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Tag - Formation

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jeudi 30 janvier 2014

Des moocs pour les bibliothécaires

On finit par savoir ce dont il s'agit. J'en ai déjà parlé sur ce blog et d'autres se sont emparé de cette nouvelle mode pour l'approfondir ou la critiquer. Il n'empêche que les cours en ligne ouverts massivement (MOOCs) forment actuellement une tendance non négligeable de la formation à distance.

Je ne reviendrai pas sur l'intérêt pour une bibliothèque de s'intéresser à ce genre d'évolution pédagogique, ni sur les implications que cela présuppose ou sur la façon dont elle pourrait répondre aux besoins informationnelles de stagiaires distants. Il s'agit là d'enjeux importants qui mobilisent notamment nos collègues outre-atlantiques.

Ce qui m'intéresse aujourd'hui est plus la façon dont les professionnels peuvent s'emparer de ces outils au titre de la formation professionnelle continue, outre l'intérêt d'explorer ces outils et de comprendre comment ils fonctionnent.

Dans cette optique, je vois trois intérêts à suivre ce genre de cours universitaire gratuit en ligne.

1. Élargir ses compétences

Le premier usage est purement professionnel : vous êtes responsable de collections mais pas forcément spécialiste du domaine que vous suivez. Les cours en ligne vont vous permettre d'explorer un peu plus ces domaines dont vous entendez parler à longueur de journée. Dans cette optique, la plateforme France Université Numérique recense une trentaine de cours à distance en français sur des domaines aussi variés que l'environnement, le droit, le numérique, le management et la gestion de projet, les relations internationales, la santé, les sciences ou les sciences humaines et sociales. Souvent, il s'agit de "principes", d' "éléments", d'un "abc" ou d'une "introduction"... c'est à dire d'un premier niveau d'informations accessible au plus grand nombre.

Bien sûr, si vous êtes anglophone, vous aurez tout intérêt à compulser les multiples établissements qui proposent des cours en ligne qu'il s'agisse du MIT et de Harvard via la plateforme EdX, de la plateforme Coursera qui regroupe une soixantaine d'universités (Colombia, Toronto, Washington, mais aussi Amsterdam, Barcelone, Centrale Paris, Normale Sup', Lausanne, Genève...), des vidéos pédagogiques de la Khan Academy (quelques vidéos en français), ou des cours de la codacademy pour apprendre à coder de manière interactive (même si c'est toujours plus fun d'apprendre à coder en jouant).

2. Comprendre son environnement

Un deuxième niveau ne porte pas directement sur votre quotidien mais doit pouvoir vous donner des clefs pour mieux comprendre ce dernier, l'environnement, les évolutions sociales. Un mooc sur la fabrication numérique par exemple peut donner des clefs pour mieux appréhender ces évolutions technologiques qu'on voit émerger peu à peu dans ces objets que sont les fablabs et autres makerspaces. Outre-atlantique, on propose de la même façon un cours intitulé Social issues through the comic books, (organisé par Canvas network et qui débute le 10 mars 2014).

3. Des Moocs bibliothéco-centrés

Enfin, le dernier niveau porte bien sûr sur des considérations strictement professionnelles et bibliothéconomiques. Honnêtement, il n'en existe pas tant que cela, et aucun en français à ma connaissance, mais en fouillant un peu il est possible de trouver une liste de formations susceptibles de vous intéresser. Ainsi ces derniers mois, Marlène Delhaye a-t-elle suivi le cours The Hyperlinked Library proposé par la San José State University. Elle revient dessus dans un billet éclairant qui n'élude pas les contraintes qu'un tel suivi impose, notamment en terme de charge de travail.  Cet été, Hortensius a, quant à lui, suivi un autre cours proposé cette fois par l'université de Syracuse à New York et intitulé : The new librarianship. Il nous en propose également un retour sur son blog.

D'autres Moocs se sont tenus sur nos thèmes professionnels (par exemple Information literacy for art and design students, par l' Association of Independent Colleges of Art and Design, qui se tenait cet automne 2013) ou sont organisés actuellement (Teaching library research strategies par le réseau CANVAS ouvert le 27 janvier 2014).

Néanmoins, si la formule vous tente et que vous souhaitez tenter l'expérience, et en attendant que d'aucuns, francophones, soient signalés, vous trouverez les cours suivants :

  • Communication :
Library Advocacy Unshushed: Values, evidence, action par l'Université de Toronto, débute le 24 février 2014

The course will include:

  • Values and transformative impacts of libraries and librarianship.
  • Research on current perceptions of libraries and librarians.
  • Role of relationships in advocacy.
  • Principles of influence and their impact on advocacy.
  • Strategic thinking and planning in advocacy.
  • Effective communication: messages, messengers, and timing.
  • Recherche d'information / Formation des usagers
Digital Literacies I, par la San Diego State University, débute le 24 février 2014
Reading for Understanding: Literacy for Learning in the 21st Century, par West Ed, débute le 10 février 2014
Google Ninja (utilisation avancée du moteur), par le réseau CANVAS. Débute le 10 mars 2014

Cela ne vous donne pas envie de participer ?

jeudi 14 février 2013

Évaluer les apprentissages par le jeu

Un récent article de Mary J. Snyder Broussard, paru dans Journal of Academic Librarianship, propose d'évaluer les formations proposées en bibliothèque par le jeu.

