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Tag - littérature

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mardi 18 mars 2014

Une étude sur l’offre de livres numériques en France

La société d'audit (et d'expertise comptable) KPMG vient de publier ce mois-ci une étude sur le développement de l’offre de livres numériques et son impact sur les comptes des éditeurs. L'étude ne porte donc pas sur la demande et les usages mais propose un regard du point de vue éditeur.

Elle vient compléter les récentes fiches sur le Marché du livre (dont la fiche 4 consacrée au livre numérique) publiées le mois dernier par le SNE et celles publiées récemment par l'Observatoire de l'économie du livre du Service du livre et de la lecture de la DGMIC.

1er baromètre KPMG de l’offre de livres numériques en France

Le document précise :

Sur la base d’un panel de 56 répondants classés notamment par niveau de CA et secteur éditorial, ce baromètre met en lumière les profils des éditeurs disposant ou non d’une offre de livres numériques, leurs difficultés, leurs réticences et aussi leurs facteurs clés de succès.

L'étude a été élaborée suite à une enquète menée de novembre 2013 à janvier 2014 et porte sur les réponses de 51 éditeurs indépendants et 5 groupes (sur 138 questionnaires envoyés) et à vocation, affirment-ils, à être reconduite tous les ans. Elle se subdivise en huit parties :

  1. un introduction méthodologique
  2. l'offre de livres numériques
  3. la commercialisation des livres numériques
  4. les techniques mises en places
  5. les aspects chiffrés : ventes de livres numériques
  6. les contrats numériques
  7. l'opinion des maisons d'édition
  8. KPMG en un regard.

Quelques conclusions relevées :

  • Toutes les grandes maisons et tous les secteurs éditoriaux proposent une offre numérique (en tête littérature, jeunesse et scolaire) 
  • Il s'agit pour les maisons d'édition surtout de toucher un public différent, puis de rééditer d'anciens titres (les ventes se font au titre d'ailleurs, avec un prix fixé comme une décôte du livre papier).
  • Le format adopté demeure majoritairement le ePub et le Pdf 
  • Le lancement d'offre a décollé à partir de 2009 et devraient se poursuivre dans le futur
  • les versions proposés demeurent semblables à la version papier, et ne sont donc pas enrichies (ajout de vidéo, de son, d'annexe, d'animation, d'applications...) ; une pratique encore surtout restreinte aux livres pratiques, touristiques et au scolaire.
  • Les publications exclusivement numériques portent quant à elles sur les nouveautés et, pour un tiers des répondants, sur des indisponibles.
  • Pour lutter contre le piratage, 71% des répondants utilise des DRM ou le Watermarking.
  • Le volume de vente demeure cependant encore faible, mais proportionnel à la taille de la maison d'édition
  • Les groupes privilégient les e-distributeurs tandis que les indépendants ont recours surtout aux plateformes d’intermédiation.
  • Les clients des maisons d'édition étant majoritairement Amazone, Apple, puis Kobo ou la Fnac. Google play ne semble pas décoller au niveau de ces titres. 
  • Les droits d’auteurs numériques sont négociés majoritairement en % du PPHT et en même temps que les droits papier.

Vous trouverez l'ensemble de ces conclusions et d'autres encore en ligne sur le site du cabinet.

mardi 7 mai 2013

Histoires de distributeurs automatiques de livres

Je vous signale un article très intéressant sur les distributeurs automatique de livres rédigé par John Geoghegan et paru sur The blog, du Huff Post. Sincèrement, je ne sais pas vraiment quoi penser de ce genre de machines. Elles me paraissent d'une horreur sans nom (comment proposer un livre comme on vend des bonbons ou des cigarettes ?) et, en même temps, permettent à leur façon de diffuser la littérature...

Quoiqu'il en soit, l'article nous informe que le premier distributeur est apparu en Angleterre en 1822, inventée par un certain Richard Carlile. ce libraire, désireux de vendre des titres séditieux comme Le siècle de la raison de Thomas Paine (un traité déiste qui critique notamment la religion institutionnalisée), eut en effet l'idée de créer une machine permettant de distribuer et vendre des titres polémiques tout en évitant au libraire une probable arrestation puisqu'il n'y avait plus de contact entre lui et ses clients. On ne sait pas bien comment le distributeur fonctionnait, mais cela n'a pas empêché les autorités de l'époque de condamner Carlile pour vente de "documents blasphématoires". 

