Vagabondages

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lundi 30 avril 2007

Le Bouclier bleu

Dans mon compte-rendu de l'intervention d'Alex Byrne, je disais que l'IFLA travaillait de concert avec le Bouclier bleu en promettant de revenir sur ce comité international.

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Le Bouclier Bleu est un symbole choisi par la Convention de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ("Convention de La Haye" - 1954) . Cette Convention adoptée à la suite des destructions massives infligées au patrimoine culturel au cours de la Seconde Guerre Mondiale, est le premier instrument international à vocation universelle qui soit exclusivement axé sur la protection du patrimoine culturel. Elle s'applique aux biens meubles ou immeubles, y compris les monuments d'architecture, d'art ou d'histoire, les sites archéologiques, les oeuvres d'art, les manuscrits, les livres et autres objets d'intérêt artistique, historique ou archéologique, ainsi que les collections scientifiques de toute nature, sans égard à leur origine ou propriétaire. Au départ simple emblème marquant les sites culturels à protéger, il est devenu également le nom d’un comité international créé en 1996 pour protéger le patrimoine culturel mondial en cas de guerre ou de catastrophe naturelle.

Le comité international du bouclier bleu réunit cinq organisations non-gouvernementales qui sont :

Le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels y possède un statut d’observateur et la Division du patrimoine culturel de l’UNESCO ont des représentants présents aux réunions du Comité. Depuis peu, un représentant de la Croix-Rouge est également appelé à assister aux réunions. Selon son président, le Bouclier bleu se veut l’équivalent de la Croix-Rouge pour les biens culturels à ceci près, ajouterais-je, que le Bouclier bleu coordonne plutôt des actions préventives que supplétives. La Convention de la Hague stipule en effet :

Les États parties à la Convention bénéficient de la mise en place d'un réseau composé de plus de cent États qui se sont engagés à adopter des mesures préventives pour assurer cette protection non seulement en période d'hostilités (à ce stade, il est en général trop tard), mais également en temps de paix, par des mesures variées :
• sauvegarder et respecter les biens culturels en cas de conflit armé (cette obligation s'applique également aux conflits de caractère non international) ;
• envisager la possibilité d'octroyer une protection spéciale pour un nombre restreint de refuges destinés à abriter des biens culturels meubles en cas de conflit armé, de centres monumentaux et d'autres biens culturels immeubles de très haute importance en les inscrivant dans le "Registre international des biens culturels sous protection spéciale" ;
• envisager la possibilité d'employer le signe distinctif de la Convention pour certains bâtiments et monuments importants, et ;
• créer des unités spéciales, au sein des forces armées, qui soient chargées de la protection du patrimoine culturel ;
• pénaliser les violations de la Convention et promouvoir largement la Convention auprès du grand public, et des groupes-cibles comme des professionnels du patrimoine culturel, des militaires ou des services chargés de faire respecter la loi.

En 1999, une Second Protocole à la convention de la Haye est adopté afin de pallier au flou et au manque de moyens définis par la Convention de La Haye. Il introduit en effet de nouvelles mesures, avec la création d'une nouvelle catégorie de protection renforcée pour les biens culturels particulièrement importants pour l'humanité induisant des « mesures de protections exceptionnelles » ; il crée aussi un Comité intergouvernemental chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention et du deuxième Protocole, et un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Le comité international du Boucler bleu se voit alors investi d’un rôle de conseil privilégié auprès de ce Comité intergouvernemental pour la Protection du Patrimoine.

