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Tag - jeux

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jeudi 4 septembre 2014

L'espace ados de la bibliothèque de Brossard (Qc)

En janvier 2014 a ouvert un tout nouvel espace ados à la bibliothèque Georgette-Lepage, à Brossard, près de Montréal. Exclusivement réservé aux jeunes âgés de 12 à 17 ans, cet espace est situé dans un ancien local d'entreposage de près de 135 m², au sous-sol de la bibliothèque et se voit, de fait, séparé physiquement du reste de l'institution, créant un lieu clos, où ils peuvent se réunir, partager des intérêts communs, jouer, travailler. 

Un espace pensé et dédié aux adolescents

La bibliothèque n'avait pas d'espace libre pour accueillir les ados particulièrement. L'idée fut donc proposée d'utiliser un local d'entreposage dans les sous-sols de la bibliothèque. Le réaménagement, mené en collaboration avec un designer d'intérieur et un architecte a abouti à la formalisation d'une pièce multifonctionnelle, aménagée en quatre zones : travail, lecture, sociabilisation et détente. Chacune des zones est délimitée par une couleur propre sans autre barrière, ce qui permet de rendre l'ensemble lumineux, joyeux (on est au sous-sol, sans lumière naturelle donc) et fluidifie l'utilisation des lieux. Le mobilier léger, sur roulette ou empilable, permet une reconfiguration rapide des espaces selon les besoins. Une estrade se déplie devant les écrans. Il est permis de manger des collations et des repas froids ainsi que de boire. Un tableau blanc, installé dans le corridor d’entrée, permet aux usagers de laisser un message, une marque, un dessin. L'ensemble a coûté pas moins de 240.000 $ canadiens à la municipalité de Brossard.

L'espace n'est pas laissé sans surveillance pour autant. Il propose toute une panoplie de services dédiés aux adolescents assurés -presque- en permanence par trois animateurs. Il est accessible du lundi au vendredi, de 16h30 à 20h et les samedi et dimanche de 12h à 17h.

Ainsi du lundi au jeudi du 16h30 à 18h30, des enseignants sont sur place pour aider les jeunes avec leurs devoirs. Cette aide est complétée par une borne interactive "Allo Prof", une collection de manuel et de livres de références descendus pour l'occasion et la possibilité d'emprunter des ordinateurs portables. On peut même utiliser, disponible dans une bannette ou sur demande, feuilles à carreaux, règles, crayons, ciseaux, compas, calculatrice... et tout matériel dont un ado pourrait avoir besoin. Côté collections, les ados peuvent lire des bandes dessinées, des revues, écouter de la musique sous des dômes d'écoute musicale, jouer à des jeux vidéo, de société mis à leur disposition. Plusieurs animations spécifiques sont également organisées, depuis la soirée jeux vidéo et de société à la projection de films ou l'organisation d'ateliers artistiques. Le vendredi est ainsi destiné à accueillir ce genre d'animation (tournoi d'impro, pizza party, tournoi FIFA 2014...) Un samedi par mois, un invité propose un atelier ou une conférence sur un sujet qui intéresse les ados. Il est possible également sur cerains poste d'utiliser des logiciels de montage vidéo, un peu à la manière d'un fablab. 

Une présence en ligne à poursuivre

Afin cependant de poursuivre l'expérience en ligne, l'espace ado s'est doté d'un nom "Soda", choisi par un jury de jeunes de 12 à 17 ans à l'issu d'un concours organisé pour les ados et renforcer l'implication du public visé. Le nom choisi, il s'est ensuite vu décliné en logo.

Cette identité permet de renforcer également la présence en ligne de Soda. Il possède en effet son propre site, doublé d'une page Facebook. Vous y trouverez d'autres images de l'espace lui-même.  Cette page sert essentiellement à communiquer avec les ados, annoncer les prochaines activités, mais ne semble pas si utilisé par les ados que cela. Il semble qu'elle manque encore d'interaction, sachant que l'espace lui-même n'a que huit mois.

