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jeudi 13 mars 2008

La seconde carrière des enseignants


Il existe une disposition récente permettant aux enseignants des premiers et second cycle d'accéder aux métiers de la catégorie A (puisque catégorie équivalente) des bibliothèques. Cette disposition réside dans la reconversion professionnelle, et se voit proposée dans le cadre du dispositif de seconde carrière des personnels enseignants, à condition de justifier d’au moins 15 ans de service d’enseignement.

L'ensemble du dispositif fait partie des mesures de la réforme des retraites. Il est consultable sur le site de Légifrance http://www.legifrance.gouv.fr ou vous pourrez ainsi consulter :


- La Loi n°2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites ( Article 77) :

"Les membres des corps enseignants pourront, sur leur demande et dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, occuper, en position de service détaché, des emplois correspondant à leurs qualifications, nonobstant les règles relatives au recrutement de ces emplois dans les administrations de l'Etat ou des collectivités locales et les établissements publics à caractère administratif"


- le Décret n° 2005-959 du 9 août 2005 pris pour l'application de l'article 77 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites
- le Décret n° 2005-960 du 9 août 2005 pris en application du dernier alinéa de l'article 77 de la loi n° 2003-775 du 21 août 2003 portant réforme des retraites

Si je comprends bien, ce dispositif s’adresse aux enseignants en mi-carrière (il faut 15 ans d'ancienneté) et s’effectue par détachement sur un contingent annuel d’emplois offerts par administration, collectivité locale ou établissement, fixé par arrêtés interministériels. La demande passe alors d'abord devant une commission d'instruction et d'orientation créée et présidée par le recteur d'académie ou le ministre chargé de l'agriculture pour les personnels qui dépendent de son ministère.

Les commissions formulent un avis sur les candidatures des personnels, qui est transmis respectivement aux recteurs d'académie ou au ministre chargé de l'agriculture.

"Cet avis tient compte de la qualification, de l'expérience, de la valeur professionnelle des candidats ainsi que de leurs souhaits au regard des propositions d'emplois présentées par les administrations, collectivités et établissements mentionnés au premier alinéa de l'article 77 de la loi du 21 août 2003 susvisée.
L'appréciation par les commissions de la valeur professionnelle des candidats se fonde sur leurs compétences et leur manière de servir, compte tenu des avis des chefs d'établissement et des personnels d'inspection."

Si la procédure de détachement est acceptée, sa durée est d'abord fixée à un an, au cours duquel l'agent suit une formation dans les conditions organisées par l'administration, la collectivité ou l'établissement d'accueil. Le détachement est prononcé à équivalence de grade et à l'échelon comportant un traitement égal ou, à défaut, immédiatement supérieur à celui dont l'intéressé bénéficiait dans son grade d'origine. Le fonctionnaire détaché conserve, dans la limite de la durée moyenne de service exigée pour l'accès à l'échelon supérieur de son nouveau grade, l'ancienneté d'échelon acquise dans son précédent grade.

Par la suite, l'agent peut demander son intégration au plus tôt trois mois avant le terme du détachement et au plus tard un mois après ce terme.

Les procédures à suivre sont disponibles auprès des académies dont par exemple :


Concernant ces procédures :
Le candidat au détachement dans un emploi au sein d'une des trois fonctions publiques doit déposer un dossier comprenant :
- une lettre de motivation dactylographiée, dans laquelle il exprimera les raisons qui le conduisent, en fonction de son expérience professionnelle, à présenter sa candidature et à postuler sur l’emploi ;
- un curriculum vitae ;
- une fiche d'appréciation sur le déroulement de carrière de l'enseignant établie par le recteur et basée notamment sur les notations.

