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Tag - bibliothèques

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jeudi 25 septembre 2014

Découvrez la future bibliothèque d'Helsinki

En 2017 ouvrira à Helsinki une toute nouvelle bibliothèque centrale, dont l'objectif et le but est de réussir l'alliance de la tradition et de la modernité. Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir la vidéo de présentation. 

La bibliothèque sera située à proximité d'un carrefour important de circulation, dans un quartier où se trouvent également la Maison de la musique, le Musée d'art contemporain, le Musée des beaux-arts, le Musée Ateneum, mais également le Parlement. Les travaux commenceront à l'automne 2016 pour une fin programmée en 2018 afin de célébrer le centenaire de l'indépendance finlandaise. En effet, la nouvelle bibliothèque fait partie intégrante du projet du centenaire officiel du gouvernement finlandais.

Des espaces différenciés en fonction des usages

La vidéo nous présente la future bibliothèque. On y voit un bâtiment de deux étages -conçu par le cabinet finnois ALA Architects- chacun dédié à un usage en particulier :
- Le rez-de chaussée est dédié aux usages bruyants, aux espaces de rencontres, aux animations
- Le 1er étage se veut une "forge où les idées et les compétences prennent vie"
- Le 2e étage reprend des usages traditionnels de lecture, de calme, de réflexion et de contemplation.

L'idée initiale était d'arriver à répondre aux différentes visions de la bibliothèque aujourd'hui : un lieu de silence et un lieu de rencontres, d'animation, un lieu où on consulte des livres papiers et où on trouve des ressources numériques, avec des événements réguliers et des happenings, où l'on peut travailler et se reposer etc.

Dans cette optique, donc, le rez-de-chaussée se voudra un espace animé : il comprend le hall, un espace d'expositions temporaires, un amphithéâtre-cinéma, une bibliothèque pour les familles, un café-restaurant et un espace de rencontre, juste pour traîner. Les architectes imaginent cet étage comme l'espace le plus actif dans la bibliothèque, la ville et la bibliothèque se croisent, avec de larges ouvertures vitrées vers l'extérieur.

Le premier étage sera, quant à lui, dédié aux activités de création. On entre là dans la continuité des réflexions autour du DIY et de la bibliothèque comme espace de Faire. À l'usage traditionnel de travail, l'étage se voudra un lieu de création, d'interaction et d'apprentissage par la pratique. Ici vous trouverez des studios d'enregistrement, des salles de jeux, un makerspace et un living lab, une cuisine, et des espaces modulables pouvant accueillir des ateliers, des réunions et autres échanges. Comme on est en Finlande, le projet prévoit aussi un sauna dans la bibliothèque ! Du point de vue architectural, l'ensemble apparaît comme autant d’ilots éparpillés dans un espace ouvert.

Le second étage souhaite enfin se recentrer sur l'usager et lui proposer un espace tranquillese détendre et se concentrer. Il s'agit de se poser, de feuilleter un livre, de travailler en silence ou simplement admirer la vue sur la ville. C'est ici que seront proposées la plupart des collections de la bibliothèque à côté d'espaces identifiés comme des zones silences, des zones et collections enfants, un second café. La vidéo montre un étage lumineux, toujours largement ouvert, agrémenté d'arbres à l'intérieur de la bibliothèque, 
et ouvert sur la ville via de grands balcons. Autant le premier étage fait sombre, industrieux, autant le second se veut cotonneux et blanc. En fait, je suis un peu sceptique sur l'organisation au quotidien d'un espace si grand et ouvert.