1. Jusqu'au milieu des années '50 : Penguincubator et Book-o-mat

Le Penguincubator

Ce n'est que plus d'un siècle plus tard, en 1937 à Londres selon l'article, qu'est apparu le Penguincubator. Imaginé par le fondateur des éditions Pinguin, Allen Lane, cette machine proposait des ouvrages de littérature classique pour le prix d'un paquet de cigarettes.



A l'époque, vendre de la littérature n'était déjà pas très bien vue et en France, l'arrivée du livre de poche quelques décennies plus tard sera l'enjeu d'un vaste débat de légitimité culturelle (lire ici l’étude que lui a consacré Bertrand Legendre et voir là un reportage au salon du livre de 1964) alors les vendre dans un distributeur automatique. On frôlait l'anarchie, une volonté délibérée de déstabiliser l'industrie du livre. Mais sur le site des édition Pinguin, on trouve cette anecdote concernant la création de la machine : 

De retour d'un week-end où il rendait visite à Agatha Christie dans le Devon, Allen Lane se retrouva dans la gare d'Exeter à la recherche d'une de ses boutiques pour y trouver de quoi lire sur le trajet du retour. Stupéfié par les titres proposés, il décida qu'une fiction contemporaine de bonne qualité devait être accessibles à un prix attractif, non seulement dans les librairies traditionnelles mais également sur les quais de gares, les vendeurs de tabacs ou les chaînes de magasins.

Apparemment, une machine fut ainsi installée près de la gare de Charing Cross à Londres, à la consternation des libraires locaux, mais il faut convenir qu'elle ne fut jamais distribuée à grande échelle et n'eut pas d'impact retentissant sur le marché. 

Le Book-O-Mat

Deux machine portent le nom de Book-o-mat : d'abord, en Juin 1947, la revue Popular Science évoque une nouvelle machine capable de proposer une cinquantaine de livres, vendus un quarter (25 cents). Tandis que deux ans plus tard, c'est la société Rock-Ola Manufacturing Corporation, connue pour ses bandits manchots et autres juke-box qui investit le marché.

2. Aujourd'hui : Novel Idea et Readomatic

Bien sûr, c'est surtout en Asie qu'on trouve aujourd'hui ce genre d'appareil. Une demi-douzaine d'entreprises chinoises ont investi le marché tandis qu'au Japon, un pays où l'on trouve des distributeurs automatiques pour à peu près tout et n'importe quoi, depuis la canette de bière au magasine porno, se vendent des titres de livres et de mangas au format de poches et épais comme des annuaire.

En Occident, une entreprise irlandaise a fait une tentative en installant des Distributeur Novel Idea notamment dans l'aéroport d'Heathrow à Londres, mais fit faillite en 2010.

Mais d'autres distributeurs automatiques ont été remarqués, par le New York Times dans une station de métro barcelonaise en 2008, ou l'année dernière à l'aéroport de Stockholm.

3. Et en bibliothèques ?

Ce genre de distributeurs commence à essaimer... jusque dans les bibliothèques. C'est le cas, aux États-Unis notamment où la bibliothèque publique de Fullerton (dans le réseau des bibliothèques d'Orange County, en Californie) a récemment installé un distributeur automatique (description du projet, en pdf et diaporama) près d'une gare ferroviaire. Bien sûr, il n'est plus question ici de vendre des livres mais bien de les prêter, et les possesseurs d'une carte de bibliothèque peuvent repartir avec l'un des 500 titres de bestsellers de la machine. A rendre ensuite à la bibliothèque locale, donc. 