Pour plus d’informations sur le détachement, le Bulletin officiel du Ministère d’éducation nationale, de l’enseignement et de la recherche N° 36 (2005) est  consultable à l’adresse suivante : http://www.education.gouv.fr/bo/2005/36/MENP0502046A.htm


Bon, sincèrement, ce dispositif me laisse dubitatif. Si je vois l'intérêt pour un enseignant de quitter enfin cette fonction au bout de quinze ans passés à affronter des enfants toujours autant turbulents, je ne vois pas vraiment l'intérêt pour une collectivité d'accueillir un agent qui ne connaît rien au monde des bibliothèques et qui possède bien souvent une représentation sinon fausse du moins partielle du métier. De surcroît, ce nouvel agent ne sera pas souvent présent en poste puisque la première année est censée être une année de (re)mise à niveau.

Alors certes, je trouve intéressant et bienvenu ce genre de passerelle mais en même temps, quand j'entends parler par ailleurs de réduction du temps de formation initiale des bibliothécaires j'ai l'impression que la spécificité du métier n'est pas vraiment reconnue.
Et je trouve cela inquiétant.

Les corps concernés par le dispositif sont :

LISTE DES CORPS DE PERSONNELS RELEVANT DU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE, DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE BÉNÉFICIAIRES DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 77 DE LA LOI N° 2003-775 DU 21 AOÛT 2003 PORTANT RÉFORME DES RETRAITES

Chargés d'enseignement d'éducation physique et sportive : Décret n° 60-403 du 22 avril 1960 modifié.
Instituteurs : Décret n° 61-1012 du 7 septembre 1961 modifié.
Professeurs de chaires supérieures des établissements classiques, modernes et techniques : Décret n° 68-503 du 30 mai 1968 modifié.
Professeurs agrégés de l'enseignement du second degré : Décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 modifié.
Professeurs certifiés : Décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 modifié.
Adjoints d'enseignement : Décret n° 72-583 du 4 juillet 1972 modifié.
Professeurs d'éducation physique et sportive : Décret n° 80-627 du 4 août 1980 modifié.
Professeurs d'enseignement général de collège : Décret n° 86-492 du 14 mars 1986 modifié.
Professeurs des écoles : Décret n° 90-680 du 1er août 1990 modifié.
Professeurs de lycée professionnel : Décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 modifié.

LISTE DES CORPS DE PERSONNELS RELEVANT DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET DE LA PÊCHE BÉNÉFICIAIRES DES DISPOSITIONS DE L'ARTICLE 77 DE LA LOI N° 2003-775 DU 21 AOÛT 2003 PORTANT RÉFORME DES RETRAITES

Adjoints d'enseignement de lycée agricole et d'établissement d'enseignement agricole spécialisé de même niveau : Décret n° 65-383 du 20 mai 1965 modifié.
Professeurs de lycée professionnel agricole : Décret n° 90-90 du 24 janvier 1990 modifié.
Professeurs certifiés de l'enseignement agricole : Décret n° 92-778 du 3 août 1992 modifié.

mercredi 21 novembre 2007

Le bibliothécariat (2) : travaux et fonctions, administrateurs, conditions de travail

Suite et fin de la lecture de l'ouvrage Le bibliothécariat de Raymond Tanghe. Raymond Tanghe, avais-je omis de préciser, était alors directeur adjoint de la Bibliothèque nationale de Canada.

5. Travaux et fonctions

Dans son ouvrage, Raymond Tanghe tente de dresser un portrait d’ensemble des fonctions afférentes au métier de bibliothécaire.

 Il traite ainsi d’abord des services internes, expliquant qu’ils visent à constituer les collections, et détaille ce que sont acquisitions, cataloguement, classification et dépouillement de revues.

 Ensuite, il aborde les services publics qui mettent les collections à la disposition des usagers et détaille les services de consultation, de circulation (dont bibliobus : souvent le bibliobus est accueilli comme la manne dans le désert et le bibliothécaire a le sentiment de faire œuvre d’éducateur et dispensateur de joie), d’orientation des lectures et d’aide aux chercheurs. Dans ces deux derniers cas, l’auteur examine deux aspects du travail de bibliothécaire : la fonction éducative et la fonction adjuvante.