Les bibliothèques en Finlande

Les bibliothèques sont très utilisées en Finlande. D'après L'Enquête paneuropéenne destinée à évaluer les perceptions des utilisateurs à l’égard des avantages liés aux technologies de l’information et de la communication dans les bibliothèques publiques proposée par Quick, Prior, Toombs, Taylor et Currenti en 2013, 67% des finlandais fréquenteraient une bibliothèque (contre 26% en France). Elles clament, en 2011, une moyenne de 18 emprunts par Finlandais dans les bibliothèques municipales, et 84 téléchargements par usagers dans les bibliothèques universitaires. Toutes les bibliothèques sont gratuites pour les usagers, y compris les bibliothèques universitaires et de recherches la bibliothèque du Parlement et la bibliothèque nationale. 

La Finlande bénéficie d'un "décret sur les bibliothèques" promulgué par le Ministère de l'éducation dès 1998.

Les bibliothèques se tournent résolument vers les usagers, abaissant ou supprimant les banques de renseignements, demandant aux professionnels de parcourir les collections et de proposer de manière proactive leur aide et un accès aux services ; des services parfois innovants comme le programme Reading Assistant Dogs censé aider les personnes ayant des difficultés à lire en leur proposant de lire une histoire à un compagnon canin, ou le programme participatif initié par la bibliothèque nationale de corriger les erreurs dans l'index des périodiques anciens finnois par le biais de petits jeux ("Hunt the Mole"). Il y avait aussi un "Lab" des bibliothèques finnoise qui réfléchit à l'avenir de la profession (mobilité, open data, participation etc.)

Pour aller plus loin

jeudi 28 février 2013

Quid après le plan Pécresse ?

Sur le site de l'Officiel de la Recherche et du Supérieur, on peut découvrir un article de Clarisse Jay revenant sur le bilan, trois ans après, du plan Pécresse pour les bibliothèques universitaires.

Pour rappel, le plan Pécresse [pdf] prévoyait cinq grandes orientations :
  1. Plus de bibliothèques ouvertes dès les vacances de Pâques 2010
  2. Des bibliothèques labellisées « NoctamBU »,
  3. Plus d’ouvrages en accès libre grâce au développement du numérique,
  4. Une politique documentaire renforcée
  5. Des bibliothèques plus fonctionnelles

Revenant sur ces différents dispositifs, l'article prend à contre-pied le rapport de l'Inspection générale des bibliothèques sur l'extension des horaires d'ouvertures [pdf], l'un des objectifs de ce plan, dont les conclusions étaient mitigées, pour souligner l'accroissement des heures d'ouverture hebdomadaires(de 57h en 2010 à 61h en moyenne) d'une part et d'autre part rappeler que 52 bibliothèques sont labellisées « NoctamBU » contre 34 en février 2010. Ce label, faut-il le rappeler, signale les bibliothèques ouvrant 65h et plus par semaine, 65h d'ouverture étant compris comme le standard européen. 

Bien sûr, le plan allait plus loin puisqu'il préconisait une plus grande mutualisation des politiques de sites, la mise en œuvre de plans de conservation partagée ou des stockages en silos, ou encore l'amélioration de la gouvernance des bibliothèques interuniversitaires mais il est vrai que c'est surtout autour de ce premier point que semblent s'être concentrés les efforts, y compris dans les critères d’évaluation des politiques documentaires par l’AERES.

Aujourd'hui, le nouveau Ministère, poursuit l'article, estime que le « plan Pécresse n'existe plus en tant que tel » et lui préfère le suivi d'une politique documentaire :

"Avec comme priorités la Bibliothèque scientifique numérique (BSN), une très grande infrastructure de recherche qui vise à permettre à l'ensemble des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche d'accéder à une offre de ressources scientifiques répondant aux standards internationaux ; la mise en place du projet Istex (initiative d'excellence de l'information scientifique et technique) issue du programme d'investissements d'avenir ; la mutualisation et les bibliothèques interuniversitaires ; ainsi que l'articulation entre réussite des étudiants et documentation conjointement avec l'ADBU et (...) une [nécessaire] coopération entre bibliothécaires et enseignants-chercheurs."

jeudi 21 février 2013

Des biblitohèques (américaines) sur Tumblr

Je connais peu de bibliothèques françaises sur Tumblr, ce site de blog hybrides entre courts billets et re-publication sauvage d'images. je m'étais déjà fait l'écho de quelques tumblr bibliotécocentrés, mais d'une manière générale, il ne me semble pas que les établissements hexagonaux se soient vraiment emparés de ce support.

