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jeudi 8 novembre 2007

vidéo de Durban

Encore un billet sur Durban, rapide cette fois pour informer de la mise en ligne d'une vidéo sur la conférence internationale de l'IFLA.

This overview of the 73rd IFLA Conference in Durban, South Africa, highlights the event's 2007 focus on indigenous knowledge and oral history, featuring interviews with IFLA and ALA leaders, snapshots of the programs, and glimpses of the local music and parties that made up the festivities. Join the 3,100 delegates from 116 nations to see how African libraries have changed since the end of apartheid in 1994.

La vidéo est disponible sur le blog de l'ALA à l'adresse : http://alfocus.ala.org/videos/ifla-conference-2007-durban-south-africa et dure 5 minutes.

mardi 23 octobre 2007

Second Life à l'IFLA

Parmi les présentations proposées au dernier congrès de l'IFLA, à Durban, s'en trouvait une consacrée à Second Life :

Second Life Machinima for Libraries: the intersection of instruction, outreach and marketing in a virtual world[pdf]
BERNADETTE DALY SWANSON (University of California, Davis, USA)


The virtual world of Second Life is a global community of creativity, collaboration, commerce and entertainment with the number of resident accounts now over 8 million (“Linden Research”). The immersive and visually rich environment is a natural for multimodal instruction, collaboration and interaction. The Second Life browser software comes equipped with build-tools, group options, communication tools such as chat and instant messenger, and a menu-driven video capture tool for users to record “machinima” of their experiences, simulations or live events. Machinima is familiar to millions of gamers around the world and is defined as “animated filmmaking within a real-time virtual 3D environment” (“3D Game Based”). This paper provides a practical look at how we can connect with millenials and adults using machinima, and suggests ideas for individual and collaborative story and content development for sharing with socially networked online communities in Second Life and on the web.


Le document reprend chaque diapo de la présentation et en propose des commentaires et des explications.

Une intervention également résumée dans le panneau ci-dessous :




mardi 9 octobre 2007

parcours européens de formation

Nous cherchions l’autre jour des références sur les parcours européens de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques dans les pays européens.

Dispositifs de formation en France

Déjà, en France, trouver une liste de ces formations n’est pas facile :

L’ADBS propose une page intéressante à ce sujet sur son site internet qui recense l’ensemble des parcours diplômants liés à la gestion de l’information, l’ingénierie du document et des flux numériques ou la veille mais la date de mise à jour de la page remonte au 19 septembre 2005.

Une autre ressource alors pourrait être Bibliopédia qui s’est attelée au même travail de recensement, dans sa rubrique Métier > Bibliothécaire proposant des adresses de parcours avant recrutement (universitaires), de formation initiale et continue.

Enfin, le site Cursus liste un ensemble de cours, manuels et logiciels éducatifs francophones (i.e. pas seulement français) disponible gratuitement ou non en ligne. Il propose un classement par métier dont une rubrique sur la gestion de l’information et une page plus spécifiquement proposée aux bibliothécaires. Et puisque je cite les formations à distance, on ne peut passer à côté de ce que propose le CNED.

Voir enfin, de manière plus générale, le dossier "Bibliothécaire, quelle formation ?" du dernier numéro paru du BBF : 2007, n°5.

Dispositifs en Europe

En Europe, donc, il existe peu d’information sur les différents parcours européens de formation.

Ma première réaction fut d’aller voir du côté de BOBCATSSS. Placé sous les hospices de l’association EUCLID (European Association for Library and Information Education and Research), BOBCATSSS est un colloque annuel organisé par des étudiants européens en Sciences de l’information eux-même. Le nom BOBCATSSS est d'ailleurs l’acronyme du réseau des premières universités organisatrices en 1993 et renvoie aux initiales des villes de ces universités : Budapeste, Oslo, Barcelone, Copenhage, Amsterdam, Tampere, Stuttgart, Szombathely et Sheffield. Un réseau qui s’étend aujourd’hui avec la participation d’étudiants venus de Borås, Riga, Kharkiv, Moscou, Tallinn, Toru, Varsovie, Sofia, Ljubljana, Crakovie, Bratislava, Prague, Osjiek, Zadar, Berlin et Potsdam.