Le site se veut un équivalent numérique de l'espace. On y trouve un blog annonçant les coups de cœur des bibliothécaires. Je suppose d'après la mise en page du billet (rédigé par : la bibliothécaire) qu'il espère diffuser également les coups de coeur des ados eux-mêmes. Au-delà, on y retrouve l'agenda des activités à venir, une page rassemblant les ressources pour l'aide aux devoirs, une liste de contacts pour les jeunes en questionnements (aide téléphonique, SOS suicide, numéro d'aide à la dépendance, problème de violence, questions autour de la sexualité, communautés culturelles,mais aussi la maison d'emploi des jeunes un peu perdue dans cet ensemble de numéros d'aide). un espace jeux liste les ressources disponibles (vidéo ou non) tandis qu'une page destinée aux enseignants rappelle les partenariats qui peuvent être menés. Encore une fois, je ne suis pas certain que cette page ait sa place ici, ou du moins au même niveau que les autres informations. Si le site s'adresse d'abord aux ados, il conviendrait, à mon sens, de minimiser les informations destinées aux adultes.

Mais aussi...

La bibliothèque de Brossard songe maintenant à créer, dans ses locaux, un espace pour les séniors. Cet espace en cours de mise en œuvre propose des fauteuils confortables, un guide des ressources spécifiques, des livres en gros caractères ainsi que des ordinateurs aux claviers adaptés (touches plus grosses, lettres larges et raccourcis)...

jeudi 19 septembre 2013

Minecraft à la bibliothèque

Décidément, l'univers virtuel est le thème de cette rentrée.

Connaissez-vous Minecraft ?

Minecraft est un jeu de construction virtuel, un univers vidéoludique qui propose aux joueurs de construire leur environnement en ligne, seul ou de manière coopérative, en empilant des briques dont vous pouvez modifier la texture. Vous pouvez casser des briques, les ajouter dans votre inventaire, en fabriquer d'autres... tout suit ce parti pris graphique qui fait penser aux premiers âges du jeu vidéo, jusqu'aux personnages, animaux et monstres.

Le jeu en lui-même a été développé par un programmeur suédois, Marcus Persson, et son entreprise Mojang. Il est sorti en novembre 2011 après plusieurs versions de tests et a rapidement connu un succès important.  On peut acquérir une licence individuelle qui permet de se créer autant de compte qu'on veut, ce qui permet de faire jouer plusieurs joueurs à la fois, chacun dans sa partie. Si vous voulez en revanche organiser des sessions où plusieurs joueurs se rencontrent et interagissent, il vous faudra alors plusieurs licences. En septembre 2013, Minecraft revendiquait pas moins de 33 million d'utilisateurs.

Le but du jeu est d'explorer le monde, construire son environnement, survivre aux monstres qui peuvent surgir. Dans le mode survie, vous devez parcourir la carte pour récolter les blocs et les matériaux dont vous avez besoin en combattant des monstres et faisant attention à votre barre de vie. Dans sa version plus créative, vous pouvez vous déplacer en volant et accéder directement aux matériaux et à la plupart des objets du jeu pour vous permettre de vous concentrer sur l'aspect construction sans craindre de blessures par des ennemis. Deux modes finalement complémentaires (jeu d'aventure ou jeu de construction).

Quel intérêt pour les bibliothécaires ? 

De plus en plus de bibliothèques s'intéressent à ce jeu qui permet de solliciter l'imagination des adolescents (et des plus grands). Dans un billet datant de juillet 2013, Mica Meerbach recense une soixantaine de bibliothèques américaines qui se sont intéressées au jeu et l'ont proposé à l'occasion d'un événement (ici un concours de constructions expliqué pas à pas dans sa mise en œuvre) ou d'une offre de service pérenne, à l'exemple de la Darien Public Library qui a acheté son propre serveur Minecraft (avec vidéo tutorielles et albums de photos Flickr).