C'est, en revanche, loin d'être le cas outre atlantique comme le montre cette liste impressionnantes de liens renvoyant vers des tumblrs de bibliothèques et d'archives

Parmi ces établissements, on trouve des tumblr pour les ados (et aussi), les enfants, des sites élaborés (la Chicago Public Library) à d'autres minimalistes (Columbia college library), de bibliothèques municipales (Darien Public Library) et universitaires (special collections - University of Iowa), d'associations professionnelle (ALA Washington office) et para-professionnelles (les amis de la bibliothèque).

Bon, à voir les exemples proposé, c'est quand même spécial Tumblr comme médium avec cette orientation forte sur l'image décalée. Il n'y a pas réellement d'usage professionnel si ce n'est les tumblr universitaires qui se servent du support pour présenter leurs collections. Le plus souvent, on se retrouve avec un grand fatras pas organisé d'images plus ou moins amusantes et, du coup, l'objectif de l'outil m'échappe un peu. A moins que ce ne soit justement d'adopter un regard décalé pour un public jeune, d'où les tumblr de section ados et jeunesse... Je suis encore un peu dubitatif.

mercredi 20 février 2013

D'autres QRCodes littéraires dans le métro

Après l'initiative roumaine de proposer un accès à la librairie numérique de Vodaphone Roumanie dans le métro déjà signalée la semaine dernière, voilà que je tombe sur une initiative semblable proposée cette fois pour la célèbre New York Public Library.

Si j'ai bien compris, il ne s'agit pas d'un véritable projet, ou plus exactement, l'idée n'a pas réellement été mise en œuvre. L'image vous renvoie vers une vidéo promotionnelle réalisée dans le cadre d'un travail universitaire par un groupe d'étudiant en école de management de Miami.

Now that the internet is available almost anywhere, people are able to do “instant research” to learn about anything on their smartphones. The New York Public Library wants to remind New Yorkers that they are still a valuable resource, and a free service.

NYPL wants to take your usual subway ads and make them into something fun and entertaining. They want to give New Yorkers something productive to do on the subway instead of their everyday people watching.

New Yorkers will be given a free digital book sample to read on their way to work. Once finished they will be informed of the closest libraries so they could finish their story.

L'idée est donc que la bibliothèque achète des espaces publicitaires dans le métro qui permettraient aux usagers de lire des titres issus des collections de la bibliothèque. Dans le scénario développé, les passagers peuvent télécharger par NFC un extrait d'une dizaine de pages de l'ouvrage voulu puis, une fois sortis du métro et donc qu'il leur est de nouveau possible de se connecter à internet, l'application géolocalise les bibliothèques de la NYPL pour permettre au futur usager de venir emprunter le titre entamé.

Une idée intéressante et peut-être plus accessible que de recouvrir entièrement les murs d'une station pour un établissement public...

mercredi 19 décembre 2012

Statistiques du dépôt légal

Parmi les missions de la Bibliothèque nationale de France se trouve celle de collecter tous les documents mis à disposition du public qu'ils soient imprimés, graphiques, photographiques, sonores, audiovisuels, multimédias, ainsi que les logiciels, les bases de données et, depuis 2006, les sites internet, au titre du dépôt légal. Une mission qui s'est certes élargie et étoffée au fil des siècles mais n'a pas fondamentalement évoluée. Ainsi rassemblé, l'ensemble de ces documents offre, de fait, une source d'information inédite et extrêmement riche sur les évolutions de l'édition française notamment. 