Cela nous donne déjà une première liste.

L’IFLA quant à elle dispose d’une section orientée sur les programmes de formation. Cette dernière section est d’ailleurs à l’origine de la publication d’un « guide mondial des programme de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques » dont la troisième édition est censée paraître à la fin de ce mois d’octobre 2007. La précédente édition revue et corrigée date, elle, de 1995.  Surtout, l’IFLA s’est penchée sur le sujet pas plus tard que cet été lors de son récent congrès de Durban en août dernier.

Un premier article par exemple propose un tel recensement pour l’Amérique Latine. Il s’agit de "Les défis dans l’assistance aux écoles de bibliothéconomie et des sciences de l’information dans les pays en voie de développement – Une perspective de recherche en Amérique latine" (pdf) de Ian M. Johnson. Cet article propose quelques pistes de recherches dont :

  • La page du portail des bibliothèques de l’UNESCO concernant les organismes de formation
  • Une liste proposée par InformationR.net : un site sur la recherche d’information soutenu par l’université suédoise de Lund.

Un second article se penche sur la coopération entre les parcours de Sciences de l’Information en Europe. Le titre en est "Collaboration in LIS Education in Europe : Challenges and Opportunities" (pdf) et se voit proposé par Sirje Virkus de l’université de Tallinn University en Estonie. L’article, en anglais, reprend le concept de collaboration et de partenariat entre des écoles, notamment dans le contexte du processus de Bologne et des actions de l’Union Européenne.

Surtout, pour revenir sur notre propos de parcours de formation en SIB, l’article évoque quelques 200 parcours en Europe, à savoir principalement des départements ou des programmes au sein d’une faculté universitaire. Peu d’établissement fonctionnent de manière autonome. Ces parcours enfin peuvent être divisés en « parcours orientés-discipline » et « parcours professionnels ».

European LIS education has gradually moved from vocational education to academic HE. Audunson (2005) distinguishes between the discipline-oriented and profession-oriented approach taken by European LIS schools. However, the institutional affiliation, approach as well as conceptual, theoretical, and methodological perspectives influence the way how teaching and learning is organized. There is also great diversity in the curricula content, but it is beyond the scope of this paper to discuss this topic.

Comparer les offres de formations

Ces approches différentes dans les cursus mériteraient d’être étudiée également, je trouve. Ce pourrait être intéressant de voir ce qui est étudié ailleurs et ce sur quoi les autres écoles mettent l’accent. Une diversité précise l’article qui pourrait être une force dans la formation mais qui peut aussi être un frein pour la mobilité des étudiants. Une étude comparée de ces formations est proposée dans un article intitulé « A Survey of Library & Information Science Schools in Europe » et publié dans un ouvrage "European Curriculum Reflections on Library and Information Science Education" de L.Kajberg and L.Lorring de la Royal School of Library and Information Science de Copenhagen datant de 2005.

Une autre partie de cet ouvrage intitulée «Library and Information Science Curriculum in a European perspective » distingue en Europe des formations à trois niveaux :

  • Un niveau Bachelor consistant en 180 à 240 ECTS (European Credits Transfer System), généralement délivré en 3 ans
  • Un niveau Master dispensé en 2 ans et consistant en 60 à 120 ECTS
  • Un niveau de Doctorat, dispensé généralement en 3 ans et valant couramment 80 ECTS.

Les auteurs notent des disparités selon les pays, mais signalent également que le processus de Bologne tend à harmoniser les pratiques et permettent de mieux comparer la qualité des enseignements dispensés. Enfin, ils proposent sur ce sujet une bibliographie tant internationale que par pays.

Pour aller plus loin :

samedi 14 juillet 2007

IFLA 2007 - Durban et Dakar

Vous le savez peut-être, ou pas, mais la conférence annuelle de la Fédération internationale des institutions et associations de bibliothécaires (IFLA) se tiendra cette année du 19 au 23 août à Durban, en Afrique du Sud, et aura pour thématique principale : "Libraries for the future: Progress, Development and Partnerships" soit : "Bibliothèques du futur, progrès, développement et partenariats".

Les bibliothèques et le secteur de l'information doivent s'assurer que ses services correspondent aux besoins réels de ses clients.