L'auteure part du principe qu'aujourd'hui, dans l'Enseignement Supérieur (et ailleurs), l'évaluation des actions est indispensable. En bibliothèque, cela a donné lieu à la mise en place soit de grosse machines d'évaluation gourmandes en temps et énergie type Libqual+, soit sous forme de mini-évaluations non-systématiques et proposées immédiatement, tant que les étudiants sont encore présents.

L'argument de l'article est donc, outre rappeler et souligner l'importance des évaluations dans les formation, de proposer une méthode originale d'évaluation par le biais de jeux éducationnels. L'article revient sur l'importance des évaluations en bibliothèque, considère les modalités offerte par les jeux éducatifs et compare les deux modalités afin d'en extraire des similitudes et des modalités pouvant être réutilisées dans un contexte professionnel. En gros, le côté actif, participatif du jeu permet de mettre en pratique les compétences acquises. Mais au-delà, il s'agit pour le formateur d'atteindre des fonctionnalités de feedbacks, de retours immédiats,  de faciliter l’implication et d'améliorer les capacités d'apprentissage des participants

Parmi les jeux évoqués, on trouve :

  • "Des agents secrets à la bibliothèque" [Secret Agents in the Library] qui propose à un groupe d'usager d'explorer les ressources électroniques, les périodiques et les monographies  pour répondre à des questions. Les ussagers ainsi parcourent le répertoire de la bibliothèque, son site internet, les ressources en ligne et les bases de données.
  • "La Menace Gobelin" [Goblin Threat], un jeu pour comprendre les enjeux de la citation scientifique et du plagiat, se présente comme une sorte de QCM où l'usager doit répondre aux questions qui lui sont posées pour trouver le gobelin, chaque bonne réponse permettant de tuer un gobelin.

Dans les deux exemples, les bonnes réponses permettent de gagner des points et sont l'occasion de commentaires, voire de tutoriel ou d'explications plus poussée en cas de mauvaise réponse. 

  • Un troisième exemple proposé est "Bibliobouts" de la bibliothèque universitaire du Michigan, qui demande aux participants de trouver et insérer des citations bibliographiques dans un document ensuite soumis à la critique de l'ensemble du groupe, permettant ainsi d'acquérir une évaluation qualitative en plus de celle quantitative de réponses proposées.
  • Auquel on pourrait ajouter "Escouade B", le jeu sérieux proposé par le réseau des bibliothèques de Montréal dans le cadre du programme d'animation Bibliothèque à la rescousse (présentation par Thierry Robert lors de la journée d'étude sur les jeux sérieux en Bibliothèque à l'enssib).

Tous les objectifs d'apprentissage ne peuvent pas être rendu par des jeux. Ces derniers prennent du temps au moment de la conception tandis que le moindre défaut sera disséqué et souligné. De plus il convient de travailler au story board du jeu afin de faire correspondre chacune des activités aux objectifs recherchés mais l'évaluation ludique présente de nombreux avantages pour les bibliothécaires et pour lieux impliquer les étudiants. 

vendredi 12 octobre 2012

Des MOOCs et des bibliothèques

L'association des bibliothèques de recherche américaines vient de publier un article sur les MOOCS intitulé : Massive Open Online Courses: Legal and Policy Issues for Research Libraries, un sujet qui émerge de manière de plus en plus nette dans les préoccupations actuelles et que d'aucuns considèrent comme le concept éducationnel qui fait le plus de buzz cette année.


1. De quoi s'agit-il exactement ?

Les MOOCs désignent donc les Massive Open Online Courses, littéralement des cours ouvert massivement multi-apprenants. Il s'agit donc de cours accessibles librement en ligne, ouverts à un nombre illimité d'inscrits, une forme pédagogique liée à l'enseignement à distance qui attire de plus en plus d'institution à l'instar de...

Il existe de la même manière plusieurs types de MOOCs. Initialement, ils se voyaient centrés sur les échanges entre les participants qui forment le cœur des apprentissages, tandis qu'on assiste plutôt à l'émergence d'enseignements institutionnels adoptant la structure plus traditionnelle d'un cours en présentiel, transposé sur une plateforme de cours en ligne. Dans le premier cas, chacun apporte sa pierre à l'établissement de savoir en faisant ses recherches de son côté (on parle là de cMOOC, pour souligner l'approche connectiviste). Dans le second cas, on évoque les xMOOCs, en référence à l'initiative edX du MIT, en collaboration avec les universités de Harvard, de Berkeley et aujourd'hui de l'Université du Texas. Mais depuis, de nombreuses autres universités se sont lancées dans la production de cours en ligne comme le montre la plateforme Coursera qui propose 200 cours, à l'heure où ce billet est écrit, et revendique plus d'un million d'utilisateurs (ici, un cours sur la gamification, là sur ces technologies qui nous menacent).