Outre en Californie (qui accueille des distributeurs de ce genre depuis 2007 à la bibliothèque d'État de Californie et dans quatre autres établissements du réseau), de nombreuses autres bibliothèques se sont équipées de distributeurs de livres. C'est le cas notamment :

En Angleterre :

  • à Warwickshire en Angleterre (mais avec la crise outre-manche et les objectifs annoncé d'améliorations du services et d'usages plus efficace des crédits, cette installation à un goût amère),
  • à la bibliothèque publique d'Edmunton
  • la bibliothèque de Newcastle,

Au Canada :

  • la bibliothèque d'Ottawa
  • la bibliothèque de Toronto l'envisageait un temps

La bibliothèque d'État du Queensland, en Australie, a d'ailleurs publié un rapport sur l'usage de distributeurs de livres en bibliothèques (pdf).

Le rapport explique que ces machines ont trois avantages majeurs :

  1. délivrer des livres à n'importe quelle heure du jour et de la nuit surtout
  2. disséminer la présence de la bibliothèque dans des lieux très fréquentés et donc toucher des non-usagers (dans les centres commerciaux, les aéroports, les cinémas) ou des usagers empêchés (les hôpitaux, les maisons de retraites...)
  3. rendre les services rapidement adaptables (on peut les déplacer rapidement en fonction des besoins ou de l'usage)

En outre, ces machines peuvent servir de plusieurs façons :

  • un distributeur pour le prêt (uniquement) de documents
  • une délivrance différée pour des documents qui n'ont pas à être en accès libre. Certaines machines permettent de stocker des documents et de les prêter comme d'accepter le retour de manière automatisée.
  • Une "annexe" : la bibliothèque est installé dans des quartiers éloignée et sert de point lecture pour les habitants. Les usagers peuvent emprunter les 400 livres proposés, attendre qu'ils soient changés ou faire des réservations via le logiciel intégré. la machine fait des emprunts et des retours. (exemple de la bibliothèque de Shenzhen, en Chine)

4. Vendre et faire découvrir

Le plus souvent, on trouve plutôt des titres de bestsellers dans ces machines. Il s'agit d'attirer le chaland et de proposer des titres susceptibles de vite l'intéresser. Le plus souvent mais pas toujours.

L'an dernier, la "patte de singe", une librairie de Toronto a mis en place une machine appelée BIBLIO-MAT. La nouveauté de ce distributeur réside dans les titres délivrés : en échange de deux dollars canadiens, la machine vous propose deux titres d'occasion choisis aléatoirement. Vous ne pouvez ainsi jamais savoir ce sur quoi vous allez réellement tomber. Un concept qui ferait fureur également dans les bibliothèques :



Cliquez sur l'image pour voir une vidéo.

Pour aller plus loin :

dimanche 17 février 2013

Des parfums et des auteurs

Que ne ferait-on pour vendre ? Voici que d'aucun propose un parfum "Auteurs morts" aux fragrances de thé noir, vétiver, clou de girofle,musc, vanille, héliotrope et de tabac (probablement froid).

Une idée qui a plu, au point que sur le blog collectif, BookRiot, Amanda Nelson s'essaie à la composition de parfums en l'honneur de ses auteurs préférés. Quelques unes de ses idées :

  • Ernest Hemingway : eau salée, rhum, noix de coco et citron vert, fumée de cigare, vin espagnol
  • F. Scott Fitzgerald : Gin, agrumes, essence de chêne, dans une bouteille en forme de flûte de champagne aux paillettes d'or
  • Jane Austen : thé Darjeeling, perce-neige et pensées (fleurs de son jardin), herbe de prairie
  • Edgar Allan Poe : coquelicots, absinthe, essence de bois de santal et moisissure
  • Sœurs Brontë : éther, air marin, vétiver, primevère, thé noir
  • Tolstoï : vodka, musc, thé noir, poivre noir, bois de cèdre
  • Dickens: clous de girofle, tabac, patchouli, eau de brandy, eau de rivière

Vous avez d'autres idées ?

dimanche 10 février 2013

Naissance d'un Hobbit

Ce dimanche, un billet plus léger : John Ronald Reuel Tolkien évoquant les début de l'écriture du Hobbit.

lundi 19 mars 2012

Twitter et le fantôme de la bibliothèque

 Pendant presque un an, un artiste fantôme a sévit dans cette bonne ville d’Édimbourg où plusieurs sculptures de papiers sont étrangement apparues en plusieurs lieux de la ville. 