Nous servons plusieurs mondes : éducation (enseignement et apprentissage : primaire, secondaire et tertiaire), recherche ; entreprises et intelligence économique ; formation des adultes et loisirs ; enfants ; distraction ; créativité ; développement politique ; etc.

Quel service peut apporter le secteur des bibliothèques et de l'information à ces différents mondes ? Les services à ces différents mondes sont-ils étanches et isolés les uns des autres ou doivent-ils se fertiliser les uns les autres ? Quelle relation doit-il y avoir entre ces différents mondes ? Quel rôle directeur et créatif peut jouer l'IFLA dans la communauté mondiale et quel impact peut avoir le secteur des bibliothèques et de l'information ?

Explorer les progrès et les nouveaux modèles de développement des bibliothèques dans les pays en développement. Former et construire des partenariats pour aider au développement ; accroître le niveau de la profession ; obtenir des financements ; entre nous et les utilisateurs.

Vous pourrez trouver le programme de ce 73e congrès en ligne. Certaines des interventions ou plutôt les textes des interventions sont d'ailleurs déjà en ligne, sous forme d'articles (ex : le service de livraison électronique sécurisé à l'INIST [pdf]).

L'idée de situer cette conférence en Afrique du Sud n'est pas anodine. En premier lieu, l'IFLA essaie de proposer des lieux différents et dans toutes les régions du globe. L'année dernière, la conférence se situait à Séoul, en Corée, et l'an prochain le congrès annuel se tiendra à Québec, au Canada. Le choix de l'Afrique est censé montrer symboliquement que les collègues et les problématiques de ce continent ne sont pas oubliés même si -assez paradoxalement, en en discutant avec des collègues, il semble qu'il devrait y avoir peu de collègues africains cette année, l'Afrique du sud étant un pays où la vie est relativement chère.

Pour préparer ce congrès annuel, un pré-congrès est organisé quelques jours plus tôt, du 14 au 16 août 2007 à Dakar, au Sénégal. Cette pré-conférence a pour thème : "Le management des technologies et des systèmes automatisés de bibliothèques dans les pays e voie de développement : logiciels libres vs options commerciales". Il est coordoné par Réjean Savard de l'Université de Montréal au Québec.

Le programme de cette avant-première est également d'ores et déjà disponible en ligne [pdf] et devrait proposer un tour d'horizon des logiciels libres, des études comparatives, des études de cas, un focus sur l'utilisation des nouvelles technologies pour le développement et notamment en Afrique.

Le thème de cette pré-conférence sera le management des technologies et des systèmes automatisés de bibliothèques dans le contexte des pays en développement, et à la lumière des développements récents concernant les logiciels libres et leurs applications, comme les nouveaux produits commerciaux. Les objectifs de la pré-conférence sont :

  • De réunir ensemble les praticiens, chercheurs, et enseignants en science de l’information tout comme les concepteurs et les fournisseurs de technologies, logiciels et autres produits qui peuvent être utiles aux bibliothèques et à leurs utilisateurs, afin d’échanger des informations et des idées;
  • De partager les expériences internationales touchant les différentes approches du management des technologies et des systèmes automatisés de gestion de bibliothèques dans le contexte des pays en développement;
  • De favoriser la mise en place de groupes d’étude sur ces questions parmi les professionnels de l’information africains des différentes communautés linguistiques;
  • D’explorer les possibilités pouvant être offertes par les programmes de base de l’IFLA pour aider les pays en développement à améliorer leur management des nouvelles technologies et des systèmes automatisés de gestion de bibliothèques. 

lundi 30 avril 2007

Le Bouclier bleu

Dans mon compte-rendu de l'intervention d'Alex Byrne, je disais que l'IFLA travaillait de concert avec le Bouclier bleu en promettant de revenir sur ce comité international.

