J’en avais déjà parlé, mais si
vous lisez l’espagnol, n’hésitez pas à vous intéresser aux articles du «
Profesional de la Informacion ». Le numéro de cet été (Julio-agosto
2007, Vol. 16, n°4) était dédié aux bibliothèques universitaires (sommaire en
ligne).
Dans l’ensemble, il s’agit pour la revue ibérique de souligner les
transformations que rencontre la bibliothèque universitaire liées au processus
de Bologne et à la mondialisation des universités. On parle alors d’impact des
bibliothèques dans leur environnement, de formation des usagers, de démarche
qualité, de planifications… On parle de nouvelles technologies, d’arrivée du
web 2.0, des opacs ou de la RFID… On parle enfin, ou plutôt on ne parle plus de
bibliothèques universitaires. En Espagne, en effet, celles-ci ont été
remplacées par des CRAI : centro de recursos para el aprendizaje y la
investigacion ou centres de ressources pour l’apprentissage et la
recherche.
Je reviendrais sur ce dernier point dans un autre billet car il me semble
assez intéressant et révélateur d’une tendance lourde en ce moment un peu
partout en Europe. Un autre article d’ailleurs évoque les fameux Learning
centers mis en place dans les années ’90 au Royaume-Uni. Un autre billet,
car je veux ici parler et retranscrire l’article sur la RFID (d'où le
titre).
GOMEZ-GOMEZ, Alberto, ENA-RODRIGUEZ, Borja, PRIORE, Paolo. “RFID en la gestión
y mantenimiento de bibliotecas”
in El profesional de la
información, 2007, juillet-août, v. 16, n. 4, pp. 319-328. disponible
en ligne [sur abonnement] :
http://elprofesionaldelainformacion.metapress.com/link.asp?id=m271031704t26253
Abstract:
Radio frequency identification (RFID) is an emergent technology that is
currently growing in importance. Companies can improve inventory control and
track their products by gathering data from RFID labels on the products. Most
of the applications for libraries use RFID of 13.56MHz or less, following ISO
standards 15693 and 18000-3. The components and operation of an RFID system are
described and applications in diverse sectors are noted, particularly with
respect to libraries. A general RFID implementation model for a library is
presented and practical applications currently in use are described, along with
the benefits that result.
Première remarque, l’article a été coécrit par deux professeur de gestion en
entreprise et un ingénieur en télécommunication ; du coup, ce dernier s’attarde
pas mal sur les aspects techniques de la mise en place. Le papier en lui-même
propose une première partie sur la technologie RFID (systèmes, étiquettes,
lecteurs), puis une seconde sur les applications techniques, possibles et
réalisées en bibliothèques.
La technologie RFID
Le système d'identification à haute-fréquence se compose d’un lecteur
(transmetteur/récepteur + codoficateur) qui lit et écrit des données et d’un
transponder (étiquette de radio-fréquence) située dans l’objet que l’on veut
identifier. Les deux dipositifs communiquent entre eux. Je passe sur les
aspects électriques, disons juste que la portée, la vitesse et le protocole de
transmission dépendent de l’étiquette et de la fréquence choisie.
Les étiquettes sont de deux sortes, les « passives » qui ne fonctionnent
qu’à proximité d’un lecteur et ne sont pas capables de générer des signaux de
forte intensité et qui sont plus adaptées aux produits dont le mouvement est
constant et contrôlé, et les « actives » qui disposent d’un système
d’alimentation interne, plus puissantes et plus chères et dont l’usage est plus
adapté à des processus dynamiques, où l’interrogation de bases de données est
nécessaire.

Les lecteurs sont chargés de détecter les étiquettes présentes dans leur
champ d’action. Un lecteur doit être capable de conditionner le signal reçu, de
détecter et de corriger les erreurs. Enfin, la majorité d’entre eux peut
communiquer avec un ordinateur, voire un téléphone mobile ou un PDA.
