Vagabondages

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - numérisation

Fil des billets

jeudi 13 mars 2014

Doc Explore, un écran pour lire les livres anciens

Je profite de la publication d'un reportage diffusé dans l'émission "Vu d'ici" sur France3 Haute Normandie pour évoquer le projet européen Doc Explore

Rien de nouveau en soi. Ce projet s’intéressant à la valorisation et à l’analyse par ordinateur de manuscrits historiques a débuté en avril 2009. Plus précisément, il s'agit d'un logiciel permettant

  1. de plaquer des fichiers numérisés sur des feuilleteurs 3D tactiles ou gestuels de façon à en faciliter la consultation et la manipulation par les utilisateurs, y compris via une indexation ou l'ajout de fonctionnalités de recherche
  2. de faciliter la compréhension des documents grâce à l'ajout de commentaires, d'annotations, de vidéos... d'un ensemble de paratexte enrichissant les documents consultés

Comme l'explique Pierrick Tranouez, il s'agit donc de répondre à des obstacles tant physique que culturel pour faciliter l'accès aux documents et valoriser les documents patrimoniaux.

Le projet se base sur l’expertise de groupes de recherche académique situés à l’Université de Kent et à l’Université de Rouen (le laboratoire du LITIS), ainsi que sur la collaboration des Archives de la Cathédrale de Canterbury et de la Bibliothèque Municipale de Rouen, qui apportent les livres et manuscrits anciens numérisés.

En septembre dernier, deux expositions à Canterbury d'une part puis à la bibliothèque Jacques Villon de Rouen ont permis de faire connaître cet outils auprès du grand public. Maintenant, il semble qu'une table tactile soit disponible de manière pérenne pour consulter ces documents dans la capitale de Haute-Normandie.

Le reportage précise que seule cette bibliothèque dispose de ce logiciel pour l'instant mais l'idée est qu'il soit accessible à tous sur le web dans les mois à venir. En consultation je suppose...

Pour aller plus loin :

PS : on voit les responsables manipuler les fonds anciens précieusement, avec des gants, ce qui est pourtant de plus en plus contesté et contre-indiqué.

lundi 6 février 2012

NYPL Lab

La bibliothèque municipale de New York dispose d'un département chargé de d'expérimenter et d'innover avec ses collections : le NYPL Labs.

NYPL Labs is an experimental unit at the Library developing ideas and tools for digital research. A collaboration among curators, designers and technologists, NYPL Labs is dedicated to rethinking what a public research library can be and do in the new information commons. We develop everything from proof-of-concept pilots to fully realized web applications and digital archives, as well as hosting a variety of staff workshops and public talks.

Building on the Library's public mission, Labs also seeks to foster collaboration with NYPL users through crowdsourcing and participatory initiatives, and shares tools and data with the wider library and digital humanities communities.

Ce laboratoire, donc, réfléchit à une nouvelle mise en valeur des collections à partir du numérique et développe autant de prototypes que de réalisations concrètes parmi lesquelles des outils comme le Stereogranimator, un outils proposant aux usagers et aux internautes de transformer de vieux stéréographes, deux images semblables qui créeront une vision 3D, issus de ses collections ou encore les projets collaboratifs What's on the menu, un travail de reconnaissance des caractères par les usagers, sur d'anciens menus numérisés et Map warper, un travail superposant les cartes numérisés de la ville avec celles plus anciennes et permettant de retracer l'évolution de la ville au fil des ans. Ces opérations de numérisation concernent donc tous types de supports et de collections (textes, images, son, vidéos...).

L'idée en soi paraît donc excellente, et nécessaire. La bibliothèque de New York numérise une grande partie de ses collections mais l'existence de ce laboratoire souligne qu'elle s'est posé la question de la finalité de ces opérations. Certes, il s'agit de conservation probablement dans un premier temps. Cependant, réfléchir à la façon dont on va utiliser la puissance du web social -tous les projets ou presque accordent un rôle important aux usagers-, imaginer de nouveaux modes d'interactions pour, finalement, rendre accessible tout ce matériau est tout autant primordial.

Sans oublier la fonction de valorisation des collections, de l'établissement, des équipes que peut revêtir de tels projets. Une fonction qui n'est guère oubliée par la NYPL qui propose plusieurs compte twitter autour du laboratoire d'une part, des projets d'autre part (stéréo, menu, map etc.), des personnels (le responsable du laboratoire, le responsable produits. le développeur, le développeur des applications).

jeudi 8 décembre 2011

Orphan Works Project

Cet été, quatre universités et bibliothèques ont rejoint leOrphan Work project. Le projet des œuvres orphelines.

Les responsables des Universités de Cornell, Duke, Emory et Johns Hopkins ont ainsi annoncé conjointement qu'ils allaient numériser et rendre accessible pour leur communauté éducative le texte intégra de milliers d'"œuvres orphelines", ces ouvrages encore sous droits mais dont les ayants-droits n'ont pu être identifiés. Ils rejoignent ainsi d'autres grands établissements américains comme les Universités du Michigan, du Wisconsin, et de Floride au sein du Orphan Work project, dont l'objectif est d'identifier les œuvres orphelines qui ont été numérisés et archivés dans la bibliothèque numérique du HathiTrust. La communauté HathiTrust regroupe plus de soixante grandes institutions de recherche travaillant à partager, archiver et préserver leurs collections de livres numérisés et de revues (site mobile).