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Le Bouclier Bleu est un symbole choisi par la Convention de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ("Convention de La Haye" - 1954) . Cette Convention adoptée à la suite des destructions massives infligées au patrimoine culturel au cours de la Seconde Guerre Mondiale, est le premier instrument international à vocation universelle qui soit exclusivement axé sur la protection du patrimoine culturel. Elle s'applique aux biens meubles ou immeubles, y compris les monuments d'architecture, d'art ou d'histoire, les sites archéologiques, les oeuvres d'art, les manuscrits, les livres et autres objets d'intérêt artistique, historique ou archéologique, ainsi que les collections scientifiques de toute nature, sans égard à leur origine ou propriétaire. Au départ simple emblème marquant les sites culturels à protéger, il est devenu également le nom d’un comité international créé en 1996 pour protéger le patrimoine culturel mondial en cas de guerre ou de catastrophe naturelle.

Le comité international du bouclier bleu réunit cinq organisations non-gouvernementales qui sont :

Le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels y possède un statut d’observateur et la Division du patrimoine culturel de l’UNESCO ont des représentants présents aux réunions du Comité. Depuis peu, un représentant de la Croix-Rouge est également appelé à assister aux réunions. Selon son président, le Bouclier bleu se veut l’équivalent de la Croix-Rouge pour les biens culturels à ceci près, ajouterais-je, que le Bouclier bleu coordonne plutôt des actions préventives que supplétives. La Convention de la Hague stipule en effet :

Les États parties à la Convention bénéficient de la mise en place d'un réseau composé de plus de cent États qui se sont engagés à adopter des mesures préventives pour assurer cette protection non seulement en période d'hostilités (à ce stade, il est en général trop tard), mais également en temps de paix, par des mesures variées :
• sauvegarder et respecter les biens culturels en cas de conflit armé (cette obligation s'applique également aux conflits de caractère non international) ;
• envisager la possibilité d'octroyer une protection spéciale pour un nombre restreint de refuges destinés à abriter des biens culturels meubles en cas de conflit armé, de centres monumentaux et d'autres biens culturels immeubles de très haute importance en les inscrivant dans le "Registre international des biens culturels sous protection spéciale" ;
• envisager la possibilité d'employer le signe distinctif de la Convention pour certains bâtiments et monuments importants, et ;
• créer des unités spéciales, au sein des forces armées, qui soient chargées de la protection du patrimoine culturel ;
• pénaliser les violations de la Convention et promouvoir largement la Convention auprès du grand public, et des groupes-cibles comme des professionnels du patrimoine culturel, des militaires ou des services chargés de faire respecter la loi.

En 1999, une Second Protocole à la convention de la Haye est adopté afin de pallier au flou et au manque de moyens définis par la Convention de La Haye. Il introduit en effet de nouvelles mesures, avec la création d'une nouvelle catégorie de protection renforcée pour les biens culturels particulièrement importants pour l'humanité induisant des « mesures de protections exceptionnelles » ; il crée aussi un Comité intergouvernemental chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention et du deuxième Protocole, et un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Le comité international du Boucler bleu se voit alors investi d’un rôle de conseil privilégié auprès de ce Comité intergouvernemental pour la Protection du Patrimoine.

D’une manière générale, le Bouclier Bleu est l'une des composantes du Programme de Préparation aux Situations d'urgence, plan cohérent d'action pour l'action concertée de diverses agences et organisations régionales et internationales, qui comprend donc cinq éléments :
  1. Un Fonds indépendant
  2. Le Bouclier Bleu
  3. Documentation et Information
  4. Formation et Manuels
  5. Campagnes de sensibilisation

Les objectifs du Bouclier bleu sont de :
  • faciliter l’intervention de la communauté internationale lorsque le patrimoine culturel est menacé ou lors de situations d’urgence ;
  • encourager la sauvegarde et le respect du patrimoine culturel et plus particulièrement la prévention des risques ;
  • former des experts au niveau national et interrégional capables de prévenir et maîtriser une catastrophe puis d’assurer un retour à la normale ;
  • intervenir en tant que consultant pour protéger le patrimoine culturel en danger ;
  • travailler en liaison avec d’autres organisations notamment l’UNESCO, l’ICCROM et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Pour l’instant les actions du Bouclier bleu ont été surtout centrées sur les grands conflits internationaux tels que la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, les inondations en Europe de l’Est ou en Asie, l’absence d’institutions culturelles en Afghanistan… Pour y arriver, le Comité du Bouclier bleu exhorte les gouvernements, attire l’attention de l’opinion publique et des médias sur les problèmes, essaie de développer la conscience publique sur les formidables dommages qui pourraient être causés notre héritage culturel et parfois, il envoie des experts et de l’équipement de « premier secours » en cas d’urgence. En certaines occasions, il peut être amené à collecter des fonds pour aider les équipes locales. Les actions du Comité sont donc :

