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jeudi 26 janvier 2012

Les 20 ans de l'enssib !

L'enssib a vingt ans.

Rapide historique

1992 est une année charnière. Avec la création de l'enssib donc, qui succède à l'ENSB, l'École nationale des bibliothécaires, créée à Paris en 1963 installée à Villeurbanne en 1974 sur le campus de la DOUA, apparaît l'IFB, l'Institut de formation des bibliothécaires (et oui, la formation initiale des bibliothécaires a elle aussi vingt ans), par le même décret constitutif n°92-25 du 09 janvier, tandis qu'on met en place un concours spécial réservé aux élèves de l'École nationale des chartes pour leur permettre de suivre la scolarité du nouveau Diplôme de conservateur des bibliothèques, mettant fin à des décennies de formation en parallèle des conservateurs d'État des bibliothèques en France. 

Dès sa création, l'enssib (sans majuscule, selon la charte graphique de l'école) participe également à la formation d'un diplôme universitaire de troisième cycle, cohabilité avec l'Université Claude-Bernard Lyon 1, le DESS en ingénierie documentaire et propose un DEA en Sciences de l'Information et de la communication (1992-1998). Ils seront rejoint par un second DESS réseaux d'information et documentation électronique (RIDE) en 2001 et aboutiront à l'offre de Master en Sciences de l'information et des bibliothèques trois ans plus tard, aujourd'hui déclinée en cinq spécialités

C'est ensuite en 1998 que l'école accueille les élèves conservateurs territoriaux des bibliothèques, suite à une convention avec le Cnfpt et en 1999 qu'elle forme les bibliothécaires d'État avec la fusion de l'enssib et de l'IFB. (cf. la chronologie générale de l'école). 

Certains travaux issus de ces diplômes sont aujourd'hui consultables dans la bibliothèque numérique.

Toujours à partir de 1992, l'école participe à l'élaboration de stages de formation continue dont l'organisation à l'époque incombe à l'IFB en plus de la formation initiale des bibliothécaires d’État avec une offre de cycles de formation tournés notamment vers l'internationale (bibliothécaires étrangers francophones et les agents des bibliothèques françaises à l'étranger). L'enssib accueillit d'ailleurs un diplôme professionnel qui leur était consacré, le diplôme professionnel supérieur en sciences de l'information et des bibliothèques (DPSSIB).

En 1998, un premier stage de formation partiellement à distance est mis en place à destination des bibliothécaires francophones non hexagonaux et c'est en 2010 que sont proposées les premières formations entièrement à distance.

Et je n'évoque là que les activités de formation d'un établissement qui propose également des activités de recherche (colloques et journées d'étude, programme de numérisation de corpus) et de publications autour du Bulletin des Bibliothèques de France dont l'administration est confiée à l'ENSB dès 1980, et des collections éditoriales « Papiers », plutôt théorique, et « Boîte à outils » qui propose des ouvrages pratiques.

Mémoires et temps forts

L'ensemble de ces rappels, mais également des documents d'archives créés depuis 20 ans sont accessibles en ligne au sein d'une mosaïque qui complète le premier acte d'une exposition évolutive proposée tout au long de l'année au sein de l'école.

Ce premier acte, centré autour des lieux et des missions, présente les principales activités de l'école en cinq panneaux d'exposition thématiques (formations, recherche, Presses, BBF, offre de ressources et de services). Il se voit complété par la projection d'un film de quelques minutes revenant sur l'histoire de l'école, l'évolution de l'institution. 

Il se verra complété par un second acte, autour des parcours et des hommes qui ont traversé, vécu et travaillé à l'enssib au cours de ces années, personnels, élèves, étudiants, stagiaires, et par un troisième en fin d'année qui exposera l'aboutissement de larésidence de création de la photographe Aurélie Pétrel, qui travaille, depuis septembre 2011 à l'élaboration d'un portrait contemporain de l'enssib. 

Plusieurs temps forts viendront également ponctuer l'année : 

  • Une Journée Portes ouvertes prévue le 12 mai
  • Les Estivales 2012 (25-26 juin) proposeront un temps d'analyse et de réflexion sous l'intitulé "la bibliothèque : faire société
  • Une Master Class est prévue en septembre
  • Les rencontres Henri-Jean Martin seront autour du thème "20 ans de Patrimoine" (9 octobre)
  • Cinq publications exceptionnelles (donc en sus du programme de publication de l'école) apporteront des éclairages autour des images de la bibliothèque (témoignage de Jacques Roubaud ; représentations des chercheurs Christian Jacob et Annette Wieworka ; rencontres d'écrivains avec des établissements (qui alimentent un blog en attendant) ; paroles d'élus, d'architectes et de conservateurs sur leurs bâtiments ; portraits de professionnels réalisés par les élèves conservateurs de l'école).

Enfin, une base de données des bibliothèques construites pendant la période 1992-2012 est ouverte pour l'occasion et accessible à partir du site web de l'école.