En septembre dernier, Google lui même s'est intéressé au modèle en lançant sa propre plateforme de partage : Course Builder, une plateforme open-source proposant des xMOOCs (en fonction de la modalité d'apprentissage recherchée, les plateformes vont en effet différer) et réunissant des institutions prestigieuses comme les Universités de Stanford, d'Indiana, de San Diego, l'EPFL de Lausanne ou, entre autres, un consortium panibérique : Universia.

Nous ne sommes évidemment pas aussi avancé en France pour la mise en ligne de cours gratuits, mais nous proposons déjà un accès certain à nombre de ressources en ligne au travers notamment des universités numériques thématiques. On y trouve des ressources de toute nature (vidéos, cours, exercices, QCM) etc. De la même façon, plusieurs universités proposent des cours en ligne à partir de plateformes locales, des ENT des établissements ou d'un dépôt sur des plateformes privées comme iTunes (cf. un billet précédent) mais ces enseignements sont rarement massifs ni même ouverts à tous

2. Pourquoi des MOOCs dans mon établissement ?

Dans son article "Quelle offre de MOOC pour mon établissement ?", Jean-Marie Gilliot, Maître de conférence au département informatique de Télécom Bretagne, propose deux axes de développement de cours en ligne aux étudiants d'une institution : développer des MOOCs en interne, et autoriser l'accès aux MOOCs externes.

Dans le premier cas, il liste les objectifs suivants (je ne développe pas les items mais vous renvoie à son article sur le sujet) :

  • Pour démontrer la dynamique de l’établissement.
  • Pour accroître la visibilité de l’établissement.
  • Pour attirer des futurs étudiants.
  • Pour faire des économies.reste difficile à évaluer. Surtout que la concurrence obligera certainement à faire vévoluer les couprs plus vite qu’aujourd’hui ;
  • Pour permettre à de nouveaux étudiants de s’inscrire dans des formations existantes
  • Pour développer une nouvelle offre.
  • Pour rendre une offre disponible sur plusieurs sites.
  • Pour améliorer la pédagogie.

Cependant, dans son article "Making sense of MOOCs : Musing in a maze of Myths, Paradox and Possibilities", Sir John Daniels, spécialiste de la question et membre du Conseil de l'Éducation au Royaume-Uni (entre autres) précise que le système ne représente pas la panacée en matière éducative, entre des étudiants qui plagient plus facilement qu'en présentiel d'une part et d'autre part un pourcentage finalement relativement faible d'apprenants qui réussissent le diplôme :

Patterson reports that only 7% of the 50,000 students who took his Coursera-UC Berkeley course in Software Engineering passed (Meyer, 2012).

Un taux extraordinairement bas, mais qui s'explique en partie par le fait que, les cours étant gratuits, ils attirent nombre de curieux que des frais universitaires auraient de la même façon rebutés.

Le potentiel d'apprentissage apporté par toutes ces technologies ne fait aucun doute, ne serait-ce pour la démultiplication des ressources éducatives pour un coût relativement faible, mais pour l'instant leurs usages n'est pas réellement entré dans les mœurs, voire se sont plutôt révélées décevants (cf. aussi l'usage des notebook au Pérou).

De la même façon, on peut se demander si la plupart des MOOCs sont réellement innovants d'un point de vue pédagogiques, et s'ils ne reprennent pas au contraire des méthodes anciennes, verticales, largement éprouvées. Les techniques de formation à distance existent depuis quarante ans. Voire, il y aurait dans les MOOCs encore moins de personnalisation des enseignements puisque l'enseignant -dont la présence demeure nécessaire comme le montrent les études sur la formation à distance justement-  ne peut suivre autant d'inscrits de manière simultanée.

Il ne s'agit donc pas d'espérer diffuser largement un enseignement supérieur comme éducation populaire, mais bien plutôt de favoriser l'insertion des institutions dans une politique de développement d'enseignements à distance et plus largement de mise à disposition de ressources pédagogiques numériques (espérons le, ouvertes).

3. Et dans ma bibliothèque ?

Plusieurs bibliothèques universitaires s'intéressent à la valorisation des ressources pédagogiques numériques, libres ou non, et à la façon dont elles peuvent / doivent les intégrer dans leur offre de ressources. Le premier angle d'approche concerne un partenariat entre le SCD et les services informatiques sur l'indexation des Ressources pédagogiques numériques mais elle peut aller jusqu'à la production de cours en ligne en fonction d'établissements.

On demeure loin cependant de la problématique des MOOCs et de leur double contrainte de proposition de cours massivement multi-apprenants d'une part, et ouverts d'autre part. 

L'ARL s'empare donc du sujet et souligne que les MOOCs soulèvent des questions légales et stratégiques importantes pour les établissements, liées aux enjeux du libre-accès et de l'égal accès de l'information pour tous.

These questions involve information policy concerns that are central to research
libraries, including the proper application of fair use, the transition to open access as the
default mode of scholarly publishing, and the provision of equal access to learning
materials for students with and without disabilities.

