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vendredi 7 mai 2010

Devenir fonctionnaire européen

En France, pour devenir un personnel de bibliothèque, il faut être fonctionnaire. J'avais déjà rédigé un billet sur le sujet il y a quelques années. Mais saviez-vous que vous pouviez aussi passer d'autres concours, être toujours fonctionnaire non plus national mais européen ?


Drapeaux européens, commission européenne, Bruxelles /
source : Xavier Häpe sur FlickR sous licence BY-NC

Les institutions européennes emploient différentes catégories de personnel et, comme pour l'administration française, vous pouvez devenir fonctionnaire titulaire, agent temporaire (non-fonctionnaire) ou contractuel. Je vais me concentrer ce soir sur les fonctionnaires titulaires.

1. fonctionnaires européens

Les fonctionnaires européens donc peuvent avoir deux statut : administrateur (AD) ou assistant (AST). Voici ce qu'en dit le site de l'EPSO, l'Office européen de sélection du personnel, un organisme européen créé en 2003 pour fournir un service professionnel de sélection du personnel pour le compte des institutions de l’Union européenne :

Les administrateurs élaborent les politiques, procèdent à la mise en œuvre de la législation européenne et exercent des activités d'analyse et de conseil. Un administrateur peut être amené à jouer un rôle clé dans les processus législatif et budgétaire de l'UE, à coordonner les grandes lignes politiques ou économiques des États membres, à participer à des négociations commerciales avec les pays tiers ou à représenter les institutions lors de conférences internationales. Il pourra également contrôler les flottes de pêche des États membres, élaborer ou gérer un programme spécifique de recherche scientifique, rédiger une décision de la Cour de justice des Communautés européennes ou du Médiateur européen, etc. Nous offrons des perspectives de carrières d'une grande diversité aux titulaires d'un diplôme universitaire (administration, droit, finance, économie, communication, sciences, etc.).

Les assistants ont généralement pour mission d'assister (secrétariat, tâches administratives et financières, communication, élaboration et mise en œuvre des politiques). Ils jouent également un rôle important dans la gestion interne des institutions, notamment dans les domaines budgétaire et financier, ainsi que dans la gestion du personnel, l'informatique et la documentation.

Quatre types de profils sont proposés dans les concours et, outre ces profils d'administrateurs et assistants, les concours proposent deux autres grands profils : ceux de linguistes (traducteurs et interprètes) et ceux de ce qu'ils appellent les "profils spécialisés" parmi lesquels on retrouve des chercheurs, inspecteurs nucléaires, infirmiers ou professionnels de l'information.

2. Conditions de recrutement

Sans surprise, pour postuler à un concours de recrutement afin de devenir fonctionnaire européen, le candidat doit :

  • être ressortissant d'un État membre de l’Union européenne;
  • jouir de tous ses droits civiques;
  • être en position régulière au regard de ses obligations militaires;
  • posséder une connaissance approfondie d'une des langues officielles de l'Union européenne et une connaissance satisfaisante d'une autre de ces langues.

En outre, les candidats doivent satisfaire aux exigences spécifiques précisées dans l'avis de concours en ce qui concerne les compétences et, le cas échéant, l'expérience professionnelle. Les exigences minimales en matière de formation varient selon le poste à pourvoir. En général, un diplôme universitaire de niveau BAC+3 (licence) ou BAC+4 (Maîtrise ou Master) est exigé pour les fonctions de niveau «administrateur». Une expérience professionnelle adéquate peut être requise dans certains cas. 

3. Les étapes des concours

Avant toute chose, vous trouverez en ligne un Guide applicable aux concours généraux (pdf) et une brochure explicative (pdf).

Depuis 2010, les concours ont changé et sont devenus plus rapides. La procédure comporte moins d'étapes tandis que les épreuves ont été revues qui évaluent les compétences et connaissances professionnelles spécifiques aux concours visé ainsi que des compétences dites de base (analyse et résolution de problèmes, communication, qualité et résultats, apprentissage et développement, hiérarchisation des priorités et organisation, persévérance et travail d'équipe - le guide ci-dessus explique en page 3 ce qui est entendu derrière ces fameuses compétences). La fonction d'administrateur requiert une compétence supplémentaire d'encadrement.

Le site de l"EPSO décrit ainsi le déroulement des opérations :

Les personnes souhaitant participer à une procédure de sélection doivent remplir un formulaire de candidature en ligne et le soumettre à EPSO avant la date de clôture des inscriptions. Ces candidatures ne doivent pas être considérées à la légère: remplir ne serait-ce que le formulaire d'inscription exige déjà un certain temps.

La nouvelle procédure de sélection comprendra deux étapes: les tests d'admission informatisés, organisés dans les États membres (et dans certains pays hors de l'UE), et la phase d'évaluation à Bruxelles. Le détail de chaque concours sera publié sur ce site web et au Journal officiel de l'Union européenne .

Les candidats réussissant la phase d'évaluation seront inscrits sur une «liste de réserve». Ce terme désigne une base de données accessible aux institutions européennes souhaitant recruter des collaborateurs qui ont réussi les procédures de sélection.

Tous les participants pourront, s'ils le souhaitent, recevoir une évaluation de leur performance.

Cette liste de réserve conserve les noms des participants pendant un an pour les profils les plus courants, jusqu'à l'organisation d'un prochain concours. En ce qui concerne les autres profils, la fréquence d'organisation devrait être de trois ans. 

Ainsi la première étape propose des tests d'admission informatisés (mode d'emploi en ligne). Ces derniers portent sur l'évaluation des compétences et évaluent les capacités cognitives (raisonnement verbal, numérique et abstrait) et la capacité de jugement dans des épreuves de mise en situation, ainsi que les compétences professionnelles et linguistiques, en fonction du profil recherché.

Dans la phase d'évaluation, l'accent est mis sur l'évaluation des compétences liées au poste plutôt que sur les connaissances théoriques. Sur la base d'un cadre de compétences étendu, des exercices seront sélectionnés pour évaluer les compétences souhaitées. Chaque compétence sera évaluée au moins deux fois. Cette phase comprendra une demi-journée ou une journée complète d'épreuves, selon le type de concours. Cette phase consiste en des tests écrit (étude de cas) et oraux (entretien structuré, exercice de groupe)

Bien sûr, vous devrez faire montre d'une maîtrise ou de la compréhension de plusieurs langues, les épreuves se déroulant dans la deuxième langue choisie (allemand, anglais ou français).