L'enssib a vingt ans

calendrier des manifestations enssib 2012
  • Sept. 2011 - oct. 2012
    • Résidence d'Aurélie Pétrel, photographe 
  • Octobre 2011
    • Lancement de la base de données sur les constructions de bibliothèques 1992-2012
    • Lancement des pages internet « enssib 2012 » sur le site de l'école 
  • Janvier 2012
    • 17 janvier : Lancement de la saison : vernissage de l'exposition évolutive, « Mémoire de l'enssib, acte 1er : des lieux et des missions »
    • 19 janvier : Journée d'étude « Les métiers de la documentation », organisée par l'ADBS et l'Association des anciens élèves de l'enssib
  • Mars 2012
    • 16 et 17 mars : Participation au Salon des masters de Lyon Salon professionnel
  • Avril 2012
    • Parution de Lire, écrire de Jacques Roubaud Publication
  • Mai 2012
    • Exposition évolutive « Mémoire de l'enssib, acte 2 : des parcours et des hommes »
    • 12 mai : Journée Portes ouvertes Portes ouvertes
    • Parution de La gueule de l'emploi ?, 20 portraits de professionnels des bibliothèques
    • Parution d'Imaginaire des bibliothèques 
  • Juin 2012
    • 25 et 26 juin Estivales spéciales enssib 2012 « La bibliothèque : faire société » ; remise des diplômes des DCB 20, fête de l'école et des partenaires le 25 juin en fin de journée
  • Septembre 2012
    • Master class
  • Octobre 2012
    • Parution de Tours et détours en bibliothèque. Carnet de voyage 1992-2012
    • 9 octobre : Rencontres Henri-Jean Martin spéciales enssib 2012 : « 20 ans de patrimoine »
  • Novembre 2012
    • Exposition évolutive « Mémoire de l'enssib, acte 3 : portrait de l'enssib par Aurélie Pétrel »
    • Parution d'Architecture des bibliothèques : 1992-2012 
    • 15 novembre : Journée d'étude organisée avec la Joie par les livres-BnF « Enfants et jeunes en bibliothèque : regards européens »

mercredi 18 janvier 2012

10 compétences-clefs pour l'avenir

Dans son article, The 10 key skills for the future of work, Jessica Stillman essaie de lister ce qui, selon elle, constituera les principales compétences dont les agents devront faire preuve à l'avenir.

Rappelant -rapidement- les évolutions économiques, démographiques et technologiques, elle se fait échos des conclusions d'un rapport rédigé par "the Institute for the Future", une organisation située à Palo Alto, et essayant de lister quelles seront les compétences clefs pour 2020. Bien sûr, il ne s'agit pas tant de compétences précises applicables à une branche professionnelle en particulier mais plutôt de tendances générales plus ou moins importantes.

Ces dix compétences clefs sont :

  • La compréhension (Sense-making). La capacité de comprendre et appréhender la signification profonde et l'importance de ce qui est exprimé.
  • L'intelligence sociale (Social intelligence). La possibilité de se connecter à d'autres d'une manière profonde et directe, de ressentir et de stimuler réactions et interactions.
  • Une pensée flexible et créative (Novel and adaptive thinking). la compétence de penser et de proposer des solutions et des réponses au-delà de ce qui est appris par cœur ou uniquement sorti de règlements.
  •  Compétence interculturelle (Cross-cultural competency). La capacité d'opérer dans différents contextes culturels
  • La pensée informatique (Computational thinking). La capacité de traduire de grandes quantités de données en concepts abstraits et de comprendre des raisonnements fondés sur des données.
  • Une nouvelle culture médiatique (New-media literacy). La capacité à comprendre, évaluer de façon critique, développer un contenu avec ces nouvelles formes de médias et de tirer parti de ces médias pour communiquer.
  • L'interdisciplinarité (Transdisciplinarity). La capacité à comprendre et utiliser des concepts à travers plusieurs disciplines.
  • La souplesse d'esprit (Design mind-set). La capacité à se représenter et développer les tâches et les processus de travail pour les résultats souhaités.
  • La gestion de la charge cognitive (Cognitive load management). La capacité à discriminer et filtrer les informations importante et celle de savoir de maximiser le fonctionnement cognitif en utilisant des outils et des techniques variés.
  • La collaboration virtuelle (Virtual collaboration). La capacité à travailler de façon productive, de se montrer impliqué et présent en tant que membre d'une équipe virtuelle.

Autant de compétences qui proposeront un défi aux institutions de formations...

La roue des compétences proposée par Microsoft il y a quelques années.

mercredi 14 septembre 2011

Quoi de neuf en bibliothèque ?

"Quoi de neuf en bibliothèque ?", c'est le titre d'un stage de formation continue qui s'est déroulé à l'enssib en novembre 2010 et en juin 2011.

Un stage un peu particulier dans son contenu, comme l'explique Yves Desrichard :

L’objectif de ce stage était de proposer aux participants dix présentations, courtes (1 h 30) mais denses, sur ce qui fait l’actualité dans les principaux domaines intéressant les bibliothèques et les bibliothécaires. Il ne s’agissait pas, il ne s’agit pas, d’une présentation générale, historique ou panoptique, du domaine abordé, mais juste d’informer sous la forme la plus pratique possible des changements survenus dans chacun de ces domaines dans une période de temps de quelques années (les cinq dernières années au maximum), période évidemment variable suivant le sujet concerné.

Essentiellement destiné à des responsables d'établissement, l'ensemble des interventions de ce stage a été rédigé et proposé dans un format éditorialisé comme numéro hors-série du Bulletin des Bibliothèques de France.

Disponible uniquement en version numérique, riche de 34 pages, ce numéro aborde des thématiques très diverses, juridiques, techniques, politiques, managériales proposées par des intervenants de qualités (ou presque en ce qui me concerne)...

Jetez un œil au sommaire pour vous en convaincre :

  • Présentation
  • Actualité juridique (Yves Alix)
  • Actualité des personnels (Yves Alix)
  • Actualité des catalogues et des systèmes de gestion de bibliothèque (Marc Maisonneuve)
  • Actualité des réformes universitaires (Christophe Pérales)
  • Les bibliothèques à l’âge de l’accès et de la modernité liquide (Christophe Evans)
  • Les learning centres, un outil pour innover (Suzanne Jouguelet)
  • Actualité de la réforme territoriale (Dominique Lahary)
  • Actualité de la numérisation (Mathieu Andro) 
  • Actualités du web (Thomas Chaimbault)
Un numéro donc, à ne pas rater pour faire le point sur l'actualité des bibliothèques qu'on prépare un concours ou qu'on soit professionnel en poste tant la veille, la connaissance du milieu et de son actualité, demeurent plus que jamais important dans l'exercice de notre activité professionnelle.

jeudi 8 septembre 2011

IT professionals and librarians

Je cite là un article intéressant de Ann All, paru dans ITbusinessEdge, et intitulé : "What IT Professionals Can Learn from Librarians" (ce que les IT professionnals peuvent apprendre des bibliothécaires).Les IT professionals, ce sont les professionnels qui travaillent dans les "nouvelles" technologies, disons sur les technologies émergentes ou innovantes (cloud computing, SIG etc...).

