Vagabondages

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - internet

Fil des billets

jeudi 22 décembre 2011

La bibliothèque dans les nuages

Le groupe Primary Research spécialisé dans la publication d'enquêtes, rapports et autres benchmarks (ou plutôt "référenciation" ou "étalonnage" selon FranceTerme) appliqués aux institutions (et à des prix simplement exorbitants) vient de sortir une enquête sur l'utilisation par les bibliothèques de ce qu'on appelle le Cloud Computing.

L' "informatique en nuage", toujours selon FranceTerme, consiste à privilégier les services et logiciels en lignes plutôt que les serveurs locaux des utilisateurs.

This report examines closely how academic, public and special libraries are using cloud computing services. It looks at use of specific services from Amazon, Google, Rackspace, DuraCloud, DropBox and many others, as well as more general questions regarding the use of cloud services, such as security issues, overall cost, impact on IT staff, data reliability and other issues.

Ce rapport donc s'intéresse à la façon dont les bibliothèques utilisent, ou prévoient d'utiliser, des services en lignes ou à distance comme Amazone, Google, DropBox... Il essaie de présenter un regard objectif sur les bénéfices et les désavantages de ces derniers et relaie l'opinion des bibliothécaires sur des questions comme la sécurité des données, les coûts, la confiance, l'impact sur le temps de travail etc.

Parmi les conclusions, on trouve quelques chiffres :

  • 22.54% des biblitohèques interrogées souscrivent à des services en lignes, dont 13.64% de bibliothèques hors États-Unis.
  • Les services de cloud computing les plus importants sont utilisés pour héberger ou distribuer des collections particulières par 2.82% des bibliothèques interrogées.
  • 63.04% déclarent Google comme étant fiable et 8.7% extrêmement fiable. Les 28.26% restantes considèrent Google comme habituellement fiable, aucune ne lui accordent pas leur confiance.
  • 66.67% des bibliothèques s'accorde pour dire que alors que la perte de données et de dossiers est toujours possible dans les principaux services de cloud computing, ces pertes ne seraient pas pires que si elles se passaient dans les services de stockages traditionnels.
  • Moins de 3% des bibliothèques utilisent des platforms as a service (PaaS) [un modèle où l'entreprise maintient uniquement ses applications et où le fournisseur maintient la plateforme et l'infrastructure] permettant à leurs usagers de construire leur propres applications en ligne.
  • 2.82% des bibliothèques prévoient d'utiliser Rackspace (un site qui proposer des serveurs en ligne, un espace de stockage en ligne, des logiciels en ligne, un portail en ligne...) dans le futur, dont 5.56% de bibliothèques municipales et 2.44% de bibliothèques universitaires.
  • 15.38% des bibliothèques dont le budget annuel se situe entre 750.000 et 5.000.000 USD utilisent des espaces serveurs en ligne, loués à des entreprises de cloud computing
  • 16.9% des bibliothèques interrogées utilisent des applications Google pour le traitement de texte, par défaut.

Les conclusions du rapport se fondent sur les données de 72 bibliothèques (universitaires, municipales ou spéciales) américaines, canadiennes, australiennes et anglaises.

mardi 6 avril 2010

WebGL met de la 3D dans ton navigateur

Je voudrais vous parler aujourd'hui du WebGL, un langage sorti l'été dernier permettant d'intégrer de manière native de la 3D dans le navigateur des usagers. Le tout sans rien installer, ni plug-in, ni application. On retrouve là le fameux Graal tant espéré de Linden Labs, ce qu'annonce le Metaverse Roadmap.

Cette fois, l'affaire est sérieuse : on retrouve derrière ce nouveau standard WebGL des fabricants de puces (Nvidia, Intel, ARM, AMD) mais également de navigateurs comme Mozilla, Opera et Google. Les acteurs du marchés sont ainsi d'autant plus en attente que c'est eux qui promeuvent le langage. Fred Cavazza explique :

Pour rentrer un peu plus dans les détails, WebGL propose donc au sein d’une page web de lier du contenu à votre carte graphique à l’aide de javascript et d’OpenGL ES. “ES” ? Oui, OpenGL “ES”. Pour faire simple il s’agit de la déclinaison multi-plateforme d’OpenGL. En d’autres termes, ils poussent un standard qui fonctionnera à la fois sur un ordinateur mais également sur des terminaux mobiles / alternatifs.