4. Les postes ouverts

Les postes ouverts au concours paraissent dans le Journal officiel de l'Union Européenne. Et c'est justement le cas de postes de bibliothécaires !

Au JO UE du 29 avril 2010 est paru l'ouverture du concours EPSO/AD/178/10 — Bibliothéconomie/Sciences de l'information annonçant l'ouverture de 19 postes de bibliothécaires, dont un de bibliothécaire-juriste. Le profil recherché est décrit en page 7sq qui précise :

De manière générale, les administrateurs dans le domaine de la bibliothéconomie/des sciences de l'information ont pour
fonction de gérer et de fournir des services d'information professionnels.
Il est important de souligner que ce concours ne vise pas à recruter des spécialistes des technologies de l'information (IT),
des archivistes ou des documentalistes/gestionnaires de documents.

Vous avez jusqu'au 28 mai pour vous décider.

CONCOURS GÉNÉRAL EPSO/AD/178-182/10

ADMINISTRATEURS dans les domaines suivants:

EPSO/AD/178/10 – Bibliothéconomie / Sciences de l'information
EPSO/AD/179/10 – Audiovisuel

Grade: AD 5

Date de publication: 29.04.2010

Date limite pour l'inscription électronique: 28.05.2010 à 12h00 (midi), heure de Bruxelles
Citoyens de l'UE 27

Alors, qui est tenté ?

lundi 22 mars 2010

Quelles questions pour un service de référence sur mobile ?

C'est le titre d'un preprint, sur EduCause, et intitulé Mobile reference : What are the questions ? Le titre est subtil et légèrement trompeur : cet article aborde en effet non pas tant les questions posées à des services de références sur mobile comme My Info Quest ou Text-a-Librarian, mais bien les question à se poser avant de monter un service de référence en ligne.

Pourquoi un service de référence sur mobile ?

L'auteure,, Joan K. Linpicott, part en effet du constat que la littérature évoquant l'émergence de ces nouveaux services de références aborde tout de suite les questions d'échanges, les questions elles-mêmes et pas suffisamment des aspects plus larges sur le type de service à monter. Elle cherche ainsi à développer plus particulièrement trois aspects qui selon elle demeurent important, à raison, lorsqu'on monte ce genre de projet :

  • quels sont les objectifs globaux du programme ?
  • à quel public s'adresse-t-on ?
  • comment intégrer ce service dans l'environnement institutionnel ?


Source : Flickr

Quels usages ?

L'auteure propose de se demander dans un premier l'usage qu'il est fait des appareils mobiles dans son institution. Les usagers les utilisent-ils beaucoup ? Il convient là de regarder si on a plus particulièrement des usagers de médecine ou scientifiques, s'ils ont entre 18 et 22 ans ou sont plus âgés... De même, l'insitution elle-même propose-t-elle des services par et pour téléphone (cours, alertes, sites, informations...). 

Peu d'institution s'intéressent encore à ce mode de communication, tout en reconnaissant la place majeure que prennent et vont prendre les terminaux mobiles dans l'avenir.Les universités peuvent proposer un large spectre de services depuis l'enregistrement en ligne au conseil ou orientation et les bibliothécaires doivent se tenir en alerte et participer aux éventuels groupes de travail. Cela signifie travailler avec les instances politiques et décisionnelles, cela signifie aussi travailer avec les collègues des départements informatiques, cela signifie enfin travailler avec les équipes pédagogiques qui peuvent être amenées à proposer des ressources, des conseils, un soutien par le mobile à l'étudiant. Imaginez qu'un enseignant demande à un étudiant d'acheter un terminal mobile, ce serait dommage si à partir de son matériel il ne puisse accéder aux ressources numériques de la bibliothèque.

Quelles stratégies adopter ?

Quelles stratégies adopter, quels objectifs pour ouvrir ce genre de service ? Le fait-on parce que nos usagers utilisent déjà des services en ligne ? Le fait-on pour rester à la pointe des nouvelles technologies, le fait-on parce que d'autres bibliothèques le font déjà et qu'on ne veut pas rester derrière ? Rassurez-vous, toutes ces raisons ne sont pas pertinentes. Ces services, comme toute nouvelle offre doit rentrer dans une stratégie globale adaptée à nos publics (quels outils, quels usages, quels comportements). Elle propose alors les objectifs, comme raison potentielles :

Some possible goals for providing services suited for mobile devices include:
• Enhancing the convenience of access to reference services
• Enhancing the convenience of access to basic library and patron information
• Encouraging individuals who generally don’t use the library’s services to access the library
• Supporting a campus-wide or departmental initiative employing mobile devices
• Enhancing the library’s instruction program, both in the classroom and beyond
• Providing e-books and readers to users as an alternative to some print publications
• Delivering easy-to-access key information resources to users in the field
• Providing campus-related, geographically linked content to enrich the campus experience of users
• Becoming a campus resource for educating users about the features and operation of mobile devices
• Raising the profile of the library, its staff, and its services

Si on se place dans une perspective plus large, le service de référence sur mobile va alors venir compléter une offre plus large de façon à s'adapter au mieux aux besoins des usagers et toucher éventuellement des utilisateurs qui ne viendraient pas utiliser les services existants. Mais cela signifie également que les bibliothécaires doivent réfléchir à la disponibilité du service (quels jours, quels horaires ?). Par exemple, dans un contexte universitaire, si les étudiants ont besoin de ce service tard le soir, peut-être serait-il intéressant de former des collègues ou des moniteurs à répondre à ces heures-ci.

Répondre à des questions de références via un téléphone peut pousser aussi les professionnels à se renseigner sur les bases de données, les catalogues accessibles depuis un téléphones pour renseigner au mieux les usagers. Je ne reviendrais pas sur les ressources accessibles par ce biais que l'article détaille, je les évoquais récemment dans le prezi.