Dans son article donc, Ann All, revient sur les pratiques de ces professionnels et soulignent tout ce qu'ils pourraient apprendre des bibliothécaires, et notamment en terme de service.

Zink said:

If you think about a library, librarians are very techie but also very service oriented. Our librarians are exposed very intentionally, and have been for 15 years, to this intermingling of cultures. I’ve often said our help desk at the university would never be able to work for an uncaring IT help desk in the private sector. ... Librarians listen very well and will do anything to get an answer. The last thing they would say is, “I’m sorry. I’m going to send you a manual.” In libraries, the reference desk is very high on the status. It’s just the opposite in IT organizations. We have movement out of both, both laterally and vertically. It was a grand experiment that’s worked out very well.

Une culture de l'accueil, une volonté d'écoute et de répondre au mieux et au plus près des besoins des usagers forment le socle des services proposés par les bibliothécaires, services que les IT professionals essaieront de porter au mieux. Cette façon dont les biblitohécaires cernent les besoins des usagers au travers de questions, d'intérêt, permet également de rapprocher professionnel et "client" justement et de rendre un service encore plus efficace. 

Voilà qui est rassurant de voir ces compétences reconnues. Mais il convient de souligner que les bibliothécaires aussi ont beaucoup à apprendre des services techniques et informatiques avec lesquels ils travaillent. Les fonctions doivent se comprendre en terme de complémentarité plus que d'opposition et nous ne pourrions pas travailler correctement sans eux. La médiation numérique documentaire que nous appelons et voyons émerger dans nos établissements ne pourrait être le produit des seuls efforts des bibliothécaires.

Ou presque.

voir aussi :

jeudi 25 août 2011

Un nouveau décret pour les bibliothèques universitaires.

  Un nouveau décret concernant les bibliothèques universitaires vient de paraître dans le JORF n°0196 du 25 août 2011. Ce décret, sobrement appelé Décret n° 2011-996 du 23 août 2011 relatif aux bibliothèques et autres structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur créées sous forme de services communs, remplace et abroge les précédents décrets n° 85-694 du 4 juillet 1985 sur les services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale (et n° 91-321 du 27 mars 1991 relatif à l'organisation des services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur des académies de Paris, Créteil et Versailles relevant du ministère de l'éducation nationale).


1. Bibliothèques et services communs de documentation

A. Bibliothèque

En premier lieu, comme le souligne la brève de l'enssib, on retrouve l'appellation "bibliothèque" pour évoquer ces "structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur". La notice d'introduction du décret précise en effet :

Ce décret réintroduit le terme bibliothèque utilisé par l'ensemble de la communauté universitaire, rénove les missions de ces services communs en mentionnant notamment le développement des ressources documentaires numérique et simplifie leur cadre réglementaire laissant aux établissements la libre organisation de leurs bibliothèques.

Concernant cette nomination, l'article 1 précise que "tous les services [d'activité technique et documentaire d'intérêt commun] qui accueillent du public sont dénommés bibliothèques".

B. Services communs

En fait, ce premier article rappelle la possibilité de créer des services communs de documentation et des services interétablissements. Une capacité inscrite dans le code de l'éducation sous les articles L. 714-1 et L.714-2. D'ailleurs, l'article 4 réaffirme que "toute bibliothèque ou tout centre de documentation de l'université a vocation à être intégré dans un service commun,(...) les autres centres documentaires de l'université sont associés au service commun". Volonté est faite d'évoquer le cas de ces myriades de bibliothèques associées que n'arrivent pas toujours à signaler, gérer, et encore moins intégrer, les SCD malgré les textes. 

Ceci dit, disparaissent des articles sur l'organisation des SCD en sections documentaires et sur l'organisation interne d'un SCD. Cet article étant probablement obsolète.

C. Groupement d'Intérêt Public

Le décret évoque enfin une autre possibilité : la création de groupements d'intérêt public

Un groupement d'intérêt public est une personne morale. Il permet à des collectivités publiques de s'associer entre elles et avec des personnes privées, normalement pour une durée limitée, afin d'exercer ensemble une activité d'intérêt général ou de réaliser un projet commun.

Cette possibilité n'est pas neuve. Elle existait déjà dans le précédent décret de 85, article 12, titre II sur la coopération documentaire interétablissement : "Le statut du groupement d'intérêt public peut être substitué à celui de service commun, par décision des établissements contractants et dans les conditions fixées par l'article L. 719-11 du code de l'éducation" et concerne notamment les complexes coopérations entre bibliothèques sur Paris et sa région.


2. Les missions des bibliothèques

Les missions de ces établissements ne changent guère, et se voient même étoffées.