Selon l'association, les bibliothèques doivent évidemment prendre part à ces nouveaux modes d'apprentissage en suivant deux directions parallèles : la première, classique, est de faciliter l'appropriation par les étudiants des ressources en ligne qui leur sont nécessaires ; la seconde plus récente mais non moins importante est de conseiller les Universités dans leur utilisation d'un environnement libre et ouvert.

D'un point de vue légal, les MOOCs soulèvent des questions relatives à :

  • L'utilisation de cours et de références tierces dans des cours en ligne
  • Le statut juridique des cours produits et, partant, des enseignants (droit d'image par exemple)
  • Le lien avec le Digital Millenium Copyright Act (responsabilité des contenus)
  • L'accès des enseignements aux publics handicapés
Ce sont ces différents points que le document tente d'éclaircir au regard du droit américain (Existe-t-il toujours une exception pédagogique quand le cours est censé se voir "massivement" distribué ? Ou quand la plateforme est co-gérée par une entreprise privée par exemple ? Qui est propriétaire du cours et des supports, l'enseignant ou l'institution ? Qui est responsable en cas de contenu illégal ?)

D'un point de vue stratégique, l'ARL affirme les positions suivantes :

  • L'utilisation du Fair Use est un droit essentiel pour les bibliothèques et leurs usagers
  • Il faut utiliser et promouvoir des modèles Libres
  • Il faut penser l'accessibilité pour tous les contenus dès le début du projet 

L'association conclue en réaffirmant le rôle primordial des bibliothèques dans le développement de cours ouverts massivement multi-apprenants en ligne. Au delà des enjeux évoqués, il s'agit de souligner l'importance et la pertinence des bibliothèques et de leurs collections comme soutien aux enseignements ; c'est pourquoi la façon dont ces dernières, en tant qu'expertes seront associées au développement des MOOCs apparaît central.


Pour aller plus loin :
  • MOOC Madness : http://chronicle.com/section/Online-Learning/623/
  • http://tipes.wordpress.com/category/environnements-dapprentissage/mooc/

mardi 8 mai 2012

Réaliser un travail de recherche - poster

Mathieu Plasse est "analyste en technologies éducatives" à l’Université du Québec.

Dans un billet paru sur le blog collaboratif des bibliothécaires du réseau de l'Université du Québec, Tribune Compétences Informationnelles : la collaboration au service du milieu documentaire, il a récemment proposé un poster décrivant comment , comment les bibliothécaires peuvent guider, aider et orienter les étudiants à travers les différentes étapes de leur travail de recherche.

Ce poster, issu des travaux du GT-PDCI (Groupe de travail du Programme de développement des compétences informationnelles du réseau de l’Université du Québec) est librement réutilisable selon une licence Creative commons 3.0. Les documents sont téléchargeables à partir du blog notamment.

vendredi 9 mars 2012

Acquérir une culture numérique

Ainsi que vous l'avez certainement vu, l'enssib vient de publier dans la collection Boîte à outils un ouvrage intitulé Développer la médiation numérique documentaire.

Pour la première fois, cette ouvrage fait l'objet d'une version numérique vous permettant :

  • d'accéder gratuitement aux articles
  • de commenter les articles et retours d'expériences proposés
  • de contribuer à la réflexion via un forum de discussion
  • d'enrichir le contenu, notamment par le complément d'un entretien entre Xavier Galaup qui a dirigé l'ouvrage et Michel Fingerhut, directeur de la Médiathèque de l'Ircam à propos du Portail de la musique contemporaine.

Si cette formule vous convient, vous êtes également convié à répondre à un questionnaire sur les besoins et les usages des acheteurs des livres des Presses de l’enssib en matière de versions numériques. On peut louer cette initiative de la part des Presses de l'école et je vous espère nombreux à y répondre. 

Xavier Galaup m'a donc sollicité pour évoquer l'acquisition d'une culture numérique pour les professionnels de l'information, comme préalable et partie prenante à la mise en place d'un projet de médiation numérique documentaire.

Je ne reviens pas sur l'article, que vous trouverez en ligne, donc, avec les contraintes propres de l'exercice (notamment en terme de nombre de caractères, mais parfois cela fait du bien aussi de se forcer à être synthétique ET clair, ce qui est loin d'être toujours évident).

Mon propos est donc d'établir un besoin de culture numérique qui passe d'abord par une certaine curiosité professionnelle. Une curiosité, mais pas uniquement. Un certain nombre d'enjeux externes doivent nous pousser également à nous informer sur les mutations de notre profession : Les évolutions techniques qui changent notre environnement d'une part et exercent dessus, de manière plus ou moins transparente, certaines pressions (importunes comme opportunes), les mutations des publics et de leurs besoins qui influent également sur la qualité des services rendus, la concurrence d'autres services en ligne apparaissent comme autant de facteurs nous amenant à mieux envisager et comprendre une évolution générale induite par le numérique et à lui opposer une réponse professionnelle adaptée.

