Vagabondages

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mercredi 26 novembre 2008

Statistiques aux Nations Unies

Grâce au blog de la bibliothèque de Sciences Po, je découvre que La division Statistiques des Nations Unies a mis en ligne UNdata, une sorte de "méta-base de données qui agrège les données statistiques de la plupart des agences (UNESCO, ILO, FAO, etc.) avec un champ de recherche unique type google".

Il est possible de faire des recherches par thème (population, industrie), par grand indicateurs ou par pays et obtenir des données téléchargeables et exportables (xml, xls, txt). Mais c'est pas toujours très parlant, du moins pour un novice tel que moi : parmi les indicateurs par exemple on trouve dans les données mondiales de l'UNESCO un "Book production, titles by the Universal Decimal Classification" dont je ne comprends pas très bien ce qu'il recouvre (outre le fait que la période couverte court de 1995 à 1999).

Le blog de la bibliothèque de Science Po continue et précise dans son billet. "Pour une recherche plus élaborée, utilisez plutôt la recherche avancée (disponible en cliquant sur “More”) qui permet de construire une véritable requête. La source est bien entendue indiquée pour chaque table de données et liée à un wiki et un glossaire qui vous en disent plus sur le contenu de la base, la méthodologie de recueil des données, etc." A noter également un lien discret, en haut à droite de la page vers un formulaire de retour ou encore la possibilité d'ajouter une barre de recherche dans votre propre site :



Pour information, L’ISU (institut de statistiques de l'Unesco)  est en train de réviser le Cadre de l’UNESCO sur les statistiques culturelles de 1986 afin de mieux refléter la situation des pays en voie de développement et l’impact des nouvelles technologies. Selon les propres dires de l'ISU, le cadre précédent était basé sur une vision formelle et immuable de la culture, privilégiant par exemple la collecte de statistiques sur les fréquentations des musées, le nombre d’employés dans les théâtres professionnels ou les compagnies de danse, une vision qui ne reflète pas les conditions et les priorités des pays en développement pour lesquels la culture peut être une source de revenus supplémentaires en plus de ceux issus de l’agriculture. Àla suite d’une série de consultation avec les États membres, le cadre révisé sera présenté lors de la Conférence Générale de l’UNESCO en 2009.

L’Institut propose de télécharger le cadre révisé en français et reste ouvert à tout commentaire sur cette version préliminaire.

Voir aussi l'article Nouveaux outils et cadres de travail pour l’étude des sociétés de l’information et des questions clés dans le domaine de la culture.

samedi 8 septembre 2007

la Journée internationale de l'alphabétisation

© UNESCO
Poster de la Journée internationale de l’alphabétisation 2007

Le 08 septembre est la Journée internationale de l'alphabétisation. Chaque année, l’UNESCO dresse alors devant la communauté internationale le bilan de l’alphabétisation et de l’éducation des adultes dans le monde, un bilan encore peu satisfaisant puisque près de 781 millions d’adultes n’ont aucune notion de lecture et d’écriture ; un adulte sur cinq, dont deux tiers de femmes, ne sait ni lire ni écrire ; 72,1 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et ils sont plus nombreux encore à fréquenter l’école de manière irrégulière ou à abandonner leurs études. Le thème de cette journée, cette année, est « L’alphabétisation, clé de la santé et du bien-être ». Ce thème est également une priorité de l’exercice biennal 2007-2008 de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation.

A cette occasion, le Courrier de l'Unesco consacre les pages de son dernier numéro aux lauréats 2007 des Prix d’alphabétisation de l’UNESCO, remis le 10 septembre à Bamako (Mali), dans le cadre de la Conférence régionale africaine sur l’alphabétisation dans le monde.

Parallèlement, six conférences régionales et sous-régionales organisées par l’UNESCO et destinées à lutter contre l’analphabétisme dans le monde sont prévues jusque la fin de l'année 2008. La seconde en date s'est ouverte à Pékin (Chine) les 31 juillet et 1er août dernier (la première s’était tenue à Doha (Qatar), en mars 2007) et a tenté de répondre à des questions telles que : Comment faire progresser l’alphabétisation dans des pays qui, comme l’Indonésie ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée, comptent une extraordinaire diversité linguistique ? Comment apprendre à lire et à écrire dans des régions rurales et enclavées? Quelles initiatives peuvent-elles être menées auprès des migrants ? 