La fonction éducative

 La fonction éducative consiste à développer les facultés intellectuelles et morales des usagers. Il s’agit avec les enfants « d’encourager le goût de la lecture, mais sans permettre qu’elle empiète sur les devoirs ». Il y a aussi le choix de la lecture et c’est l’occasion de parler de pédagogie dans le cadre de bibliothèques scolaires et du rôle « beaucoup moins facile » du bibliothécaire auprès des adolescents, posant la question : « sans l’appui des cadres scolaires comment, d’un rebelle en puissance, se faire un ami ? ». La difficulté réside en effet dans le refus d’un emprunt que le jeune ne doit pas lire « ne pas opposer un refus sans avoir au préalable tenté de le dissuader ; préférer le ton léger de la camaraderie à l’homélie ; expliquer en quoi le livre ne convient pas ; démontrer la validité des raisons et se montrer ferme ». A contrario, il y a la joie profonde d’initier au beau, le plaisir de communiquer la culture acquise et l’excusable sentiment de fierté éprouvé en constatant les progrès accomplis.

Pour les adultes, la fonction éducative se déroule plus sur un plan de collaboration, ignorer les incurables mécontents (le bibliothécaire n’a pas à jouer les psychiatres) et noter les observations judicieuses et pertinentes.

Bien souvent la fonction éducative du bibliothécaire consiste à prêcher d’exemple. Il lui faut les qualités d’un bon diplomate, donc de l’entregent ; il doit distinguer l’hurluberlu dont il est vain de tenter l’éducation, du lecteur intelligent aux idées par trop arrêtées ; le curieux qui ne demande qu’à s’instruire, de celui qui dévore des bouquins sans les assimiler ; le chronophage (pour reprendre le néologisme d’André Maurois), qui fait perdre votre temps à raconter ses petites histoires, de l’être désemparé qui a besoin d’un conseil, d’un charitablecoup d’épaule pour le remettre sur la voie. Le bon bibliothécaire sait d’instinct à qui il peut rendre service et comment, et il agit en conséquence.

Enfin, ex officio, le bibliothécaire doit suivre les programmes culturels de sa ville, lui faire honneur et apporter sa contribution aux démonstrations collectives, propager l’amour de sa patrie, montrer en exemple les grands citoyens du passé.

La fonction adjuvante

La fonction adjuvante est celle qui fait concourir le bibliothécaire aux recherches et aux travaux de spécialistes. Son rôle ne s’arrête en effet pas à l’analyse et au classement des documents reçus, mais il s'agit également pour lui d’augmenter les collections en conséquence, de proposer des bibliographies aux chercheurs notamment via des services de références. Une fonction qui s’est développée autant dans les bibliothèques d’entreprises que dans les bibliothèques scientifiques où ce qui est demandé consiste de plus en plus souvent à fournir rapidement un renseignement, une date, une formule « à l’état pur », dégagé de la littérature et les bibliothécaires deviennent des « spécialistes de l’information » ou des « documentalistes ». Mais revenant sur cette distinction, l’auteur explique :

 Avant de se diviser en passant à travers le prisme, la lumière est une. Nous croyons que le bibliothécariat possède l’organe uniqued’une profession homogène, malgré les modalités des services que ses membres sont appelés à rendre, tout comme l’ingénieur peut être spécialisé en génie minier, électrique, militaire, maritime, etc., selon les études qu’il a faites, mais tous les ingénieurs ont une même formation de base et ont souvent appris dans les mêmes écoles, les techniques spéciales qui les différencient.

