les projets retenus étaient les suivants :
  • CultureClic - Cité des Sciences + Réunion des Musées Nationaux + BNF + Muséum national d'Histoire naturelle (retrouver les informations pratiques et touristiques, les points clés des grandes institutions culturelles, les musées et les monuments)
  • Musée du Louvre - Musée du Louvre (Présentation des collections du musée, accès aux informations pratiques et à l'actualité du musée, constitution de favoris par les utilisateurs)
  • oMusée - Redshift SAS (Aperçu et informations sur les musées et lieux d’exposition en France)
  • Petit Nemo - Kino Factory (Encyclopédie du patrimoine géolocalisée proposant des informations culturelles : texte, commentaires audio, photo, plans…)
Dans le domaine de l'éducation les projets sont :
  • Adele. mobi - Adèle (Recherche géolocalisée de logements étudiants avec assistance, accompagnement et réservation en ligne)
  • Campus@6 - TIKI'Labs SAS (Plateforme mobile donnant accès à toutes sortes d’informations pratiques liées à la vie des étudiants)
  • Conte-moi mobile - Tralalère (Diffusion des contes « audio » ainsi que des ressources associées (images, textes, informations…))
  • Mobile plus sûr - Tralalère (initier les non experts, adultes, parents et grands-parents, à une pratique responsable de l’Internet mobile)
  • Mobil-Etc - CRIJ Poitou-Charentes & Einden Studio (Services géolocalisés sur mobiles pour les jeunes donnant accès aux informations diffusées sur le portail des CRIJ (offres d'emploi, de logement, activités de loisirs, de vacances, informations de mobilité internationale, dépistage SIDA, etc.))
  • Mon université numérique mobile - UNR Paris IDF (accès aux informations sur la vie étudiante, la vie scolaire, accès aux contenus pédagogiques et culturels, fonctions de géolocalisation des différents campus et des points d’intérêt sur les sites universitaires)
  • My Cube Mobile - Le Cube (Ensemble de contenus sur mobile pour les jeunes (12-16 ans) traitant des techniques de création numérique)
  • Open Video Éducation - Ecole Polytechnique / ESSEC / Institut Télécom / EISTI / MobiClip (Service de mise à disposition des étudiants de cours au format « vidéo » sur les téléphones mobiles)
Parmi les projets présentés le 26 octobre, on retrouvait CultureClic,service permettant de tagguer les oeuvres, de les géolocaliser voire de fournir des infos sur une oeuvre grâce à la réalité augmentée. Mon Université numérique mobile (en île-de-France) se voudra quant à lui une sorte de porte d'accès mobile aux ENT des établissements. Enfin, MobiPOF sera un accès mobile au Portail national de l’Orientation et de la Formation, initié par le CentreInffo. Via MobiPOF, le mobinaute cherche et géo-localise les lieux d’informations et les actions de formation qui correspondent à sa situation et à ses besoins. Pour en savoir plus, il accède à des contenus interactifs sur les métiers qui l’intéressent, et bénéficie de conseils sur ses droits à la formation et sur les dispositifs qui lui correspondent.

Des projets ambitieux qui demanderont nombre de développement et de travaux mais qu'on a hâte de voir aboutir.

lundi 14 décembre 2009

Organisation du Ministère de la Culture.

Le JORF n°0265 du 15 novembre 2009 a vu la publication du Décret n° 2009-1393 du 11 novembre 2009 relatif aux missions et à l'organisation de l'administration centrale du ministère de la culture et de la communication.

Ce décret d'application entérine la réorganisation du ministère en trois grandes direction :

Article 1:
L'administration centrale du ministère chargé de la culture comprend, outre l'inspection générale des affaires culturelles, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité, la délégation générale à la langue française et aux langues de France, le département de l'information et de la communication et le bureau du cabinet, directement rattachés au ministre :
1° Le secrétariat général ;
2° Les directions générales suivantes :
― la direction générale des patrimoines ;
― la direction générale de la création artistique ;
― la direction générale des médias et des industries culturelles.

Les bibliothèques se retrouvent donc dans la troisième et dernière direction générale, celle des médias et industries culturelles. En soi, rien de bien nouveau (et là aussi). Elles apparaissent au sein de l'article 5 (C'est moi qui souligne en gras) :