On retrouve en effet dans le nouveau décret 8 missions principales :

  1. Mettre en œuvre la politique documentaire de l'établissement. Cette mission existait déjà.
  2. Accueillir les usagers et les personnels (...) et organiser les espaces de travail et de consultation. Cette mission n'était pas formulée dans le précédent décret. Le fait de l'inscrire dans le décret renforce justement le rôle d'accueil et souligne l'importance de la bibliothèque comme lieu.
  3. Acquérir, signaler, gérer, communiquer documents et ressources. Cette mission a été reprise telle quelle.
  4. Développer les ressources documentaires numériques. L'importance de la documentation numérique est ici affirmée et reconnue. Il est demandé expressément à la bibliothèque de participer à la production de l'IST, "notamment par la production, le signalement et la diffusion de documents numériques". Je souligne le terme de production qui entérine une évolution notable dans le discours professionnel de ces dernières années appelant non plus seulement à signaler les ressources mais bien à participer activement et produire des documents.
  5. Participer à la recherche et aux activités d'animation culturelles, scientifiques et technique de l'établissement. Je souligne ici qu'est réaffirmée la dimension culturelle de la bibliothèque. Une dimension déjà présente dans le décret précédent mais qui s'est vue inégalement exploitée.  
  6. Favoriser toute initiative dans le domaine de la formation initiale, continue et de la recherche. Encore une fois, honnêtement, rien de neuf ici. Ceci étant, c'est l'occasion de souligner le rôle de la bibliothèque comme laboratoire d'innovation dans la droite ligne des discussion échangées dans nos milieux professionnels.
  7. Coopérer avec les bibliothèques qui concourent aux mêmes objectifs (...) notamment par la participation à des catalgues collectifs. Cela existait déjà.
  8. Former les utilisateurs à l'IST. On perd l'emploi du terme "usagers" et je me demande pourquoi ? Encore une fois, cette mission existait déjà, mais il est important de la souligner et d'insister de nouveau sur la mission formatrice de la bibliothèque. 
Nous avons donc des missions réparties en 4 grandes catégories :
  • Des missions documentaires (poldoc ; acquérir, gérer, signaler ; gestion des espaces) avec un focus concernant expressément la documentation numérique : la bibliothèque comme lieu d'information
  • Une mission d'accueil et culturelle : la bibliothèque comme lieu de rencontre et de vie.
  • Une mission de formation : la bibliothèque comme lieu de formation
  • Une mission de production et d'innovation : la bibliothèque comme lieu de création


3. Direction et conseil de la documentation

A. Le directeur

A la tête de l'institution se trouve un directeur nommé sur proposition du Président de l'université (et non plus après avis de) par le Ministre. Finalement rien de bien neuf : il s'agit de conformer ce décret au décret 2009-207 portant notamment sur les fonctions des directeurs de SCD et à la mise en place de la LRU. 

Le nouvel article ici précise que le directeur prépare les délibérations du conseil documentaire, notamment en matière budgétaire. Un budget dont le projet est voté au Conseil documentaire (sic) donc mais qui est validé en CA.

Le directeur dirige le service et les personnels, organise les relations avec les partenaires extérieurs, élabore le règlement intérieur voté en conseil documentaire. Il présente au Conseil d'Administration un rapport annuel. (Tout cela existait déjà hors la mention expresse au règlement intérieur). Je rappelle que le directeur n'est plus appelé à siéger au Conseil d'administration, hors consultation ou demande de sa part.

Tout ce qui est subvention de fonctionnement et d'équipement disparaît du décret, les nouvelles lois ayant transféré ces subventions directement aux universités. Il est juste précisé qu'une part des droits annuels de scolarité est affectée au budget propre du service et que ce dernier peut bénéficier de dotations.

De la même façon, il n'est plus précisé que les personnels sont affectés au SCD. En remplacement, on a droit à une phrase bateau précisant que" Les personnels recrutés dans les corps de personnel scientifique, technique et de service des bibliothèques ont vocation à mettre en œuvre la politique documentaire dans l'ensemble des bibliothèques de l'établissement". C'est important, mais on peut espérer que les personnels du SCD vont faire leur travail, oui. 

B. Le Conseil documentaire

J'ai enfin, l'impression que le Conseil documentaire se voit renforcé. Les arrêtés fixant les modalités de fonctionnement des anciens conseils des services communs (notamment l'Arrêté du 4 juillet 1985 ont tous été abrogés par un arrêté paru dans le même JORF. 

La composition de ce nouveau conseil est précisée (pas plus de vingt membres contre trente auparavant, dont le Président, des Enseignants-Chercheurs, des étudiants, des personnels du service). Les mandats demeurent de 4 ans (sauf les représentants étudiants dont le mandats est de deux ans). L'ensemble de la composition et du fonctionnement de ce Conseil doit être définit dans le règlement intérieur.

Parmi ses missions, le Conseil doit :

  • voter le projet de budget du SCD
  • élaborer des propositions concernant la politique documentaire
  • est consulté sur les projets de conventions relatives à la documentation
  • est tenu informé des crédits alloués aux organismes documentaires associés et à leurs utilisation
Une façon de formaliser un peu l’existence de ce Conseil, en espérant qu'il sera mieux reconnu au sein des établissements.


lundi 9 mai 2011

Recruter un personnel ressortissant européen.

J'ai déjà évoqué en ces pages les possibilités que nous avions, personnels de bibliothèque, pour travailler à l'étranger (cf. Devenir fonctionnaire européen et Mobilité internationale des professionnels). Bien sûr, cette mobilité fonctionne dans les deux sens et il nous est possible depuis peu d'accueillir des ressortissants européens.

A ce sujet, il nous faut appliquer une récente circulaire. En effet, la Circulaire du 15 avril 2011 relative aux modalités de recrutements et d’accueil des ressortissants des Etats membres de l’Union européenne ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen dans un corps, un cadre d’emplois ou un emploi de la fonction publique française explique comment recruter et accueillir des ressortissants européens dans la fonction publique française.

Il n'y a rien là de bien exceptionnel. Ces dispositions  d'accueil de ressortissants de l'Union Européenne existent depuis 1983 et la Loi Le Pors (article 5bis) :

Les ressortissants des Etats membres de la Communauté européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen autres que la France ont accès, dans les conditions prévues au statut général, aux corps, cadres d'emplois et emplois. Toutefois, ils n'ont pas accès aux emplois dont les attributions soit ne sont pas séparables de l'exercice de la souveraineté, soit comportent une participation directe ou indirecte à l'exercice de prérogatives de puissance publique de l'Etat ou des autres collectivités publiques.