Un web 3D ? Fred Cavazza ajoute : bien évidement il ne sera pas question d’abandonner les pages web au profit d’environnements 3D immersifs, mais plutôt de pouvoir encapsuler à loisir des contenus 3D dans vos pages web.  Vous imaginez vos pages web où se mêleraient contenus textuels, sonores, vidéos et 3D ? Ange Zenatti précise que seul le navigateur Chrome, actuellement, est capable réinterpréter et donc d’afficher du WebGL, mais FireFox 3.7 en sera lui aussi et probablement Safari & Internet Explorer aux alentours de 2011.

Spécialiste des mondes virtuels, Ange Zenatti parle dans son billet d'une société du nom de Katalabs qui propose une démo de manipulation et import de contenu dans ce type environnement :

Et vous le web 3D, vous y croyez ?

Voir aussi : Le point sur la 3D dans votre navigateur

lundi 5 février 2007

Le web 2.0 en cinq minutes...


Voici une vidéo se voulant expliquer le web 2.0 en moins de cinq minutes. Elle a été réalisée par des profs en Digital Ethnography à la Kansas State University.

Il s'agit d'un deuxième essai et il y devrait y en avoir un troisième si j'ai bien compris. Pour information, la musique est "There's Nothing Impossible" du groupe Deus.

mercredi 17 janvier 2007

L'archipel des InfoSciences

Sur l'invitation muette de Manue, je me suis inscrit et promené hier soir dans Second Life (et il ne faut pas se tromper dans l'adresse parce qu'on trouve de tout comme fake).
La prise en main n'est pas très compliquée mais demande quand même qu'on s'y attarde un tant soit peu au début, malgré le tutoriel. Ce n'est pas un jeu avec une quelconque quête à remplir mais bien un "simple" univers virtuel dont l'intérêt principal repose sur l'interaction de l'avatar avec son environnement. Ensuite, comme il n'y a pas de but précis, on se demande ce qu'on peut faire. On traine un peu, écoute les conversations des voisins et sourit lorsque ça parle français. On visite un peu les immenses buildings, les maisons volantes, les villes médiévales et celles futuristes. Je ne saurais pas même y retourner maintenant mais j'ai pu ainsi rencontrer dans une manoir orné du symbole de Fly, Edwige herself, la chouette effraie de Harry Potter. Finalement, visiter Second Life, c'est un peu se prendre pour le Philémon de Fred( et ici), quittant la réalité pour une visite onirique des mondes des lettres de l'Océan Atlantique. On peut marcher sous l'eau, se perdre dans des châteaux suspendus, on croise des personnages hauts en couleurs : j'ai croisé des vampires habillés façon début de siècle (début 20e), des chevaux dits "elfiques", une ange aux ailes noires et l'épée d'acier, même un drôle de monstre ressemblant à un alien mais parfaitement inoffensif. C'est qu'on ne peut pas se battre ici, les zones de combats sont des zones réservées, de même que les avatars subissant des poussées d'hormones sont priés de les satisfaire dans des zones spécifiques désignées par un M, pour mature (pour rappel, il existe un Teen Second Life réservé aux moins de 18 ans). On peut se déplacer sur les îles en marchant, courant (ctrl+r) ou volant, qui demeure quand même la commande la plus pratique. On peut aussi tout simplement se téléporter à l'endroit désiré par téléportation spontanée (c'est beau la technique) ou par l'intermédiaire de bornes de téléportation. L'une d'entre elles par exemple se trouve devant "Mystery Manor" et vous transporte devant les principaux bâtiments de l'île InfoIsland dont celui de Google ou de l'Alliance Second Life Library. On peut forcer le jour si on n'y voit plus très bien, visiter de nuit ou préférer l'aurore. On y trouve de tout donc, y compris le fameux archipel Info Island dont les collègues nous ont déjà parlé.
L'archipel des InfoIles est un ensemble de huit îles pour l'instant, soit, par ordre alphabétique :
  • Commonwealth Island se veut un espace pour les organisations ;
  • Cybrary Island est dédiée aux "individuals library" ;
  • Echoditto Island, un centre pour les organisations politiques et environnementales ;
  • EduIsland s'adresse à la communauté des formateurs et des enseignants ;
  • HealthInfo Island à la communauté médicale (professionnelle, informationnelle ou non) ;
  • Info Island sur laquelle je vais revenir ;
  • Info Island 2 qui est une île plutôt réservée aux expositions bien qu'on y trouve l'université Bradly et SIQuery ;
  • SISU SLIS dont je ne vois pas trop ce qu'elle recouvre.
Sur Info Island vous pouvez trouver Parvenu Towers, une grande tour qui propose des ressources sur les Beaux-Arts (1er étage), les documents officiels (2e), les entreprises (3e), les Sciences Humaines (4e), les Sciences et techniques (5e), la généalogie (9e), un centre de conférence... Un auditorium est disponible à ciel ouvert pour tous. Il a été offert par le International Space and Flight Museum. Un calendrier liste même les prochains événements. Mystery Manor est censé enfermer des livres d'horreur (mais nous n'avons pu y entrer hier lors de notre visite avec Manue) tandis que la fantasie est accessible via le Talis Sci-Fi portal. Life2life, elle, est une librairie interfacée avec Amazon... Le bâtiment de Google permet de faire des recherches et propose par la suite un ensemble de liens qui font sortir du monde virtuel.
C'est d'ailleurs là que le bât blesse. Nombre de liens sont des liens hypertextes habituels. Tout le côté valorisation, tout ce qui permet d'enrichir le monde par des apports souvent mène simplement à l'extérieur de Second Life. Utiliser un catalogue, lire un historique, suivre une requête... tout n'a évidemment pas été retranscrit dans ce monde virtuel mais je trouve que l'interfaçage aurait mérité d'être un peu paufiné voire repensé afin de nous présenter quelque chose d'original et innovant. D'une manière générale, mon avis demeure mitigé quant à cet univers. Je trouve cela très amusant voire impressionnant par les réalisations effectuées, le temps et l'énergie déployés. Voici par exemple l'historique de la création d'EduIsland :