Article 5 :
La direction générale des médias et des industries culturelles définit, met en œuvre et évalue la politique de l'Etat en faveur du développement et du pluralisme des médias, de l'industrie publicitaire, de l'ensemble des services de communication au public par voie électronique, de l'industrie phonographique, du livre et de la lecture et de l'économie culturelle. Elle suit les activités du Centre national de la cinématographie.
I. ― Dans ce cadre, elle contribue à définir, mettre en œuvre et évaluer les conditions du développement des industries de diffusion et de production de contenus culturels.
Elle participe à l'élaboration et à la mise en œuvre de la politique de l'Etat en faveur de l'action audiovisuelle extérieure de la France.
Elle contribue aux travaux d'étude et d'évaluation économiques et de recherche, ainsi que de veille et d'expertise sur l'évolution des technologies numériques, dans son champ d'activités.
Elle veille à l'équilibre entre les différents acteurs qui interviennent dans le domaine du livre et, à ce titre, au développement de l'économie du livre, en France et à l'étranger. Elle favorise le développement de la lecture et procède à l'évaluation des politiques dans le domaine de la lecture publique. Elle contribue à la modernisation des bibliothèques et des médiathèques, et notamment au renforcement des réseaux et services de coopération, ainsi qu'à la formation de leurs personnels. Elle veille à la conservation, à l'enrichissement et à la valorisation du patrimoine des bibliothèques et des médiathèques. Elle exerce le contrôle technique de l'État sur les bibliothèques et les médiathèques des collectivités territoriales.

On craignait une orientation trop économique des politiques du livre, il me semble que ce n'est pas tellement le cas. Je suis content de voir apparaître des notions comme le renforcement des réseaux (même si en soi c'est assez flou) ou la formation des personnels alors que tous les professionnels déplorent la mise à sac de la formation des personnels justement à commencer par les bibliothécaires territoriaux (formation réduite à une peau de chagrin de cinq jours depuis le décret n° 2008-512 du 29 mai 2008 sur la formation des fonctionnaires, cf art. 7 du Décret n°91-845 du 2 septembre 1991 portant statut particulier du cadre d'emplois des bibliothécaires territoriaux). 

L'article 5 poursuit également :

IV. ― Le directeur général des médias et des industries culturelles est assisté d'un directeur adjoint qui peut être chargé du livre et de la lecture ou des médias, ainsi que d'une mission transversale au sein de la direction générale

Il ne faudra plus donc parler de la direction du livre et de la lecture (DLL) mais évoquer la direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC ?) (art.8).

Oui, je sais, c'est moche. ^_^

lundi 26 octobre 2009

Trucs et astuces à la bibliothèque

Intéressante initiative présentée par la Ithaca College Library qui a demandé à certains de ses élèves de présenter des aspects méconnus de la bibliothèques, sous forme de trucs et astuces : emprunter portable et périphériques au bureau de prêt, description des collections autour de la musicque au troisième étage, présentation du PEB, ou d'un étage "secret", apparemment caché car d'accès indirect où se trouvent des salles de travail et les archives de l'établissement.

En soi, le travail est déjà intéressant et remarquable, mais ces présentation sont proposées au format vidéo. Une occasion de faire en sorte que les élèves s'approprient le lieu et le fasse découvrir, par les pairs donc, à leurs condisciples.

La page s'appelle : Student video tips sur la page de l'Ithaca College Library.

lundi 28 septembre 2009

Une plateforme de blogs pour l'enseignement supérieur

Lu sur le blog du "Centre de doc - Centre d'Economie de la Sorbonne", le site Educpros.fr du groupe L’Etudiant a développé une plateforme de blogs dédiée à la formation, l’enseignement supérieur, la recherche, ce qu'affirme la Charte en ces mêmes termes :

Le site Educpros.fr (groupe L’Etudiant) développe une plateforme de blogs dédiée aux questions relatives à la formation, l’enseignement supérieur, la recherche et l’éducation de façon plus large.

Les blogeurs d'Educspro, pour l'instant sont Michel Abherve,Henri Audier,Yann Bergheaud,Bernard Deforge, Pierre Dubois, ,Jean-François Fiorina, Denis Lapert, Claude Lelièvre,et Olivier Oger : des chercheurs et enseignants-chercheurs dont vous trouverez une description ici.

La plateforme vient d'ouvrir. Elle publiera les billets des participants au fur et à muesure. Ces derniers cependant ne sont ni indexés ni catégorisés, les seules catégories proposées permettant de retrouver les interventions en fonction de leur auteur.

mardi 15 septembre 2009

Etat des lieux des plateformes pédagogiques

La Delta Initiative, un groupe de consultants si j'ai bien compris, et l'Université de californie proposent une  intervention sur l'état actuel des principales plate-formes pédagogiques ou LMS (learning management system) intitulé : "The state of Learning Management in the Higher Education Systems"

Après une présentation du système en œuvre à l'Université de Californie (dit le plus grand campus du monde), le diaporama revient sur le marché des LMS et permet de mieux comprendre où on en sont les derniers développements des plateformes pédagogiques open-source ou propriétaires, quelles sont les tendances et les questions qui se posent, notamment dans les universités et les consortia.

Le graphique ci-après prsente par exemple l'évolution de ces plateformes ces dernières années.