Quelle évaluation ?

Proposer de nouveaux services prend du temps et de l'argent. Déterminer si l'investissement en vaut la peine est primordial pour l'établissement. Les technologies changent rapidement. Ne perd-on pas son temps ? Oui et non. La bibliothèque doit savoir proposer une stratégie souple basée sur les besoins réels de ses usagers. L'évaluation de ces derniers est primordiale. Et bien sûr, les services doivent être évalués en fonction des objectifs définis plus haut. Voulait-on toucher des usagers qui n'utilisent pas les services traditionnels ? Il faut trouver l'indicateur qui permettra de mesurer cette donnée.

A l'université de New York, les bibliothécaires ont ainsi menés une analyse sur un an de leur service de référence sur mobile, portant sur 583 transactions et les comparant avec le service traditionnel en présentiel. Ils se sont alors rendu compte que même via des SMS, les usagers voulaient plus qu'une simple réponse factuelle. S'engageait souvent un échange avec le bibliothécaire, un mini dialogue. Ils ont aussi découvert que les usagers se trouvaient parfois à l'intérieur même de la bibliothèque. Certains usagers peuvent se montrer réticent à aller vers un bibliothécaire ou simplement laisser leurs affaires sans surveillance sur place.

Mais il faut noter qu'il est difficile d'évaluer un panel estudiantin, ce dernier changeant complétement et fréquemment. Leur intérêt peut ainsi changer du tout au tout en fonction d'un nouveau service, un nouveau mobile plus puissant et moins cher, une nouvelle mode. Cela signifie qu'il faut essayer, agir, innover. Il faut accepter le risque de se tromper ou de devoir changer d'orientations au bout de deux ans. 

Évaluer les besoins, réfléchir à une politique de service globale, au sein de la bibliothèque et de la tutelle, évaluer l'usage. Rien de fondamentalement neuf pour ce projet si l'objet paraît innovant.

mardi 12 janvier 2010

Librarian in 1947

Sur Internet Archive on trouve de tout et n'importe quoi... Enfin, pas toujours n'importe quoi. Regardez par exemple cette vidéo montrant et décrivant le métier de bibliothécaire aux Etats-Unis en 1947. La vidéo est décrite en ces termes :

Shows the work of a cataloguer, the school librarian, the reference librarian, the librarian who works with children & the librarian who specializes in a field".

Le film montre la façon dont on travailait à l'époque, qui parfois ne diffère pas vraiment de ce qui se passe aujourd'hui (un usager qui recherche un "livre bleu sur la télévision" et la professionnelle de répondre : "I think I can help you!"). 

The Librarian in 1947 :

vendredi 2 octobre 2009

Fantastiques Archivistes

Sous la Poussière nous fait découvrir une super classe de base dans le jeu de rôle "Donjons & Dragons". Evidemment, il s'agit de l'Archiviste, une classe entre le prêtre (il manie la magie divine) et le magicien, quoique plus baraqué que ce dernier "en raison de leurs travaux d'exploration" précise le manuel. Cependant, il ne s'agit pas tant d'explorations dans les bas-fonds des Archives, un peu à la Gaston Lagaf mais bien plutôt de quête de la Sapience au grès de missions incertaines comme tout aventurier qui se respecte.

Bibliothécaires, documentalistes et archivistes jouent souvent des rôles importants dans ces mondes fantastiques où Savoir et Intelligence sont des compétences à part entière nécessaire à la réussite de nombreux jets de dés. Dans le jeu Néphilim, le jeu de l'occulte contemporain, les joueurs pouvaient passer soit-disant des heures à faire des recherches dans les bibliothèques. Dans le jeu Guildes, les aventuriers qui formaient ces fameuses Guildes partaient sur Cosme, le continent inconnu, espérant ramener or et Sapience, soit tout élément apte à faire progresser la connaissance de ces terres inconnues et à priori hostiles. 

Allez, je ne résiste pas à republier cet extrait du livre de Pierre Grimbert, Le secret de Ji :

Le bibliothécaire s'était dessiné sur le visage, les mains et les bras des signes cabalistiques aux motifs compliqués. il portait le haut d'une cotte de mailles sous ses vêtements, ainsi qu'une calotte d'acier maintenue par une chaîne. Enfin supportait-il dans son dos le poids d'une épée plus longue encore que celle de Grigan.
- Vous pensez vraiment avoir besoin de cela ? s'enquit Rey, avec une pointe de cynisme.
- Bien sûr, répondit l'autre très sérieusement. Comment voulez-vous faire un travail de bibliothécaire efficace, sans une longue épée ?


GRIMBERT Pierre. Le secret de Ji. Paris : Editions Mnémos, 1999. 564 p. Collection Icares Fantasy. ISBN 2-911618-56-4

lundi 15 décembre 2008

Podcast en Arizona

The University of Arizona

Depuis 2006, la School of Information Resources and Library Science de l'Université d'Arizona propose des podcasts et des vidéos des conférences, séminaires ou autres interventions proposées au sein de l'institution.

SIRLS records educational events, guest speakers and other kinds of live presentations in order to share them with students, faculty, alumni, staff and others in the SIRLS community who are unable to attend. These recordings, which may include audio or audio and video combined with supplementary presentation material, enrich the educational experience for SIRLS virtual students who are unable to attend programs in person.