L'offre de service est alors plutôt large :

  • proposer aux joueurs de rejoindre le serveur de la bibliothèque (Mercer County Library) et partager un espace commun où rencontrer d'autres joueurs et évoluer, sous l'égide de la bibliothèque
  • organiser des ateliers de prises en main et de construction (Minecraft Club à la NYPL)
  • Lancer des concours de construction (mode créatif) : meilleure image, meilleure construction, meilleure architecture... (Baxter Memorial Library)
  • voire un "HungerCraft", sorte de mixte entre Minecraft et Hunger Games (mode survie)

L'occasion aussi de faire participer les jeunes dans la programmation de l'établissement. À la Ann Arbor Public Library, les joueurs ont été partie prenante du projet. Pas uniquement les jeunes d'ailleurs. Sur un serveur dédié, le mode créatif est utilisé pour reconstituer la ville de Ann Arbor telle qu'elle était en 1950, 1900 ou 1850. Un forum de discussion est proposé pour permettre les échanges entre les joueurs tandis que les participants au jeu de l'été (un jeu organisé tous les étés pour impliquer les habitants) pouvaient remplir des défis dans l'univers même du jeu. Cette utilisation, sous forme de reconstruction du passé, n'est pas sans rappeler des initiatives proposées dans Second Life par des collègues américains (reconstitution de maison d'écrivain, de monuments, voire ouverture d'îles qui vous immergent complètement dans un environnement donné pour des besoins historiques ou scientifiques...).

De leur côté, les professionnels ne chôment pas et, comme dans Second Life, on voit apparaître des reproduction de bibliothèques réelles (NYPL) ou imaginaires (bibliothèque de Poudlard). Vous trouverez ici un diaporama de quelques unes d'entre elles.

La bibliothèque municipal de Mattituck-Laurel, dans l'État de New-York a ainsi été complètement reconstitué dans le monde. Elle propose des liens vers le catalogue, et d'autres vers des jeux, des puzzles et autres activités pour les plus jeunes. Bien sûr, on retrouve des collègues en ligne pour faire aussi du renseignement.

Sur Actualitté, la médiathèque Louis Aragon de Martigues signalait en commentaire d'un article sur le sujet qu'un concours avait eu lieu dans son enceinte, visant à reproduire le plan de l'établissement dans le jeu Minecraft. Vous trouverez des images et un retour de l'événement sur leur site internet.

Comment faire ? 

Vous trouverez ci-après quelques retours d'expériences (en anglais) sur l'utilisation de Minecraft en bibliothèque :

Le second est un retour d'une petite bibliothèque sans grand budget ni beaucoup de postes libres.

D'abord pas forcément besoin de postes bien puissants. Minecraft existe aussi en version pocket pour les tablettes et pour la Xbox360 si vous possédez cette console. En mettant vos tablettes en réseau, vous pourrez ainsi faire jouer plusieurs jeunes avec une seule licence. Certes, c'est une version mobile donc limitée, mais c'est pour une première approche c'est pas mal (ou alors pour découvrir soi-même le monde avant d'être complètement dépassé par les jeunes).

Bien sûr, c'est le mode multijoueurs qui est plus intéressant, notamment en ce qu'il permet des interactions entre les joueurs et donc facilité la coopération et la constitution de communautés ludiques. Vous pouvez alors acquérir votre propre serveur si vous avez quelques connaissances dans le sujet ou faire héberger vos parties sur des serveurs tiers comme Minecraft Box, Servercraft, ou encore Redstone Host

La dernière solution, puisque nous sommes dans un cadre institutionnel, est d'acheter un espace sur MinecraftEdu. Cette version serveur éducation spécialement pensée pour les animations avec des groupes de jeunes permet d’avoir un contrôle plus fin sur la gestion du serveur, les options de la partie et d’attribuer des droits spécifiques à chaque joueur. Vous trouverez d'ailleurs sur ce site et le MinecraftWiki un grand nombre d'exemples d'activités à mettre en place. MinecraftEdu vous propose aussi un tutoriel pour bien prendre le monde en main et de nombreux conseils pour commencer. Pour les francophones, il existe d'autres wikis tout aussi intéressants.

Et en France alors ?