Autant d'initiatives qui font suite à la Conférence sur l’alphabétisation dans le monde organisée par la Maison Blanche à New-York le 18 septembre 2006, sous les auspices de Laura Bush, Première Dame des Etats-Unis et Ambassadrice Honoraire pour la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation. Cette conférence avait marqué le coup d’envoi d’une vaste campagne internationale en faveur de l’alphabétisation dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’alphabétisation (2003-2012). Un combat qui s'inscrit dans les objectifs du Millénaire pour le développement, un ensemble de huit objectifs adoptés en 2000 dans la Déclaration du Millénaire et censés être atteint en 2015.

Pour concrétiser son action dans le cadre de la DNUA, l'UNESCO a encore lancé une nouvelle initiative pour l'alphabétisation, intitulée LIFE (Initiative pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir, 2005-2015), visant à offrir des possibilités d'apprentissage aux adultes analphabètes, et en particulier aux femmes, dans 34 pays où les taux d'alphabétisation sont inférieurs à 50 % et/ou la population analphabète dépasse les 10 millions. 

A voir également le Portail Unesco sur l'alphabétisation et la bibliographie sur l'alphabétisation proposée par la Bibliothèque de l'Unesco.

lundi 30 avril 2007

Le Bouclier bleu

Dans mon compte-rendu de l'intervention d'Alex Byrne, je disais que l'IFLA travaillait de concert avec le Bouclier bleu en promettant de revenir sur ce comité international.

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Le Bouclier Bleu est un symbole choisi par la Convention de l'UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ("Convention de La Haye" - 1954) . Cette Convention adoptée à la suite des destructions massives infligées au patrimoine culturel au cours de la Seconde Guerre Mondiale, est le premier instrument international à vocation universelle qui soit exclusivement axé sur la protection du patrimoine culturel. Elle s'applique aux biens meubles ou immeubles, y compris les monuments d'architecture, d'art ou d'histoire, les sites archéologiques, les oeuvres d'art, les manuscrits, les livres et autres objets d'intérêt artistique, historique ou archéologique, ainsi que les collections scientifiques de toute nature, sans égard à leur origine ou propriétaire. Au départ simple emblème marquant les sites culturels à protéger, il est devenu également le nom d’un comité international créé en 1996 pour protéger le patrimoine culturel mondial en cas de guerre ou de catastrophe naturelle.

Le comité international du bouclier bleu réunit cinq organisations non-gouvernementales qui sont :

Le Centre international d'études pour la conservation et la restauration des biens culturels y possède un statut d’observateur et la Division du patrimoine culturel de l’UNESCO ont des représentants présents aux réunions du Comité. Depuis peu, un représentant de la Croix-Rouge est également appelé à assister aux réunions. Selon son président, le Bouclier bleu se veut l’équivalent de la Croix-Rouge pour les biens culturels à ceci près, ajouterais-je, que le Bouclier bleu coordonne plutôt des actions préventives que supplétives. La Convention de la Hague stipule en effet :

Les États parties à la Convention bénéficient de la mise en place d'un réseau composé de plus de cent États qui se sont engagés à adopter des mesures préventives pour assurer cette protection non seulement en période d'hostilités (à ce stade, il est en général trop tard), mais également en temps de paix, par des mesures variées :
• sauvegarder et respecter les biens culturels en cas de conflit armé (cette obligation s'applique également aux conflits de caractère non international) ;
• envisager la possibilité d'octroyer une protection spéciale pour un nombre restreint de refuges destinés à abriter des biens culturels meubles en cas de conflit armé, de centres monumentaux et d'autres biens culturels immeubles de très haute importance en les inscrivant dans le "Registre international des biens culturels sous protection spéciale" ;
• envisager la possibilité d'employer le signe distinctif de la Convention pour certains bâtiments et monuments importants, et ;
• créer des unités spéciales, au sein des forces armées, qui soient chargées de la protection du patrimoine culturel ;
• pénaliser les violations de la Convention et promouvoir largement la Convention auprès du grand public, et des groupes-cibles comme des professionnels du patrimoine culturel, des militaires ou des services chargés de faire respecter la loi.