  • collecter et partager les informations sur les risques menaçant le patrimoine culturel à travers le monde ;
  • sensibiliser le grand public aux dommages causés au patrimoine culturel ;
  • communiquer les règles de bonne gestion des risques aux différents responsables du patrimoine culturel (institution, gouvernement...) ;
  • inviter les décideurs et les professionnels à prendre les mesures nécessaires pour la prévention et l’établissement d’un plan d’urgence, ainsi que l’intervention en cas de sinistre et la remise en état ;
  • offrir l’expertise de professionnels en cas d’urgence ;
  • identifier les ressources nécessaires à la prévention des catastrophes et à une intervention rapide en cas d’urgence ;
  • encourager la formation de comités nationaux du Bouclier bleu.

Ces initiatives internationales sont relayées et encouragées par des initiatives locales. Des comités du Bouclier bleu ont donc été créés ou sont en cours de constitution dans plusieurs pays qui rassemblent des professionnels d’horizons variés, des instances gouvernementales locales et nationales, des services d’urgence et l’armée. Ils forment les polices à reconnaîtres les objets volés, encourages les institutions à préparer des plans de secours en cas de désastre, entrainent les services d’urgence à protéger les biens culturels. Pour l’instant des comités nationaux ont été créés : en Australie, en Belgique, au Bénin, en République Tchèque, en France, En Italie, en Ireland, en Macédoine, en Norvège, aux Pays-bas, en Pologne et au Royaume-Uni. D’autres comités nationaux sont en cours de constitution au Canada et au Pérou.


Lire aussi:
Avec le bouclier bleu, protégeons notre patrimoine culturel en danger (pdf) actes de la session co-organisee par le programme fondamental PAC et la section des bibliothèques nationales de l’IFLA lors de son 68e congrès annuel à Glasgow en 2002.

mercredi 18 avril 2007

Qui a besoin des bibliothèques à l’heure de Google ?

Ce soir l’enssib recevait Alex Byrne, directeur de la Bibliothèque de l’université de technologie de Sydney, en Australie, et surtout président de l’IFLA, l’international federation of librarian associations and institutions, une fédération internationale fondée en 1927 –elle fête donc cette année ses 80 ans- dans le but de favoriser le développement des bibliothèques et plus largement de l’accès à l’information.

Mr Byrne était donc invité à ce titre et a proposé aux participants une intervention en quatre parties : Dans la première, il s’est d’abord présenté et a évoqué l’université et la bibliothèque dans laquelle il travaille. Ensuite est venue l’intervention à proprement parler où il a d’abord évoqué le développement des technologies de l’information et l’emballement lié au web 2.0, puis il a expliqué ce qu’était l’IFLA, ses missions, ses axes de travail, et son rôle notamment au sein du dernier sommet mondial sur la société de l’information. Enfin, il est revenu sur le rôle des bibliothèques à l’heure de Google.

Rapidement, la bibliothèque de l’université de technologie de Sydney est relativement récente. L’université elle-même date de 1988, même si elle est issue d’un Sydney Technical College remontant, lui, à 1893. C’est une université de 32.000 étudiants, dont 5.000 étudiants étrangers.

La bibliothèque se veut « highly digital », résolument numérique. Dans cette optique, elle propose l’accès à 23.000 périodiques électroniques et pas moins de 80.000 livres électroniques ce qui me semble véritablement surprenant quand on sait combien ce genre de document a du mal à percer dans le paysage documentaire hexagonal. Elle propose également 560.000 ouvrages papiers. L’implémentation de la technologie RFID est prévue pour décembre 2007. Une recherche croisée entre toutes leurs ressources en ligne est possible via le service SFX de Metalib mais ils n’en sont pas satisfait, ne serait-ce parce qu’au final, l’usager se retrouve avec nombre d’interfaces différentes et qu’il se sent un peu perdu. A ce sujet, la maîtrise de l’information est un élément très important, « a major priority », à la bibliothèque qui aimerait qu’elle soit mieux intégrée dans les cursus. Enfin, son service de référence est un service en ligne, utilisant Reftrackers et propose un accès à sa base de connaissance.