Il confirme cependant que la fonction d’aider les chercheurs n’est pas une sinécure qui ne savent pas toujours exactement ce qu’ils désirent ni ce qui peut les aider et ajoute qu’il appartient aux étudiants qui se destinent à travailler dans des bibliothèques spécialisées de chercher à suivre des cours dans les universités des enseignements, cours qui ne saurait se donner dans les écoles de bibliothéconomie, l’expérience complétant cette formation trop sommaire. Par enseignement spécialisé, on entend enseignement scientifique, mais également littéraire ou juridique, l'occasion pour l'auteur d'évoquer l'ensemble de ces bibliothèques spécialisées, les bibliothèques nationales et de louer les outils proposés comme le catalogue collectif précisant, in fine :

Il semble que la fonction adjuvante soit ici exercée par les biblitohèques ; en réalité, il y eu pour constituer, accroître et exploiter ces collections, des générations de bibliothécaires qui se sont succédé et l'usager d'aujourd'hui bénéficie de leur oeuvre.

6. Le rôle des administrateurs

L’administration des bibliothèques se fait par le bibliothécaire en chef, appelé aussi conservateur ou directeur. Ses fonctions concernent

  • le recrutement, la promotion et la direction du personnel ;
  • l’établissement du budget et l’emploi des fonds ;
  • l’aménagement et l’utilisation des meubles et immeubles ;
  • l’orientation des collections ;
  • l’élaboration et l’application des règlements de la bibliothèque ;
  • les relations avec l’extérieur.

 Le personnel : L’administrateur évalue et définit les devoirs de chacun et les fait connaître aux intéressés. Le recrutement se fait généralement par concours en présence ou non du chef de service, sachant que « les tentatives de débauchage par surenchère clandestine sont contraires à l’éthique professionnelle ».

Le bibliothécaire en chef doit encourager le personnel à poursuivre des études, à s’améliorer dans le but d’obtenir des promotions, promotions qui doivent être présidées par un esprit de justice selon l’intérêt de la bibliothèque.

Travaillant avec des êtres complexes, sensibles, exposés à la fatigue nerveuse, le directeur se doit de tenter de dissiper et d’éliminer les causes de conflit et d’encourager l’esprit de corps et la camaraderie parmi le personnel. Les qualités d’un bon administrateur « se révèlent à la moindre occasion : décision, esprit de suite, justice, fermeté et foi rayonnante ».

 Le budget :Administrer, c’est prévoir. Il s’agit pour l’administrateur de soumettre ses prévisions, les justifier, les faire approuver et lorsque les crédits sont votés, de veiller à faire cadrer les dépenses avec les sommes appropriées à chaque article du budget (salaires, acahts, fournitures, équipements, assurances, entretiens…)

 Les locaux :Trouver des locaux, de l’espace, reste le cauchemar des bibliothécaires tous débordés par me raz  de marée de l’édition contemporaine. Prévoir, ici, c’est penser cinq, dix ans d’avance. Le bibliothécaire doit élaborer des plans et les faire accepter par les architectes, évitant au possible les frontons grecs et les escaliers monumentaux. Il doit se tenir au courant des standards de superficie nécessaire par lecteur pour aborder l’architecte bien armé et défendre les intérêts des personnels et des usagers. Il doit également se tenir au courant de ce qui se fait en matière de mobilier.

 Politique d’acquisition :Il faut savoir choisir, refuser, émonder, mettre en réserve, au rebut suivant les cas les ouvrages et éviter toute politique omnivore. L’administrateur doit alors juger les points faibles des collections, selon les avis parfois des membres des facultés dans des bibliothèques scientifiques, voire tenter des expériences de coopération en matière d’acquisition, comme ce fut le cas aux Etats-Unis sous le nom de Farmington Plan.

Règlements : Les règlements concernent les personnels (horaires, discipline, congés, privilèges) et les usagers (heures d’ouvertures, inscriptions, sanctions…). Les règlements doivent être faits connus de tous et appliqués avec fermetés mais sans excessive rigueur. Ils sont approuvés par les autorités de la bibliothèque.

Il arrive cependant que ceux-la même qui les ont approuvés paraissent réfractaires à leur application comme c’est le cas par exemple des professeurs dans les universités.