Actuellement, ces 9 millions de volumes numérisés sont détenus par le HathiTrust. Personne ne sait exactement combien d'entre eux sont orphelins, mais John Wilkin, le directeur de ce regroupement estime que cela pourrait concerner la moitié des titres.

Seuls les ouvrages effectivement identifiés comme orphelins et possédés au format papier par les institutions seront accessibles via le site HathiTrust. Ils ne seront accessibles aux membres de leurs communautés respectives par authentification.

vendredi 22 avril 2011

Numériser les archives étudiantes

Un article intéressant a paru récemment sur le blog Wired Campus, hébergé par The Chronicles of Higher Education. Il évoque la numérisation des archives estudiantines, et plus précisément, les journaux associatifs.

C'est une façon de garder la mémoire de l'institution, de donner de la visibilité à la vie étudiante, d'impliquer ces usagers dans la vie de leur établissement et dans les projets de numérisation qu'il peut mettre en œuvre. Cela peut même faire l'objet d'un travail étudiant et donc demander pour l'établissement finalement peu de ressources pour créer in fine une collection unique dans la bibliothèque numérique. 

Ce projet a été mené à la bibliothèque universitaire de Drake, à l'Iowa, qui vient de numériser ainsi une revue étudiante qui existe depuis 1884. Et c'est justement l'ancienneté de la revue qui permet ce travail de numérisation, ne serait-ce pour des questions de droit.

Il n'empêche, je demeure persuadé que toutes les productions étudiantes mériteraient d'être ainsi conservées et traitée. Je me souviens, jeune étudiant de licence de Lettres modernes -mention documentation bien sûr- avoir rejoint l'association étudiante de l'UFR dans laquelle mes camarades écrivaient des articles. Que sont devenus ces numéros à la parution irrégulière, je me le demande ? Je doute qu'il y ait jamais eu un quelconque dépôt or je suis certain que ce genre de production pourrait intéresser étudiants ou chercheurs plus tard. Evidemment une mise à disposition devient délicate, notamment pour des questions de droit d'auteur -on ne met pas en ligne comme cela n'importe quel document sans l'accord des auteurs- mais la numérisation devrait permettre a minima une meilleure conservation en attendant de retrouver les droits nécessaires.

Une recherche peut-être facilitée aujourd'hui par les réseaux sociaux.

lundi 7 septembre 2009

L"IABD et le règlement Google Book Search

L'IABD est une Interassociation Archives/Bibliothèques/Documentation. Il s'agit donc du regroupement de 17 associations d'archivistes, de bibliothécaires et de documentalistes (liste), qui a vocation à les représenter auprès des pouvoirs publics. L'IABD est notamment intervenue lors des débats DADVSI et Hadopi, avec un certain succès, puisqu'elle a réussi à obtenir le vote et l'élargissement des exceptions prévues au bénéfice des établissements culturels. Voir également la chronologie des actions menée par l'Interassociation au cours du premier semestre 2009.

Forte d'une telle représentation, l'IABD propose et publie une déclaration sur le Règlement Google Book Search intitulée : "Non au Règlement Google Livres en France Oui à une solution publique alternative grâce à l’emprunt national" . Ce règlement ne cesse de faire parler de lui ces dernières semaines comme le montre le filon S.I.Lex qui lui est dédié au point que la plupart des organismes représentant les bibliothèques au niveau européen et international (Eblida, Liber, IFLA) se sont déjà prononcés dessus.

Ces déclarations envisagent déjà l'hypothèse d'une transposition du Règlement Book Search à l'Europe, tout en soulignant les risques très graves de dérives monopolistiques et d'atteintes aux libertés que le projet Google Livres porte en lui. L'IABD, quant à elle, partage ce diagnostic et soutiendra Eblida, Liber et l'IFLA si des négociations s'engagent avec Google. Mais l'interassociation a choisi de se démarquer en proposant aux pouvoirs publics français une solution alternative, qui reste encore possible, ainsi que l'explique Lionel Maurel :

Vous n'êtes pas sans savoir qu'une partie de l'emprunt national pourrait être consacrée au numérique, voire même à la numérisation du patrimoine (voir ici). Un certain nombre d'informations semblent confirmer cette orientation.

Pour l'instant, il semblerait que l'on envisage de numériser seulement des oeuvres du domaine public, dans la lignée de ce qui se fait déjà en France.

Une telle relance de la numérisation patrimoniale serait louable, mais elle ne règlerait en rien le problème fondamental que pose le Règlement Google Book Search, celui des oeuvres épuisées et orphelines, à propos desquelles Google entend obtenir un droit exclusif (70 % environ du volume de Google Book Search).