Elle se sont vues renforcées avec la loi mobilité du 3 août 2009 qui leur autorise à passer les concours internes en plus des concours externes. Il s'agit là de l'application des principes de non-discrimination et de liberté de circulation des travailleurs dans l'espace européen. Ces collègues, d'ailleurs, peuvent également être accueillies en détachement s'ils relèvent de la fonction publique d'un autre pays (à dire vrai, seuls les emplois dits "de souveraineté" -police, justice principalement- doivent être occupés par des personnes de nationalité française) (article 5 quater de la Loi Le Pors).

Ce qui est neuf, en revanche, est qu'un décret rassemble l'ensemble de ces règles. Le site Localtis explique ce document en ces termes :

C'est dans ce cadre qu'un décret du 22 mars 2010 a rassemblé toutes les règles relatives à l'accueil des européens dans la fonction publique (voir notre article ci-contre du 26 mars 2010). Ce décret a par ailleurs créé une "commission d'accueil des ressortissants de l'Union européenne" qui est chargée d'accompagner les administrations concernées par ce sujet. Sa saisine est facultative. La circulaire présente les règles générales en matière de recrutement et d'accueil ainsi que les procédures à suivre pour intégrer effectivement l'agent.

mardi 25 janvier 2011

Du cumul d'activités pour les fonctionnaires

L'activité des fonctionnaires est strictement réglementée.

1. La loi Le Pors

Ainsi, la Loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dite loi Le Pors, précise-t-elle dans son article 25, alinéa 1, que :

I.-Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit.

Il s'agissait là de l'un d'un dogme important. Impossible d'exercer une autre activité que celle pour laquelle le fonctionnaire était rétribué afin de préserver l'efficacité et la neutralité essentielle aux fonctions publiques. Ou presque. L'autorisation de cumul s'avérait alors un Sésame incontournable pour qui souhaitait animer une formation par exemple.

2. 2007 : modernisation des statuts

Plus largement, le régime de cumul, qui concerne les fonctionnaires, les agents non titulaires et les ouvriers, a été réformé en 2007 par la Loi n°2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique avec un assouplissement des possibilités de dérogation pour l’exercice d’activités accessoires, soumises à autorisation, et une ouverture de ces possibilités aux agents à temps partiel.

Le site Fonction-Public précise :

En outre, les agents publics peuvent désormais créer ou reprendre une entreprise en restant dans l’administration, ou bien poursuivre une activité dans une entreprise lorsqu’ils deviennent agents publics : cette nouvelle dérogation, d’une durée de deux ans renouvelable une fois pour une durée d’un an, soit trois ans au maximum, est soumise à l’avis de la commission de déontologie. En exerçant ce cumul, l’agent peut rester à temps plein ou demander un temps partiel de droit.

3. Le décret du 20 janvier 2011

Le Journal Officiel n°0018 du 22 janvier 2011 revient sur ces dispositions dans sonDécret n° 2011-82 du 20 janvier 2011 modifiant le décret n° 2007-658 du 2 mai 2007 relatif au cumul d'activités des fonctionnaires, des agents non titulaires de droit public et des ouvriers des établissements industriels de l'Etat. Oui, je sais, c'est long, mais c'est important. Il s'agit notamment d'appliquer aux fonctionnaires la souplesse apportée avec le statut d'auto-entrepreneur créé il y a deux ans.

L'objet du décret est clairement signifié. Il s'agit de :

"étendre la liste des activités accessoires susceptibles d'être exercées par les agents publics, notamment sous le régime de l'auto-entrepreneur et aménager la procédure suivie devant la commission de déontologie lorsqu'elle se prononce sur les cas de cumul d'activités au titre de la création d'une entreprise"

et précise : 

le décret étend la liste des activités accessoires fixée par l'article 2 du décret du 2 mai 2007 afin notamment de prendre en compte les activités sportives, les activités d'encadrement et d'animation ainsi que les activités de services à la personne. Il introduit dans ce même article 2 une distinction entre les activités accessoires pouvant être exercées uniquement sous le régime de l'auto-entrepreneur (services à la personne, vente de biens fabriqués personnellement par l'agent) et celles pour lesquelles l'agent aura le choix entre ce régime et tout autre régime d'activité. Il modifie la procédure suivie par la commission de déontologie lorsqu'elle se prononce sur les cas de cumul d'activités pour l'harmoniser avec celle que la commission observe pour tous les cas de départ des agents publics dans le secteur privé. Il prévoit à ce titre, notamment, la faculté pour la commission de rendre des avis tacites dans les cas où la déclaration de cumul ne pose aucune difficulté d'ordre déontologique.

L'article 2 précise notamment que dans les activités autorisées se trouvent, entre autres :

Art. 2.-Les activités accessoires susceptibles d'être autorisées sont les suivantes :
« I. ― Dans les conditions prévues à l'article 1er du présent décret :
« 1° Expertise et consultation, sans préjudice des dispositions du 2° du I de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée et, le cas échéant, sans préjudice des dispositions des articles L. 413-8 et suivants du code de la recherche ;
« 2° Enseignement et formation ;

Il ne s'agit cependant pas de faire ou d'autoriser n'importe quoi de la part de la hiérarchie.

L'article 1er, en effet, précise quand même que cette activité accessoire ne peut s'effectuer que "sous réserve que cette activité ne porte pas atteinte au fonctionnement normal, à l'indépendance ou à la neutralité du service". Les grands principes demeurent. Autre détail qui a son importance, l'article 5 précise que L'activité accessoire ne peut être exercée qu'en dehors des heures de service de l'intéressé.

