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Tag - Lille 3

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mardi 20 mai 2008

A propos de mon travail de maîtrise sur la littérature de jeunesse


Un billet qui n'a rien à voir avec les bibliothèques, pour une fois.

J'ai produit alors que j'étais en maîtrise SID à Lille 3 en 2002 un travail universitaire sur les représentations de "l'homosexualité dans la littérature de jeunesse". Stricto sensu, ce travail n'est pas cependant un travail universitaire : il a été réalisé au courant de l'été, tant pour moi-même que pour enrichir le site web de Lille 3 jeunesse et n'a donc pas été réellement évalué par l'appareil universitaire, si ce n'est de manière informelle ou détournée : j'ai été invité à en faire une présentation lors d'une journée d'étude sur les adolescent et la lecture, d'une part, et d'autre part il est effectivement longtemps resté en ligne sur le site en question.

J'ai travaillé sur les représentations de l'homosexualité que pouvait transmettre la littérature de jeunesse en terme d'identification pour de jeunes adolescents homosexuels ou en terme de reconnaissance pour les autres.

Sincèrement, ce travail a ses défauts évidemment comme peut l'être un mémoire d'un étudiant non suivi de surcroît (parties légèrement répétitives, limites du corpus probablement mal définies ou mal respectées), mais j'en étais et je demeure fier de l'avoir produit. D'autant qu'il faisait figure de travail pionnier à l'époque où le sujet n'avait pas été -à ma connaissance du moins- encore défriché. J'y analysais un peu moins d'une cinquantaine de titres que j'estimais alors quasi-exhaustif de la production sur le sujet. Le mémoire a par ailleurs reçu un accueil plutôt enthousiaste à ma grande surprise, a été cité dans nombre de bibliographies sur le genre et les sexualités, ou sur des sites spécialisés comme HomoEdu, les Altersexualités ou HomoLibris.

Jusqu'ici pas trop de soucis. Et puis survint deux problèmes.

Le premier fut la disparition de mon travail lors de la refonte du site de Lille 3 Jeunesse. Quelque part, c'est normal : il ne s'agissait pas vraiment d'un travail universitaire comme je l'expliquais même s'il en prenait la forme. Néanmoins, ça m'a ennuyé. Je considère que ce mémoire avait pleinement sa part parmi les autres travaux estudiantins dont il prenait de surcroît la forme et l'apparence. Par ailleurs, les liens des sites suscités sont devenus tous caduques ce qui est franchement gênant. J'ai contacté les collègues en question afin de proposer de nouveau mon travail, et espère qu'il revienne en ligne rapidement.

Le second est la parution récente d'un ouvrage portant sur le même sujet, pratiquement -et pour cause- le même corpus (une trentaine ouvrages en français parus entre 1989 et 2003 dans des collections jeunesse), avec les mêmes finalités que mon travail, la même problématique d'identification et de reconnaissance, peu ou prou les mêmes exemples et la même construction (figures de l'homosexualité, Sida, homoparentalité...). Alors évidemment, cet essai se veut bien plus développé que ma "mini-thèse" -c'était le nom du travail universitaire à rendre, d'autant qu'il se veut réécriture d'une thèse (une vraie celle-là), évidemment son analyse est bien plus poussée que la mienne, lui qui invoque des sommités comme Eve Kosofsky Sedgwyck, Didier Éribon, Judith Butler pour étayer son propos, évidemment il invoque des procédés d'analyses littéraires qui me font défaut... mais j'ai quand même ressenti un petit pincement car j'ai le sentiment qu'il s'est profondément inspiré de mon travail. Certes, ce dernier était libre de réutilisation, certes mon nom apparaît dans la bibliographie mais je ne sais pas. Je me sens un peu dépossédé de ce que j'ai produit...

Bref, j'ai eut envie de remettre mon travail en ligne. Il y a désormais plus complet, mais ça me tenait à coeur. Aussi, le voici :


[EDIT] : l'adresse du travail sur le site de lille3 jeunesse : http://jeunet.univ-lille3.fr/article.php3?id_article=1103

mardi 20 février 2007

Bibliothèques sinistrées


Le 08 février dernier, une catastrophe s'est abattue en même temps que des trombes d'eau et d'une partie du toit sur les collections du Service Commun de la Documentation de l'université de Lille III :

Au final, deux mille cinq cents livres d’art et culture endommagés dont soixante-dix-neuf, imprimés sur papier glacé, assez gravement. « Ils sont à l’isolement. On se donne trois semaines pour les sécher. Si des champignons se développent, il faudra s’en séparer  », diagnostique Cécile Martini, conservateur du patrimoine qui estime le montant total des pertes à 6.000 €.