1. Un baobab de papier

L'histoire -asseyez-vous confortablement- l'histoire donc, débute en mars 2011 lorsqu'un article du Guardian raconte qu'un lecteur anonyme vient de laisser un mini baobab de papier dans les locaux de la  Scottish Poetry Library.

Un jour donc, les bibliothécaires découvrent cette œuvre magnifique comme oubliée sur une table. Mieux encore : elle s'accompagne d'une étiquette mentionnant le compte twitter de la bibliothèque @byleaveswelive (une référence au biologiste écossais Patrick Geddes) à travers ces mots :

It started with your name @byleaveswelive and became a tree.… … We know that a library is so much more than a building full of books… a book is so much more than pages full of words.… This is for you in support of libraries, books, words, ideas….. a gesture (poetic maybe?)

Ca a commencé par votre nom @by leaveswelive [Par les feuilles nous vivons] et devint un arbre... Nous savons qu'une bibliothèque est bien plus qu'un bâtiment empli de livres... qu'un livre est bien plus que des pages noircies de mots... Ce cadeau est pour vous, pour soutenir les bibliothèques, les livres, les mots, les idées... Un simple geste (poétique peut-être ?).

Un œuf de papier éclot, disposé à côté de l'arbre, couve les vers d'un poème de Edwin Morgan, intitulé A Trace of Wings.

On imagine aisément la joie et l'excitation du personnel qui s'est d'ailleurs empressé de prendre l'arbre en photo, rapidement intitulé "Poetree", et de remercier la, le -ou les- mystérieux donateurs sur le blog de la bibliothèque.

L'aventure apparaissait déjà agréable, elle ne venait que de commencer.

2. Les sculptures se multiplient

Personne n'est jamais venu réclamer la paternité de l’œuvre de papier et tout le monde a d'abord cru à un acte isolé, jusqu'à ce qu'en juin 2011, le personnel de la Bibliothèque nationale d’Écosse découvre à son tour une œuvre sur une table représentant cette fois un gramophone et un cercueil. 

Et toujours cette petite note faisant référence au compte twitter de la bibliothèque :

For @natlibscot – A gift in support of libraries, books, words, ideas….. (& against their exit)

Pour @natlibscot - un cadeau en soutien aux bibliothèques, livres, mots et idées... (et contre leur disparition)

La référence aux fermetures massives de bibliothèques au Royaume-Uni est directe. L’œuvre utilisée cette fois renvoyait à un livre policier : Exit Music de Ian Rankin (commentaire). Une référence d'abord anodine, mais qui se révèlera récurrente et intriguante.

Et l'histoire ne s'arrête pas là.

Plusieurs autres sculptures continuent d'apparaître dans divers endroits de la ville, dont tous détiennent un compte twitter :

  • Le festival de cinéma Filmhouse, @filmhouse, s'est ainsi vu offrir, fin juin 2011, un œuvre très détaillée représentant des spectateurs assistant à la charge de cavaliers en face d'eux, crevant l'écran.

 

avec cette note : For @filmhouse – A gift in support of libraries, books, words, ideas….. and all things *magic*.

Pour tout ce qui est magique.

  • En juillet 2011, Le Scottish Storytelling Centre, @scotstorycenter , a vu la surprise de découvrir un dragon tout juste éclot caché dans un coin peu fréquenté, sur le rebord d'une fenêtre, et toujours une référence à un roman de Ian Rankin.

La note explique :

A gift in support of libraries, books, works, ideas….. Once upon a time there was a book and in the book was a nest and in the nest was an egg and in the egg was a dragon and in the dragon was a story…..

[...] Il était une fois un livre, ce livre parlait d'un nid, et dans ce nid il y avait un œuf, et dans cet œuf il y avait un dragon et dans ce dragon il y avait une histoire...

Au festival international du livre, ce ne sont pas moins de deux autres sculptures qui font leur apparition :
  • La première est dédiée au festival en lui-même et représente une tasse de thé un un cupcake. Un sachet de thé posé sur le côté propose les mots "by leaves we live" en référence à la bibliothèque de Poésie. Dans la coupe tournent la phrase : "Nothing beats a nice cup of tea (or coffee) and a really good BOOK", "rien n'est meilleur qu'une bonne tasse de thé (ou de café) et un très bon livre", et au mied du gâteau "except maybe a cake as well", "sauf peut-être un bon gâteau".