D’une manière générale, le Bouclier Bleu est l'une des composantes du Programme de Préparation aux Situations d'urgence, plan cohérent d'action pour l'action concertée de diverses agences et organisations régionales et internationales, qui comprend donc cinq éléments :
  1. Un Fonds indépendant
  2. Le Bouclier Bleu
  3. Documentation et Information
  4. Formation et Manuels
  5. Campagnes de sensibilisation

Les objectifs du Bouclier bleu sont de :
  • faciliter l’intervention de la communauté internationale lorsque le patrimoine culturel est menacé ou lors de situations d’urgence ;
  • encourager la sauvegarde et le respect du patrimoine culturel et plus particulièrement la prévention des risques ;
  • former des experts au niveau national et interrégional capables de prévenir et maîtriser une catastrophe puis d’assurer un retour à la normale ;
  • intervenir en tant que consultant pour protéger le patrimoine culturel en danger ;
  • travailler en liaison avec d’autres organisations notamment l’UNESCO, l’ICCROM et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Pour l’instant les actions du Bouclier bleu ont été surtout centrées sur les grands conflits internationaux tels que la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, les inondations en Europe de l’Est ou en Asie, l’absence d’institutions culturelles en Afghanistan… Pour y arriver, le Comité du Bouclier bleu exhorte les gouvernements, attire l’attention de l’opinion publique et des médias sur les problèmes, essaie de développer la conscience publique sur les formidables dommages qui pourraient être causés notre héritage culturel et parfois, il envoie des experts et de l’équipement de « premier secours » en cas d’urgence. En certaines occasions, il peut être amené à collecter des fonds pour aider les équipes locales. Les actions du Comité sont donc :

  • collecter et partager les informations sur les risques menaçant le patrimoine culturel à travers le monde ;
  • sensibiliser le grand public aux dommages causés au patrimoine culturel ;
  • communiquer les règles de bonne gestion des risques aux différents responsables du patrimoine culturel (institution, gouvernement...) ;
  • inviter les décideurs et les professionnels à prendre les mesures nécessaires pour la prévention et l’établissement d’un plan d’urgence, ainsi que l’intervention en cas de sinistre et la remise en état ;
  • offrir l’expertise de professionnels en cas d’urgence ;
  • identifier les ressources nécessaires à la prévention des catastrophes et à une intervention rapide en cas d’urgence ;
  • encourager la formation de comités nationaux du Bouclier bleu.

Ces initiatives internationales sont relayées et encouragées par des initiatives locales. Des comités du Bouclier bleu ont donc été créés ou sont en cours de constitution dans plusieurs pays qui rassemblent des professionnels d’horizons variés, des instances gouvernementales locales et nationales, des services d’urgence et l’armée. Ils forment les polices à reconnaîtres les objets volés, encourages les institutions à préparer des plans de secours en cas de désastre, entrainent les services d’urgence à protéger les biens culturels. Pour l’instant des comités nationaux ont été créés : en Australie, en Belgique, au Bénin, en République Tchèque, en France, En Italie, en Ireland, en Macédoine, en Norvège, aux Pays-bas, en Pologne et au Royaume-Uni. D’autres comités nationaux sont en cours de constitution au Canada et au Pérou.


Lire aussi:
Avec le bouclier bleu, protégeons notre patrimoine culturel en danger (pdf) actes de la session co-organisee par le programme fondamental PAC et la section des bibliothèques nationales de l’IFLA lors de son 68e congrès annuel à Glasgow en 2002.

lundi 5 mars 2007

Centres culturels et Alliances françaises

Le Ministère des Affaires étrangères nous propose quelques liens en rapport avec le monde des bibliothèques et plus largement celui de la Culture. Il est d'ailleurs dans ses missions que de "conduire et coordonner les relations internationales de la France" et de "promouvoir la culture française à l’étranger".


Pour ce faire, il s'appuie sur le réseau des centres culturels et d’alliances françaises, un réseau d’établissements culturels composé de 146 centres et instituts français et de 280 alliances françaises subventionnées qui représente "un ensemble, irremplaçable et sans équivalent, de lieux ouverts au dialogue culturel, à l’incessant questionnement du monde, à l’invention de l’avenir. Chacun de ces lieux, parfaitement intégré dans le paysage local comme un acteur culturel de premier plan, permet d’organiser des événements culturels majeurs, très au-delà de ses murs" dont plus de 10.000 manifestations culturelles dans les domaines artistiques, du débat d'idées, du livre et de l'écrit.