Pour plus de détail et une analyse fine du décret, je vous renvoie également vers cet article très complet de Localtis, Agents publics : vous pouvez travailler (aussi) le week-end, qui explique bien les tenants et les aboutissants du décret. On y apprend notamment les détails quant à la création d'entreprise pour un fonctionnaire, la simplification de la procédure d'avis de la commission de déontologie qui peut rendre désormais des avis tacites (l'absence de réponse vaut avis favorable) - art.6, alinéa 3.

Surtout, il est précisé que le décret permet à des agents à temps incomplet de travailler pour plusieurs employeurs, étant entendu qu'ils doivent informer par écrit chacune d'entre elles de toute activité qu'il exerce auprès d'une autre administration ou d'un autre service mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée

lundi 20 décembre 2010

calendriers 2011

Avec la fin de l'année revient la mode des calendriers.

Outre-atlantique, ces calendriers revêtent une importance particulière puisqu'ils participent d'un processus marketing et de communication autour de la bibliothèque, processus d'autant plus important en ces temps de crise et de réduction budgétaire.

Du coup, après qu'on m'ait signalé le dernier calendrier à la mode (cf. les tatouages ci-après), j'ai essayé de faire un tour du web de calendrier de bibliothécaires. Je me souvenais en effet que les années précédentes, l'idée avait inspiré nombre d'établissements :

1. Un calendrier professionnel

Depuis le simple "I love my law librarian" à la BU de Cincinnati

L'idée est simple est pour peu que les événements marquants soient prévus (journées d'étude, conseil de la doc, vacances et donc fermeture etc...) on pourrait envisager d'envoyer cela aux différents directeurs de département non ? Reste qu'ils risquent de trouver que la BU a trop d'argent puisqu'elle l'emploi dans de telles campagnes...

Mais celui qui marche le plus en ce moment nous vient du Pacific Northwest qui nous propose ce magnifique Tattooed librarians. Un calendrier qui fait suite à un autre proposé par les bibliothécaires texanes l'année précédente.

2. Les calendriers de nus

Bien sûr, ce qui fonctionne toujours, c'est le calendrier de nus et plusieurs établissements ont essayé de s'y coller.

Ainsi en 2005 pouvait-on commander sur un blog américain "Desperate Librarians" un calendrier présentant les bibliothécaires d'une bibliothèque publique dans le plus simple appareil :

Et en 2008, c'était les hommes des bibliothèques texanes qui étaient mis à contribution :

18 mois de calendriers, on en avait pour son argent... Malheureusement pas plus d'images que cela à proposer. Tout cela à disparu dans les strates du net. 

Cette année, ce sont les bibliothécaires du Nebraska qui se dénudent pour vous et pour récolter des fonds :

3. Calendriers étudiants

On retrouve les étudiants en Sciences de l'information aussi intéressé par ce genre de calendrier.

Souvenez-vous comment, en 2008, des étudiants de l'EBSI jouaient avec les clichés qui entourent les bibliothécaires. 

En 2010, ce sont les étudiants en SIB de l'Université (tchèque) de Masaryk se dénudent à leur tour pour une ONG de lutte contre l'analphabétisme appelée "Guerilla Readers" (autres photos)

4. Et vous ?

Bon, allez, vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire n'est-ce pas ? Début 2009, Sophiebib avait commencé à montrer la voie en proposer un calendrier composé des bobines de biblioblogueurs... cachés derrière leur pochette de vynil préféré : 

vendredi 7 mai 2010

Devenir fonctionnaire européen

En France, pour devenir un personnel de bibliothèque, il faut être fonctionnaire. J'avais déjà rédigé un billet sur le sujet il y a quelques années. Mais saviez-vous que vous pouviez aussi passer d'autres concours, être toujours fonctionnaire non plus national mais européen ?


Drapeaux européens, commission européenne, Bruxelles /
source : Xavier Häpe sur FlickR sous licence BY-NC

Les institutions européennes emploient différentes catégories de personnel et, comme pour l'administration française, vous pouvez devenir fonctionnaire titulaire, agent temporaire (non-fonctionnaire) ou contractuel. Je vais me concentrer ce soir sur les fonctionnaires titulaires.

1. fonctionnaires européens

Les fonctionnaires européens donc peuvent avoir deux statut : administrateur (AD) ou assistant (AST). Voici ce qu'en dit le site de l'EPSO, l'Office européen de sélection du personnel, un organisme européen créé en 2003 pour fournir un service professionnel de sélection du personnel pour le compte des institutions de l’Union européenne :

Les administrateurs élaborent les politiques, procèdent à la mise en œuvre de la législation européenne et exercent des activités d'analyse et de conseil. Un administrateur peut être amené à jouer un rôle clé dans les processus législatif et budgétaire de l'UE, à coordonner les grandes lignes politiques ou économiques des États membres, à participer à des négociations commerciales avec les pays tiers ou à représenter les institutions lors de conférences internationales. Il pourra également contrôler les flottes de pêche des États membres, élaborer ou gérer un programme spécifique de recherche scientifique, rédiger une décision de la Cour de justice des Communautés européennes ou du Médiateur européen, etc. Nous offrons des perspectives de carrières d'une grande diversité aux titulaires d'un diplôme universitaire (administration, droit, finance, économie, communication, sciences, etc.).

Les assistants ont généralement pour mission d'assister (secrétariat, tâches administratives et financières, communication, élaboration et mise en œuvre des politiques). Ils jouent également un rôle important dans la gestion interne des institutions, notamment dans les domaines budgétaire et financier, ainsi que dans la gestion du personnel, l'informatique et la documentation.

Quatre types de profils sont proposés dans les concours et, outre ces profils d'administrateurs et assistants, les concours proposent deux autres grands profils : ceux de linguistes (traducteurs et interprètes) et ceux de ce qu'ils appellent les "profils spécialisés" parmi lesquels on retrouve des chercheurs, inspecteurs nucléaires, infirmiers ou professionnels de l'information.