To @edbookfest ‘A gift’ This is for you in support of libraries, books, words, ideas…… & festivals xx

  • Le second est lui adressé à @edincityoflit (UNESCO Edinburgh City of Literature), et fut déposé discrètement à l'entrée de leur stand


L'ouvrage fut taillé dans The Private Memoirs and Confessions of a Justified Sinner de James Hogg, dont le titre, très apprécié, est connu pour avoir influencé le travail de Ian Rankin. Un lien qui ne peut plus être considéré comme une coïncidence.

  • Fin août, c'est encore dans une bibliothèque, la bibliothèque centrale de prêt du pont Georges IV, qu'est apparu la sculpture suivante, négligemment déposée sur une étagère :



La loupe agrandit les vers de Edwin Morgan (tiens, plus de Rifkin cette fois)

"When i go in
I want it bright
I want to catch
Whatever is there
In full sight"

"Quand j'arrive, j'aime que tout soit très éclairé pour bien voir tout ce qui se trouve là"

La note accompagnatrice, elle, indiquait :

For Central Library ‘A Gift’ @Edinburgh_CC This is for you in support of libraries, books, words, ideas…. LIBRARIES ARE EXPANSIVE

[...] Les bibliothèques élargisse notre horizon

Dans le texte original, il est écrit "expensive", "sont trop chères", encore une référence aux fermetures de bibliothèques anglo-saxonnes, mais le E est barré et remplacé par un A, transformant le sens du mot en "s'étendre, élargir".

3. Fin de l'histoire ?

Lorsqu'en septembre, le journal Edinburgh Evening News a prétendu avoir démasqué l'identité du sculpteur, personne n'a voulu savoir de qui il s'agissait : ses actes apparaissaient plus merveilleux entourés de mystère. Et ils ont finalement atteint leur finalité première : chaque sculpture est exposée, sous vitrine, dans la bibliothèque où elle fut découverte, attirant plus de visiteurs, d'usagers.

Plus de nouvelles sculptures cependant, jusqu'à ce qu'en novembre 2011, quelqu'un laisse ces mots dans le cahier de contacts de la bibliothèque :

“Hopefully next time I’ll be able to linger longer – I’ve left a
little something for you near Women’s Anthologies X. In support of
Libraries, Books, Words and Ideas….”

"J'espère que la prochaine fois, je pourrais continuer un peu plus longtemps. J'ai laissé un petit quelque chose pour vous dans la section Women’s Anthologies X"

Un message d'au revoir, non d'adieu, et renvoyant vers une ultime sculpture : un bonnet de plumes et une paire de gants, le tout en papier toujours.

La note cette fois était accompagnée d'une notice d'explication :

"Il est important qu'une histoire ne soit pas trop longue...ne devienne pas trop ennuyeuse...
"Vous devez savoir quand mettre fin à une histoire", pensait-elle.

Souvent, une bonne histoire se termine là où elle commence. Cela signifierait un retour à la Bibliothèque de Poésie. Le lieu même où avait été laissé la première des dix sculptures.

Retour vers ceux qui avaient aimé ce petit arbre, et l'ont encouragé à essayer encore et encore.

Certains se sont demandé qui il était, laissant ces petits objets étranges. Certains se sont même demandé si c'était un «il»! ....... Comme si !

D'autres se sont tournés vers les artistes de livres, dont plusieurs sont plutôt bons en fait...

Mais ils n'auraient jamais pu l'y trouver. Parce que, bien qu'elle sache sculpter, c'était la première fois qu'elle disséquait les livres et les avait utilisé simplement parce qu'ils semblaient convenir ....

La plupart cependant ont choisi de ne pas savoir ..... ce qui importe peu vraiment.

Le cadeau, l'endroit où s'asseoir, regarder, se demander, rêver ..... à l'impossible peut-être .......

Un petit geste pour aider des endroits spéciaux .....