EduIsland was purchased by the Alliance Library System in mid-November 2006. Before its purchase, a survey was sent to educators on two listservs; approximately 30 people responded that they would be interested in renting land on an island. After the island was ordered, respondents could choose from four plot sizes, each of which would require rent for one year. For example, a plot measuring 1024 sq m is $100 per year for the tenant. The tenants were then asked to help draft (via a wiki) a Community Agreement, which was then voted on by them and approved. During the drafting period, the land was divided into plots as ordered and land was deeded to SL groups representing the organizations.

On y trouve pourtant pleins de monde à certaines heures (enfin pas hier parce que c'était mort ^^) et c'est impressionnant de voir que certaines institutions y croient comme les universités de l'Oregon, du Montana, de l'Etat de New-York, Cincinnati, Deleware, Hawaï... De fait, les bibliothèques sont présentes et font vivre l'endroit.

Already there is a portable (well, in fact Head-Up Display) searchTool that can search Second Life Library , Second Life stuff itself but also special web resources, such as WorldCat, Google, Amazon & Library Tours can be selfservice by means of a tool like Chatfeeder that users carry with them. They can read e-books, listen to audio-books and look at streaming video. We have RSS-feeds visually displayed. We can search PubMed in Second life, offer Reuters health News. Our virtual Reference Desk is using QuestionPoint and we are training a Chatbot to talk to people when we are not there, for some reason. And this is just the beginning.