L'IABD soutient qu'il est possible de dépasser l'optique patrimoniale et d'utiliser une part de l'emprunt pour régler les problèmes de droits sur l'ensemble des oeuvres orphelines et épuisées françaises.

Une juste compensations serait versée aux auteurs et éditeurs en échange de quoi les oeuvres deviendraient librement utilisables à toutes fins. Les sommes non réclamées serviraient à bâtir une infrastructure de gestion des droits qui empêcherait que le problème  des oeuvres orphelines ne se reconstitue à l'avenir.

Une autre part de l'emprunt serait consacrée à la numérisation et à la mise en ligne de ces ouvrages, notamment afin d'alimenter Europeana en oeuvres plus récentes, comme le souhaite la Commission européenne.

Une telle solution peut paraître de prime abord trop ambitieuse et irréaliste, mais elle n'est nullement impossible à atteindre eu égard aux montants très élevés des sommes qui vont être dégagées par l'emprunt. Cela ne représenterait même qu'une petite partie des crédits alloués au numérique (3 à 5 milliards annoncés).

Avec un tel système, on atteint un résultat plus puissant en terme de diffusion de la connaissance, puisque l'intégralité de la zone grise redevient utilisable, et on évite les dérives qui seront très difficiles à désamorcer dans le cadre de Google Book Search. Cette solution évite également que les règles du droit d'auteur soient durablement déstabilisées par la formule proposée par Google (opt out). Tous les acteurs de la chaîne du livre peuvent être associés à une telle entreprise dans le respect de leurs droits et intérêts.


La déclaration de l'IABD est accessible en ligne sur le site de l'Interassociation. Elle a été envoyée à tous les acteurs concernés, la presse et les députés.

jeudi 3 septembre 2009

Enquête nationale sur la conservation aux Pays-Bas

La Netherlands Coalition for Digital Preservation vient de rendre publique les résultats d'une enquête nationale sur la conservation des documents numériques menée en juillet 2009. Le résumé d'une vingtaine de pages et intitulé, en anglais, "A future for our digital memory: permanent access to digital information in the Netherlands", est disponible en ligne à l'adresse : http://www.ncdd.nl/en/activiteiten-natverkenning.php tandis que le rapport lui-même, en hollandais, est disponible à l'adtresse : http://www.ncdd.nl/activiteiten-natverkenning.php.


In order to underpin its strategy, the NCDD [
Nationale Coalitie Digitale Duurzaamheid] decided build a detailed picture of the current situation in the public sector in the Netherlands. Can institutions or domains be identified which have successfully risen to the challenge of digital preservation and permanent access? What categories of data are in danger of being lost? How can the risks be managed?  The so-called National Digital Preservation Survey was funded by the Ministry of Ministry of Education, Culture and Science, and was held in the first six months of 2009.

A team of three researchers conducted some seventy interviews with stakeholders in three distinct sectors: government & archives, the research community, and cultural heritage institutions.

Le résumé en anglais du rapport se compose de six parties :

  1. The Dutch National Digital Preservation Survey
  2. The three sectors: reasons for preserving information and division of responsibilities
  3. Preserving digital information: requirements and guidelines
  4. The Dutch public sector and digital preservation in practice
  5. Costs and funding
  6. Prospects for (cross‐sectoral) cooperation in the Netherlands
  7. Conclusions and recommendations

En gros, l'enquête montre que les politiques de préservations numériques sont insuffisantes aux Pays-Bas et qu'il conviendrait de mettre en place un réseau d'infrastructures dédiées à la préservation et la diffusion des objets numériques sur le long terme pour éviter une perte d'information.

The members of the Netherlands Coalition for Digital Preservation wish to join forces to facilitate the establishment of a national infrastructure of repositories, services and tools, in which:
1. awareness of the long‐term access issues is present throughout the lifecycle of digital information;
2. roles and responsibilities have been clearly defined to improve a smooth transfer from data creators to digital archives;
3. enough trustworthy repository capacity is available for storage and long‐term management;
4. the parties involved share services and tools as efficiently as possible;
5. structural funding is available for those activities which secure permanent access; Netherlands Coalition for Digital Preservation, A future for our digital memory, 2009 13
6. dedicated selection mechanisms are available, attuned to the digital age;
7. stakeholders share knowledge and expertise – nationally and internationally.

Le rapport mentionne donc entre autres la nécessité de mise en place d'un réseau pour le stockage et la gestion des métadonnées, voire, pour les petites entreprises, pour la mise à disposition d'outils. Le rapport suggère également l'ouverture d'un fonds pour financer des projets de numérisation par exemple. Enfin, il souligne le besoin d'améliorer les processus de sélections de l'information numérique, la conservation des données ne pouvant être menée à bien, et à des coûts abordables, que si la sélection est faite correctement.

Pour finir, le document précise que les conclusions et recommandations de ce premier rapport seront ensuite discutées lors d'une conférence nationale le 18 septembre à La Hague puis par le Bureau executif du NCDD qui rendra ses décisions et la politique finale adoptée publique fin 2009.