2. Conditions de recrutement

Sans surprise, pour postuler à un concours de recrutement afin de devenir fonctionnaire européen, le candidat doit :

  • être ressortissant d'un État membre de l’Union européenne;
  • jouir de tous ses droits civiques;
  • être en position régulière au regard de ses obligations militaires;
  • posséder une connaissance approfondie d'une des langues officielles de l'Union européenne et une connaissance satisfaisante d'une autre de ces langues.

En outre, les candidats doivent satisfaire aux exigences spécifiques précisées dans l'avis de concours en ce qui concerne les compétences et, le cas échéant, l'expérience professionnelle. Les exigences minimales en matière de formation varient selon le poste à pourvoir. En général, un diplôme universitaire de niveau BAC+3 (licence) ou BAC+4 (Maîtrise ou Master) est exigé pour les fonctions de niveau «administrateur». Une expérience professionnelle adéquate peut être requise dans certains cas. 

3. Les étapes des concours

Avant toute chose, vous trouverez en ligne un Guide applicable aux concours généraux (pdf) et une brochure explicative (pdf).

Depuis 2010, les concours ont changé et sont devenus plus rapides. La procédure comporte moins d'étapes tandis que les épreuves ont été revues qui évaluent les compétences et connaissances professionnelles spécifiques aux concours visé ainsi que des compétences dites de base (analyse et résolution de problèmes, communication, qualité et résultats, apprentissage et développement, hiérarchisation des priorités et organisation, persévérance et travail d'équipe - le guide ci-dessus explique en page 3 ce qui est entendu derrière ces fameuses compétences). La fonction d'administrateur requiert une compétence supplémentaire d'encadrement.

Le site de l"EPSO décrit ainsi le déroulement des opérations :

Les personnes souhaitant participer à une procédure de sélection doivent remplir un formulaire de candidature en ligne et le soumettre à EPSO avant la date de clôture des inscriptions. Ces candidatures ne doivent pas être considérées à la légère: remplir ne serait-ce que le formulaire d'inscription exige déjà un certain temps.

La nouvelle procédure de sélection comprendra deux étapes: les tests d'admission informatisés, organisés dans les États membres (et dans certains pays hors de l'UE), et la phase d'évaluation à Bruxelles. Le détail de chaque concours sera publié sur ce site web et au Journal officiel de l'Union européenne .

Les candidats réussissant la phase d'évaluation seront inscrits sur une «liste de réserve». Ce terme désigne une base de données accessible aux institutions européennes souhaitant recruter des collaborateurs qui ont réussi les procédures de sélection.

Tous les participants pourront, s'ils le souhaitent, recevoir une évaluation de leur performance.

Cette liste de réserve conserve les noms des participants pendant un an pour les profils les plus courants, jusqu'à l'organisation d'un prochain concours. En ce qui concerne les autres profils, la fréquence d'organisation devrait être de trois ans. 

Ainsi la première étape propose des tests d'admission informatisés (mode d'emploi en ligne). Ces derniers portent sur l'évaluation des compétences et évaluent les capacités cognitives (raisonnement verbal, numérique et abstrait) et la capacité de jugement dans des épreuves de mise en situation, ainsi que les compétences professionnelles et linguistiques, en fonction du profil recherché.

Dans la phase d'évaluation, l'accent est mis sur l'évaluation des compétences liées au poste plutôt que sur les connaissances théoriques. Sur la base d'un cadre de compétences étendu, des exercices seront sélectionnés pour évaluer les compétences souhaitées. Chaque compétence sera évaluée au moins deux fois. Cette phase comprendra une demi-journée ou une journée complète d'épreuves, selon le type de concours. Cette phase consiste en des tests écrit (étude de cas) et oraux (entretien structuré, exercice de groupe)

Bien sûr, vous devrez faire montre d'une maîtrise ou de la compréhension de plusieurs langues, les épreuves se déroulant dans la deuxième langue choisie (allemand, anglais ou français).

4. Les postes ouverts

Les postes ouverts au concours paraissent dans le Journal officiel de l'Union Européenne. Et c'est justement le cas de postes de bibliothécaires !

Au JO UE du 29 avril 2010 est paru l'ouverture du concours EPSO/AD/178/10 — Bibliothéconomie/Sciences de l'information annonçant l'ouverture de 19 postes de bibliothécaires, dont un de bibliothécaire-juriste. Le profil recherché est décrit en page 7sq qui précise :

De manière générale, les administrateurs dans le domaine de la bibliothéconomie/des sciences de l'information ont pour
fonction de gérer et de fournir des services d'information professionnels.
Il est important de souligner que ce concours ne vise pas à recruter des spécialistes des technologies de l'information (IT),
des archivistes ou des documentalistes/gestionnaires de documents.

Vous avez jusqu'au 28 mai pour vous décider.

CONCOURS GÉNÉRAL EPSO/AD/178-182/10

ADMINISTRATEURS dans les domaines suivants:

EPSO/AD/178/10 – Bibliothéconomie / Sciences de l'information
EPSO/AD/179/10 – Audiovisuel

Grade: AD 5

Date de publication: 29.04.2010

Date limite pour l'inscription électronique: 28.05.2010 à 12h00 (midi), heure de Bruxelles
Citoyens de l'UE 27

Alors, qui est tenté ?

lundi 22 mars 2010

Quelles questions pour un service de référence sur mobile ?

C'est le titre d'un preprint, sur EduCause, et intitulé Mobile reference : What are the questions ? Le titre est subtil et légèrement trompeur : cet article aborde en effet non pas tant les questions posées à des services de références sur mobile comme My Info Quest ou Text-a-Librarian, mais bien les question à se poser avant de monter un service de référence en ligne.

Pourquoi un service de référence sur mobile ?