N'allez pas croire qu'il s'agit là encore d'une lubie américaine. En France, si une telle proposition vous intéresse, c'est auprès du groupe de l'AbF "Jeux vidéo en bibliothèque" que vous devez vous adresser. Ce dernier réfléchit à développer entre autres ce jeu dans les établissements hexagonaux.

Mais de nombreux établissements se sont déjà intéressés au jeu en lui-même, citons :

Des reproduction in world

Des ateliers de découvertes

  • À la Gaîté Lyrique de Paris, un atelier Minecraft a aussi été organisé en 2012
  • le réseau Médiatem de St Raphaël dans le Var qui vient d'organiser une animation, le 14 septembre dernier
  • la médiathèque d'Eperney proposait une découverte Minecraft en juillet 2013
  • la médiathèque d'Agneaux dans la Manche.
  • La médiathèque des Ulis propose un atelier cette année vendredi ou samedi après-midi.

Des animations plus poussées

  • La bibliothèque Annie Schwartz de Lyon 9e, en partenariat avec des élèves de 4e du collège Victor Schoelcher dans le quartier de la Duchère à Lyon ont utilisé le jeu de construction 3D Minecraft pour reconstituer une partie de l'univers d'un de leur roman préféré, Tobie Lolness de Timothée de Fombelle.
  • La médiathèque de Vaise, à Lyon, a proposé une animation "pictionary avec Minecraft" en juillet 2013
  • La médiathèque de Noisy-le-sec (cache google) a proposé un cycle de trois rendez-vous pour découvrir des crafts originaux et un atelier pour installer son propre serveur Minecraft en mai dernier (elle proposait un atelier découverte en octobre 2012)

Une mise à disposition des jeux

  • Sud-Ouest évoque une mise à disposition du jeu à la médiathèque de Gradignan cet été. 
  • En mars dernier, Minecraft et d'autres jeux vidéo étaient à l'honneur dans les médiathèques de Cergy et notamment dans la nouvelle médiathèque "Visages du Monde", à l'occasion de Cergy Play.
  • Médiathèque de Saint-Renan propose aussi de jouer sur place

ce à quoi on pourrait ajouter :

  • l'espace multimédia de Meudon qui proposait une soirée découverte en juin 2013
  • l'espace multimédia de Plouarzel qui a organisé un concours sur deux jours en avril 2013, avec différentes épreuves (Dé à coudre, arène, PVP, hunger game et survie)
  • Le cybercentre de Guérande qui a proposé une LAN Minecraft en juin 2013
  • Création d'un labyrinthe avec Minecraft à la cyberbase du Grand Nancy en juin 2013

Ca donne des idées, non ?

Voir aussi :

- Pinterest Minecraft in the library
- Minecraft in the classroom and library
- Attract teens to your library with Minecraft
- The wonderful virtual world of minecrraft and libraries

mardi 12 mars 2013

La mallette du petit bibliothécaire

Sur son blog de créations, Mari Richards, présente -et vend accessoirement- une mallette pour jouer au bibliothécaire. Si vos enfants s'ennuient et en ont marre de jouer à la dinette, pourquoi ne pas leur offrir ce kit permettant, explique-t-elle, de rester en contact avec "de bons gros livres en papier qui respirent l'encre".

Comme vous le voyez ci-dessous, la mallette contient des fiches en carton pour y écrire la date de retour, des distinctions récompensant les meilleurs lecteurs, des cartes de lecteurs, un carnet où inscrire ses lectures, des autocollants, des pochettes pour ranger le tout et même des lettres de rappel.

C'est trop mignon :/

Je suis personnellement partagé entre l'amusement et la lassitude devant la représentation un peu datée du métier, mais je vais opter pour le premier. C'est un bon début quand on ne veut utiliser que du papier.

jeudi 14 février 2013

Évaluer les apprentissages par le jeu

Un récent article de Mary J. Snyder Broussard, paru dans Journal of Academic Librarianship, propose d'évaluer les formations proposées en bibliothèque par le jeu.