Delta Initiative

Il est intéressant en outre de noter que la plupart sinon la totalité de ces systèmes est né dans une université, que l'évolution de ces systèmes et la large développement démarre surtout en 2004 et que les prix ont entre temps explosé. Les conclusions sont elles plutôt modérées qui considèrent que les modèles propriétaires et open-source vont continuer à se développer et coexister sans prendre vraiment l'ascendant.

Vous pouvez lire l'ensemble de la présentation ici and lire WebEx archive (la version filmée ?) ici.

mardi 30 juin 2009

Projets éducatifs dans les univers virtuels

De nombreux établissements d'enseignements se sont emparés de Second Life et autres mondes virtuels. Les communautés se sont regroupées dans le monde comme le montre le grand nombre d'îles EduIsland qui accueillent les communautés éducatives au sein de l'InfoArchipel. La liste d'institutions et organisations dans SL proposée par le wiki SimTeach, "Second Life Education Wiki", est assez éloquente à ce sujet et propose même des exemples de cours à dispenser en ligne. Certaines universités achètent même leurs propres îles pour y recréer des campus virtuels et spécifier de manière plus importante leur présence in-world. 

Un autre wiki revient quant à lui sur les utilisations pédagogiques des univers virtuels : "Second Life in education : exploring the educational uses of Second Life". Il propose d'ailleurs plusieurs pages sur le sujet revenant et expliquant différents projets : architecture, intelligence artificielle, environnements immersifs, chambres de réalités virtuelles, études à distances mais aussi gouvernances et pratiques civiques, numérisation de documents anciens, recherches sociales et anthropologiques, rôleplay (cf l'expérience de James Milles, directeur de la University of Buffalo Law Library qui utilisait les jeux de rôles dans un cours qu'il propose sur les violences domestiques où il demandait à ses étudiants d'explorer les dynamiques de genres qui peuvent se mettre en place en endossant un avatar d'un genre opposé à celui qu'ils ont dans la vie réelle), urbanisme, tourisme virtuel etc. On se souvient d'ailleurs de ces étudiants de médecine qui opéraient des patients virtuels.

Plus prosaïquement, la plupart des universités proposent simplement des cours en distanciel par l'intermédiaire de l'univers virtuel. Dès l'automne 2006, la Harvard Law School et la Harvard Extension School proposaient des cours juridiques online. Les étudiants en droit pouvaient ainsi assister en temps réel à "CyberOne : Law in the Court of Public Opinion" (vidéo de présentation) sur l'île Berckman Island.

Une nouvelle étape vient désormais d'être franchie puisque Bryant & Stratton College, un établissement qui possède quatre campus dans des états différents et un cinquième virtuel, vient d'organiser une cérémonie de remise des diplômes dans l'univers virtuel Second Life. L'idée est donc que les étudiants, qui ont suivi des cours en distan-présentiel, recoivent également leur diplôme en ligne. De l'inscription au diplôme, tout peut ne plus passer que par l'univers virtuel.

lundi 8 juin 2009

Forums des métiers sur Second Life

Voici longtemps que je n'avais parlé de Second Life. Et pourtant, ce n'est pas l'envie ni les sujets qui manquent. il faudra d'ailleurs que je revienne sur les changements qui se sont déroulés ces derniers mois dans cet univers virtuel et les bouleversements sensibles qui s'y déroulent. Je pourrais ainsi vous parler des problèmes de coûts rencontrés par Linden Lab et par conséquent les résidents. Les tarifs des îles ont évolué en fin d'année dernière provoquant des fermetures et un changement de la configuration des archipels. Je pourrais également décrire plus attentivement la présence de l'ALA qui possède une île sur l'InfoArchipel ou revenir sur SciLands, l'archipel des îles à thématique scientifique regroupant des organismes publics comme la NASA, des musées et des universités. L'InfoArchipel lui-même recense quelques 45 îles, pas toutes de bibliothèques mais au moins à visée informationnelle et pédagogique, ainsi que quelques îles partenaires.

Pour l'instant, je voulais évoquer le forum des métiers organisé par la célèbre American Chemical Society (ACS) qui ouvre aujourd'hui dans Second Life, ce jusque jeudi prochain. En soi, le site est relativement pauvre d'information, mais je trouve notable néanmoins qu'une entreprise aussi importante qu'ACS décide d'installer une présence forte dans l'univers virtuel. Apparemment, employeurs et postulants peuvent s'inscrire en ligne, avoir des entretiens par le biais de webcams ou suivre des animations prévues en webcasts.

De la même façon, le 8 mai dernier, s'est tenu sur Second Life un forum des métiers en Sciences de l'Information. Organisé surtout par le groupe LIS Student union, un groupe d'étudiants en Sciences de l'Information de l'université d'Hawaï mais accueillant plus largement les étudiants en SIB dont le siège se trouve sur Info International.