En 1999, une Second Protocole à la convention de la Haye est adopté afin de pallier au flou et au manque de moyens définis par la Convention de La Haye. Il introduit en effet de nouvelles mesures, avec la création d'une nouvelle catégorie de protection renforcée pour les biens culturels particulièrement importants pour l'humanité induisant des « mesures de protections exceptionnelles » ; il crée aussi un Comité intergouvernemental chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention et du deuxième Protocole, et un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Le comité international du Boucler bleu se voit alors investi d’un rôle de conseil privilégié auprès de ce Comité intergouvernemental pour la Protection du Patrimoine.

D’une manière générale, le Bouclier Bleu est l'une des composantes du Programme de Préparation aux Situations d'urgence, plan cohérent d'action pour l'action concertée de diverses agences et organisations régionales et internationales, qui comprend donc cinq éléments :
  1. Un Fonds indépendant
  2. Le Bouclier Bleu
  3. Documentation et Information
  4. Formation et Manuels
  5. Campagnes de sensibilisation

Les objectifs du Bouclier bleu sont de :
  • faciliter l’intervention de la communauté internationale lorsque le patrimoine culturel est menacé ou lors de situations d’urgence ;
  • encourager la sauvegarde et le respect du patrimoine culturel et plus particulièrement la prévention des risques ;
  • former des experts au niveau national et interrégional capables de prévenir et maîtriser une catastrophe puis d’assurer un retour à la normale ;
  • intervenir en tant que consultant pour protéger le patrimoine culturel en danger ;
  • travailler en liaison avec d’autres organisations notamment l’UNESCO, l’ICCROM et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Pour l’instant les actions du Bouclier bleu ont été surtout centrées sur les grands conflits internationaux tels que la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, les inondations en Europe de l’Est ou en Asie, l’absence d’institutions culturelles en Afghanistan… Pour y arriver, le Comité du Bouclier bleu exhorte les gouvernements, attire l’attention de l’opinion publique et des médias sur les problèmes, essaie de développer la conscience publique sur les formidables dommages qui pourraient être causés notre héritage culturel et parfois, il envoie des experts et de l’équipement de « premier secours » en cas d’urgence. En certaines occasions, il peut être amené à collecter des fonds pour aider les équipes locales. Les actions du Comité sont donc :

  • collecter et partager les informations sur les risques menaçant le patrimoine culturel à travers le monde ;
  • sensibiliser le grand public aux dommages causés au patrimoine culturel ;
  • communiquer les règles de bonne gestion des risques aux différents responsables du patrimoine culturel (institution, gouvernement...) ;
  • inviter les décideurs et les professionnels à prendre les mesures nécessaires pour la prévention et l’établissement d’un plan d’urgence, ainsi que l’intervention en cas de sinistre et la remise en état ;
  • offrir l’expertise de professionnels en cas d’urgence ;
  • identifier les ressources nécessaires à la prévention des catastrophes et à une intervention rapide en cas d’urgence ;
  • encourager la formation de comités nationaux du Bouclier bleu.

Ces initiatives internationales sont relayées et encouragées par des initiatives locales. Des comités du Bouclier bleu ont donc été créés ou sont en cours de constitution dans plusieurs pays qui rassemblent des professionnels d’horizons variés, des instances gouvernementales locales et nationales, des services d’urgence et l’armée. Ils forment les polices à reconnaîtres les objets volés, encourages les institutions à préparer des plans de secours en cas de désastre, entrainent les services d’urgence à protéger les biens culturels. Pour l’instant des comités nationaux ont été créés : en Australie, en Belgique, au Bénin, en République Tchèque, en France, En Italie, en Ireland, en Macédoine, en Norvège, aux Pays-bas, en Pologne et au Royaume-Uni. D’autres comités nationaux sont en cours de constitution au Canada et au Pérou.


Lire aussi:
Avec le bouclier bleu, protégeons notre patrimoine culturel en danger (pdf) actes de la session co-organisee par le programme fondamental PAC et la section des bibliothèques nationales de l’IFLA lors de son 68e congrès annuel à Glasgow en 2002.

jeudi 26 avril 2007

L'Alliance des Civilisations


Je suis abonné aux Centre de nouvelles de l'ONU. Ce site me permets de recevoir régulièrement (et en nombre assez importants) les dépêches et les communiqués de presse des différentes agences de l'ONU. C'est une ressource très riche et intéressante qui permets de se tenir informé de ce qui se passe dans le monde et des actions de l'Organisation. Bon, j'aurais préféré un flux plus précisément orienté sur les questions culturelles notamment mais c'est déjà très bien.