L'auteure part du principe qu'aujourd'hui, dans l'Enseignement Supérieur (et ailleurs), l'évaluation des actions est indispensable. En bibliothèque, cela a donné lieu à la mise en place soit de grosse machines d'évaluation gourmandes en temps et énergie type Libqual+, soit sous forme de mini-évaluations non-systématiques et proposées immédiatement, tant que les étudiants sont encore présents.

L'argument de l'article est donc, outre rappeler et souligner l'importance des évaluations dans les formation, de proposer une méthode originale d'évaluation par le biais de jeux éducationnels. L'article revient sur l'importance des évaluations en bibliothèque, considère les modalités offerte par les jeux éducatifs et compare les deux modalités afin d'en extraire des similitudes et des modalités pouvant être réutilisées dans un contexte professionnel. En gros, le côté actif, participatif du jeu permet de mettre en pratique les compétences acquises. Mais au-delà, il s'agit pour le formateur d'atteindre des fonctionnalités de feedbacks, de retours immédiats,  de faciliter l’implication et d'améliorer les capacités d'apprentissage des participants

Parmi les jeux évoqués, on trouve :

  • "Des agents secrets à la bibliothèque" [Secret Agents in the Library] qui propose à un groupe d'usager d'explorer les ressources électroniques, les périodiques et les monographies  pour répondre à des questions. Les ussagers ainsi parcourent le répertoire de la bibliothèque, son site internet, les ressources en ligne et les bases de données.
  • "La Menace Gobelin" [Goblin Threat], un jeu pour comprendre les enjeux de la citation scientifique et du plagiat, se présente comme une sorte de QCM où l'usager doit répondre aux questions qui lui sont posées pour trouver le gobelin, chaque bonne réponse permettant de tuer un gobelin.

Dans les deux exemples, les bonnes réponses permettent de gagner des points et sont l'occasion de commentaires, voire de tutoriel ou d'explications plus poussée en cas de mauvaise réponse. 

  • Un troisième exemple proposé est "Bibliobouts" de la bibliothèque universitaire du Michigan, qui demande aux participants de trouver et insérer des citations bibliographiques dans un document ensuite soumis à la critique de l'ensemble du groupe, permettant ainsi d'acquérir une évaluation qualitative en plus de celle quantitative de réponses proposées.
  • Auquel on pourrait ajouter "Escouade B", le jeu sérieux proposé par le réseau des bibliothèques de Montréal dans le cadre du programme d'animation Bibliothèque à la rescousse (présentation par Thierry Robert lors de la journée d'étude sur les jeux sérieux en Bibliothèque à l'enssib).

Tous les objectifs d'apprentissage ne peuvent pas être rendu par des jeux. Ces derniers prennent du temps au moment de la conception tandis que le moindre défaut sera disséqué et souligné. De plus il convient de travailler au story board du jeu afin de faire correspondre chacune des activités aux objectifs recherchés mais l'évaluation ludique présente de nombreux avantages pour les bibliothécaires et pour lieux impliquer les étudiants. 

dimanche 21 octobre 2012

Lego Stockholm Public Library

Linus Minkowsky propose un set FlickR dans lequel il a recréé la bibliothèque municipale de Stockholm en LEGO. Le bâtiment, extérieurs et intérieurs y passe et on peut observer des usagers devant leurs postes d'ordinateur ou empruntant un ouvrage. Un beau travail à découvrir.


Designed by G. Asplund and completed in 1928, the Stockholm Public Library is one of the most recognized and beloved buildings of the Swedish capital. This is my Lego interpretation.


lundi 21 février 2011

Géolocalisation et bibliothèque

Je suis assez intéressé par les applications mobiles. Certains billets ici publiés le montrent aisément. Je me renseigne sur les applications en elles-mêmes, aux ressources disponibles sur mobile, aux services proposés.

Pourtant, il y a une fonctionnalité relativement spécifique aux terminaux mobiles qui me laisse encore interrogateur : la géolocalisation.

