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mardi 30 septembre 2014

Un automate de prêt dans son téléphone

C'est encore à Singapour que cela se passe. 

crédit photo: DESMOND LIM

NLB mobile

Depuis le 23 septembre, la bibliothèque nationale de Singapour propose aux usagers de télécharger une application leur permettant de scanner les code-barres des ouvrages et de les emprunter directement sans passer par un quelconque automate ou à une banque de prêt. De plus, une fois le livre scanné, le système informatisé de gestion de la bibliothèque fait en sorte de désactiver la puce afin que les emprunts ne fassent pas sonner les portiques antivol à la sortie de l'usager.

Pour pouvoir utiliser l'application, les usagers doivent d'abord ouvrir un compte sur le nouveau système MyLibrary de la bibliothèque nationale. Ils reçoivent ensuite des identifiants par la poste sous cinq jours, ou immédiatement s'ils s'enregistrent dans l'une des bibliothèques du réseau. Il leur suffit ensuite de télécharger l'application, appelée NLB Mobile, dans leurs smartphone ou tablette puis de s'inscrire dans l'application.

L'application permet aux usagers d'enregistrer plusieurs comptes de lecteurs pour permettre aux parents, par exemple, d'enregistrer ceux de leurs enfants et d'emprunter pour toute la famille. Elle propose également un service de recommandations de lecture ou d'animations en lien avec l'historique d'emprunt de l'usager et son adresse géographique. Enfin, elle permet de vérifier la disponibilité des titres dans les différentes bibliothèques du réseau, de vérifier la date de retour des emprunts et de les renouveler le cas échéant.

Un ensemble extrêmement complet et impressionnant.


Une politique de service sur terminaux mobiles

Ce service s'insère dans une politique plus large de la bibliothèque, résolument tournée vers les terminaux mobiles comme outils d'amélioration des modalités de délivrance des services. Une politique pas si innocente que cela puisque la ville possède le plus important taux de pénétration des terminaux mobiles dans la population du monde : 156% en décembre 2013.

De fait, la bibliothèque nationale de Singapour possède une présence mobile affirmée.

Elle propose ainsi aux usagers d'accéder rapidement à du contenu numérique via l'application MobileRead. On y trouve des ressources en open-access pour les usagers sans comptes lecteurs, et un accès aux nombreuses ressources numériques de la bibliothèque. 



la bibliothèque possède également depuis plusieurs années un site mobile : Library in Your Pocket (LiYP), un portail de ressources adapté aux terminaux mobiles et offrant un accès à de nombreux services :

  • La recherche dans le catalogue et la réservation de ressources ;
  • L'actualité des animations de la bibliothèque et des derniers titres reçus ;
  • L'accès au compte lecteur pour vérifier et renouveler ses emprunts ;
  • L'accès au blog de la bibliothèque ;
  • L'inscription à des notificatios et des alertes électroniques ;
  • L'accès à des titres de livres et de périodiques numériques ;
  • Des informations pratiques sur les horaires des bibliothèques du réseau et les personnes à contacter.

Ok, sur le dernier, le design est à revoir. Et c'est tant mieux parce que la bibliothèque serait bien frustrante sinon. Mais l'ensemble donne vraiment envie...

Pour aller plus loin :

En août, une communication était proposée sur cette nouvelle application de prêts au congrès de l'IFLA : 

ONG, Ian and GOH, Cindy and CHUA, Lilian and PAK, Peter (2014) Empowering the Library Patron: The Public Libraries of Singapore’s experience with transactional services delivered through a mobile application. Paper presented at: IFLA WLIC 2014 – Lyon - Libraries, Citizens, Societies: Confluence for Knowledge in Session 210 - Information Technology. In: IFLA WLIC 2014, 16-22 August 2014, Lyon, France.

L'article est disponible en anglais à : http://library.ifla.org/906/1/210-ong-en.pdf

mardi 7 mai 2013

Histoires de distributeurs automatiques de livres

Je vous signale un article très intéressant sur les distributeurs automatique de livres rédigé par John Geoghegan et paru sur The blog, du Huff Post. Sincèrement, je ne sais pas vraiment quoi penser de ce genre de machines. Elles me paraissent d'une horreur sans nom (comment proposer un livre comme on vend des bonbons ou des cigarettes ?) et, en même temps, permettent à leur façon de diffuser la littérature...

Quoiqu'il en soit, l'article nous informe que le premier distributeur est apparu en Angleterre en 1822, inventée par un certain Richard Carlile. ce libraire, désireux de vendre des titres séditieux comme Le siècle de la raison de Thomas Paine (un traité déiste qui critique notamment la religion institutionnalisée), eut en effet l'idée de créer une machine permettant de distribuer et vendre des titres polémiques tout en évitant au libraire une probable arrestation puisqu'il n'y avait plus de contact entre lui et ses clients. On ne sait pas bien comment le distributeur fonctionnait, mais cela n'a pas empêché les autorités de l'époque de condamner Carlile pour vente de "documents blasphématoires". 