1. L'observatoire du dépôt légal 

La BnF traitait déjà les documents reçus au titre du dépôt légal, ne serait-ce pour des fins de gestions de ses collections. Depuis cet automne, l'ensemble de ces traitements statistiques sont proposés en ligne sur son site internet et diffusés dans une nouvelle publication annuelle sobrement intitulée : l’Observatoire du dépôt légal : reflet de l’édition contemporaine.


La bibliothèque présente cette nouvelle publication de la façon suivante :

L’Observatoire couvre tous les supports documentaires et tous les secteurs de l’édition. Il intègre dans un même panorama l’édition commerciale et ce qu’on pourrait appeler « les zones grises du patrimoine » : auto-édition, édition associative, publications de la société civile, etc.

Il ne s’agit pas pour la BnF de constituer une source exhaustive sur l’édition française mais de proposer une vision originale, propre au dépôt légal, qui viendra utilement compléter les analyses publiées par d’autres organismes publics et privés.

Actuellement, ce sont les chiffres du dépôt 2011 qui sont en ligne. Les fichiers proposés sont au format xls et donc potentiellement réutilisables par tout un chacun. Un peu moins d'une dizaine de documents sont accessibles qui proposent des données portant sur les livres imprimés, les périodiques imprimés, l'audiovisuel, la musique imprimée, les documents cartographiques, les estampes et les photographies ou encore les sites internet. Chaque classeur propose ensuite des indicateurs circonstanciés sur le support. De fait, chaque type de document requiert des indicateurs spécifiques qui rendent caduque toute tentative d'agrégation plus large des données. Ainsi, dans le classeur sur les livres imprimés trouve-t-on des feuillets portant sur les dépôts (nombre, tirage, prix moyen), les déposants (par nombre de dépôt, région, catégorie...), les imprimeurs (nombre, lieu d'impression), genre (classe thématique, part des fictions et des documentaires, publications officielles, jeunesse), pays, langues, traductions, collections etc.

En plus de ces tableaux, aux données évidemment systématiquement sourcées, la BnF propose un document de synthèse et de focus qui, est-il précisé, pour cette première édition, porte sur la dématérialisation des périodiques et de la presse (pdf). On y parcourt, sans grande surprise, la tendance à la dématérialisation de la presse, emportée par la vague du numérique et les évolutions des usages comme des techniques tout en soulignant l'extraordianire vitalité des publications imprimées, certaines publications nées en ligne suscitant parfois la création de revues imprimées. 

Afin de proposer une vision globale de l'évolution du paysage éditorial et de la production française, le document de synthèse porte sur plusieurs années de dépôt et non plus seulement sur les données 2011. Ainsi, pour garder mon exemple des livres imprimés, découvre-t-on que l’augmentation du nombre de dépôts est chaque année continue et croissante (70 109 livres ont été enregistrés en 2011, soit 4 % de plus qu’en 2010 (67 278). Cette augmentation est de 12 % en 5 ans (62 527 en 2006), de 25 % en 10 ans (55 941 en 2001), de 57 % en 20 ans (44 530 en 1991), de 286 % en 50 ans (18 176 en 1961)).

Un document dont la lecture apparaît aujourd'hui éclairante et indispensable.

2. Statistiques de la bibliographie nationale française

Les professionnels du livre connaissent la Bibliographie nationale française, un document publié environ deux fois par mois qui recense et rassemble les notices bibliographiques des documents édités ou diffusés en France, et reçus par la BnF au titre du dépôt légal. l s'agit alors d'un instantané sur tous les documents parus en France à un moment donné. La Bibliographie est ensuite accessible via deux modes de feuilletages : un cadre de classement regroupant les notices sous de grandes classes thématiques, correspondant à la classification décimale Dewey, et des index (auteurs, titres, sujets...). Ainsi peut-on savoir quels sont les titres publiés jeunesse sur tel ou tel thème en février 2011 en Bretagne par exemple. Les notices présentées renvoient bien sûr ensuite au catalogue de la BnF et, partant, donne accès à ses services : constitution d'un panier, envoi par courriel, impression ou ajout de la notice aux favoris. .