1. Se géolocaliser avec Foursquare.

La géolocalisation ou géoréférencement est un procédé permettant de positionner un objet (une personne, une information...) sur un plan ou une carte à l'aide de ses coordonnées géographiques, me dit Wikipédia et l'un des chantres de ce processus -comme Twitter est devenu le hérault du microblogging, serait Foursquare.

Foursquare est un site de géoréférencement devenu tendance. En moins de 2 ans, selon le site Editoile, cette application est devenue l’outil de géolocalisation tendance. Rien que pour 2010, dans le monde, 381 576 305 check-ins géolocalisés et plus de 5 millions d’utilisateurs ont été comptabilisés, soit une croissance de 3 400 %. (Voir l’infographie statistique publiée par Foursquare).

L'idée paraît simple : grâce à l'application, les utilisateurs ont la possibilité d’indiquer leur emplacement précis en s’enregistrant (check-in) dans des lieux précis comme un bar, un cinéma, une gare, un magasin, etc. Lorsqu'ils y sont, ils peuvent dire ce qu'ils y font, annoncer qu'ils participent à une conférence par exemple, et voir quels autres utilisateurs enregistrés participent.

La force de Foursquare est qu'il rend l'expérience ludique : à chaque enregistrement, l'utilisateur gagne des points qui lui rapportent des badges (liste des 180 badges), parfois difficiles à obtenir. Voire, on peut même devenir le maire (Mayor) virtuel d’un endroit en étant celui qui s'est le plus enregistré dans cet endroit. Une course alors pour l'obtention du titre peut se jouer entre les usagers.

L'intérêt pour une marque est d'utiliser le côté ludique du jeu pour générer du trafic. Foursquare l'a compris qui pousse dans ce sens : depuis le début de l'année, en effet, le site a ouvert Foursquare for Business, une extension permettant aux entreprises et particulièrement aux commerces de personnaliser leur espaces virtuels sur la plate-forme (logo, descriptif, contact, badges personnalisés), jusqu'à présenter une page dédiée, à l'instar des fans pages de Facebook. 

Ceci étant, Foursquare n'est pas le seul service de géolocalisation existant et il convient probablement de jeter un œil sur quelques autres. FlickR ou Facebook ont ainsi ouvert leur propre service de géolocalisation permettant soit de localiser le lieu sur la photo dans le cadre de FlickR, soit de d'annoncer où on se trouve soi-même dans le second cadre.

2. Et les bibliothèques ?


Badge "Bookworm" de Foursquare

Les services géolocalisés vont alors changer la façon dont nous nous adressons aux usagers. en multipliant les canaux et les façons de valoriser le bâtiment, nos services... L'idée, toujours, est de rendre la bibliothèque visible pour générer du trafic. 

La bibliothèque pourrait ainsi jouer avec ces services en créant une page institutionnelle, de la même façon qu'elle ouvre une fan page sur Facebook. Cette page peut générer des statistiques, voire annoncer des "promotions", signaler ses événements. Les collègues américains n'hésitent pas ainsi à récompenser leurs usagers qui sont devenus "maires" de la bibliothèque, ou plus largement les visiteurs les plus assidus. 

C'est amusant, mais selon moi peut-être pas encore suffisamment développé de ce côté de l'Atlantique pour être pertinent. Faut-il pour autant abandonner toute idée d'utiliser la géolocalisation ? Non, pas forcément.

On peut imaginer plusieurs autres scenarii. 

Par exemple, profiter des fonctionnalités de géolocalisation qui sont proposées dans d'autres services comme ceux d'application comme CultureClic ou Monument Tracker qui indique à un utilisateur où se trouve la bibliothèque la plus proche et le meilleur chemin pour s'y rendre. Il s'agit plutôt là de fonctionnalités de réalité augmentée mais il me semble qu'elles sont plus efficaces et pertinentes que le simple fait d'annoncer "J'y suis" pour une conférence, sur Foursquare.

Au sein même d'un bâtiment, serait-il sinon intéressant de proposer une fonctionnalité de ce genre pour permettre aux usagers de se retrouver dans l'immensité d'une bibliothèque nationale par exemple. Vous avez des idées ?