L'auteure,, Joan K. Linpicott, part en effet du constat que la littérature évoquant l'émergence de ces nouveaux services de références aborde tout de suite les questions d'échanges, les questions elles-mêmes et pas suffisamment des aspects plus larges sur le type de service à monter. Elle cherche ainsi à développer plus particulièrement trois aspects qui selon elle demeurent important, à raison, lorsqu'on monte ce genre de projet :

  • quels sont les objectifs globaux du programme ?
  • à quel public s'adresse-t-on ?
  • comment intégrer ce service dans l'environnement institutionnel ?


Source : Flickr

Quels usages ?

L'auteure propose de se demander dans un premier l'usage qu'il est fait des appareils mobiles dans son institution. Les usagers les utilisent-ils beaucoup ? Il convient là de regarder si on a plus particulièrement des usagers de médecine ou scientifiques, s'ils ont entre 18 et 22 ans ou sont plus âgés... De même, l'insitution elle-même propose-t-elle des services par et pour téléphone (cours, alertes, sites, informations...). 

Peu d'institution s'intéressent encore à ce mode de communication, tout en reconnaissant la place majeure que prennent et vont prendre les terminaux mobiles dans l'avenir.Les universités peuvent proposer un large spectre de services depuis l'enregistrement en ligne au conseil ou orientation et les bibliothécaires doivent se tenir en alerte et participer aux éventuels groupes de travail. Cela signifie travailler avec les instances politiques et décisionnelles, cela signifie aussi travailer avec les collègues des départements informatiques, cela signifie enfin travailler avec les équipes pédagogiques qui peuvent être amenées à proposer des ressources, des conseils, un soutien par le mobile à l'étudiant. Imaginez qu'un enseignant demande à un étudiant d'acheter un terminal mobile, ce serait dommage si à partir de son matériel il ne puisse accéder aux ressources numériques de la bibliothèque.

Quelles stratégies adopter ?

Quelles stratégies adopter, quels objectifs pour ouvrir ce genre de service ? Le fait-on parce que nos usagers utilisent déjà des services en ligne ? Le fait-on pour rester à la pointe des nouvelles technologies, le fait-on parce que d'autres bibliothèques le font déjà et qu'on ne veut pas rester derrière ? Rassurez-vous, toutes ces raisons ne sont pas pertinentes. Ces services, comme toute nouvelle offre doit rentrer dans une stratégie globale adaptée à nos publics (quels outils, quels usages, quels comportements). Elle propose alors les objectifs, comme raison potentielles :

Some possible goals for providing services suited for mobile devices include:
• Enhancing the convenience of access to reference services
• Enhancing the convenience of access to basic library and patron information
• Encouraging individuals who generally don’t use the library’s services to access the library
• Supporting a campus-wide or departmental initiative employing mobile devices
• Enhancing the library’s instruction program, both in the classroom and beyond
• Providing e-books and readers to users as an alternative to some print publications
• Delivering easy-to-access key information resources to users in the field
• Providing campus-related, geographically linked content to enrich the campus experience of users
• Becoming a campus resource for educating users about the features and operation of mobile devices
• Raising the profile of the library, its staff, and its services

Si on se place dans une perspective plus large, le service de référence sur mobile va alors venir compléter une offre plus large de façon à s'adapter au mieux aux besoins des usagers et toucher éventuellement des utilisateurs qui ne viendraient pas utiliser les services existants. Mais cela signifie également que les bibliothécaires doivent réfléchir à la disponibilité du service (quels jours, quels horaires ?). Par exemple, dans un contexte universitaire, si les étudiants ont besoin de ce service tard le soir, peut-être serait-il intéressant de former des collègues ou des moniteurs à répondre à ces heures-ci.

Répondre à des questions de références via un téléphone peut pousser aussi les professionnels à se renseigner sur les bases de données, les catalogues accessibles depuis un téléphones pour renseigner au mieux les usagers. Je ne reviendrais pas sur les ressources accessibles par ce biais que l'article détaille, je les évoquais récemment dans le prezi.

Quelle évaluation ?

Proposer de nouveaux services prend du temps et de l'argent. Déterminer si l'investissement en vaut la peine est primordial pour l'établissement. Les technologies changent rapidement. Ne perd-on pas son temps ? Oui et non. La bibliothèque doit savoir proposer une stratégie souple basée sur les besoins réels de ses usagers. L'évaluation de ces derniers est primordiale. Et bien sûr, les services doivent être évalués en fonction des objectifs définis plus haut. Voulait-on toucher des usagers qui n'utilisent pas les services traditionnels ? Il faut trouver l'indicateur qui permettra de mesurer cette donnée.

A l'université de New York, les bibliothécaires ont ainsi menés une analyse sur un an de leur service de référence sur mobile, portant sur 583 transactions et les comparant avec le service traditionnel en présentiel. Ils se sont alors rendu compte que même via des SMS, les usagers voulaient plus qu'une simple réponse factuelle. S'engageait souvent un échange avec le bibliothécaire, un mini dialogue. Ils ont aussi découvert que les usagers se trouvaient parfois à l'intérieur même de la bibliothèque. Certains usagers peuvent se montrer réticent à aller vers un bibliothécaire ou simplement laisser leurs affaires sans surveillance sur place.

Mais il faut noter qu'il est difficile d'évaluer un panel estudiantin, ce dernier changeant complétement et fréquemment. Leur intérêt peut ainsi changer du tout au tout en fonction d'un nouveau service, un nouveau mobile plus puissant et moins cher, une nouvelle mode. Cela signifie qu'il faut essayer, agir, innover. Il faut accepter le risque de se tromper ou de devoir changer d'orientations au bout de deux ans. 

Évaluer les besoins, réfléchir à une politique de service globale, au sein de la bibliothèque et de la tutelle, évaluer l'usage. Rien de fondamentalement neuf pour ce projet si l'objet paraît innovant.

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