Ces mutations nous poussent à mieux cerner d'inévitables besoins en compétences nouvelles que j'ai essayé, dans l'article, de rassembler en trois catégories :

  • Des compétences stratégiques permettant d'envisager ce nouveau contexte et de construire un projet de service sinon éclairé, du moins averti ;
  • Des compétences techniques requérant la maîtrise de ces nouveaux outils pas tant d'un point de vue informatique -nous ne sommes pas et ne devons pas nous substituer aux informaticiens- qu’informationnel, professionnel.
  • Des compétences organisationnelles qui apportent là un volet plus managérial en s'intéressant à la mise en œuvre de ces projets numériques documentaires au sein de l'organisation.

Il ne s'agit cependant pas d'opposer des compétences à d'autres, ni de se spécialiser et de n'acquérir qu'une vision technique par exemple. C'est bien leur interdépendance, leur complémentarité qui permettra une prise en main et une mise en œuvre réussie du projet final.

Je pense donc que l'acquisition de ces compétences, comme de la culture numérique d'une manière générale, est aujourd'hui primordiale et doit passer par une multitude de dispositifs de formation qu'ils soient formels (cours de formation initiale, stages de formation continue) ou informels (formations internes, expérimentations, micro-formations). Je crois sincèrement en l'importance des cours et des stages, notamment parce qu'ils permettent de prendre le temps, de formaliser des connaissances diffuses, d'échanger avec d'autres professionnels et je demeure persuadé qu'ils sont nécessaires et compatibles avec le travail, l'expérimentation et la veille quotidiens pour transformer des connaissances en compétences.

Cela signifie surtout que les fonctions liées à la mise en place d'une chaîne de médiation doivent être reconnues et inscrites

vendredi 10 février 2012

Bataille de hashtags !

Sur son blog, Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur, Jean-Marie Gilliot relate une expérience intéressante et amusante d'usage pédagogique de twitter et venant d'un de ses élèves.

Il explique ainsi inciter ses élèves à utiliser twitter dans ses enseignements pour partager leurs trouvailles, annoncer les nouvelles productions des différents sous-groupes et accéder aux liens postés tout au long des travaux. L'appropriation de l'outil diffère selon les élèves qui sont alors plus ou moins familiers de twitter mais, y compris dans ce cadre pédagogique et donc relativement strict, il a noté l'émergence de commentaires plus décontractés et de private jokes. Les cours sont signalés sur twitter via leurs hashtags respectifs, ces mots-clefs qui permettent de caractériser un tweet.

Afin de favoriser l'usage de twitter par les élèves, il a donc été proposé une bataille de hashtags entre les 2 groupes classe. L'idée part d'un site astucieusement nommé Hashtagbattle, né d'une compétition entre deux Startup Weekends qui se déroulaient le même jour à Nice Sophia-Antipolis (France) et Lauzanne (Suisse). Il s'agissait alors de savoir laquelle des deux récolterait le plus de tweets. Et oui, pour une fois, le produit est français.

D'autres fonctionalités du site sont notables comme le graph du nombre d'occurance d'un hashtag sur les dernières 48h, ou un liste des hashtags les plus utilisés.

Un côté compétition donc qui peut entrainer de saines émulations. De plus, précise Jean-Marie Gilliot, c’est intéressant car les deux groupes se retrouvent à consulter les publications des autres élèves, ce qui enrichit notablement les échanges, les uns réagissant sur les posts des autres.  Mais, je n’ai pas noté d’implication plus importante de ceux qui n’étaient pas très actifs sur ce média.

Une idée originale et conviviale pour mieux faire participer les élèves.

lundi 30 janvier 2012

Bibliothèques, construction de soi et lutte contre les stéréotypes

L'Association des Bibliothécaires de France vient de donner son accord à la création d'un groupe de travail autour du thème "Bibliothèques, construction de soi et lutte contre les stéréotypes".

Ce groupe propose déjà un blog d'échanges et de réflexion, un compte twitter pour la diffusion des billets et une adresse mail générique pour le contacter.

Fonctionnement de l'ABF

Parenthèse sur le fonctionnement de l'association : selon ses statuts, l'ABF est administrée par un Conseil national qui regroupe les président-e-s de chacun des groupes régionaux. Ce Conseil définit la politique de l’association, programme et contrôle les activités et la gestion de l’association et se voit présidé par le président de l’association. Entre les réunions, c'est un bureau national élu parmi les membres du Conseil qui coordonne les orientations politiques et la gestion de l’association.

Pour répondre de manière plus efficace aux missions que s'est donnée l'association, sont créées au niveau national des groupes de travail et des commissions censés prendre en charge les études correspondantes, mettre en œuvre des actions spécifiques, conseiller l’association dans leur domaine de compétence et de constituer au plan national des pôles d’expertise permettant à l’association de faire valoir ses compétences dans différentes instances (art.8 du règlement intérieur). Je ne suis pas très au fait de la différence sémantique entre groupes et commissions mais il semble que les secondes disposent d'une assise et d'une prégnance plus importante au sein de l'association. 