Donc, ici, elle mettra fin à cette histoire, dans un endroit spécial ... Une bibliothèque de poésie ... où ils sont bien utilisés comme "anonymes".

Mais avant de partir ... quelques remerciements. Il aurait pu y  en avoir plus, parce que nombreux sont ceux qui ont permis ce travail ....... quelques uns du moins.

- La communauté de Twitter qui en quelque sorte a donné naissance cette étrange idée
- @chrisdonia qui a donné sa place à cette l'histoire, une apparence et de très belles photos
- Et non des moindres @Beathhigh dont les livres et la réputation ont été utilisés éhontément dans la fabrication de ce mystère ........

... Mais attendez. Quelqu'un a oublié une paire de gants et son bonnet ..........?

Je t'embrasse Edimbourg, ce fut très amusant!


4. Dix sculptures ?

Oui, car deux autres sculptures sont apparues dans les jours qui ont suivi :

  • la première, au Musée national d’Écosse sur le point de réouvrir, trouvé au pied d'un squelette et représentant un Tyrannosaure Rex surgissant d'un livre. Enfin, pas de n'importe quel livre : du Monde Perdu de Conan Doyle, évidemment.

  • La seconde au musée des écrivains(the Writer’s Museum) déposée sur une boîte dans la salle Robert Louis Stevenson, représentant cette fois une façade de maison sous une lune brumeuse avec un homme en cape, des oiseaux sur un fil et un pentagramme. Le livre utilisé est Hide and Seek de Ian Rankin, une version moderne, selon Rankin du Dr Jekyll et Mr Hide de Stevenson.

L'histoire en fait ne s'arrête toujours pas là.

Une vidéo qui montre une animation de papier a circulé sur Twitter au moment de Noël et une autre sculpture est apparue un peu plus tôt, en novembre, qui présente deux squelettes assis sur un cercueil, en référence à un autre livre de Ian Rankin, An impossible dead... une sorte de bonus track. Elle avait été envoyée directement à l'auteur.

Un projet d'exposition est en préparation (oui, préparer un projet... rien n'est moins sûr) même si plusieurs des sculptures sont visibles dans les bibliothèques concernées. En attendant, on ne peut que rêver devant les images et -secrètement- espérer qu'un de nos lecteurs fasse de même, non ?

Voir aussi :

samedi 10 mars 2012

Re-cover books

Le blog collaboratif The fox is black est un blog rassemblant des designers pour leur permettre de partager idées et créations.

Parmi ces dernières, se trouve une trouvaille intéressante : Re-cover book. Il s'agit d'un concours proposant aux artistes de recréer une couverture pour un ouvrage connu, ou plus précisément de proposer une couverture moderne d'un vieux classique. Make it fresh, make it new, and make it amazing. Ainsi, en janvier dernier, les participants étaient conviés à recréer la couverture du livre de jeunesse de L. Franck Baum : Le magicien d'Oz

Je vous renvoie vers le site lui-même pour explorer les différentes propositions et vous engage à consulter les autres concours portant sur :

Dieu sait combien j'ai honni ce dernier titre dans mon enfance, mais je dois avouer que certaines couvertures sont de vraies chefs d’œuvre et donnent réellement envie d'ouvrir le titre.

Une mine.


mardi 6 septembre 2011

Etagères publiques en Allemagne



from http://www.dw-world.de

D'après le site Deutsche-Welle World, on voit fleurir un peu partout outre-Rhin de plus en plus de bibliothèques publiques. Bien sûr, je ne parle pas là d'établissements municipaux, mais du meuble, d'étagères emplies de livres et mis à la disposition des passants.

Au côtés de classiques et des romans plus contemporains, on trouve dans ces kiosques à livres des guides de voyages et des documentaires. Le concept n'est pas neuf ni même récent puisqu'il s'agit de bookcrossing, cette initiative d'échange d'ouvrage vous invitant à déposer un livre librement en échange d'un autre. On en parlait d'ailleurs déjà sur ce blog, il y a quelques années.