Je passe sur les usages en entreprises pour m’attarder sur
La RFID et les bibliothèques
La première bibliothèque à employer de la RFID fut la Farmington Community
Library dans le Michigan, en 1999. En plus d’améliorer les opérations de prêt
et de retour, de faciliter le rangement des ouvrages et d’alléger la charge de
travail des bibliothécaires, les systèmes de RFID promettent de fournir un
meilleur contrôle face au vol et aux ouvrages non rendus. Toutefois, il
convient de souligner que dans l'actuel état de développement de la
technologie, son introduction dans les bibliothèques rencotnre plusieurs
problèmes non encore résolus. Parmi les plus importants, on peut souligner le
manque de contrôle devant le caractère privé des données, l'absence de
standards et le coût, tant des dispositifs comme du développement de systèmes
RFID.
Dans une bibliothèque, il faudrait d’abord étiqueter tous les types de
documents (livres, revues, CDs…) Les étiquettes peuvent se coller sur une
feuille de papier, elles ont une mémoire en lecture/écriture et font aussi
fonction d’antivol. Quand elle est lue pour un prêt, la partie « antivol » se
désactive. C’est un grand changement par rapport aux systèmes actuels où le
mode d’identification et le système antivol sont séparés. Le système de prêt
est formé d’un lecteur pour identifier l'usager, lequel dispose d'une carte, un
lecteur RFID sur lequel se posent les livres et d’un écran tactile pour aider
dans la procédure de prêt automatique. Les livres sont alors placés sous le
lecteur et la carte de l’usager sous un scanner de code-barres ; L’étiquette
est lue, ce qui désactive la fonction antivol et enregistre le prêt dans la
base de données. Le retour peut se faire de la même façon. Pour mener à bien le
récolement des ouvrages ou vérifier leur rangement, on peut utiliser des
lecteurs portatifs. Le système derrière, en plus de recueillir et de visualiser
des informations peut proposer d’autres données statistiques comme les heures
et la quantité des prêts, des retours, la moyenne de livres prêtés par usager,
la durée moyenne des prêts et des comparaisons entre le prêt automatique et le
prêt assuré par le personnel.
dispositif 3M
proposé par Libraryman

Concrètement ça donnerait : l’usager effectue la recherche d'un livre ou
d’un article, avec l'aide ou non du personnel. Une fois qu'il a choisit un
document, il va à l’automate de prêt et place sa carte de sous le lecteur de
code à des barres ou de RFID, suivant le cas. L'ordinateur l'identifie et lui
montre ses informations en cours (livres ou articles en prêt, date de retour,
etc.). Si l’usager remplit toutes les conditions, il peut effectuer un prêt, et
pour cela passe le livre sous le lecteur RFID, qui fournit l'information à la
base de données et désactive le bit de sécurité. Au moment de quitter la
bibliothèque, l’usager doit traverser les bornes antivol situées à la sortie
qui activeraient une alarme au cas où le livre n'aurait pas été correctement
emprunté. Pour rendre ses emprunts, l’usager passe ses ouvrages à l’automate de
retour, pour mettre à jour ses données et faire apparaitre ses
documents dans la base de données comme rendus.
En ce qui concerne le respect de la vie privée, le personnel doit s’assure
de la confidentialité des données. Certaines personnes craignent que les
étiquettes de leurs livres puissent être lues et divulguer ainsi leurs données
(numéro de lecteurs, etc.). Ceci peut être évité en stockant ces données
uniquement dans les cartes des usagers. Mais les principaux problèmes liés à la
vie privée apparaissent quand on parle d’introduire des puces RFID sur la carte
d’identité où résident des informations sensibles, ce qui est éloigné de
l’usage possible en bibliothèque et relève plutôt des compétences du
législateur.