Le programme de la journée était composé de session d'initiation à l'interface de Second Life, de conférences sur la présence des bibliothèques et des bibliothécaires in world, de présentations de travaux des étudiants et d'une fête couronnant le tout. Dans le programme donné ci-dessous, les noms des intervenants sont remplacés par leur pseudo sous Second Life.

  • Noon-2 pm SLT: Orientation sessions for new avatars
  • 2-3 pm SLT: First Panel: "The intersections of SL Libraries and RL Libraries"

2:00 - 2:15 Opening Keynote Speaker, Kitty Pope, Executive Director, Alliance Virtual Library, AVL’s 3rd Anniversary
2:15 - 2:30 JJ Drinkwater, Digital publics, anytime reference, and the conversation of culture: Lessons from the life of a cartoon librarian
2:30 - 2:45 Honoria Paine, Medical Librarianship in SL
2:45 - 3:00 Kitty Mumfuzz, Recruiting in SL

  • 3:15-4 pm SLT: "Student SL Research Presentations"

3:15 - 3:30 Rhaenys Taney, Metaphorical Design
3:30 - 3:45 lejenna Krautrauch, Affective Response to Design
3:45 - 4:00 Melanie Twine, Book Search and Display in SL

  • 4-5 pm SLT: Second Panel: "What libraries are looking for in today’s job market".

4:00 - 4:15 Puglet Dancer, Areas of Emphasis in Recent Job Searches
4:15 - 4:30 Rocky Vallejo, Employment Needs of Kansas State Library
4:30 - 4:45 Maggie Marat, Finding Your Tribe: Networking in Second Life
4:45 - 5:00 Hypatia Dejavu, Being a LGBT Librarian in Today’s Libraries

  • 5-7 pm SLT: Social Networking Party mixer for Career Fair and Library Fair participants and friends with DJ Gwen Carillon, dancing and music.

J'espère vivement pouvoir trouver les textes de ces interventions sans nul doute riches et intéressantes. Selon Amanda Hahn, assistante de recherche à l'université d'Hawaï et co-organisatrice de l'événement, il y eut a peu près une quarantaine de participants, ce qui est assez honorable pour ce genre de manifestation. Des bornes proposaient même des liens vers des offres de recrutements réelles.

Bornes vers des offres d'emplois.

Intervention de Maggie Marat sur la présence d'une bibliothèque publique in world.

vendredi 29 mai 2009

Des sciences de l'information et des bibliothèques

D'après la revue "American Libraries", une école en Sciences de l'information, de la communication et des bibliothèques américaine aurait abandonné le mot "bibliothèque" de son nom.

The Rutgers University Board of Governors approved a resolution April 2 removing the words “library studies” from the name of the School of Communication, Information, and Library Studies. Effective July 1, its name will be the School of Communication and Information.

D'après les membres de la faculté, cette évolution reflèterait l'évolution du département et des enseignements précisant que, même si les cours sur la bibliothéconomie est toujours présente, elle paraît moins importante que la communication et les sciences de l'information.

il est intéressant de noter également l'opoosition qui s'est manifesté à une telle décision : l'association des bibliothécaires du New jersey, en effet, aurait ainsi manifesté son refus au motif que la part "Bibliothèques" de l'enseignement risquait d'en pâtir et surtout qu'une telle disparition risquait de nuire aux étudiants, futurs bibliothécaires, qui risquaient de se sentir exclu de la communauté professionnelle.

“There is a community identification with libraries and librarians and by removing this from the name of the institution, you’re breaking it,” said Rutgers alumnus Maurice Freedman, a library consultant and former American Library Association president. “Alumni that feel alienated and disconnected are not going to be opening their checkbooks as readily as they would with a name they know and accept.”

C'est vrai qu'un nom est important. Et peut-être effectivement encore plus au sein d'une communauté professionnelle aussi définie (ce qui demeure discutable par certains aspects ?) que la nôtre. Lorsqu'en 1990, l'ensb est devenue l'enssib, l'ajout de cette mention 'Sciences de l'information" n'est pas alors anodin. Que dirait-on alors si l'école ne devenait plus que enssi ? Je pense que ce ne sera pas pour tout de suite quoiqu'il en soit, l'école s'est fait une spécialité des sciences et de l'histoire des bibliothèques qu'il convient de mettre en avant et de souligner, mais la prégnance des sciences de l'information comme changement y compris dans les enseignements et au-delà au niveau de l'identité même du métier n'est pas à ignorer à l'heure où se multiplient fonctions et donc titres. Quant au lien entre sciences de l'information, de la communication et des bibliothèques, la discussion est toujours ouverte...


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