PascalK suggérait que l'enssib s'y installe également et fasse pignon sur rue (virtuelle) mais je ne suis pas encore assez convaincu. Je vois encore cela comme un gadget plus que comme un nouveau lieu de rencontres avec ses usagers et l'ouverture d'un blog ou d'un wiki me semble plus pertinent pour une bibliothèque. Cela dit, ça dépend vraiment de l'usage souhaité. Le vrai intérêt à créer (payer en Linden$) un avatar de l'enssib dans Second Life serait en terme de renommée et de visibilité. Pour l'école d'une part, et pour le français d'autre part, même si la communauté française est déjà bien organisée dans ses bons (monuments comme Notre-dame, la tour Eiffel, un tutoriel spécial en français) et ses mauvais aspects (on trouve quand même une zone du Front National). Allez, j'y reviendrai. Par curiosité d'abord et ensuite parce que j'ai maintenant une responsabilité : j'ai rencontré hier, après le départ de Manue, Abbey Zenith une bibliothécaire de InfoIsland. Nous avons discuté un peu et elle m'a admise dans le groupe des bibliothécaires. J'ai donc un joli "librarian" au dessus de la tête et ma conscience professionnelle... a bon dos, oui je sais ^__^. A ce sujet, les bibliothécaires dans Second Life sont réunis au sein d'une association, l'Alliance Library System qui a organisée le week-end des 12 au 14 octobre dernier un grand symposium empli de conférences et d'activités afin de faire le point sur les six derniers mois. Des visites guidées étaient organisées (et il est toujours possible d'en faire en contactant Lorelei Junot ou Abbey Zenith). Les conférences étaient "audibles" à savoir disponibles en format audio. La vidéo ci dessous qui présente un peu l'île a été prise à cette occasion (auteur).

Ah oui, mon nom là-bas est Tau Yao.


[vidéo]

Pour aller plus loin :
  • SLurl est un site qui fournit des liens Second Life (SL urls) permettant de se téléporter directement aux lieux de votre choix dans l'univers, à condition bien sûr d'avoir installé le petit executable.
  • InfoIsland est présent aussi sur le web via un blog (http://infoisland.org/), un set Flickr (http://flickr.com/groups/secondlifelibrary), un espace MySpace (http://www.myspace.com/infoisland) où j'ai pris certaines des illustrations.

mardi 2 janvier 2007

Publication du décret relatif au contournement d'une mesure technique à l'aide d'outils dédiés

Reçu comme suite de la loi DADVSI dans la mailing list EUCDinfo :

Publication du décret relatif au contournement d'une mesure technique à l'aide d'outils dédiés

Adresse permanente : http://www.eucd.info/index.php?2006/12/31/341-publication-du-decret-relatif-au-contournement

Alors que la loi DADVSI (« droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information ») prévoit déjà des sanctions pénales pour le contournement d'une mesure technique réalisé par ses propres moyens, les contraventions applicables au contournement réalisé à l'aide d'un outil dédié attendaient la publication d'un décret. Celui-ci vient d'être publié au Journal Officiel.

Le décret sanctionnant pénalement le fait de détenir ou d'utiliser un outil dédié au contournement d'une mesure techinique a été publié (pdf) au Journal Officiel du 30 décembre 2006 (c'est le décret «n° 2006-1763 du 23 décembre 2006 relatif à la répression pénale de certaines atteintes portées au droit d'auteur et aux droits voisins»). Ces actes sont désormais passibles d'une contravention de 4e classe, et donc de 750 euros d'amende (maximum).

Avec la publication de ce décret la lecture d'un DVD avec un logiciel s'appuyant sur un moyen de contournement existant (comme DeCSS, utilisé par de très nombreux systèmes logiciels libres) est donc passible d'une contravention de 4ème classe. Ainsi donc lire un DVD, légalement acheté par exemple, sur un système d'exploitation libre devient un acte passible d'une amende.

Les membres de StopDRM qui s'étaient dénoncés notamment pour contournement de mesures techniques à l'aide d'outils dédiés sont également concernés.

Il reste d'autres décrets à paraître concernant la loi DADVSI, notamment celui instituant l'Autorité de régulation des mesures techniques (ARMT). Les Echos ont publié le 27 novembre cet avant-projet de décret (pdf). En attente également le décret demandant aux FAI (fournisseurs d'accès à Internet) l'envoi de messages d'avertissement aux internautes qui téléchargeraient illégalement.

--
Frederic Couchet, délégué général de l'APRIL