Actuellement, d'après le site internet, les commissions proposées sont les commissions

et les groupes de travail

auxquels donc vient s'ajouter le nouveau sur la construction de l'individu.

Si jamais une de ces thématiques devait vous intéresser, n'hésitez pas à en contacter les membres. Ils seront toujours ravis de vous accueillir et d'échanger avec vous.

Fernand Léger - La lecture

Création du groupe de travail "Bibliothèques, construction de soi et lutte contre les stéréotypes"

C'est donc récemment qu'une partie des membres de l'association a souhaité constituer un groupe de travail autour des questions de la construction de l'individu.

A la suite des travaux de chercheurs sur l'inclusion et le rôle de la lecture dans la construction de l'identité, il a semblé important en effet de réfléchir sur la façon dont les collections, les animations, les espaces, les services, les missions proposés pouvaient participer de cette construction.

Cet engagement s'oriente selon deux axes majeurs : la construction de son identité pour un individu, ce que le groupe résume dans un à-propos sous les lignes :

La bibliothèque en tant qu’institution culturelle et plus encore, les bibliothécaires en tant que médiateurs du livre et de l’information, en tant que passeurs de culture, ont réellement un rôle à jouer dans la construction de l’individu en lui donnant accès à des collections et des espaces en lesquels il peut interroger, construire et affirmer ce qu’il est, ce qu’il souhaite être, ce qu’il se pense être.

et, au-delà, la lutte contre les stéréotypes pour changer les représentations :

Accompagner l’expression des minorités doit permettre également de lutter contre les stéréotypes en favorisant des rencontres et, sinon créer des prises de consciences, du moins faciliter la prise en compte de la différence. L’enjeu devient de mettre en exergue les minorités afin de créer la surprise, de proposer tours et détours aux rencontres inattendues et d’encourager le dialogue.

Le groupe souhaite ainsi s'intéresser plus précisément à trois grands axes :

  • le multiculturalisme,
  • les questions de genres (rapports hommes/femmes mais aussi masculins/féminins),
  • l’orientation sexuelle et sentimentale.

Et concrètement ?

Pour parvenir à ce résultat, le groupe à mis en place plusieurs outils dont un blog, un compte twitter et une adresse mail générique pour le contacter.

En effet, il existe déjà de nombreuses initiatives et expériences tant en France qu'à l'étranger autour des questions liées à l'inclusion, au multiculturalisme, au genre ou à l'orientation sexuelle, notamment dans les sections jeunesse qui s'accompagnent par ce biais le public adolescent (cf. la bibliographie proposée par le réseau des BM de Metz : Lectures en tout genre), mais pas uniquement. On peut citer ici le très intéressant Point G, centre de ressources sur le Genre proposé par la Bm de Lyon.

Il s'agira donc de proposer par le biais du blog un espace de veille et de réflexion, mettant au jour les initiatives des établissements, des recensions sur les travaux de chercheurs spécialisés dans ces questions (comment ne pas citer les travaux de Michèle Petit sur la construction de l'identité par la lecture ?), des comptes-rendus de journées d'études et proposant des bibliographies.

L'idée est également de faire le lien avec des initiatives et des groupes similaires internationaux, de travailler en coopération avec d'autres groupes professionnels sur ces questions, et les autres commissions et groupes de réflexion de l'association.

Il s'agira enfin de proposer une conférence sur ce sujet au prochain congrès de l'association qui se déroulera du 7 au 9 juin 2012 à l'Espace Paris-Est-Montreuil, sur le thème "La bibliothèque, une affaire publique".

Pour l'instant, nous ne sommes pas nombreux à nous être organisé autour de ces questions, aussi n'hésitez pas à écrire au groupe pour en savoir plus et éventuellement participer.

jeudi 26 janvier 2012

Les 20 ans de l'enssib !

L'enssib a vingt ans.

Rapide historique

1992 est une année charnière. Avec la création de l'enssib donc, qui succède à l'ENSB, l'École nationale des bibliothécaires, créée à Paris en 1963 installée à Villeurbanne en 1974 sur le campus de la DOUA, apparaît l'IFB, l'Institut de formation des bibliothécaires (et oui, la formation initiale des bibliothécaires a elle aussi vingt ans), par le même décret constitutif n°92-25 du 09 janvier, tandis qu'on met en place un concours spécial réservé aux élèves de l'École nationale des chartes pour leur permettre de suivre la scolarité du nouveau Diplôme de conservateur des bibliothèques, mettant fin à des décennies de formation en parallèle des conservateurs d'État des bibliothèques en France. 

Dès sa création, l'enssib (sans majuscule, selon la charte graphique de l'école) participe également à la formation d'un diplôme universitaire de troisième cycle, cohabilité avec l'Université Claude-Bernard Lyon 1, le DESS en ingénierie documentaire et propose un DEA en Sciences de l'Information et de la communication (1992-1998). Ils seront rejoint par un second DESS réseaux d'information et documentation électronique (RIDE) en 2001 et aboutiront à l'offre de Master en Sciences de l'information et des bibliothèques trois ans plus tard, aujourd'hui déclinée en cinq spécialités

C'est ensuite en 1998 que l'école accueille les élèves conservateurs territoriaux des bibliothèques, suite à une convention avec le Cnfpt et en 1999 qu'elle forme les bibliothécaires d'État avec la fusion de l'enssib et de l'IFB. (cf. la chronologie générale de l'école). 