Quelques titres :

  • What is a Progressive Librarian? :
    "Feeney starts the panel with information on SRRT (ALA's Social Responsibilities Round Table) and TFOE (SRRT's Task Force on the Environment). She also discusses what a progressive librarian means. Wilding continues the discussion by providing background on SRRT and PLG. Mathiesen concludes the panel with ethical considerations for what progressivism means for a librarian. "
  • Suzanne Weisband (Arizona, Management Information Systems) - Challenges for Leading at a Distance :
    "The goal is to present new challenges facing leaders in this flatter, global, highly interconnected, world of work, and to suggest new ways of working at a distance"
  • Kathryn La Barre (Illinois, Library and Information Science) presents Bootstrapping facets by revisiting the heritage of early document retrieval systems :
    " Facets and facet analysis are an increasingly common part of the contemporary discourse surrounding access and discovery systems. These intuitively adaptable structures are often integrated into browsing and searching tools for e-commerce sites, digital museum portals, and online library catalogs. References to the heritage of early document retrieval systems, like the Universal Decimal Classification, and the indexing systems that were tested as part of the Cranfield studies, are rarely part of this discussion. This omission obscures the fact that facets as an information retrieval construct necessarily arise from practice, from observation, and from use. Robust and fully faceted information infrastructures require clearly articulated principles that are anchored in lessons drawn from the success and failures of early implementations."
  • Tony Doyle (CUNY, Hunter College Library) presents Privacy and Perfect Voyeurism :
    "We rightly assume that our lives will be better if certain information about ourselves remains private. In libraries, for example, a strong case can be made for confidentiality regarding both circulation records and the websites visited by patrons on library computers. But not all violations of privacy are wrong, as when a public health emergency requires access to confidential medical records. Suppose, however, that someone came to know every fact about you: your medical history, your spending habits, your reading habits, and your bedroom activities. Would this person be acting wrongly if he never used this information to harm you? I argue that he would not and thus that there is nothing inherently wrong with spying or voyeurism. "
  • Martin Frické (Arizona) presents DIKW: The Knowledge Pyramid :
    "Many theoreticians, in Computer Science, Management Information Systems and in Librarianship, see information in terms of a data-information-knowledge–wisdom (DIKW) hierarchy or pyramid. The questions of the paper are whether the DIKW pyramid is a useful and intellectually desirable construct to introduce, whether the views expressed about DIKW are true and have evidence in favor of them, and whether there are good reasons offered or sound assumptions made about DIKW. In brief, is DIKW an intellectually attractive prospect? "
  • Don Fallis (Arizona) presents The Epistemology of Wikipedia :
    "Wikipedia is having a huge impact on how a great many people gather information about the world. This talk will look at whether it is a good idea for people to use Wikipedia to try to acquire knowledge. While there are legitimate concerns about its reliability (since anyone can edit it), the empirical evidence suggests that Wikipedia is fairly reliable (especially compared to those information sources that are as easily accessible). In addition, I will argue that Wikipedia has a number of other virtues that outweigh any deficiency in terms of reliability. Even so, we should still be trying to identify changes (or alternatives) to Wikipedia that will yield even better consequences. And, toward that end, we still need a better understanding of why Wikipedia works as well as it does."
  • Kay Mathiesen - Group Rights to Control Information versus Individual Rights to Access Information :
    "Intellectual Freedom is the core value of the Library and Information Profession. As the American Library Association puts it, "In a free society individuals are free to determine for themselves what they wish to read." Recently, the Draft Protocols for Native American Archival Materials put forward a number of principles for Archives and Libraries that would restrict such access. According to the Protocols, "Native American and other Indigenous communities' knowledge can be collectively owned and access to some knowledge may be restricted as a privilege rather than a right." More broadly, Article 31 of the Draft Declaration the Rights of Indigenous Peoples states that, "Indigenous peoples have the right to maintain [and] control their cultural heritage, traditional knowledge and traditional cultural expressions." The intellectual freedom of individuals to access "what they wish to read" appears to be challenged by such claims to limit access to information based on group rights. This talk explores these possible value conflicts between indigenous people's rights to control their cultural information and the individual's rights to freely access information. Arguments for and against such group rights to control access to cultural information will be discussed and evaluated.. "

jeudi 13 mars 2008

La seconde carrière des enseignants


Il existe une disposition récente permettant aux enseignants des premiers et second cycle d'accéder aux métiers de la catégorie A (puisque catégorie équivalente) des bibliothèques. Cette disposition réside dans la reconversion professionnelle, et se voit proposée dans le cadre du dispositif de seconde carrière des personnels enseignants, à condition de justifier d’au moins 15 ans de service d’enseignement.

L'ensemble du dispositif fait partie des mesures de la réforme des retraites. Il est consultable sur le site de Légifrance http://www.legifrance.gouv.fr ou vous pourrez ainsi consulter :


- La Loi n°2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites ( Article 77) :

"Les membres des corps enseignants pourront, sur leur demande et dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, occuper, en position de service détaché, des emplois correspondant à leurs qualifications, nonobstant les règles relatives au recrutement de ces emplois dans les administrations de l'Etat ou des collectivités locales et les établissements publics à caractère administratif"


- le Décret n° 2005-959 du 9 août 2005 pris pour l'application de l'article 77 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites
- le Décret n° 2005-960 du 9 août 2005 pris en application du dernier alinéa de l'article 77 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites

Si je comprends bien, ce dispositif s’adresse aux enseignants en mi-carrière (il faut 15 ans d'ancienneté) et s’effectue par détachement sur un contingent annuel d’emplois offerts par administration, collectivité locale ou établissement, fixé par arrêtés interministériels. La demande passe alors d'abord devant une commission d'instruction et d'orientation créée et présidée par le recteur d'académie ou le ministre chargé de l'agriculture pour les personnels qui dépendent de son ministère.

Les commissions formulent un avis sur les candidatures des personnels, qui est transmis respectivement aux recteurs d'académie ou au ministre chargé de l'agriculture.

"Cet avis tient compte de la qualification, de l'expérience, de la valeur professionnelle des candidats ainsi que de leurs souhaits au regard des propositions d'emplois présentées par les administrations, collectivités et établissements mentionnés au premier alinéa de l'article 77 de la loi du 21 août 2003 susvisée.
L'appréciation par les commissions de la valeur professionnelle des candidats se fonde sur leurs compétences et leur manière de servir, compte tenu des avis des chefs d'établissement et des personnels d'inspection."

Si la procédure de détachement est acceptée, sa durée est d'abord fixée à un an, au cours duquel l'agent suit une formation dans les conditions organisées par l'administration, la collectivité ou l'établissement d'accueil. Le détachement est prononcé à équivalence de grade et à l'échelon comportant un traitement égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui dont l'intéressé bénéficiait dans son grade d'origine. Le fonctionnaire détaché conserve, dans la limite de la durée moyenne de service exigée pour l'accès à l'échelon supérieur de son nouveau grade, l'ancienneté d'échelon acquise dans son précédent grade.