Sur ces sujets, voir aussi le diaporama enthousiaste du bibliothécaire américain Joe Murphy : Conference on Location-Based Services for Libraries

3. Une stratégie globale

Bien sûr, cela ne doit pas se faire à la volée mais participer d'un plan stratégique de présence sur les médias sociaux plus large.Une stratégie qui s'élabore notamment en réponse aux points suivants (Élodie Hennion, responsable partenariat de Viadeo)  :

- Définir ses objectifs, comprendre sa cible
- Comprendre les codes de chaque communauté
- Identifier les réseaux sociaux d’influence
- Choisir les bons médias sociaux, donner le bon message, sur le bon ton, au bon moment
- Attribuer toutes les ressources
- Fédérer la communauté autour de la marque
- Fédérer l’entreprise autour de la stratégie de l’entreprise sur les médias sociaux
- Disposer d’indicateurs permettant de connaître le retour sur engagement ou le retour sur investissement selon la stratégie choisie

Il s'agit là de point cités dans le cadre d'une présence d'entreprise, mais on doit pouvoir revenir sur ces questions dans le cadre d'une institution. Monter une politique éditoriale de présence sur les réseaux (notamment quel média, pour quoi faire, en direction de qui ? cf. le diaporama aussi de Kandb sur "communication et médiation" en bibliothèque) et, au delà, d'utilisation des médias sociaux est en effet primordial et essentiel, comme elle l'est dans le cadre de tout projet impliquant une partie communication et valorisation.

C'est un point qui me tient à cœur et sur lequel j'essaierai de revenir.

jeudi 10 février 2011

Jouer avec les OCR

Sur Read Write Web, se trouve un article expliquant comment la Bibliothèque nationale de Finlande a créé des mini-jeux afin d'inciter les usagers à corriger les éventuelles erreurs d'OCR liées aux projets de numérisation.

L'idée est simple : avec le projet Digitalkoot (Volontaires numériques) les usagers sont appelés à participer et remplir des microtaches, jouer à de mini-jeux afin d'améliorer le résultat de la numérisation en rendant plus récréative les travaux pénibles et répétitif de vérification des notices et des épreuves.

"We have millions and millions of pages of historically and culturally valuable magazines, newspapers and journals online. The challenge is that the optical character recognition often contains errors and omissions, which hamper for example searches," says Kai Ekholm, Director of the National Library of Finland. "Manual correction is needed to weed out these mistakes so that the texts become machine readable, enabling scholars and archivists to search the material for the information they need."

Plusieurs jeux sont ainsi proposés grâce à un partenariat avec l'entreprise MicroTask.

Dans le jeu 'Chasse aux taupes' (Myyräjahti), deux taupes montrent au joueur deux mots différents et ce dernier doit défninr le plus rapidement possible s'ils sont ou non identiques. Il s'agit donc de retrouver des mots erronés dans les documents numérisés. Dans "le pont des taupes" (Myyräsilta), les joueurs doivent épeler correctement les mots apparaissant à l'écran. Chaque réponse juste aide les taupes à construire un pont par dessus une rivière. Bien sûr, ces réponses permettent également de vérifier la pertinence de l'OCR et donc de faciliter les recherches sur les documents.

Ca me fait penser à la "Fun theory", une théorie selon laquelle on peut changer les comportements des gens si on rends les actions plus amusantes (jeter les déchets à la bibliothèque, utiliser l'escalier plutôt que l'escalator...) une initiative mise en oeuvre notamment par Volkswagen.

mercredi 6 octobre 2010

Dokeo, l'encyclopédie augmentée

Je n'aime pas trop évoquer de produits commerciaux, mais puisque je parlais l'autre jour du colloque sur "Les nouvelles pratiques culturelles des enfants face au numérique :Y aura-t-il encore des enfants lecteurs au 21e siècle ?", je voudrais évoquer ici d'autres interventions.