Apparemment, seules les salles de lectures ont été touchées par le sinistre, les fonds patrimoniaux très riches de ce SCD, qui héberge également pour des raisons historiques les réserves des deux autres universités lilloises (Lille 1 -Sciences et Technologies- et Lille 2 - Droit et Santé-), étaient à l'abri en réserve.

C'est l'occasion de rappeler la vétusté des locaux des bibliothèques universitaires, parents pauvre de l'Université elle-même pas toujours très bien lotie (ex sur ce diaporama Flickr Paris 8 ). Pourtant, voilà longtemps que la sonnette d'alarme est tirée et la publication du Rapport Miquel au ministre de l’Éducation nationale, en 1989, qui dénonce une situation catastrophique pour les bibliothèques universitaires et parle de "locaux exigus ou périmés", apparaît comme une date charnière. Deux plans immobiliers, les schémas "U2000" et "U3M" vont alors être successivement lancés par les pouvoirs publics pour soutenir les bibliothèques. Le premier mettait l'accent sur les constructions neuves et le second, qui s'étend jusque 2015, prévoit plus de réhabilitations et de modernisations, ce qui devraient être le cas de nombre de bibliothèques jugées peu fonctionnelles et défaillantes en terme de sécurité. Ces plans sont complétés par les Contrats de Projets Etats-Régions (CPER) dont les nouvelles formes crééent un contexte relativement inédit (sur la base de projets) et, partant, quelque part incertain. D'autant que les programmations ne peuvent toutes être respectées, comme ce fut le cas, pour reprendre l'exemple initial, des opérations de réhabilitations de Lille III prévues au précédent CPER mais qui n'ont pas pu être engagées, mais également des universités de Lille I, Tours Lettres, Toulouses III médecine...

Alors bien sûr, des efforts ont été fournis ces quinze dernières années et il serait de mauvaise foi que d'affirmer le contraire mais la massification du nombre d'étudiants et l'ampleur du retard rendent ces efforts presque inopérants. Les problèmes de constructions en effet ont des répercussions sur les missions fondamentales des biblitohèques, qu'il s'agisse de conservation ou de diffusion. Le rapport 2005 de la Cour des Comptes sur les bibliothèques universitaires dénoncait encore, à ce titre, le fait qu'« en 2003 le ratio d’encadrement dans les bibliothèques universitaires était de 3.1 agents administratifs pour 1000 étudiants, les locaux représentaient 0.67 m² par étudiant et il y avait une place assise pour 13 étudiants », ce aggravé par l’inégalité de l’offre en libre-accès entre les universités françaises d'une part (8.7% des collections en libre-accès à Dijon contre 97.6% à Toulouse II), et d'autre part, également, de l'offre vis à vis des autres pays occidentaux, européens ou non.

Bien sûr la question du tout-numérique se pose également. Impossible de nier de nos jours la prégnance des moyens et des systèmes d'information, ni l'importance toujours plus significative du tout-numérique . Mais, comme le soulignait Claude Jolly « les nouvelles technologies de l’information et l’existence d’une information scientifique en ligne n’ont en aucune façon supprimé l’exigence d’espaces organisés dédiés à la documentation, même si, comme il est naturel, elles modifient la nature et le mode de fonctionnement de ces espaces». Anne-Marie Chaintreau, en charge des dossiers de construction de bibliothèques et des volets documentaires des contrats à la Sous-direction des bibliothèques, poursuit :

Les nouvelles technologies ne font que rendre encore plus indispensables des lieux de convergence de la pensée au moment de sa dispersion la plus radicale ; il faut des lieux de socialisation, notamment pour le jeune étudiant, qui, pendant ses études, ne peut rester seul devant son ordinateur face au foisonnement d’Internet. Les étudiants recherchent la compagnie des autres, travaillent de plus en plus en groupes, utilisent les bibliothèques comme des lieux de rencontre, de travail et de liens avec le monde ; ils apprécient ces lieux « organisés », calmes, rassurants, à dimension humaine que sont les bibliothèques, où ils peuvent se former à la recherche documentaire. La communauté universitaire tout entière a besoin d’un lieu où se recentrer, d’un bâtiment « digne » « majestueux », « symbolique » « initiatique », où il sera possible à chacun de se documenter, de se concentrer, de se retrouver, de travailler.

Je ne suis pas certains que la communauté universitaire ait réellement besoin de bâtiments majestueux, en revanche j'estime qu'elle a besoin de bâtiments dignes. Ne serait-ce que pour le respect de ses publics, de ses professionnels et de ses collections.

Voir aussi :