Ce qui est peut-être un peu moins bien connu, ce sont les statistiques que le service propose. On peut ainsi avoir accès, sur les trois dernières années, des données sur :
  • le nombre des dépôts pour les livres, les publications en série, la musique, les atlas, les cartes et plans ;
  • la répartition par grande discipline pour les livres et les publications en série ;
  • les chiffres pour les livres jeunesse et les livres scolaires.

Comme pour l'obseratoire, un document de synthèse est disponible au format pdf qui rassemble les données disponibles au cours des trois dernières années.

jeudi 4 octobre 2012

L'homme qui ouvre sa bibliothèque au public

A Manille, un homme a tenté d'ouvrir sa bibliothèque au public. Hernando Guanlo est un tel passionné de lecture qu'il a spontanément installé sa bibliothèque personnelle, relativement conséquente, sur le trottoir devant chez pour, dit-il, développer la joie de lire au sein de sa communauté.

Son fonctionnement est très simple : les passants peuvent prendre autant de livres qu'ils souhaitent pour la durée qu'ils veulent, même de façon permanente. "La seule règle, est qu'il n'y a pas de règle". On pourrait croire que l'initiative allait être vite prise de court, faute de titres à proposer mais c'est en fait tout le contraire qui s'est produit et, depuis douze ans que l'initiative perdure, la collection n'a eu de cesse de croître, grâce aux dons des usagers.

"It seems to me that the books are speaking to me. That's why it multiplies like that," he says with a smile. "The books are telling me they want to be read… they want to be passed around."

Au début, en 2000, Hernando ne proposait qu'une centaine de titre issus de sa collection personnelle et d'autres hérités de ses parents. Ce sont eux, d'ailleurs, qui lui auraient transmis ce plaisir de lire et c'est suite à leur décès qu'il a eut envie de partager cette passion, pour honorer leur mémoire. L'idée était simplement partager ces lectures, de voir si les gens allaient s'en emparer, les emprunter. Non seulement ce fut le cas, mais en plus ils les rendaient avec de nouveaux titres qu'il convenait ensuite d'ajouter à la collection.

Aujourd'hui, notre homme ne sait pas de combien de titre il dispose exactement. Les exemplaires sont partout, dans les pièces, le salon, le garage, tout autour des murs. 

Un modèle qui fonctionne bien aux Philippines notamment où les habitants ont un accès limités aux livres et à la lecture à cause du faible maillage des bibliothèques publiques et des prix élevés des ouvrages.

Du coup, notre bibliothécaire local est allé plus loin et pars désormais à la rencontre des communautés les plus défavorisées à bord de son "Book Bike" sur lequel il entasse des piles de livres à distribuer et encourage l'ouverture d'autres bibliothèques citoyennes en dehors de Manille.

Hernando explique sa démarche de la façon suivante :

"You don't do justice to these books if you put them in a cabinet or a box," he says.

"A book should be used and reused. It has life, it has a message.

"As a book caretaker, you become a full man."

mercredi 4 juillet 2012

Le "tabletto-bus"

La bibliothécaire en charge du développement de la communauté, à la Fraser Valley Regional Library (Canada), voulait monter un bibliobus pour son territoire mais elle n'avait ni le temps, ni l'argent pour se faire, au dire même du président de l'Association of Bookmobile and Outreach Services, l'association des services hors les murs.Mais elle n'a pas baissé les bras pour autant.

Après avoir cherché d'autres moyens de transport, elle a démarché les concessionnaires et les garages locaux pour qu'ils lui aménagent un véhicule pouvant accueillir du matériel plus sophistiqué. Et voici les garagistes devenus mécènes, aménageant et tunant un utilitaire avec une télé LCD de 37 pouces sur un bras articulé, une console Xbox, un écran d'ordinateur, deux portables équipés de clefs 3G, un "bar à gadgets" proposant des liseuses, des tablettes, et même quelques livres gracieusement offerts par l'association First Book Canada. mais ils ne sont pas à emprunter... ils sont à offrir. Il y a même des hauts-parleurs installés sur le toit. 