Technologies de l'information et bibliothèques

Alex Byrne a ensuite évoqué le formidable développement des ressources sur internet, qu’il s’agisse des bases de données spécialisées (incontournable dans une activité de recherche), des revues en texte intégral, des agrégateurs ou des sites internets dont le récent dynamisme (par opposition aux pages statiques) posait des problèmes notamment en matière d’archivage et de préservation des données. Au-delà, il a abordé les technologies « émergentes » et liées au web 2.0, évoquant l’évolution dans les modes de publications, de recherche, d’accès à l’information grâce à l’utilisation d’outils tels que wiki, blogs, podcasts, grâce aux réseaux sociaux, aux mashups. Alors qu’il parlait des podcasts, il en a profité pour évoquer rapidement les problèmes d’évolution des supports d’information et de pérénisation des outils pour lire les données, de même le développement des moteurs de recherche apportant une information rapide et gratuite a été pour lui l’occasion de rappeler l’opposition de l’IFLA aux accords entre la Chine et Yahoo puis Google afin que ces firmes proposent une version édulcorée, id est censurée de leur moteur. Surtout, il a opposé le dynamisme de l’information sur internet aux catalogues statiques et peu attrayant des bibliothèques.

Avec le web 2.0, le public espère plus de dynamisme, d’interactivité, d’immédiateté dans son rapport à l’information. Il veut pouvoir prendre part à sa diffusion et les bibliothèques, qui sont elles-mêmes en pleine mutation, doivent s’approprier ces nouvelles technologies. Prenant pour exemple l’important travail de numérisation des onze volumes de la Description de l’Egypte proposée par la Bibliotheca Alexandrina, Mr Byrne nous a rappelé combien ces technologies pouvaient nous apporter en matière d’amélioration de la recherche, de travail sur un document (on peut l’annoter, le consulter autant de fois qu’on le souhaite sans toucher à l’intégrité du document), de travail collaboratif etc…

Le rôle de l'IFLA dans la société de l'information

En second lieu, Mr Byrne est revenu sur l’IFLA. Il a ainsi rappelé que l’association vieille de 80 ans regroupait 1700 membres issus de 150 pays différents, eux-mêmes adhérents à des associations nationales (ou internationales) de bibliothécaires, des bibliothèques, des services de bibliothèques des secteurs publics, privés et bénévoles, mais encore des membres individuels qui soutiennent ses objectifs et participent à son travail. Son action repose sur trois piliers :

  1. Le pilier des Membres reposant sur les services offerts, les congrès proposés y compris dans des zones peu accessibles (cette année le congrès de l’IFLA aura lieu en Afrique, à Durban, afin de permettre aux collègues africains qui ont plus de difficultés pour se déplacer de pouvoir participer). Pour information, le congrès annuel 2006 s’était tenu à Séoul, en Corée du Sud, et en 2008 se tiendra à Québec, au Canada. Ce pilier repose enfin également sur les publications de l’association.
  2. Le pilier Profession désigne le fonctionnement très hiérarchique de la fédération découpée en 48 sections réunies en 8 divisions. Il coordonne des programmes fondamentaux spécifiques autour du développement des bibliothèques dans le Tiers-monde (ALP), des normes bibliographiques, de la préservation et de la conservation des documents (PAC), de l’Unimarc.
  3. Le pilier Société souligne l’impact des bibliothèques et des services d’information sur la société. Il travaille dans ce cadre sur deux programmes fondamentaux, le premier autour du copyright (CLM) et le second sur le libre accès à l’information et la liberté d’expression (FAIFE). Ils travaillent également dans ce cadre avec d’autres partenaires tels que le bouclier bleu [sur lequel je reviendrais], l’Unesco, l’association internationale des éditeurs… et participent au sommet mondial sur la société de l‘information dont j’avais parlé à l’époque.