Par la suite, l'agent peut demander son intégration au plus tôt trois mois avant le terme du détachement et au plus tard un mois après ce terme.

Les procédures à suivre sont disponibles auprès des académies dont par exemple :


Concernant ces procédures :
Le candidat au détachement dans un emploi au sein d'une des trois fonctions publiques doit déposer un dossier comprenant :
- une lettre de motivation dactylographiée, dans laquelle il exprimera les raisons qui le conduisent, en fonction de son expérience professionnelle, à présenter sa candidature et à postuler sur l’emploi ;
- un curriculum vitae ;
- une fiche d'appréciation sur le déroulement de carrière de l'enseignant établie par le recteur et basée notamment sur les notations.

Pour plus d’informations sur le détachement, le Bulletin officiel du Ministère d’éducation nationale, de l’enseignement et de la recherche N° 36 (2005) est  consultable à l’adresse suivante : http://www.education.gouv.fr/bo/2005/36/MENP0502046A.htm


Bon, sincèrement, ce dispositif me laisse dubitatif. Si je vois l'intérêt pour un enseignant de quitter enfin cette fonction au bout de quinze ans passés à affronter des enfants toujours autant turbulents, je ne vois pas vraiment l'intérêt pour une collectivité d'accueillir un agent qui ne connaît rien au monde des bibliothèques et qui possède bien souvent une représentation sinon fausse du moins partielle du métier. De surcroît, ce nouvel agent ne sera pas souvent présent en poste puisque la première année est censée être une année de (re)mise à niveau.

Alors certes, je trouve intéressant et bienvenu ce genre de passerelle mais en même temps, quand j'entends parler par ailleurs de réduction du temps de formation initiale des bibliothécaires j'ai l'impression que la spécificité du métier n'est pas vraiment reconnue.
Et je trouve cela inquiétant.

Les corps concernés par le dispositif sont :

LISTE DES CORPS DE PERSONNELS RELEVANT DU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE, DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE BÉNÉFICIAIRES DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 77 DE LA LOI N° 2003-775 DU 21 AOÛT 2003 PORTANT RÉFORME DES RETRAITES

Chargés d'enseignement d'éducation physique et sportive : Décret n° 60-403 du 22 avril 1960 modifié.
Instituteurs : Décret n° 61-1012 du 7 septembre 1961 modifié.
Professeurs de chaires supérieures des établissements classiques, modernes et techniques : Décret n° 68-503 du 30 mai 1968 modifié.
Professeurs agrégés de l'enseignement du second degré : Décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 modifié.
Professeurs certifiés : Décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 modifié.
Adjoints d'enseignement : Décret n° 72-583 du 4 juillet 1972 modifié.
Professeurs d'éducation physique et sportive : Décret n° 80-627 du 4 août 1980 modifié.
Professeurs d'enseignement général de collège : Décret n° 86-492 du 14 mars 1986 modifié.
Professeurs des écoles : Décret n° 90-680 du 1er août 1990 modifié.
Professeurs de lycée professionnel : Décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 modifié.

LISTE DES CORPS DE PERSONNELS RELEVANT DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE BÉNÉFICIAIRES DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 77 DE LA LOI N° 2003-775 DU 21 AOÛT 2003 PORTANT RÉFORME DES RETRAITES

Adjoints d'enseignement de lycée agricole et d'établissement d'enseignement agricole spécialisé de même niveau : Décret n° 65-383 du 20 mai 1965 modifié.
Professeurs de lycée professionnel agricole : Décret n° 90-90 du 24 janvier 1990 modifié.
Professeurs certifiés de l'enseignement agricole : Décret n° 92-778 du 3 août 1992 modifié.

mercredi 21 novembre 2007

Le bibliothécariat (2) : travaux et fonctions, administrateurs, conditions de travail

Suite et fin de la lecture de l'ouvrage Le bibliothécariat de Raymond Tanghe. Raymond Tanghe, avais-je omis de préciser, était alors directeur adjoint de la Bibliothèque nationale de Canada.

5. Travaux et fonctions

Dans son ouvrage, Raymond Tanghe tente de dresser un portrait d’ensemble des fonctions afférentes au métier de bibliothécaire.

 Il traite ainsi d’abord des services internes, expliquant qu’ils visent à constituer les collections, et détaille ce que sont acquisitions, cataloguement, classification et dépouillement de revues.

 Ensuite, il aborde les services publics qui mettent les collections à la disposition des usagers et détaille les services de consultation, de circulation (dont bibliobus : souvent le bibliobus est accueilli comme la manne dans le désert et le bibliothécaire a le sentiment de faire œuvre d’éducateur et dispensateur de joie), d’orientation des lectures et d’aide aux chercheurs. Dans ces deux derniers cas, l’auteur examine deux aspects du travail de bibliothécaire : la fonction éducative et la fonction adjuvante.

La fonction éducative

 La fonction éducative consiste à développer les facultés intellectuelles et morales des usagers. Il s’agit avec les enfants « d’encourager le goût de la lecture, mais sans permettre qu’elle empiète sur les devoirs ». Il y a aussi le choix de la lecture et c’est l’occasion de parler de pédagogie dans le cadre de bibliothèques scolaires et du rôle « beaucoup moins facile » du bibliothécaire auprès des adolescents, posant la question : « sans l’appui des cadres scolaires comment, d’un rebelle en puissance, se faire un ami ? ». La difficulté réside en effet dans le refus d’un emprunt que le jeune ne doit pas lire « ne pas opposer un refus sans avoir au préalable tenté de le dissuader ; préférer le ton léger de la camaraderie à l’homélie ; expliquer en quoi le livre ne convient pas ; démontrer la validité des raisons et se montrer ferme ». A contrario, il y a la joie profonde d’initier au beau, le plaisir de communiquer la culture acquise et l’excusable sentiment de fierté éprouvé en constatant les progrès accomplis.

Pour les adultes, la fonction éducative se déroule plus sur un plan de collaboration, ignorer les incurables mécontents (le bibliothécaire n’a pas à jouer les psychiatres) et noter les observations judicieuses et pertinentes.

