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Tag - Médiation

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lundi 18 juin 2012

Jamais sans mon comic book

Vous vous souvenez peut-être du Zombie guide to the library, un guide du lecteur proposé par la bibliothèque du McPherson College aux États-Unis sous la forme d'une bande dessinée au cours de laquelle, deux jeunes étudiants se réfugiaient dans une bibliothèque pour échapper à des hordes de zombies. Là, ils découvraient les différentes ressources que pouvait leur proposer la bibliothèque pour se battre et vaincre les revenants.

La bande dessinée est proposée le dessinateur de webcomics et ancien bibliothécaire C. Michaël Hall, sur un scénario d'un autre collègue enseignant à la Emporia State University, Matt Upson et avec les couleurs de Dustin Evans

Les trois amis ne se sont pas arrêtés là puisqu'ils nous ont proposé depuis deux autres bandes dessinées sur le même principe. Si la première se déroulait dans les locaux d'une bibliothèque universitaire, la seconde se déroule cette fois dans ceux d'une bibliothèque municipale(la bibliothèque Wilton, dans le Connecticut) et voit les protagonistes se battre contre une horde de monstres tous sortis de livres plus effrayants les uns que les autres (pour un peu on se croirait dans Richard au Pays des Livres Magiques). Et voilà nos héros aux prises avec le Fantôme de l'Opéra, Frankenstein ou le terrifiant Dracula.

Heureusement, la bibliothécaire est là...

  Encore une fois, outre l'ingénieux mélange entre la bande dessinée et les informations pour le lecteur, doublée en fin de volumes d'explications sur le système de classement ou les opérateurs booléens, ce qui rend le volume intéressant et amusant demeure le côté décalé, les références discrètes qui dénoncent les professionnels derrière le projet sans pour autant se prendre au sérieux (les pauvres moniteurs se font bouffer par les zombies dans la première histoire).

Alors, on aura compris les bibliothèques ne sont peut-être pas des havres de paix mais elles ont les ressources idéales pour affronter les aléas qu'on peut rencontrer dans la vie. D'où question pas moins idéale : Comment devient-on bibliothécaire ? Et c'est là tout l'objet du troisième et dernier opus (pour l'instant) de la série : Supreme Librarians in Metaspace. Le titre n'est pas complètement anodin puisque les initiales forment l'acronyme SLIM qui est aussi celui de l'école de bibliothécaire représentée : l'école de gestion en sciences de l'information et des bibliothèques (School of library and information management) de l'Université d'État d'Emporia.

Il s'agit donc dans ce dernier opus de mettre en valeur les différentes activités et facettes du métier de bibliothécaire, toujours d'une manière drôle et décalée. Avec l'espoir que cette ressource créera des vocations ou, au minimum, permettra de changer la représentation que les usagers ont de leurs bibliothécaires.

A travers un voyage spatio-temporel à la Scrooge, on part à la rencontre des bibliothécaires d'Alexandrie, arabes, de Dewey, d'un vieux bibliobus (on n'est pas loin du bus magique) avec des chats et une bibliothécaire percée et tatouée (parce que bon, les chignons ça va un temps)... pas de numérique, mais comme le dit l'un des protagonistes, c'est à chacun de créer le futur des bibliothèques.

Quoiqu'il en soit, par leur côté décalé et amusant, ces comics forment assurément un moyen de communication efficace, vous ne trouvez pas ?

vendredi 9 mars 2012

Acquérir une culture numérique

Ainsi que vous l'avez certainement vu, l'enssib vient de publier dans la collection Boîte à outils un ouvrage intitulé Développer la médiation numérique documentaire.

Pour la première fois, cette ouvrage fait l'objet d'une version numérique vous permettant :

  • d'accéder gratuitement aux articles
  • de commenter les articles et retours d'expériences proposés
  • de contribuer à la réflexion via un forum de discussion
  • d'enrichir le contenu, notamment par le complément d'un entretien entre Xavier Galaup qui a dirigé l'ouvrage et Michel Fingerhut, directeur de la Médiathèque de l'Ircam à propos du Portail de la musique contemporaine.

Si cette formule vous convient, vous êtes également convié à répondre à un questionnaire sur les besoins et les usages des acheteurs des livres des Presses de l’enssib en matière de versions numériques. On peut louer cette initiative de la part des Presses de l'école et je vous espère nombreux à y répondre. 

Xavier Galaup m'a donc sollicité pour évoquer l'acquisition d'une culture numérique pour les professionnels de l'information, comme préalable et partie prenante à la mise en place d'un projet de médiation numérique documentaire.