Au Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui s’est tenu à Genève en 2003 puis à Tunis en 2005, l’IFLA a publié un manifeste d’Alexandrie (parce qu’adopté à Alexandrie, Egypte, à la Bibliotheca Alexandrina, le 11 Novembre 2005 lors du pré-sommet de Tunis) revenant sur le rôle des bibliothèques dans la société de l'information et insistant, à l'endroit des gouvernements, sur l'importance et les enjeux d'une véritable politique publique et une proclamation d'Alexandrie sur la maîtrise de l'information et l'apprentissage tout au long de la vie qui rappelle entre autre que :

La maîtrise de l'information est au coeur de la formation tout au long de la vie. Elle permet aux gens, dans tous les chemins de la vie, de chercher, d'évaluer, d'utiliser et de créer l'information pour des objectifs personnels, sociaux, professionnels et éducationnels. C'est un droit humain de base dans un monde numérique qui apporte l'intégration de tous les peuples.

Les bibliothèques à l'heure de Google

L’accès à l’information est un droit. Il ne saurait être réservé à une partie de la population et les bibliothèques voient là leur rôle se conforter et devenir d’autant plus prégnant, en tant qu’espace neutre, sans parti pris d’aucune sorte, d’accès à l’information et à une information pertinente, en tant qu’espace, et en tant que lieu d’apprentissage, notamment de maîtrise d’information. L’information est fondamentale pour le développement économique et culturel. Contre Google, enfin, les bibliothèques peuvent se poser à plusieurs niveaux :
  • fiabilité des sources
  • service d’information non commercial
  • conseils pour une information de qualité
  • découverte et usages d’information
  • apprentissage à la maîtrise de l’information
  • encouragement à la création de contenu par les usagers
  • préservation de l’information et du savoir pour le futur

Lutter contre Google, c’est donc avant tout aider les gens à maîtriser l’information, identifier la provenance et la validité des informations que le moteur leur présente.

Les questions ensuite portèrent sur les résultats du Sommet de Tunis, ce qui fut l’occasion d’évoquer les enjeux de la gouvernance de l’internet. Une seconde aborda le libre-accès et là Mr Byrne a souligné que les bibliothèques avaient un rôle à jouer en rendant accessibles les périodiques en accès-libre, travaillant avec les facultés pour soutenir le mouvement voire le soutenir de façon active en proposant elles-mêmes la publication de périodiques en accès libre.

Une troisième enfin s’interrogeait sur la pérennité à terme des bibliothèques dans un monde où l’information devenait de plus en plus numérique. A cela Mr Byrne répondit qu’il était vrai que les supports de l’information changeaient : les annuaires par exemple semblaient avoir complètement disparus sous forme papier au profit du numérique et certaines disciplines scientifiques comme la médecine avaient besoin d’une information sans cesse à jour pour continuer leurs recherches mais en ce qui concernait la littérature, il allait être difficile de dépasser la forme du codex. Dans les années ’50-’60, les gens pensaient que les microformes étaient les formats ultimes de préservation et de diffusion des documents. Aujourd’hui, ils sont clairement dépassés mêmes s’ils sont encore parfois utilisés. Les supports varient, mais ils ne s’opposent pas. Ils se placent en compléments les uns des autres, en complément du livre. Enfin, même sans livres, les bibliothèques existeraient toujours que ce soit en tant qu’espace physique pour les usagers ou que ce soit en tant que lieu virtuel, de bibliothèque numérique riche de services à proposer.

En soi, la conférence était intéressante même si Mr Byrne n’a rien dit de vraiment révolutionnaire et puis, honnêtement, je m’attendais à autre chose sans vraiment savoir quoi. Il est amusant également de remarquer cette mode toute américaine, disons anglo-saxonne, de proposer des diapos emplies de seules photos, car Mr Byrne en a largement profité pour nous montrer, outre les environs de Sydney, des photographies de bibliothèques issues des quatre coins du monde : Chili, Suède, Chine, Egypte…

Pour conclure, si cela vous intéresse, le diaporama de l’intervention devrait être rapidement disponible sur le site internet de l’enssib, ainsi que l’ensemble de la conférence : cette dernière à cet effet était filmée et je pense qu'elle devrait être également mise en ligne.

Mise à jour du lien La vidéo de l'intervention est disponible sur le site de l'enssib.