Relations avec l’extérieur :Rencontrant souvent des personnages influents, le directeur doit pouvoir solliciter appui moral et générosité. Il est ambassadeur de l’institution qu’il représente et, à ce titre, doit savoir garder son rang. A travers réunions, congrès, en écrivant des articles, prenant part à des émissions éducatives, il étend son rayon d’action au-delà des murs de sa bibliothèque et prêche d’exemple. Ses assistants et autres bibliothécaires l’imiteront et ainsi se transmettra le flambeau.

 7. Salaire et conditions de travail

Les salaires sont encore très disparates et il est impossible d’en dresser un tableau d’ensemble.

Les bibliothèques sont ouvertes jusqu’à 80 heures par semaine sur cinq jours pour une durée hebdomadaire de travail de 35h à 40h. Les vacances varient de 15 à 20 jours ouvrables. Le chomage n’existe pas « pour un bibliothécaire compétent ». L’insécurité de l’emploi existe lorsque les employeurs discourent sur la justice sociale, au lieu de la pratiquer.

Les offres d’emploi paraissent dans des revues professionnelles et parviennent aux écoles de bibliothéconomie. Pour le recrutement, ce qui prime partout est une personnalité ouverte :

un bibliothécaire n’est pas seulement le détenteur d’un baccalauréat en bibliothéconomie ; c’est un être complexe qui, en plus de son savoir, devra mettre toutes ses qualités personnelles au service des autres.

... ce qui forme, vous en conviendrez, une jolie conclusion.

mardi 9 octobre 2007

parcours européens de formation

Nous cherchions l’autre jour des références sur les parcours européens de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques dans les pays européens.

Dispositifs de formation en France

Déjà, en France, trouver une liste de ces formations n’est pas facile :

L’ADBS propose une page intéressante à ce sujet sur son site internet qui recense l’ensemble des parcours diplômants liés à la gestion de l’information, l’ingénierie du document et des flux numériques ou la veille mais la date de mise à jour de la page remonte au 19 septembre 2005.

Une autre ressource alors pourrait être Bibliopédia qui s’est attelée au même travail de recensement, dans sa rubrique Métier > Bibliothécaire proposant des adresses de parcours avant recrutement (universitaires), de formation initiale et continue.

Enfin, le site Cursus liste un ensemble de cours, manuels et logiciels éducatifs francophones (i.e. pas seulement français) disponible gratuitement ou non en ligne. Il propose un classement par métier dont une rubrique sur la gestion de l’information et une page plus spécifiquement proposée aux bibliothécaires. Et puisque je cite les formations à distance, on ne peut passer à côté de ce que propose le CNED.

Voir enfin, de manière plus générale, le dossier "Bibliothécaire, quelle formation ?" du dernier numéro paru du BBF : 2007, n°5.

Dispositifs en Europe

En Europe, donc, il existe peu d’information sur les différents parcours européens de formation.

Ma première réaction fut d’aller voir du côté de BOBCATSSS. Placé sous les hospices de l’association EUCLID (European Association for Library and Information Education and Research), BOBCATSSS est un colloque annuel organisé par des étudiants européens en Sciences de l’information eux-même. Le nom BOBCATSSS est d'ailleurs l’acronyme du réseau des premières universités organisatrices en 1993 et renvoie aux initiales des villes de ces universités : Budapeste, Oslo, Barcelone, Copenhage, Amsterdam, Tampere, Stuttgart, Szombathely et Sheffield. Un réseau qui s’étend aujourd’hui avec la participation d’étudiants venus de Borås, Riga, Kharkiv, Moscou, Tallinn, Toru, Varsovie, Sofia, Ljubljana, Crakovie, Bratislava, Prague, Osjiek, Zadar, Berlin et Potsdam.

Cela nous donne déjà une première liste.

L’IFLA quant à elle dispose d’une section orientée sur les programmes de formation. Cette dernière section est d’ailleurs à l’origine de la publication d’un « guide mondial des programme de formation en Sciences de l’information et des bibliothèques » dont la troisième édition est censée paraître à la fin de ce mois d’octobre 2007. La précédente édition revue et corrigée date, elle, de 1995.  Surtout, l’IFLA s’est penchée sur le sujet pas plus tard que cet été lors de son récent congrès de Durban en août dernier.