Je ne reviens pas sur l'article, que vous trouverez en ligne, donc, avec les contraintes propres de l'exercice (notamment en terme de nombre de caractères, mais parfois cela fait du bien aussi de se forcer à être synthétique ET clair, ce qui est loin d'être toujours évident).

Mon propos est donc d'établir un besoin de culture numérique qui passe d'abord par une certaine curiosité professionnelle. Une curiosité, mais pas uniquement. Un certain nombre d'enjeux externes doivent nous pousser également à nous informer sur les mutations de notre profession : Les évolutions techniques qui changent notre environnement d'une part et exercent dessus, de manière plus ou moins transparente, certaines pressions (importunes comme opportunes), les mutations des publics et de leurs besoins qui influent également sur la qualité des services rendus, la concurrence d'autres services en ligne apparaissent comme autant de facteurs nous amenant à mieux envisager et comprendre une évolution générale induite par le numérique et à lui opposer une réponse professionnelle adaptée.

Ces mutations nous poussent à mieux cerner d'inévitables besoins en compétences nouvelles que j'ai essayé, dans l'article, de rassembler en trois catégories :

  • Des compétences stratégiques permettant d'envisager ce nouveau contexte et de construire un projet de service sinon éclairé, du moins averti ;
  • Des compétences techniques requérant la maîtrise de ces nouveaux outils pas tant d'un point de vue informatique -nous ne sommes pas et ne devons pas nous substituer aux informaticiens- qu’informationnel, professionnel.
  • Des compétences organisationnelles qui apportent là un volet plus managérial en s'intéressant à la mise en œuvre de ces projets numériques documentaires au sein de l'organisation.

Il ne s'agit cependant pas d'opposer des compétences à d'autres, ni de se spécialiser et de n'acquérir qu'une vision technique par exemple. C'est bien leur interdépendance, leur complémentarité qui permettra une prise en main et une mise en œuvre réussie du projet final.

Je pense donc que l'acquisition de ces compétences, comme de la culture numérique d'une manière générale, est aujourd'hui primordiale et doit passer par une multitude de dispositifs de formation qu'ils soient formels (cours de formation initiale, stages de formation continue) ou informels (formations internes, expérimentations, micro-formations). Je crois sincèrement en l'importance des cours et des stages, notamment parce qu'ils permettent de prendre le temps, de formaliser des connaissances diffuses, d'échanger avec d'autres professionnels et je demeure persuadé qu'ils sont nécessaires et compatibles avec le travail, l'expérimentation et la veille quotidiens pour transformer des connaissances en compétences.

Cela signifie surtout que les fonctions liées à la mise en place d'une chaîne de médiation doivent être reconnues et inscrites

lundi 6 février 2012

NYPL Lab

La bibliothèque municipale de New York dispose d'un département chargé de d'expérimenter et d'innover avec ses collections : le NYPL Labs.

NYPL Labs is an experimental unit at the Library developing ideas and tools for digital research. A collaboration among curators, designers and technologists, NYPL Labs is dedicated to rethinking what a public research library can be and do in the new information commons. We develop everything from proof-of-concept pilots to fully realized web applications and digital archives, as well as hosting a variety of staff workshops and public talks.

Building on the Library's public mission, Labs also seeks to foster collaboration with NYPL users through crowdsourcing and participatory initiatives, and shares tools and data with the wider library and digital humanities communities.

Ce laboratoire, donc, réfléchit à une nouvelle mise en valeur des collections à partir du numérique et développe autant de prototypes que de réalisations concrètes parmi lesquelles des outils comme le Stereogranimator, un outils proposant aux usagers et aux internautes de transformer de vieux stéréographes, deux images semblables qui créeront une vision 3D, issus de ses collections ou encore les projets collaboratifs What's on the menu, un travail de reconnaissance des caractères par les usagers, sur d'anciens menus numérisés et Map warper, un travail superposant les cartes numérisés de la ville avec celles plus anciennes et permettant de retracer l'évolution de la ville au fil des ans. Ces opérations de numérisation concernent donc tous types de supports et de collections (textes, images, son, vidéos...).

L'idée en soi paraît donc excellente, et nécessaire. La bibliothèque de New York numérise une grande partie de ses collections mais l'existence de ce laboratoire souligne qu'elle s'est posé la question de la finalité de ces opérations. Certes, il s'agit de conservation probablement dans un premier temps. Cependant, réfléchir à la façon dont on va utiliser la puissance du web social -tous les projets ou presque accordent un rôle important aux usagers-, imaginer de nouveaux modes d'interactions pour, finalement, rendre accessible tout ce matériau est tout autant primordial.