Dans les derniers messages se trouvait cette annonce : la nomination de l'ancien président du Portugal à la tête de l'Alliance des Civilisation. C'est peut-être moi qui ne suis pas très au fait des arcanes onusiennes mais je ne connaissais pas cette Alliance. D'aprèsle site et la dépêche, l'initiative provient des gouvernements d'Espagne et de Turquie afin de rapprocher les Civilisations, pour une meilleure entente entre les peuples et donc favoriser une plus grande stabilité internationale. Les premier études portent sur les regards mutuels que se portent le monde islamique et le monde occidental ou encore sur l'importance de l'accès à l'éducation. Deux rapports ont pour l'instant été commissionnés par l'Alliance :

Civilization: Truth or Tool? - R. Bulliet (PDF file)

Western Historiography and the Problem of "Western" History - JGA Pocock (PDF file)

Une initiative qui a le mérite d'être et que je salue...

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Le texte de la dépêche :

L'ANCIEN PRÉSIDENT DU PORTUGAL NOMMÉ HAUT REPRÉSENTANT DE L'ALLIANCE DES CIVILISATIONS
New York, Apr 26 2007 2:00PM
Le Secrétaire général a nommé aujourd'hui Jorge Sampaio, ancien président du Portugal, au poste de Haut Représentant de l'Alliance des civilisations, après consultations avec les chefs de gouvernement de l'Espagne et de la Turquie, les deux pays à l'origine de l'initiative. « Le Haut Représentant apportera la vision et le leadership requis notamment pour promouvoir l'Alliance des civilisations en tant qu'initiative crédible et viable pour réduire les dangereuses tensions entre les diverses sociétés à travers le monde, et pour atténuer la menace que ces tensions font peser sur la stabilité internationale » a dit la porte-parole du Secrétaire général, Michèle Montas, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

L'initiative avait été lancée par le prédécesseur de Ban Ki-moon, Kofi Annan, le 14 juillet 2005 (dépêche du 14.07.2005). Le Secrétaire général envisageait ainsi un mouvement destiné à combattre les divisions, les préjugés, les incompréhensions entre les cultures, notamment islamiques et occidentales, qui menacent de manière potentielle la paix dans le monde. Un « Comité des sages » mis en place par le Secrétaire général lui avait remis à Istanbul, en novembre 2006, un rapport qui soulignait que les migrations, l'intégration et les technologies faisaient que l'humanité ne vit plus dans des 'civilisations' différentes (dépêche du 13.11.2006).

Ce rapport estimait aussi que « les raisons clefs du fossé grandissant entre les sociétés musulmanes et occidentales n'étaient pas d'ordre religieux mais politique ». Il plaçait par ailleurs au centre des efforts « l'éducation au multiculturalisme, le règlement du conflit israélo-palestinien et les réformes démocratiques dans le monde musulman » (dépêche du 13.11.2006). « Bien que la religion soit souvent exploitée, de façon cynique, pour attiser les passions, alimenter la méfiance et soutenir les cris alarmistes selon lesquels le monde fait face à une nouvelle 'guerre de religion', le fond de la question est politique », soulignaient les « Sages ». Parmi les solutions proposées par le Groupe de haut niveau à l'origine du rapport figurait tout d'abord « la création d'un Haut Représentant destiné à assister le Secrétaire général à désamorcer les crises à l'intersection de la religion et de la politique ». Le rapport proposait la rédaction d'un 'Livre blanc' pour procéder à une analyse 'froide et objective' du conflit israélo-palestinien, et la convocation d'une conférence internationale sur le Moyen-Orient. Il proposait aussi au niveau politique le soutien à l'expansion du pluralisme politique dans les pays musulmans, appelant les partis dirigeants dans le monde musulman à ouvrir un espace à la pleine participation des partis politiques non violents, qu'ils soient religieux ou séculaires, et les gouvernements étrangers à être cohérents dans leur soutien au pluralisme, en respectant notamment le résultat des élections. Il proposait enfin la création d'un Fonds mondial pour la solidarité avec la jeunesse et la promotion d'une éducation aux droits de l'homme et au multiculturalisme parmi les jeunes.