Un premier article par exemple propose un tel recensement pour l’Amérique Latine. Il s’agit de "Les défis dans l’assistance aux écoles de bibliothéconomie et des sciences de l’information dans les pays en voie de développement – Une perspective de recherche en Amérique latine" (pdf) de Ian M. Johnson. Cet article propose quelques pistes de recherches dont :

  • La page du portail des bibliothèques de l’UNESCO concernant les organismes de formation
  • Une liste proposée par InformationR.net : un site sur la recherche d’information soutenu par l’université suédoise de Lund.

Un second article se penche sur la coopération entre les parcours de Sciences de l’Information en Europe. Le titre en est "Collaboration in LIS Education in Europe : Challenges and Opportunities" (pdf) et se voit proposé par Sirje Virkus de l’université de Tallinn University en Estonie. L’article, en anglais, reprend le concept de collaboration et de partenariat entre des écoles, notamment dans le contexte du processus de Bologne et des actions de l’Union Européenne.

Surtout, pour revenir sur notre propos de parcours de formation en SIB, l’article évoque quelques 200 parcours en Europe, à savoir principalement des départements ou des programmes au sein d’une faculté universitaire. Peu d’établissement fonctionnent de manière autonome. Ces parcours enfin peuvent être divisés en « parcours orientés-discipline » et « parcours professionnels ».

European LIS education has gradually moved from vocational education to academic HE. Audunson (2005) distinguishes between the discipline-oriented and profession-oriented approach taken by European LIS schools. However, the institutional affiliation, approach as well as conceptual, theoretical, and methodological perspectives influence the way how teaching and learning is organized. There is also great diversity in the curricula content, but it is beyond the scope of this paper to discuss this topic.

Comparer les offres de formations

Ces approches différentes dans les cursus mériteraient d’être étudiée également, je trouve. Ce pourrait être intéressant de voir ce qui est étudié ailleurs et ce sur quoi les autres écoles mettent l’accent. Une diversité précise l’article qui pourrait être une force dans la formation mais qui peut aussi être un frein pour la mobilité des étudiants. Une étude comparée de ces formations est proposée dans un article intitulé « A Survey of Library & Information Science Schools in Europe » et publié dans un ouvrage "European Curriculum Reflections on Library and Information Science Education" de L.Kajberg and L.Lorring de la Royal School of Library and Information Science de Copenhagen datant de 2005.

Une autre partie de cet ouvrage intitulée «Library and Information Science Curriculum in a European perspective » distingue en Europe des formations à trois niveaux :

  • Un niveau Bachelor consistant en 180 à 240 ECTS (European Credits Transfer System), généralement délivré en 3 ans
  • Un niveau Master dispensé en 2 ans et consistant en 60 à 120 ECTS
  • Un niveau de Doctorat, dispensé généralement en 3 ans et valant couramment 80 ECTS.

Les auteurs notent des disparités selon les pays, mais signalent également que le processus de Bologne tend à harmoniser les pratiques et permettent de mieux comparer la qualité des enseignements dispensés. Enfin, ils proposent sur ce sujet une bibliographie tant internationale que par pays.

Pour aller plus loin :

lundi 4 juin 2007

Les quatre qualités d'un bibliothécaire (de référence) efficace




Dans un article paru dans le Chronicle of Higher Education, Todd Gilmann, Bibliothécaire responsable des fonds de littérature anglaise à l'Université de Yale, propose un article intitulé : "The Four Habits of Highly Effective Librarians". Après un rappel à un article précédent dans lequel il évoquait les mauvaises relations qu'entretenaient universitaires et biblitohécaires ("Many academic librarians feel unloved and underappreciated on their campuses, and the main reason is that they sense they are viewed as second-class citizens by members of the teaching faculty"), Gilmann explique qu'un autre grand ennemi du bibliothécaire est... son collègue bibliothécaire :

many of us librarians are our own (or one another's) worst enemies and that if we were more adept at working together, we could improve our lives and those of our colleagues.