Bien souvent la fonction éducative du bibliothécaire consiste à prêcher d’exemple. Il lui faut les qualités d’un bon diplomate, donc de l’entregent ; il doit distinguer l’hurluberlu dont il est vain de tenter l’éducation, du lecteur intelligent aux idées par trop arrêtées ; le curieux qui ne demande qu’à s’instruire, de celui qui dévore des bouquins sans les assimiler ; le chronophage (pour reprendre le néologisme d’André Maurois), qui fait perdre votre temps à raconter ses petites histoires, de l’être désemparé qui a besoin d’un conseil, d’un charitablecoup d’épaule pour le remettre sur la voie. Le bon bibliothécaire sait d’instinct à qui il peut rendre service et comment, et il agit en conséquence.

Enfin, ex officio, le bibliothécaire doit suivre les programmes culturels de sa ville, lui faire honneur et apporter sa contribution aux démonstrations collectives, propager l’amour de sa patrie, montrer en exemple les grands citoyens du passé.

La fonction adjuvante

La fonction adjuvante est celle qui fait concourir le bibliothécaire aux recherches et aux travaux de spécialistes. Son rôle ne s’arrête en effet pas à l’analyse et au classement des documents reçus, mais il s'agit également pour lui d’augmenter les collections en conséquence, de proposer des bibliographies aux chercheurs notamment via des services de références. Une fonction qui s’est développée autant dans les bibliothèques d’entreprises que dans les bibliothèques scientifiques où ce qui est demandé consiste de plus en plus souvent à fournir rapidement un renseignement, une date, une formule « à l’état pur », dégagé de la littérature et les bibliothécaires deviennent des « spécialistes de l’information » ou des « documentalistes ». Mais revenant sur cette distinction, l’auteur explique :

 Avant de se diviser en passant à travers le prisme, la lumière est une. Nous croyons que le bibliothécariat possède l’organe uniqued’une profession homogène, malgré les modalités des services que ses membres sont appelés à rendre, tout comme l’ingénieur peut être spécialisé en génie minier, électrique, militaire, maritime, etc., selon les études qu’il a faites, mais tous les ingénieurs ont une même formation de base et ont souvent appris dans les mêmes écoles, les techniques spéciales qui les différencient.

Il confirme cependant que la fonction d’aider les chercheurs n’est pas une sinécure qui ne savent pas toujours exactement ce qu’ils désirent ni ce qui peut les aider et ajoute qu’il appartient aux étudiants qui se destinent à travailler dans des bibliothèques spécialisées de chercher à suivre des cours dans les universités des enseignements, cours qui ne saurait se donner dans les écoles de bibliothéconomie, l’expérience complétant cette formation trop sommaire. Par enseignement spécialisé, on entend enseignement scientifique, mais également littéraire ou juridique, l'occasion pour l'auteur d'évoquer l'ensemble de ces bibliothèques spécialisées, les bibliothèques nationales et de louer les outils proposés comme le catalogue collectif précisant, in fine :

Il semble que la fonction adjuvante soit ici exercée par les biblitohèques ; en réalité, il y eu pour constituer, accroître et exploiter ces collections, des générations de bibliothécaires qui se sont succédé et l'usager d'aujourd'hui bénéficie de leur oeuvre.

6. Le rôle des administrateurs

L’administration des bibliothèques se fait par le bibliothécaire en chef, appelé aussi conservateur ou directeur. Ses fonctions concernent

  • le recrutement, la promotion et la direction du personnel ;
  • l’établissement du budget et l’emploi des fonds ;
  • l’aménagement et l’utilisation des meubles et immeubles ;
  • l’orientation des collections ;
  • l’élaboration et l’application des règlements de la bibliothèque ;
  • les relations avec l’extérieur.

 Le personnel : L’administrateur évalue et définit les devoirs de chacun et les fait connaître aux intéressés. Le recrutement se fait généralement par concours en présence ou non du chef de service, sachant que « les tentatives de débauchage par surenchère clandestine sont contraires à l’éthique professionnelle ».

Le bibliothécaire en chef doit encourager le personnel à poursuivre des études, à s’améliorer dans le but d’obtenir des promotions, promotions qui doivent être présidées par un esprit de justice selon l’intérêt de la bibliothèque.

Travaillant avec des êtres complexes, sensibles, exposés à la fatigue nerveuse, le directeur se doit de tenter de dissiper et d’éliminer les causes de conflit et d’encourager l’esprit de corps et la camaraderie parmi le personnel. Les qualités d’un bon administrateur « se révèlent à la moindre occasion : décision, esprit de suite, justice, fermeté et foi rayonnante ».

 Le budget :Administrer, c’est prévoir. Il s’agit pour l’administrateur de soumettre ses prévisions, les justifier, les faire approuver et lorsque les crédits sont votés, de veiller à faire cadrer les dépenses avec les sommes appropriées à chaque article du budget (salaires, acahts, fournitures, équipements, assurances, entretiens…)

 Les locaux :Trouver des locaux, de l’espace, reste le cauchemar des bibliothécaires tous débordés par me raz  de marée de l’édition contemporaine. Prévoir, ici, c’est penser cinq, dix ans d’avance. Le bibliothécaire doit élaborer des plans et les faire accepter par les architectes, évitant au possible les frontons grecs et les escaliers monumentaux. Il doit se tenir au courant des standards de superficie nécessaire par lecteur pour aborder l’architecte bien armé et défendre les intérêts des personnels et des usagers. Il doit également se tenir au courant de ce qui se fait en matière de mobilier.

 Politique d’acquisition :Il faut savoir choisir, refuser, émonder, mettre en réserve, au rebut suivant les cas les ouvrages et éviter toute politique omnivore. L’administrateur doit alors juger les points faibles des collections, selon les avis parfois des membres des facultés dans des bibliothèques scientifiques, voire tenter des expériences de coopération en matière d’acquisition, comme ce fut le cas aux Etats-Unis sous le nom de Farmington Plan.