Parmi elles, une représentante de Nathan Jeunesse, après avoir rappelé que l'édition était toujours en quête d'innovation (ex : livres tissus, pop-up etc.) a évoquée les deux pistes explorées par sa Maison :

  • Les tablettes tactiles, style iPad, qui permettent selon elle de renouveler le genre des pop-ups justement, et sont plus attrayantes que de simples liseuses peu adaptées à un public jeune. Qu'on me permette ici de rappeler cette vidéo que tout le monde connaît attestant des possibilités de l'outil d'Apple adaptées au roman Alice au Pays des merveilles de Lewis Caroll.

  • L'autre orientation prise est celle de la réalité augmentée, et j'ai découvert à cette occasion la collection Dokéo que je ne connaissais pas. Il s'agit de proposer des ouvrages de références et de jouer sur l'interactivité et le côté ludique pour faire comprendre aux enfants le fameux "comment ça marche". Et je dois avouer que cela m'a plu. A étudier plus en détail. C'est plus le système de cartes avec un hamster qui nous a été montrée que l'encyclopédie elle-même, du coup je ne sais pas ce qu'elle donne, mais je dois avouer quoi qu'il en soit que c'est une utilisation intéressante de la réalité augmentée.

samedi 19 décembre 2009

Textorizer : quand l'image et le texte ne font plus qu'un

Textorizer est une application à télécharger qui permet de fondre une image et un texte, convertir un texte en image ou l'inverse, une image en texte. On peut ainsi ajouter du texte sur une image ou faire suivre au texte les contours de cette image.

C'est Nosololibros qui est ma source et c'est à lui que j'emprunte les exemples, n'ayant pas moi-même encore essayé. Vous trouverez ainsi ci-dessous le portrait du poète Bécquer reconstitué à partir de ses propres rimes.

Le programme est très sensible qui permet de varier la taille des caractères, les lignes, la couleur, la saturation de l'image etc.

Un outils pour dessiner des calligrammes de manière électronique en quelque sorte.

mercredi 11 mars 2009

Adopte un mot

On parlait de la beauté des mots précédemment, et bien laissez-moi vous présenter "Save the Words", un site qui revient sur la vitalité del a langue (certes anglo-saxonne en l'occurence, mais parfaitement adaptable au pays de Molière).

Le site revient sur l'importance des mots et, partant du principe qu'une langue est bel et bien vivante, veut résolument protéger les mots d'une désolante et fatale disparition. Derrière un habillage en flash, et un fond sonore des plus touchants (les mots interpellent l'internaute d'un "hello !", "over here !", "Pick me !", "save me !", vous est donné la possibilité d'adopter un mot et de le sauver, le propager pour lui redonner une seconde vie. Lorsque vous cliquez sur un mot, le site vous en donne la définition, une rapide mise en contexte, et un petit formulaire vous permettant de l'adopter.

Le contrat d'adoption stipule alors : "I hereby promise to use this word in conversation and correspondence, as frequently as possible to the very best of my ability." (Je, soussigné, promets d'utiliser ce mot dans mes conversations et correspondances aussi souvent que possible au mieux de mes capacités).

Le coeur tout ému et les larmes aux yeux, je n'ai pu m'empêcher d'adopter un mot, en l'occurence l'adjectif "embolimaeal" qui, comme son nom ne l'indique pas du tout, désigne ce qui peut être placé dans un calendrier. Ouais, bon, pas facile à placer dans un SMS...

En retour j'ai eu droit à ce superbe certificat, tamponné de l'Oxford University Press. Yes Sir.

embolimaeal.jpg

Ce que je trouve sympa aussi, est la possibilité d'acheter un t-shirt avec le mot écrit en gros sur la poitrine. Voilà qui va faire des jaloux, ou du moins susciter des questions. Pas facile de se balader avec "Agonyclite" (membre d'une secte hérétique qui se tient debout plutôt que s'agenouille), "Oporopolist" (vendeur de fruits), "Sireniform" (qui a les deux jambes jointes en une), "Foppotee" (personne butée) ou "nubivagant" (qui se meut dans les nuages). Mais j'adore l'idée ^_^

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