Certains travaux issus de ces diplômes sont aujourd'hui consultables dans la bibliothèque numérique.

Toujours à partir de 1992, l'école participe à l'élaboration de stages de formation continue dont l'organisation à l'époque incombe à l'IFB en plus de la formation initiale des bibliothécaires d’État avec une offre de cycles de formation tournés notamment vers l'internationale (bibliothécaires étrangers francophones et les agents des bibliothèques françaises à l'étranger). L'enssib accueillit d'ailleurs un diplôme professionnel qui leur était consacré, le diplôme professionnel supérieur en sciences de l'information et des bibliothèques (DPSSIB).

En 1998, un premier stage de formation partiellement à distance est mis en place à destination des bibliothécaires francophones non hexagonaux et c'est en 2010 que sont proposées les premières formations entièrement à distance.

Et je n'évoque là que les activités de formation d'un établissement qui propose également des activités de recherche (colloques et journées d'étude, programme de numérisation de corpus) et de publications autour du Bulletin des Bibliothèques de France dont l'administration est confiée à l'ENSB dès 1980, et des collections éditoriales « Papiers », plutôt théorique, et « Boîte à outils » qui propose des ouvrages pratiques.

Mémoires et temps forts

L'ensemble de ces rappels, mais également des documents d'archives créés depuis 20 ans sont accessibles en ligne au sein d'une mosaïque qui complète le premier acte d'une exposition évolutive proposée tout au long de l'année au sein de l'école.

Ce premier acte, centré autour des lieux et des missions, présente les principales activités de l'école en cinq panneaux d'exposition thématiques (formations, recherche, Presses, BBF, offre de ressources et de services). Il se voit complété par la projection d'un film de quelques minutes revenant sur l'histoire de l'école, l'évolution de l'institution. 

Il se verra complété par un second acte, autour des parcours et des hommes qui ont traversé, vécu et travaillé à l'enssib au cours de ces années, personnels, élèves, étudiants, stagiaires, et par un troisième en fin d'année qui exposera l'aboutissement de larésidence de création de la photographe Aurélie Pétrel, qui travaille, depuis septembre 2011 à l'élaboration d'un portrait contemporain de l'enssib. 

Plusieurs temps forts viendront également ponctuer l'année : 

  • Une Journée Portes ouvertes prévue le 12 mai
  • Les Estivales 2012 (25-26 juin) proposeront un temps d'analyse et de réflexion sous l'intitulé "la bibliothèque : faire société
  • Une Master Class est prévue en septembre
  • Les rencontres Henri-Jean Martin seront autour du thème "20 ans de Patrimoine" (9 octobre)
  • Cinq publications exceptionnelles (donc en sus du programme de publication de l'école) apporteront des éclairages autour des images de la bibliothèque (témoignage de Jacques Roubaud ; représentations des chercheurs Christian Jacob et Annette Wieworka ; rencontres d'écrivains avec des établissements (qui alimentent un blog en attendant) ; paroles d'élus, d'architectes et de conservateurs sur leurs bâtiments ; portraits de professionnels réalisés par les élèves conservateurs de l'école).

Enfin, une base de données des bibliothèques construites pendant la période 1992-2012 est ouverte pour l'occasion et accessible à partir du site web de l'école.

L'enssib a vingt ans

calendrier des manifestations enssib 2012
  • Sept. 2011 - oct. 2012
    • Résidence d'Aurélie Pétrel, photographe 
  • Octobre 2011
    • Lancement de la base de données sur les constructions de bibliothèques 1992-2012
    • Lancement des pages internet « enssib 2012 » sur le site de l'école 
  • Janvier 2012
    • 17 janvier : Lancement de la saison : vernissage de l'exposition évolutive, « Mémoire de l'enssib, acte 1er : des lieux et des missions »
    • 19 janvier : Journée d'étude « Les métiers de la documentation », organisée par l'ADBS et l'Association des anciens élèves de l'enssib
  • Mars 2012
    • 16 et 17 mars : Participation au Salon des masters de Lyon Salon professionnel
  • Avril 2012
    • Parution de Lire, écrire de Jacques Roubaud Publication
  • Mai 2012
    • Exposition évolutive « Mémoire de l'enssib, acte 2 : des parcours et des hommes »
    • 12 mai : Journée Portes ouvertes Portes ouvertes
    • Parution de La gueule de l'emploi ?, 20 portraits de professionnels des bibliothèques
    • Parution d'Imaginaire des bibliothèques 
  • Juin 2012
    • 25 et 26 juin Estivales spéciales enssib 2012 « La bibliothèque : faire société » ; remise des diplômes des DCB 20, fête de l'école et des partenaires le 25 juin en fin de journée
  • Septembre 2012
    • Master class
  • Octobre 2012
    • Parution de Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage 1992-2012
    • 9 octobre : Rencontres Henri-Jean Martin spéciales enssib 2012 : « 20 ans de patrimoine »
  • Novembre 2012
    • Exposition évolutive « Mémoire de l'enssib, acte 3 : portrait de l'enssib par Aurélie Pétrel »
    • Parution d'Architecture des bibliothèques : 1992-2012 
    • 15 novembre : Journée d'étude organisée avec la Joie par les livres-BnF « Enfants et jeunes en bibliothèque : regards européens »

jeudi 12 janvier 2012

Mais que veulent les étudiants ?