Chaque centre propose également une médiathèque gérée par un personnel qualifié et d'autres agents locaux que le ministère forme, en collaboration avec divers étalissements dont la BnF ou l'enssib. Vous pouvez voir sur le site du ministère des photos de ces médiathèques et consulter les catalogues. En 2005, les médiathèques françaises à l’étranger comptaient plus de 400 000 inscrits, soit 4 fois plus qu’au démarrage du programme de modernisation des bibliothèques françaises à l’étranger lancé par le ministère des Affaires étrangères et initié après les premières « journées du réseau » des bibliothèques françaises à l’étranger organisées en mars 1993. Le site précise d'ailleurs au sujet de ces établissements que : "Les bibliothèques des établissements qui ne sont pas l’élément le plus spectaculaire de nos opérations sont bien le seul élément inscrit véritablement dans la durée, celui auquel les autres activités culturelles, scientifiques, artistiques et pédagogiques doivent s’adosser pour que leur impact se prolonge et se fortifie." Inscrites dans des contextes culturels différents, des situations contrastées au regard de la francophonie, connaissant une grande diversité des attentes des publics, ces médiathèques et centres d’information sur la France contemporaine ont en commun des missions spécifiques :

  • Mettre à disposition des publics locaux des collections - tous supports - spécialisées sur la France, rendant compte de la diversité de la culture française et du foisonnement de la création contemporaine dans notre pays.
  • Promouvoir une image attractive de la France actuelle en répondant de manière efficace et professionnelle, en français et au besoin en langue locale, aux recherches d’informations les plus variées concernant notre pays : vie sociale, économique, culturelle, tourisme, études en France, expertise en développement et information scientifique et technique.
  • Relayer activement la politique d’échanges culturels et de débats d’idées menée par les établissements culturels, valoriser la production éditoriale française sur la France et sur le pays d’accueil.
CulturesFrance, agence née de la fusion entre l'Association pour la Diffusion de la Pensée Française et l'Association Française d'Action Artistique, assure, elle, un rôle d’animateur en lien étroit avec les différentes directions du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Culture et de la Communication d'une part et les organismes professionnels français du livre d'autre part. L’agence transmet au réseau culturel français à l’étranger des ouvrages et expositions conçus comme des outils de référence permettant d’alimenter le débat d’idées et la diffusion des savoirs. Elle s'appuie pour cela sur l'édition de différentes collections :
  • "Auteurs", pour valoriser écrivains et philosophes contemporains,
  • "Panoramas" qui propose des guides références sur les grandes thématiques et disciplines culturelles
  • "Profils", séries d’affiches destinées au réseau culturel français à l’étranger portant sur l’image culturelle et artistique de la France contemporaine
  • "Penser l’Europe" qui contribue au débat d’idées européen pour la construction politique et culturelle de l’Europe
L'agence publie également des revues :
  • Cultures Sud/Notre Librairie (4 numéros par an) est tournée exclusivement vers l’actualité des littératures du Sud (Afrique, Caraïbe, Océan Indien)
  • Vient de paraître (4 numéros par an) propose une sélection trimestrielle de livres, cd et dvd, pour couvrir le champ de la production éditoriale en France – dans les domaines aussi divers que l’architecture, la bande dessinée, la littérature, le sport, le cinéma ou la musique…
  • La revue des revues regroupe tous les deux mois des articles issus des grandes revues françaises, traduits en cinq langues (anglais, arabe, chinois, espagnol, russe), dans les champs des sciences humaines, sociales et exactes, de la philosophie, de la géopolitique.
  • French Fiction (2 numéros par an), propose une sélection d’extraits traduits en anglais de jeunes romanciers français.
Voir aussi :

Quelques médiathèques: