Je suis assez intéressé par les applications mobiles. Certains billets ici
publiés le montrent aisément. Je me renseigne sur les applications en
elles-mêmes, aux ressources disponibles sur mobile, aux services proposés.
Pourtant, il y a une fonctionnalité relativement spécifique aux terminaux
mobiles qui me laisse encore interrogateur : la géolocalisation.
1. Se géolocaliser avec Foursquare.
La géolocalisation ou géoréférencement
est un procédé permettant de positionner un objet (une personne, une
information...) sur un plan ou une carte à l'aide de ses coordonnées
géographiques
, me dit Wikipédia et l'un des
chantres de ce processus -comme Twitter est devenu le hérault du microblogging,
serait Foursquare.
Foursquare est un site de géoréférencement devenu tendance. En moins de 2
ans, selon le site Editoile,
cette application est devenue l’outil de géolocalisation tendance. Rien que
pour 2010, dans le monde, 381 576 305 check-ins géolocalisés et plus de
5 millions d’utilisateurs ont été comptabilisés, soit une croissance
de 3 400 %
. (Voir l’infographie statistique publiée par Foursquare).
L'idée paraît simple : grâce à l'application, les utilisateurs ont la
possibilité d’indiquer leur emplacement précis en
s’enregistrant (check-in) dans des lieux précis comme un bar, un cinéma, une
gare, un magasin, etc. Lorsqu'ils y sont, ils peuvent dire ce qu'ils y font,
annoncer qu'ils participent à une conférence par exemple, et voir quels autres
utilisateurs enregistrés participent.
La force de Foursquare est qu'il rend l'expérience ludique
: à chaque enregistrement, l'utilisateur gagne des points qui
lui rapportent des badges (liste des 180
badges), parfois difficiles à obtenir. Voire, on peut même devenir
le maire (Mayor) virtuel d’un endroit en étant celui qui s'est le plus
enregistré dans cet endroit. Une course alors pour l'obtention du titre peut se
jouer entre les usagers.
L'intérêt pour une marque est d'utiliser le côté ludique du jeu pour
générer du trafic. Foursquare l'a compris qui pousse dans ce
sens : depuis le début de l'année, en effet, le site a ouvert
Foursquare for Business, une extension permettant aux entreprises
et particulièrement aux commerces de personnaliser leur espaces
virtuels sur la plate-forme (logo, descriptif, contact, badges
personnalisés), jusqu'à présenter une page dédiée, à l'instar des fans pages de
Facebook.
Ceci étant, Foursquare n'est pas le seul service de géolocalisation existant
et il convient probablement de jeter un œil sur quelques autres. FlickR ou
Facebook ont ainsi
ouvert leur propre service de géolocalisation permettant soit de localiser le
lieu sur la photo dans le cadre de FlickR, soit de d'annoncer où on se trouve
soi-même dans le second cadre.
2. Et les bibliothèques ?

Badge "Bookworm" de
Foursquare
Les services géolocalisés vont alors changer la façon dont nous nous
adressons aux usagers. en multipliant les canaux et les façons de valoriser le
bâtiment, nos services... L'idée, toujours, est de rendre la
bibliothèque visible pour générer du trafic.
La bibliothèque pourrait ainsi jouer avec ces services en créant une
page institutionnelle, de la même façon qu'elle ouvre une
fan page sur Facebook. Cette page peut générer des
statistiques, voire annoncer des "promotions", signaler ses
événements. Les collègues américains n'hésitent pas ainsi à récompenser leurs
usagers qui sont devenus "maires" de la bibliothèque, ou plus largement les
visiteurs les plus assidus.
C'est amusant, mais selon moi peut-être pas encore
suffisamment développé de ce côté de l'Atlantique pour être pertinent. Faut-il
pour autant abandonner toute idée d'utiliser la géolocalisation ? Non, pas
forcément.
On peut imaginer plusieurs autres scenarii.
Par exemple, profiter des fonctionnalités de géolocalisation qui sont
proposées dans d'autres services comme ceux d'application comme CultureClic ou Monument Tracker qui indique à un
utilisateur où se trouve la bibliothèque la plus proche et le meilleur chemin
pour s'y rendre. Il s'agit plutôt là de fonctionnalités de réalité
augmentée mais il me semble qu'elles sont plus efficaces et
pertinentes que le simple fait d'annoncer "J'y suis" pour une conférence, sur
Foursquare.
Au sein même d'un bâtiment, serait-il sinon intéressant de proposer une
fonctionnalité de ce genre pour permettre aux usagers de se retrouver dans
l'immensité d'une bibliothèque nationale par exemple. Vous avez des idées ?
Sur ces sujets, voir aussi le diaporama enthousiaste du
bibliothécaire américain Joe Murphy :
Conference on Location-Based Services for Libraries
3. Une stratégie globale
Bien sûr, cela ne doit pas se faire à la volée mais participer d'un
plan stratégique de présence sur les médias sociaux plus large.Une
stratégie qui s'élabore notamment en réponse aux points suivants (Élodie Hennion,
responsable partenariat de Viadeo)
:
- Définir ses objectifs, comprendre sa cible
- Comprendre les codes de chaque communauté
- Identifier les réseaux sociaux d’influence
- Choisir les bons médias sociaux, donner le bon message, sur le bon ton, au
bon moment
- Attribuer toutes les ressources
- Fédérer la communauté autour de la marque
- Fédérer l’entreprise autour de la stratégie de l’entreprise sur les médias
sociaux
- Disposer d’indicateurs permettant de connaître le retour sur engagement ou le
retour sur investissement selon la stratégie choisie
Il s'agit là de point cités dans le cadre d'une présence d'entreprise, mais
on doit pouvoir revenir sur ces questions dans le cadre d'une institution.
Monter une politique éditoriale de présence sur les réseaux (notamment quel
média, pour quoi faire, en direction de qui ? cf. le diaporama
aussi de Kandb sur "communication et médiation" en bibliothèque) et, au delà,
d'utilisation
des médias sociaux est en effet primordial et essentiel, comme elle l'est
dans le cadre de tout projet impliquant une partie communication et
valorisation.
C'est un point qui me tient à cœur et sur lequel j'essaierai de revenir.