1. Jusqu'au milieu des années '50 : Penguincubator et Book-o-mat

Le Penguincubator

Ce n'est que plus d'un siècle plus tard, en 1937 à Londres selon l'article, qu'est apparu le Penguincubator. Imaginé par le fondateur des éditions Pinguin, Allen Lane, cette machine proposait des ouvrages de littérature classique pour le prix d'un paquet de cigarettes.



A l'époque, vendre de la littérature n'était déjà pas très bien vue et en France, l'arrivée du livre de poche quelques décennies plus tard sera l'enjeu d'un vaste débat de légitimité culturelle (lire ici l’étude que lui a consacré Bertrand Legendre et voir là un reportage au salon du livre de 1964) alors les vendre dans un distributeur automatique. On frôlait l'anarchie, une volonté délibérée de déstabiliser l'industrie du livre. Mais sur le site des édition Pinguin, on trouve cette anecdote concernant la création de la machine : 

De retour d'un week-end où il rendait visite à Agatha Christie dans le Devon, Allen Lane se retrouva dans la gare d'Exeter à la recherche d'une de ses boutiques pour y trouver de quoi lire sur le trajet du retour. Stupéfié par les titres proposés, il décida qu'une fiction contemporaine de bonne qualité devait être accessibles à un prix attractif, non seulement dans les librairies traditionnelles mais également sur les quais de gares, les vendeurs de tabacs ou les chaînes de magasins.

Apparemment, une machine fut ainsi installée près de la gare de Charing Cross à Londres, à la consternation des libraires locaux, mais il faut convenir qu'elle ne fut jamais distribuée à grande échelle et n'eut pas d'impact retentissant sur le marché. 

Le Book-O-Mat

Deux machine portent le nom de Book-o-mat : d'abord, en Juin 1947, la revue Popular Science évoque une nouvelle machine capable de proposer une cinquantaine de livres, vendus un quarter (25 cents). Tandis que deux ans plus tard, c'est la société Rock-Ola Manufacturing Corporation, connue pour ses bandits manchots et autres juke-box qui investit le marché.

2. Aujourd'hui : Novel Idea et Readomatic

Bien sûr, c'est surtout en Asie qu'on trouve aujourd'hui ce genre d'appareil. Une demi-douzaine d'entreprises chinoises ont investi le marché tandis qu'au Japon, un pays où l'on trouve des distributeurs automatiques pour à peu près tout et n'importe quoi, depuis la canette de bière au magasine porno, se vendent des titres de livres et de mangas au format de poches et épais comme des annuaire.

En Occident, une entreprise irlandaise a fait une tentative en installant des Distributeur Novel Idea notamment dans l'aéroport d'Heathrow à Londres, mais fit faillite en 2010.

Mais d'autres distributeurs automatiques ont été remarqués, par le New York Times dans une station de métro barcelonaise en 2008, ou l'année dernière à l'aéroport de Stockholm.

3. Et en bibliothèques ?

Ce genre de distributeurs commence à essaimer... jusque dans les bibliothèques. C'est le cas, aux États-Unis notamment où la bibliothèque publique de Fullerton (dans le réseau des bibliothèques d'Orange County, en Californie) a récemment installé un distributeur automatique (description du projet, en pdf et diaporama) près d'une gare ferroviaire. Bien sûr, il n'est plus question ici de vendre des livres mais bien de les prêter, et les possesseurs d'une carte de bibliothèque peuvent repartir avec l'un des 500 titres de bestsellers de la machine. A rendre ensuite à la bibliothèque locale, donc. 

Outre en Californie (qui accueille des distributeurs de ce genre depuis 2007 à la bibliothèque d'État de Californie et dans quatre autres établissements du réseau), de nombreuses autres bibliothèques se sont équipées de distributeurs de livres. C'est le cas notamment :

En Angleterre :

  • à Warwickshire en Angleterre (mais avec la crise outre-manche et les objectifs annoncé d'améliorations du services et d'usages plus efficace des crédits, cette installation à un goût amère),
  • à la bibliothèque publique d'Edmunton
  • la bibliothèque de Newcastle,

Au Canada :

  • la bibliothèque d'Ottawa
  • la bibliothèque de Toronto l'envisageait un temps

La bibliothèque d'État du Queensland, en Australie, a d'ailleurs publié un rapport sur l'usage de distributeurs de livres en bibliothèques (pdf).

