Vagabondages

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Tag - livres

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samedi 6 octobre 2012

Lumières et littérature dans la rue

En juin dernier fut organisée une étrange installation dans les rues de Melbourne, à l'occasion du Light in Winter festival dont le thème, cet année, portait sur "la lecture".

A cette occasion, donc, fut mise en place une installation intitulée Literature vs Traffic, proposée par le collectif d'Art urbain Luzinterruptus et qui avait déjà été installée à New York précédemment.

Le collectif a donc récupéré pas moins de 10.000 exemplaires, désherbés des collections de bibliothèques municipales australiennes et rassemblés par l'Armée du Salut pour le collectif. Ce dernier les a ensuite épendu dans la rue avec de petites lumières comme seul point de mire.

L'objectif est de créer une rivière de livres, une rivière qui déborde dans l'espace urbain, les zones piétonnes, les aires de stationnements et grignote, vole de l'espace aux traffic routier, symbolisant l'emprise de la littérature sur l'espace public et affirmant le pouvoir de l'écrit.

Déjà, en soi, l'installation est impressionnante. Au-delà, mise en résonnance avec les autres installations et événements proposée comme cette performance intitulée Walking Through Words, proposée par Tony Yap et Yumi Umiumare en collaboration avec les habitants des quartiers de la ville. 

L'installation en elle-même a duré un mois, tout le mois de juin plus précisément. Et la dernière nuit, les livres exposés étaient offert aux passants qui pouvaient flâner, prendre leur temps, et choisir les plus intéressants à leurs yeux. Parallèlement, la compagnie Yumi a organisé une performance impromptue de dons de livres aux conducteurs de voitures qui longeaient l'installation.

Images: Gustavo Sanabria.

Plus, beaucoup plus, de photos sur le site de Luzinterruptus.

mardi 10 juillet 2012

FlashMob à la bibliothèque

Ou plutôt devant la bibliothèque.

A l'occasion de la 83e semaine du livre début juin, en Hongrie, une bibliothèque de comté a organisé un petit flashmob après les discours d'ouverture : il s'agissait de demander aux usagers de se rassembler discrètement devant la bilbiothèque et, à 16h, cloches sonnantes, de prendre leur livre préféré et de le lire pendant deux minutes.

Toutes les générations étaient rassemblées. Certains lisaient silencieusement, d'autres à voix haute. Sur la vidéo, on voit même des usagers commenter leur lecture. 

Vous trouverez des photos de l'événement sur le blog de la bibliothèque en question. Et ici, une vidéo.

samedi 28 janvier 2012

Des paysages creusés dans le papier

Guy Laramee est un artiste québécois qui vit à Montréal. Un grand artiste.

Il travaille, explique-t-il, sur l'érosion des Cultures, la façon dont elles croissent, deviennent obsolètes et sont remplacées par d'autres. L'une de ces cultures et celle du Livre. 

On nous dit souvent que le livre papier va mourrir. La bibliothèque, en tant que lieu, est finie. On pourrait répondre : Et alors ? Croyons-nous vraiment que les "nouvelles technologies" vont changer quoique ce soit dans notre dilemme existentiel, notre condition hulmaine ? Et même si nous pouvions changer le contenu de tous les livres sur Terre, cela changerait-il quoi que ce soit à la prégnance de notre savoir analytique su notre savoir intuitif ?

(...) Mon travail en 3D comme mes peintures partent de l'idée très simple que le savoir ultime pourrait tout autant être une érosion qu'une accumulation. Le titre de l'une de mes oeuvres est "All ideas look alike" (les idées sont toutes pareilles). L'art contemporain semble avoir oublié qu'il y a un extérieur à l'intellect. Je veux examiner la pensée, non seulement l'objet de la pensée [what we think] que le fait même de penser [that we think].

Alors je creuse des paysages dans les livres et je peins de paysages romantiques. Les montagnes d'un savoir inusé redeviennent ce qu'elles sont : des montagnes. Elles s'érodent encore un peu et deviennent des collines. Elles s'applatissent ensuite et deviennent des champs où apparemment rien ne se passe. Des piles de vieilles encyclopédies retournent à ce que n'a pas besoin d'être dit, ce qui simplement EST. Les brumes et les nuages effacent tout ce que nous savons, tout ce que nous pensons être.

Après trente ans de pratique, la seule chose que je souhaite toujours que soit mon art est cela : nous projeter dans cet épais nuage d'Inconnaissance [thick Cloud of Unknowing].