Sans oublier la fonction de valorisation des collections, de l'établissement, des équipes que peut revêtir de tels projets. Une fonction qui n'est guère oubliée par la NYPL qui propose plusieurs compte twitter autour du laboratoire d'une part, des projets d'autre part (stéréo, menu, map etc.), des personnels (le responsable du laboratoire, le responsable produits. le développeur, le développeur des applications).

jeudi 8 septembre 2011

IT professionals and librarians

Je cite là un article intéressant de Ann All, paru dans ITbusinessEdge, et intitulé : "What IT Professionals Can Learn from Librarians" (ce que les IT professionnals peuvent apprendre des bibliothécaires).Les IT professionals, ce sont les professionnels qui travaillent dans les "nouvelles" technologies, disons sur les technologies émergentes ou innovantes (cloud computing, SIG etc...).

Dans son article donc, Ann All, revient sur les pratiques de ces professionnels et soulignent tout ce qu'ils pourraient apprendre des bibliothécaires, et notamment en terme de service.

Zink said:

If you think about a library, librarians are very techie but also very service oriented. Our librarians are exposed very intentionally, and have been for 15 years, to this intermingling of cultures. I’ve often said our help desk at the university would never be able to work for an uncaring IT help desk in the private sector. ... Librarians listen very well and will do anything to get an answer. The last thing they would say is, “I’m sorry. I’m going to send you a manual.” In libraries, the reference desk is very high on the status. It’s just the opposite in IT organizations. We have movement out of both, both laterally and vertically. It was a grand experiment that’s worked out very well.

Une culture de l'accueil, une volonté d'écoute et de répondre au mieux et au plus près des besoins des usagers forment le socle des services proposés par les bibliothécaires, services que les IT professionals essaieront de porter au mieux. Cette façon dont les biblitohécaires cernent les besoins des usagers au travers de questions, d'intérêt, permet également de rapprocher professionnel et "client" justement et de rendre un service encore plus efficace. 

Voilà qui est rassurant de voir ces compétences reconnues. Mais il convient de souligner que les bibliothécaires aussi ont beaucoup à apprendre des services techniques et informatiques avec lesquels ils travaillent. Les fonctions doivent se comprendre en terme de complémentarité plus que d'opposition et nous ne pourrions pas travailler correctement sans eux. La médiation numérique documentaire que nous appelons et voyons émerger dans nos établissements ne pourrait être le produit des seuls efforts des bibliothécaires.

Ou presque.

voir aussi :

vendredi 29 avril 2011

Audioguide Toozla

J'aime cette nouvelle vidéo de réalité augmentée.

Cette proposition russe se fonde sur une application de géolocalisation sonore. Foin de visuels flottant à travers l'écran de votre téléphone pour vous informer sur les lieux environnants, l'audio-guide Toozla se propose de vous informer en laissant des messages audio dans votre téléphone à partir d'informations récupérées sur internet . Vous approchez d'un monument est vous êtes automatiquement renseignés sur ce dernier (informations pratiques, commentaire descriptif). Actuellement, les villes françaises Paris, Nice et Lyon sont compatibles avec Toozla.

Une application qui me paraît très utile aussi lors de visites guidées d'exposition par exemple.



Voir aussi sur un thème proche :
Quand les monuments innovent

mardi 1 février 2011

Quand les monuments innovent

1. Monument trackers

La ville de Tours propose aux touristes internautes et surtout mobinautes un service intéressant appelé Monument Tracker. A dire vrai, ce nom n'est pas tant celui du service que de l'entreprise qui se trouve derrière.

L'idée est simple : après avoir téléchargé une application spécifique -payante- sur son smartphone, on peut être automatiquement alerté sur son téléphone lorsqu'on s'approche d'un monument décrit dans la base. L'ensemble est possible grâce à la géolocalisation en continue.


BM de Tours

Pour chaque monument est ainsi présenté une image de ce dernier, un petit texte descriptif, et la proposition d'un itinéraire pour s'y rendre directement. Il est possible également de passer par un moteur de recherche pour trouver et se diriger directement vers un monument qui nous intéresserait a priori.

Tours propose ainsi de découvrir près de 120 monuments. Elle rejoint d'autres villes qui proposent déjà ce même service telles que Antibes, Cannes, Florence, Londres, Madrid, Monaco, Nice, Rome... Le service Monument Tracker est disponible en français, anglais et chinois.

2. Culture et innovation(s)

L'occasion de rappeler que se sont tenues récemment les deuxièmes rencontres nationales "Culture et innovation(s)" à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine dont les compte-rendus seront progressivement mis en ligne sur la page du programme. Parmi les sujets abordés : réalité virtuelle / augmentée, réseaux sociaux et communautés, outils et usages mobiles, publics jeunes, accessibilité …

Bon, en fait de CR, il s'agit essentiellement des diaporamas, donc à mon sens d'un intérêt limité, mais en attendant, vous pouvez lire les 500 twitts de la journée dans ce document ainsi que le compte-rendu collaboratif en ligne rédigé par Yves-Armel Martin, Directeur du Museolab / Conseil général du Rhône. Et là, on trouve nombre de liens et d'expériences toutes plus intéressantes les unes que les autres. A découvrir d'urgence.


mardi 14 septembre 2010

Comment archives, musées et bibliothèques contribuent à la formation tout au long de la vie ?