from
Doctor
fun
Les avantages en revanche sont nombreux : dans la majorité des cas en
bibliothèques on a employé des étiquettes de Haute Fréquence à 13.56 MHz,
puisqu'on n'a pas besoin d'une grande portée de lecture et qu’il s’agit du
standard le plus diffusé aujourd’hui. Les principaux standards de HF pour
bibliothèques sont l'ISO15693 et l'ISO18000-3 (ISO, 2001). Les étiquettes sont
passives parce que la quantité d'information nécessaire pour stocker les
informations n'est pas très importante. Avec la RFID, on gagne du temps dans
les processus de circulation du document (automatisation des tâches), au moment
du récolement, le système détecte même les ouvrages qui sont mal rangés. Pour
obtenir des statistiques fiables sur l'utilisation du lieu on peut installer
des capteurs dans les points de lecture. Le coût peut être un obstacle mais il
devrait être réduit au fur et à mesure de l’utilisation de la technologie, et
au su des bénéfices engendré, il apparaît moindre.
Quelques bibliothèques qui ont adopté la RFID
Les étapes de mis en place sont :
- Étiquetage des documents
- Installation des lecteurs, appareils de prêt et retour.
- installation de logiciels adéquat pour la gestion, le contrôle et le
maintien des données des usagers et de la localisation des livres, permettant
l'acquisition de données en temps réel.
- Mise en œuvre.
Le tableau suivant donne une idée du temps nécessaire pour étiqueter
tous les livres selon le nombre d’appareils dont on dispose :
|
temps nécessaire pour
l'étiquetage des documents (en semaines)
|
|
Nº de stations
|
Nº de documents
|
|
50.000
|
250.000
|
500.000
|
750.000
|
|
1
|
10
|
50
|
100
|
150
|
|
2
|
5
|
25
|
50
|
75
|
|
3
|
3,5
|
17
|
34
|
51
|
|
4
|
2,5
|
12.5
|
25
|
37.5
|
|
5
|
2
|
10
|
20
|
30
|
|
6
|
1
|
5
|
10
|
15
|
Enfin, quelques exemples de bibliothèques ayant mis en place la RFID dans leurs
établissement :
Biblioteca pública West Bloomfield Township :
http://checkpointsystems.com/docs/cpt-west_bloomfield
_library.pdf
Cerritos Library (California):
http://checkpointsystems.com/docs/CPT-Cerritos.pdf
Biblioteca Colchester :
http://www.intellident.co.uk/downloads/ColchesterCaseStudy.pdf
Centro de Humanidades y Ciencias Sociales de Madrid: el Ministerio de Educación
yCiencia :
http://www.rfid-magazine.com/noticias/detalle.php?id=454
[pour des ressources en France et en français voir Bibliopédia :
http://biblio.wikia.com/wiki/RFID et le
gros dossier de l'ADDNB :
http://addnb.fr/rubrique.php3?id_rubrique=50]
Voir aussi (toujours proposé dans l'article) :
- Gartner consulting. Gartner high-lights key emerging technologies in
2005 hype cycle. http://www.gartner.com/press_releases/asset_1344
60_11.html
- Kern, c. "Radio-frequency-identification for security and media
circulation in libraries”. in: The electronic library, 2004, v.
22, n. 4, pp. 317-324
- Libbenga, J. Vatican library adopts RFID, 2004. http://ww.theregister.co.uk/2004/07/09/vatican_library_rfid
- Mccullough, J. “Redesigning library applications for PDAs: ILS vendor
perspective”. in: Library hi tech, 2003, n. 21, pp. 393-399.
- singh, J.; Brar, N.; Fong, c. “The state of RFID applications in
libraries”. in: Information technology and libraries, 2006, n. 25, pp.
24-32.
- sue, K. “The implementation of the RFID system for improving customized
service: the case of the National Library of Korea”. in: World library and
information congress, 2006. http://www.ifla.org/IV/ifla72/papers/140-Kim-en.pdf
- Wu, N. c.; Nystrom, M. A.; Lin, T. R.; yu, H. c. “Challenges to global RFID
adoption”. En: Technovation, 2006, v. 26, n. 12, pp. 1.371-1.323.
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