Lili, le nom du véhicule (pour Library Live), a donc entamé le 25 avril son Library Live and On Tour! Elle court d'une part les festivals et autres parades traditionnelles et d'autre part va à la rencontre des publics marginalisés, proposant ses services aux soupes populaires et autres structures d'accueil. Elle va dans les maisons de retraites et partout là où sont ses usagers. Elle inscrit ces personnes, récupère d'éventuels ouvrages, annule les amendes, présente les outils et forme les séniors aux nouvelles technologies...

Un rapport d'évaluation est en cours, mené par le  Social Planning and Research Council of British Columbia censé apporter des données qualitatives et quantitatives sur les actions menées. Les résultats sont attendus en novembre prochain. Et si tout se passe bien, le projet en plus d'être pérennisé (il vit pour l'instant sur des subventions) pourrait se voir complété d'un second véhicule.

lundi 18 juin 2012

Jamais sans mon comic book

Vous vous souvenez peut-être du Zombie guide to the library, un guide du lecteur proposé par la bibliothèque du McPherson College aux États-Unis sous la forme d'une bande dessinée au cours de laquelle, deux jeunes étudiants se réfugiaient dans une bibliothèque pour échapper à des hordes de zombies. Là, ils découvraient les différentes ressources que pouvait leur proposer la bibliothèque pour se battre et vaincre les revenants.

La bande dessinée est proposée le dessinateur de webcomics et ancien bibliothécaire C. Michaël Hall, sur un scénario d'un autre collègue enseignant à la Emporia State University, Matt Upson et avec les couleurs de Dustin Evans

Les trois amis ne se sont pas arrêtés là puisqu'ils nous ont proposé depuis deux autres bandes dessinées sur le même principe. Si la première se déroulait dans les locaux d'une bibliothèque universitaire, la seconde se déroule cette fois dans ceux d'une bibliothèque municipale(la bibliothèque Wilton, dans le Connecticut) et voit les protagonistes se battre contre une horde de monstres tous sortis de livres plus effrayants les uns que les autres (pour un peu on se croirait dans Richard au Pays des Livres Magiques). Et voilà nos héros aux prises avec le Fantôme de l'Opéra, Frankenstein ou le terrifiant Dracula.

Heureusement, la bibliothécaire est là...

  Encore une fois, outre l'ingénieux mélange entre la bande dessinée et les informations pour le lecteur, doublée en fin de volumes d'explications sur le système de classement ou les opérateurs booléens, ce qui rend le volume intéressant et amusant demeure le côté décalé, les références discrètes qui dénoncent les professionnels derrière le projet sans pour autant se prendre au sérieux (les pauvres moniteurs se font bouffer par les zombies dans la première histoire).

Alors, on aura compris les bibliothèques ne sont peut-être pas des havres de paix mais elles ont les ressources idéales pour affronter les aléas qu'on peut rencontrer dans la vie. D'où question pas moins idéale : Comment devient-on bibliothécaire ? Et c'est là tout l'objet du troisième et dernier opus (pour l'instant) de la série : Supreme Librarians in Metaspace. Le titre n'est pas complètement anodin puisque les initiales forment l'acronyme SLIM qui est aussi celui de l'école de bibliothécaire représentée : l'école de gestion en sciences de l'information et des bibliothèques (School of library and information management) de l'Université d'État d'Emporia.

Il s'agit donc dans ce dernier opus de mettre en valeur les différentes activités et facettes du métier de bibliothécaire, toujours d'une manière drôle et décalée. Avec l'espoir que cette ressource créera des vocations ou, au minimum, permettra de changer la représentation que les usagers ont de leurs bibliothécaires.