C’est le titre d’une étude produite par le National Institute of Adult Continuing Education dans le cadre d’une grande enquête sur le devenir de la formation tout au long de la vie (Inquiry into the Future for Lifelong Learning). L’enquête en elle-même étudie une dizaine de grands secteurs dans lesquels cette formation peut se développer, à l’instar de la petite enfance, de l’école, le milieu familial, l’enseignement supérieur, les institution privées, les organisations communautaires ou culturelles…

Le rapport en question, mené par le MLA (Museum, Libraries and Archives Council) se penche sur les archives, bibliothèques et musées, essayant de souligner comment ces institutions la médiation autour des collections, la mise en espace ou les programmes de formation, d’animation peuvent contribuer à la formation tout au long de la vie.

Le rapport reconnaît la place de plus en plus prégnante de la formation dans les institutions culturelles (cf. the learning revolution, mars 2009). Cette « révolution tranquille » transparaît avec la mise en place de la gratuité, le développement de programme d’apprentissage et de formation, celui des espaces multimédia ont largement contribué à l’accès à la formation pour tous.

L’idée est alors de reconnaître ces efforts et d’aller plus loin notamment en développant quatre axes de travail :

  1. ouvrir plus encore, et différemment, ressources et espaces pour multiplier les opportunités : par exemple en accueillant séminaires, conférences, expositions, groupes de lectures, mais aussi aides de recherches généalogiques ou encore des permanences d’autres institutions sociales, de recherche d’emploi ou de santé. Organiser des visites de collections non plus seulement par des experts mais aussi par des usagers passionnés pour apporter un regard différent.
  2. Agir comme la colonne du secteur de la formation tout au long de la vie : notamment en travaillant avec les institutions scolaires pour proposer des initiatives communes, apporter notre savoir en terme de médiation culturelle, apprendre ce qu’elles peuvent proposer en terme de médiation pédagogiques et d’interfaces, bref, travailler de concert.
  3. Renforcer le côté « universel » des institutions en s’assurant que les offres s’adressent à toutes les catégories de populations, identifier les faiblesses et les combler au possible. Adopter une approche segmentaire des publics permet de les mieux identifier pour adapter les offres de formations. Il convient aussi de prévoir le vieillissement de la population et de développer services et campagnes à destination de ce public
  4. Développer le rôle central des bibliothèques comme centres d’information local dans les communautés qu’elles desservent. Avoir accès à la meilleure information permet d’améliorer sa vie personnelle, sociale, économique, et ce sont les bibliothèques qui sont au cœur de la circulation de l’information dans la cité.

L’ensemble de ces axes ne pourra réussir que si les institutions ont la volonté de s’ouvrir et de prendre part à la vie de leurs communautés, de les accueillir et de les former. Si, également, les autorités comprennent les enjeux et le rôle clef que peuvent jouer les institutions culturelles dans la formation tout au long de la vie des citoyens et développent, organisent des programmes clairement coordonnés, transversaux entre les institutions, entre les projets locaux et nationaux.

How museums, libraries and archives contribute to lifelong learning (IFLL) http://ff.im/-qADTb

jeudi 4 mars 2010

La médiation numérique

Un billet rapide pour rassembler deux interventions par des experts du domaine. Cette semaine Silvère Mercier a publié un billet sur ce qu'est selon lui -et avec le concours d'autres collègues- la médiation numérique. Il propose la définition suivante :

Tout dispositif technique, éditorial ou interactif mis en œuvre par des professionnels de l’information-documentation favorisant l’appropriation, la dissémination et l’accès organisé ou fortuit à tout contenu proposé par une bibliothèque à des fins de formation, d’information et de diffusion des savoirs.

Il précise :

Pour moi la médiation numérique n’est donc ni de la communication ni du marketing public au sens strict, mais se situe au cœur des métiers de l’information-documentation, quelque part entre l’accompagnement à la recherche documentaire, la gestion/diffusion de contenus et l’animation de communautés.

Pour compléter cette définition, Lionel Dujol vient de mettre en ligne, sur SlideShare, un diaporama très fourni sur cette même notion de Médiation numérique que je vous engage à consulter et soigneusement archiver. Le diaporama est disponible sous licence By-nd-sa (Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Partage des Conditions Initiales à l'Identique).