D'après une étude mené par l'agence Educause, et cité dans l'article "What students want in a college, les étudiants américains veulent être connectés.

Pas de grande surprise avec ce résultat, sauf que, plus précisément, 60% des étudiants sont très attentifs à pouvoir disposer de connections wifi n'importe où sur le campus, et pas uniquement dans les résidences universitaires ou dans les salles informatiques (quand c'est le cas). Bon, certes, 78% des répondants ajoutent que ce wifi ne va pas les aider à se concentrer sur leurs études, mais plutôt à jouer, écouter de la musique, communiquer avec leurs amis...

L'étude précise d'ailleurs qu'un peu moins d'un tiers des répondants font plus confiance dans la technologie que dans leurs professeurs et que ces dernier d'ailleurs sont “incapable of getting technology working without student aid”, incapable d'utiliser la technologie sans l'aide d'un étudiant.

Les étudiants auraient donc besoin (ou croient avoir besoin) d'être constamment connectés, une autre étude précisant même que les étudiants font la part belle aux classes hybrides, des enseignements qui combinent pédagogie en présentiel et à distance (étude menée par Online Colleges, cf l'infographie ci-après).

L'auteure de l'article part ensuite dans des considérations autour de l'enseignement à distance, soulignant combien il est important et utile pour des étudiants qui, de plus en plus, ont un travail à côté ou des personnes à s'occuper, mais tout en précisant néanmoins également combien des sessions en présentiel demeurent incontournables, ne serait-ce que pour rencontrer, discuter, expliquer certains points plus difficilement assimilés. N'avez-vous jamais eu de problème de communication à cause d'un courriel malheureux ou mal écrit ? 

Dans cette optique, un cours "hybride" semble idéal qui reconnaît d'une part les nouvelles habitudes des étudiants et d'autre part conserve une nécessaire interaction physique avec les étudiants. 

Ci après, une infographie qui revient l'usage des TIC sur les campus américains (cliquer sur l'image pour la voir en grand et en entier)

lundi 12 septembre 2011

L'ESÉN et les bibliothèques

L'ESÉN change de nom. Vous me direz, le changement est transparent et anodin. Vous vous trompez.

1. L'ESÉN

L'ESÉN, c'est l'École supérieure de l'éducation nationale, un organisme en charge de la formation des personnels d'encadrement de l'éducation nationale, et qui concerne donc en premier lieu les lauréats des concours de recrutement d'inspecteurs, et de personnels de direction.

L'École propose également une offre de formation tout au long de la vie destinée aux personnels d'encadrements de l'enseignement scolaire d'une part et d'autre part, pour les personnels de l'enseignement supérieur. Enfin, quatre masters cohabilités en management public et des organisations scolaires visent à professionnaliser ces personnels.

L'établissement se situe à Poitiers, près du Futuroscope.

2. l'ESÉN (bis)

Le 24 août a paru un arrêté modifiant sensiblement le nom de l'ESÉN. L'Arrêté du 24 août 2011 portant création de l'Ecole supérieure de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, un service à compétence nationale directement rattaché à la direction générale des ressources humaines (art.1).

L'article 2 précise les fonctions de ce nouveau service :

L'Ecole supérieure de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche est chargée de la conception, du pilotage et de la mise en œuvre de la formation des personnels d'encadrement pédagogiques et administratifs, des personnels ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé et des personnels des bibliothèques du ministère chargé de l'éducation nationale et du ministère chargé de l'enseignement supérieur (...)

Cette précision paraît surprenante à l'heure où l'enssib vient de contractualiser son projet d'établissement 2011-2015 avec le ministère. Remarquez, l'ESEN s'adressait déjà aux BIATOSS en portant une action nationale de Brochure présentant les actions de formation continue retenues en réponse à l'appel d'offres "Actions nationales de formation" (pdf). Ces actions étaient organisées en 2010-2011 par les établissements d'enseignement supérieur sélectionnés et s'adressaient alors principalement aux personnels BIATOSS exerçant en leur sein (rappelons ici que les bibliothécaires d'état sont personnels BIATOSS mais que les conservateurs sont personnels scientifiques).

Je ne pense pas l'enssib, chargée tout spécialement de la formation des personnels encadrants des bibliothèques, menacée d'une quelque façon. Néanmoins, je suis curieux de voir comment les deux écoles vont se rapprocher pour aborder cette évolution... Je suis incapable encore de considérer leur importance, même si je doute que cela change grand chose pour le moment.

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