Le journaliste s'étonne que l'opération fonctionne aussi bien. Si les étagères en effet ne sont pas complètement vides, elles ne sont pas non plus pleines et le système d'échange semble fonctionner. Grâce notamment à un groupe de bénévoles qui gère ces bibliothèques, appelées simplement ici Bücherschrank (étagère en allemand). Un succès qui a amené l'association à intégrer également d'autres types de documents comme des œuvres d'art produite par les étudiants d'écoles locales et qui sont renouvelées tous les mois.

Un mouvement né à Cologne en 2007 sous le nom Eselsohr, qui signifie littéralement "oreille d'âne" mais désigne également le fait de corner une page pour la retrouver plus tard, et qui s'est vu installé principalement dans des lieux très passants et fréquenté comme des places publiques ou, au début de l'opération, dans les magasins d'un partenaire, Ikea.

Pas de vandalisme. C'est un fait notable. Mais surtout une rotation intéressante des ouvrages. Condition sine qua non à la bonne marche de l'opération. Une initiative populaire dont je ne suis pas certain qu'elle fonctionnerait avec la même efficacité dans notre pays.

mardi 23 août 2011

Cartes fictionnelles et imaginaires

Quelques cartes littéraires rassemblées par Nosolibros, qui lui même l'emprunte à un blog d'El Pays, Turistari, le blog des voyageurs. Ce dernier se propose de recenser des cartes issues d'univers de fictions. Et ce n'est pas ce qui manque...

En effet, de nombreux auteurs ont proposés des cartes des univers qu'ils avaient créés.

la plus célèbre est peut-être celles de Tolkien et de ses Terres du Milieu :

Ici, la fameuse Île aux trésors de Stevenson :

Utopia de Thomas More :

ou la ville d'Arkham, épicentre des horreurs lovecraftiennes :

Ici, l'univers de Elric de Melniboné, héros de Moorcock (et sur ce site on trouve le Trône de Fer, Warhammer, les Royaumes oubliés, Star Trek, Lost...) :

celle du monde d'Eragon, dessinée par l'auteur :

La Belgariade et la Mallorée de David Eddings (en beaucoup mieux ici) :

Là celle de l'univers de Narnia :

La carte du Pays imaginaire :


Voir aussi le très complet Fantasy-Atlas (màj 2007)

dimanche 3 juillet 2011

122 ans de retard !

J'adore ce genre d'anecdote :

« Les plantes insectivores », de Charles Darwin, avait été emprunté à la bibliothèque de l’Ecole des arts de Camden, près de Sydney, en 1889. Il a été rendu début juin à la bibliothèque, qui appartient à présent à la municipalité de Camden.

(...)


L’ouvrage a fait partie pendant cinquante ans de la collection d’un vétérinaire désormais à la retraite, Ron Hyne. Il a donné le livre, avec d’autres, à l’université de Sydney le mois dernier.

L’université a alors découvert le tampon signalant qu’il avait été emprunté à la bibliothèque de Camden et a décidé de retourner l’ouvrage, avec quelque 122 ans de retard.

(...)

Selon Linda Campbell, le livre, qui compte plusieurs illustrations de plantes en noir et blanc, est en excellente condition au regard de son âge.

Les autorités n’ont pas encore demandé d’expertise sur sa valeur financière.

Le livre pourra être consulté mais ne pourra plus désormais être emprunté.

source : azygma.be

lundi 18 avril 2011

Carte historique de la Science Fiction

Juste parce qu'il me semble difficile de passer à côté tellement je la trouve impressionnante, je vous présente aujourd'hui cette étrange carte à la fois complexe et apparemment complète carte historique de la Science Fiction et du fantastique en littérature, proposée sur le site SciMaps.

Tout émane de la Peur et du Merveilleux, se nourrit de philosophie, d'art, de spéculations, d'exploration, se subdivise en romans de science fiction, de fantasy, de western, d'horreur, utopiques, space opera et cyberpunk dans ce magma lovecraftien et protéiforme évoquant film, pulp magazines, weird tales magazines ou romans.

Un tour de force et une mine également de titres et d'information. A découvrir.

Repéré et signalé par Algésiras, sur son blog (tout est calme) qui nous renvoie également sur cette magnifique Table périodique de la narration trouvée sur DeviantArt.

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