Pour être plus efficace, poursuit-il, il faut savoir jouer et dépasser ces jeux de dépendance à l'égard des universitaires et d'interdépendance à l'égard de ses collègues et, afin de nous y aider, il développe quatre traits selon lui essentiels :
  • L'ouverture

All too often, librarians -- like all human beings -- do not listen to one another. In a well-meaning attempt to be proactive we may dutifully invite co-workers or subordinates to weigh in on how we might improve some aspect of our services. If they say things we have already thought of, or agree with (or both), all is well.

But if their responses are not what we expect (read: want) to hear, rather than question our assumptions, we become defensive. We may nod sympathetically while telling ourselves that nothing needs to change. If the responses seem too challenging, we may even angrily defend the status quo.

Let's face it: It's hard to take criticism, even if it's constructive. It's even harder to act on it and try to change our behavior, policies, or procedures.

Voilà qui donne le ton. L'auteur prend exemple sur la baisse de fréquentation des services de références dans les bibliothèques américaines (c'est malin, au moment où nous ouvrons nos services...) et du débat qui s'est ouvert sur l'avenir de ce genre de services, les uns arguant qu'il n'existera plus comme tel en 2012, les autres espérant bien que le bureau de renseignement sera toujours présent. Et l'auteur de préciser que l'ouverture consiste également à écouter ce que nous disent les chiffres.

  • Réactivité

It is what happens once openness has succeeded. Responsiveness means taking appropriate action based on careful listening. Considering alternative models for delivering reference service would be an appropriate response to questions about the long-term viability of the traditional reference desk.


Ce qui arrive quand on est resté ouvert à l'environnement. Il s'agit alors d'être réactif et de répondre efficacement aux évolutions dans les usages. Todd Gilmann propose alors de suivre la tendance qui met en avant les outils en ligne tels que messagerie instantanée, Yahoo!Answers, Google Talk...
 L'important est d'accompagner l'usager, d'être avec lui, où il est, quitte à ce que cet accompagnement soit virtuel. Une autre réponse serait de rejoindre les usagers, et notamment les étudiants, dans les salles d'informatique plutôt que de s'accrocher aux collections papiers largement sous-utilisées.La volonté d'expérimenter de tels modèles n'est qu'un exemple de l'énorme potentiel de réactivité dont nous devons faire preuve.

  • Collaboration

By that, I refer to the desirability of working -- not in isolation, as so many of us do -- but with one's fellow librarians to get a job done.

Quelque soit l'activité que nous pouvons adopter dans l'exercice de nos fonction, il nous faut faire preuve de plus de collaboration entre nous. Et l'un des moyens pour ce faire est l'utilisation de wikis : With wikis, librarians from all over the campus can collaborate virtually to establish best practices, solve common problems, and generally feel more connected with their peers. Mais il évoque également d'autres outils tels que les réseaux sociaux comme Facebooks, les outils de partage par des tags, qui permettent aux collègues de s'échanger des ressources et de partager leurs travaux, ou l'organisation comme à Yale de symposia sur des pratiques communes (à Yale, sur l'amélioration de l'accès aux ressources primaires pour les chercheurs et les enseignants).

  • Communication
Dernier point :

No librarian enjoys learning from a campuswide e-mail discussion list that a decision that will dramatically affect his or her whole department was made unilaterally by another department, campus library, or administrator. Ideally, all stakeholders should be consulted before a decision is made -- and their feedback should not only be taken seriously but be seen to be taken seriously.

Il est important de communiquer sur les décisions prises, l'avancée des projets, d'impliquer l'ensemble des collègues. Sans cela, le projet risque de ne pas fonctionner. Rien de bien neuf, mais il est important parfois de rappeler certaines évidences.