Règlements : Les règlements concernent les personnels (horaires, discipline, congés, privilèges) et les usagers (heures d’ouvertures, inscriptions, sanctions…). Les règlements doivent être faits connus de tous et appliqués avec fermetés mais sans excessive rigueur. Ils sont approuvés par les autorités de la bibliothèque.

Il arrive cependant que ceux-la même qui les ont approuvés paraissent réfractaires à leur application comme c’est le cas par exemple des professeurs dans les universités.

Relations avec l’extérieur :Rencontrant souvent des personnages influents, le directeur doit pouvoir solliciter appui moral et générosité. Il est ambassadeur de l’institution qu’il représente et, à ce titre, doit savoir garder son rang. A travers réunions, congrès, en écrivant des articles, prenant part à des émissions éducatives, il étend son rayon d’action au-delà des murs de sa bibliothèque et prêche d’exemple. Ses assistants et autres bibliothécaires l’imiteront et ainsi se transmettra le flambeau.

 7. Salaire et conditions de travail

Les salaires sont encore très disparates et il est impossible d’en dresser un tableau d’ensemble.

Les bibliothèques sont ouvertes jusqu’à 80 heures par semaine sur cinq jours pour une durée hebdomadaire de travail de 35h à 40h. Les vacances varient de 15 à 20 jours ouvrables. Le chomage n’existe pas « pour un bibliothécaire compétent ». L’insécurité de l’emploi existe lorsque les employeurs discourent sur la justice sociale, au lieu de la pratiquer.

Les offres d’emploi paraissent dans des revues professionnelles et parviennent aux écoles de bibliothéconomie. Pour le recrutement, ce qui prime partout est une personnalité ouverte :

un bibliothécaire n’est pas seulement le détenteur d’un baccalauréat en bibliothéconomie ; c’est un être complexe qui, en plus de son savoir, devra mettre toutes ses qualités personnelles au service des autres.

... ce qui forme, vous en conviendrez, une jolie conclusion.

mardi 9 octobre 2007

parcours européens de formation

Nous cherchions l’autre jour des références sur les parcours européens de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques dans les pays européens.

Dispositifs de formation en France

Déjà, en France, trouver une liste de ces formations n’est pas facile :

L’ADBS propose une page intéressante à ce sujet sur son site internet qui recense l’ensemble des parcours diplômants liés à la gestion de l’information, l’ingénierie du document et des flux numériques ou la veille mais la date de mise à jour de la page remonte au 19 septembre 2005.

Une autre ressource alors pourrait être Bibliopédia qui s’est attelée au même travail de recensement, dans sa rubrique Métier > Bibliothécaire proposant des adresses de parcours avant recrutement (universitaires), de formation initiale et continue.

Enfin, le site Cursus liste un ensemble de cours, manuels et logiciels éducatifs francophones (i.e. pas seulement français) disponible gratuitement ou non en ligne. Il propose un classement par métier dont une rubrique sur la gestion de l’information et une page plus spécifiquement proposée aux bibliothécaires. Et puisque je cite les formations à distance, on ne peut passer à côté de ce que propose le CNED.

Voir enfin, de manière plus générale, le dossier "Bibliothécaire, quelle formation ?" du dernier numéro paru du BBF : 2007, n°5.

Dispositifs en Europe

En Europe, donc, il existe peu d’information sur les différents parcours européens de formation.

Ma première réaction fut d’aller voir du côté de BOBCATSSS. Placé sous les hospices de l’association EUCLID (European Association for Library and Information Education and Research), BOBCATSSS est un colloque annuel organisé par des étudiants européens en Sciences de l’information eux-même. Le nom BOBCATSSS est d'ailleurs l’acronyme du réseau des premières universités organisatrices en 1993 et renvoie aux initiales des villes de ces universités : Budapeste, Oslo, Barcelone, Copenhage, Amsterdam, Tampere, Stuttgart, Szombathely et Sheffield. Un réseau qui s’étend aujourd’hui avec la participation d’étudiants venus de Borås, Riga, Kharkiv, Moscou, Tallinn, Toru, Varsovie, Sofia, Ljubljana, Crakovie, Bratislava, Prague, Osjiek, Zadar, Berlin et Potsdam.

Cela nous donne déjà une première liste.

L’IFLA quant à elle dispose d’une section orientée sur les programmes de formation. Cette dernière section est d’ailleurs à l’origine de la publication d’un « guide mondial des programme de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques » dont la troisième édition est censée paraître à la fin de ce mois d’octobre 2007. La précédente édition revue et corrigée date, elle, de 1995.  Surtout, l’IFLA s’est penchée sur le sujet pas plus tard que cet été lors de son récent congrès de Durban en août dernier.

Un premier article par exemple propose un tel recensement pour l’Amérique Latine. Il s’agit de "Les défis dans l’assistance aux écoles de bibliothéconomie et des sciences de l’information dans les pays en voie de développement – Une perspective de recherche en Amérique latine" (pdf) de Ian M. Johnson. Cet article propose quelques pistes de recherches dont :

  • La page du portail des bibliothèques de l’UNESCO concernant les organismes de formation
  • Une liste proposée par InformationR.net : un site sur la recherche d’information soutenu par l’université suédoise de Lund.

Un second article se penche sur la coopération entre les parcours de Sciences de l’Information en Europe. Le titre en est "Collaboration in LIS Education in Europe : Challenges and Opportunities" (pdf) et se voit proposé par Sirje Virkus de l’université de Tallinn University en Estonie. L’article, en anglais, reprend le concept de collaboration et de partenariat entre des écoles, notamment dans le contexte du processus de Bologne et des actions de l’Union Européenne.

Surtout, pour revenir sur notre propos de parcours de formation en SIB, l’article évoque quelques 200 parcours en Europe, à savoir principalement des départements ou des programmes au sein d’une faculté universitaire. Peu d’établissement fonctionnent de manière autonome. Ces parcours enfin peuvent être divisés en « parcours orientés-discipline » et « parcours professionnels ».