A travers un voyage spatio-temporel à la Scrooge, on part à la rencontre des bibliothécaires d'Alexandrie, arabes, de Dewey, d'un vieux bibliobus (on n'est pas loin du bus magique) avec des chats et une bibliothécaire percée et tatouée (parce que bon, les chignons ça va un temps)... pas de numérique, mais comme le dit l'un des protagonistes, c'est à chacun de créer le futur des bibliothèques.

Quoiqu'il en soit, par leur côté décalé et amusant, ces comics forment assurément un moyen de communication efficace, vous ne trouvez pas ?

mercredi 23 mai 2012

Un jour à la bibliothèque

Le projet "Un jour à la bibliothèque" (Library Day in the Life Project) est un événement biannuel conduit par une collègue américaine Bobbi Newman. Cette dernière est également à l'origine d'autres projets dont j'ai déjà fait écho ici comme des travaux sur la translittéracie, le tumblr sur l'image des bibliothécaires "this is what a librarian looks like" ou encore le blog Librarian by Day.

Bobbi is dedicated to helping libraries find their place in the digital age. She is passionate about 21st century literacies and the role of all libraries in equal access and opportunity for all. Her professional interests include digital and technology based services, the digital divide, and improving existing services through expanding traditional methods, while creating innovative new practices.

Dans ce dernier projet donc, deux fois par an, des bibliothécaires au sens large du terme racontent une journée de leur vie professionnelle à travers des billets de blogs, des photos, des vidéos, des tweets (notamment via le hashtag #libday8 pour la huitième session)... Il ne s'agit pas uniquement de collègues américains : toute personne travaillant de près ou de loin dans une bibliothèque est ainsi amenée à participer et décrire, à sa façon, comment se déroule une de ses journées. Il suffit ensuite de remplir un tableau dans le wiki du projet et de proposer le lien vers sa propre participation.On ne le voit pas sur cette copie d'écran, mais il y a encore une colonne supplémentaire redirigeant directement vers les posts liés au projet.

Le projet a démarré à la mi-juillet 2008 et a donc entamé en janvier sa huitième édition, mais si on trouve plusieurs contributions non américaines, il n'y en a aucune française. Je trouverais intéressant de changer cela, que les collègues racontent un peu leur quotidien et ce pourrait même faire l'objet d'un projet coordonné par l'ABF, pour l'image de la profession. 

Alors, dites, pour vous c'est quoi : "un jour à la bibliothèque" ?

mardi 20 décembre 2011

Little Free Library

Arrive le temps de Noël et du partage (enfin officiellement).  

Little Free Library est un projet initié par Todd Bol et Josie Pradella à Hudson and Madison dans le Wisconsin. Le but de cette initiative est de lutter contre l'analphabétisme et promouvoir l'amour de la lecture et installant des boîtes d'échanges de livres un peu partout dans le monde et regrouper l'ensemble de ces nids d'ouvrages au sein d'une communauté en ligne. Ils espèrent ainsi construire plus de 2.510 bibliothèques dans le monde, soit plus qu'Andrew Carnegie.

Pour l'instant, ces bibliothèques sont surtout implantées aux États-Unis. Une carte a été créée pour les recenser et une seule bibliothèque apparaît en Europe, à Hambourg en Allemagne. Néanmoins, le projet est relativement récent un an, deux maximum. Les auteurs espèrent alors raconter l'histoire de chacune des Petites Bibliothèques et présenter leur photo. Ces bibliothèques en effet sont de toutes formes, petite boîte, école, aux décors peints ou en bois brut, de préférence en matériau recyclé ainsi que le montrent les nombreuses photos sur le site du projet.

Vous pouvez ainsi vous emparer de l'idée et placer une Petite Bibliothèque près de chez vous, soit après l'avoir construite vous-même, soit en envoyant de l'argent pour permettre l'implantation d'une autre Petite Bibliothèque ailleurs dans le monde.

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