European LIS education has gradually moved from vocational education to academic HE. Audunson (2005) distinguishes between the discipline-oriented and profession-oriented approach taken by European LIS schools. However, the institutional affiliation, approach as well as conceptual, theoretical, and methodological perspectives influence the way how teaching and learning is organized. There is also great diversity in the curricula content, but it is beyond the scope of this paper to discuss this topic.

Comparer les offres de formations

Ces approches différentes dans les cursus mériteraient d’être étudiée également, je trouve. Ce pourrait être intéressant de voir ce qui est étudié ailleurs et ce sur quoi les autres écoles mettent l’accent. Une diversité précise l’article qui pourrait être une force dans la formation mais qui peut aussi être un frein pour la mobilité des étudiants. Une étude comparée de ces formations est proposée dans un article intitulé « A Survey of Library & Information Science Schools in Europe » et publié dans un ouvrage "European Curriculum Reflections on Library and Information Science Education" de L.Kajberg and L.Lorring de la Royal School of Library and Information Science de Copenhagen datant de 2005.

Une autre partie de cet ouvrage intitulée «Library and Information Science Curriculum in a European perspective » distingue en Europe des formations à trois niveaux :

  • Un niveau Bachelor consistant en 180 à 240 ECTS (European Credits Transfer System), généralement délivré en 3 ans
  • Un niveau Master dispensé en 2 ans et consistant en 60 à 120 ECTS
  • Un niveau de Doctorat, dispensé généralement en 3 ans et valant couramment 80 ECTS.

Les auteurs notent des disparités selon les pays, mais signalent également que le processus de Bologne tend à harmoniser les pratiques et permettent de mieux comparer la qualité des enseignements dispensés. Enfin, ils proposent sur ce sujet une bibliographie tant internationale que par pays.

Pour aller plus loin :

lundi 4 juin 2007

Les quatre qualités d'un bibliothécaire (de référence) efficace




Dans un article paru dans le Chronicle of Higher Education, Todd Gilmann, Bibliothécaire responsable des fonds de littérature anglaise à l'Université de Yale, propose un article intitulé : "The Four Habits of Highly Effective Librarians". Après un rappel à un article précédent dans lequel il évoquait les mauvaises relations qu'entretenaient universitaires et biblitohécaires ("Many academic librarians feel unloved and underappreciated on their campuses, and the main reason is that they sense they are viewed as second-class citizens by members of the teaching faculty"), Gilmann explique qu'un autre grand ennemi du bibliothécaire est... son collègue bibliothécaire :

many of us librarians are our own (or one another's) worst enemies and that if we were more adept at working together, we could improve our lives and those of our colleagues.

Pour être plus efficace, poursuit-il, il faut savoir jouer et dépasser ces jeux de dépendance à l'égard des universitaires et d'interdépendance à l'égard de ses collègues et, afin de nous y aider, il développe quatre traits selon lui essentiels :
  • L'ouverture

All too often, librarians -- like all human beings -- do not listen to one another. In a well-meaning attempt to be proactive we may dutifully invite co-workers or subordinates to weigh in on how we might improve some aspect of our services. If they say things we have already thought of, or agree with (or both), all is well.

But if their responses are not what we expect (read: want) to hear, rather than question our assumptions, we become defensive. We may nod sympathetically while telling ourselves that nothing needs to change. If the responses seem too challenging, we may even angrily defend the status quo.

Let's face it: It's hard to take criticism, even if it's constructive. It's even harder to act on it and try to change our behavior, policies, or procedures.

Voilà qui donne le ton. L'auteur prend exemple sur la baisse de fréquentation des services de références dans les bibliothèques américaines (c'est malin, au moment où nous ouvrons nos services...) et du débat qui s'est ouvert sur l'avenir de ce genre de services, les uns arguant qu'il n'existera plus comme tel en 2012, les autres espérant bien que le bureau de renseignement sera toujours présent. Et l'auteur de préciser que l'ouverture consiste également à écouter ce que nous disent les chiffres.

  • Réactivité

It is what happens once openness has succeeded. Responsiveness means taking appropriate action based on careful listening. Considering alternative models for delivering reference service would be an appropriate response to questions about the long-term viability of the traditional reference desk.


Ce qui arrive quand on est resté ouvert à l'environnement. Il s'agit alors d'être réactif et de répondre efficacement aux évolutions dans les usages. Todd Gilmann propose alors de suivre la tendance qui met en avant les outils en ligne tels que messagerie instantanée, Yahoo!Answers, Google Talk...
 L'important est d'accompagner l'usager, d'être avec lui, où il est, quitte à ce que cet accompagnement soit virtuel. Une autre réponse serait de rejoindre les usagers, et notamment les étudiants, dans les salles d'informatique plutôt que de s'accrocher aux collections papiers largement sous-utilisées.La volonté d'expérimenter de tels modèles n'est qu'un exemple de l'énorme potentiel de réactivité dont nous devons faire preuve.

  • Collaboration

By that, I refer to the desirability of working -- not in isolation, as so many of us do -- but with one's fellow librarians to get a job done.

Quelque soit l'activité que nous pouvons adopter dans l'exercice de nos fonction, il nous faut faire preuve de plus de collaboration entre nous. Et l'un des moyens pour ce faire est l'utilisation de wikis : With wikis, librarians from all over the campus can collaborate virtually to establish best practices, solve common problems, and generally feel more connected with their peers. Mais il évoque également d'autres outils tels que les réseaux sociaux comme Facebooks, les outils de partage par des tags, qui permettent aux collègues de s'échanger des ressources et de partager leurs travaux, ou l'organisation comme à Yale de symposia sur des pratiques communes (à Yale, sur l'amélioration de l'accès aux ressources primaires pour les chercheurs et les enseignants).

  • Communication
Dernier point :

No librarian enjoys learning from a campuswide e-mail discussion list that a decision that will dramatically affect his or her whole department was made unilaterally by another department, campus library, or administrator. Ideally, all stakeholders should be consulted before a decision is made -- and their feedback should not only be taken seriously but be seen to be taken seriously.

Il est important de communiquer sur les décisions prises, l'avancée des projets, d'impliquer l'ensemble des collègues. Sans cela, le projet risque de ne pas fonctionner. Rien de bien neuf, mais il est important parfois de rappeler certaines évidences.