Le rapport explique que ces machines ont trois avantages majeurs :

  1. délivrer des livres à n'importe quelle heure du jour et de la nuit surtout
  2. disséminer la présence de la bibliothèque dans des lieux très fréquentés et donc toucher des non-usagers (dans les centres commerciaux, les aéroports, les cinémas) ou des usagers empêchés (les hôpitaux, les maisons de retraites...)
  3. rendre les services rapidement adaptables (on peut les déplacer rapidement en fonction des besoins ou de l'usage)

En outre, ces machines peuvent servir de plusieurs façons :

  • un distributeur pour le prêt (uniquement) de documents
  • une délivrance différée pour des documents qui n'ont pas à être en accès libre. Certaines machines permettent de stocker des documents et de les prêter comme d'accepter le retour de manière automatisée.
  • Une "annexe" : la bibliothèque est installé dans des quartiers éloignée et sert de point lecture pour les habitants. Les usagers peuvent emprunter les 400 livres proposés, attendre qu'ils soient changés ou faire des réservations via le logiciel intégré. la machine fait des emprunts et des retours. (exemple de la bibliothèque de Shenzhen, en Chine)

4. Vendre et faire découvrir

Le plus souvent, on trouve plutôt des titres de bestsellers dans ces machines. Il s'agit d'attirer le chaland et de proposer des titres susceptibles de vite l'intéresser. Le plus souvent mais pas toujours.

L'an dernier, la "patte de singe", une librairie de Toronto a mis en place une machine appelée BIBLIO-MAT. La nouveauté de ce distributeur réside dans les titres délivrés : en échange de deux dollars canadiens, la machine vous propose deux titres d'occasion choisis aléatoirement. Vous ne pouvez ainsi jamais savoir ce sur quoi vous allez réellement tomber. Un concept qui ferait fureur également dans les bibliothèques :



Cliquez sur l'image pour voir une vidéo.

Pour aller plus loin :

mardi 19 février 2013

Mini libraries et library boxes

Outre-Atlantique, l'association Urban Librarians Unite (ULU) lutte contre les dégâts environnementaux provoqués par les récents ouragans et tempêtes. Elle a ainsi pu rassembler, par exemple, plus de 20.000 livres pour enfants pour remplacer les collections détruite par l'ouragan Sandy à New York. Et en attendant que les bâtiments eux-mêmes soient de nouveau opérationnels, elle a placé des "boîtes à livres", mini libraries, dans la rue, à l'emplacement des bibliothèques d'arrondissements les plus endommagées.

«Nos mini bibliothèques vont rencontrer les mêmes limites que toute autre petite bibliothèque," affirme ULU sur son site internet. "Elles ne pourront jamais être vues comme une alternatives aux bibliothèques qu'elles remplacent. Elles offrent simplement un peu de réconfort et de secours, en particulier aux enfants et aux familles, et elles rappellent combien les bibliothèques -et leurs bibliothécaires- sont réactifs, attentionnés et rapides pour répondre aux besoins de leurs communautés."

Une initiative qui fait penser aux little free libraries d'un côté, qui essaiment de plus en plus, y compris en France, mais dans des communes moins importantes et d'un autre côté à ce que peut proposer le bouclier bleu en terme de protection des biens culturels et patrimoniaux face aux situations d'urgence.

De son côté, l'association ULU espère proposer également prochainement des Library boxes, un dérivé de PirateBox avec du contenu culturel et informationnel

La LibraryBoxest un outil numérique mobile de distribution de fichiers open-source basé sur du matériel bon marché qui offre un contenu éducatif, social, et tout autre contenu important pour les usagers.

Incidemment, Urban Librarians Unite avait déjà fait parler d'elle récemment en organisant des actions pour sauver la bibliothèque de New York d'importantes coupes budgétaires en organisant une distribution gratuite de livres en mai 2012, une séance de câlins collectifs et une chaîne humaine en mai 2011 ou surtout une Zombie March for libraries (galerie FlickR) en octobre 2010.

jeudi 7 février 2013

libraries.pewinternet.org

Vous connaissez probablement le Centre de recherche sur l'internet et les modes de vie américain : Pew Research Center. Ce centre explore, entre autres, l'impact d'internet et des modifications d'usages qui s'en suivent sur les enfants, les familles, les communautés, les lieux de travail, les écoles, la qualité de vie ou l'engagement citoyen. Il est à l'origine de nombres de données et d'études qui nous permettent de suivre et d'abonder les modifications d'usages dans la société (américaine donc).

L'un des derniers travaux par exemple se penche sur la présence des Américains sur Facebook : 67% des Américains sont inscrits sur Facebook et parmi ces derniers, 61% pensent clore un jour ce compte. 20% des Américains qui utilisent internet mais pas Facebook disent avoir déjà eu un compte fermé depuis souvent parce qu'ils n'avaient pas le temps d'aller sur le réseau social (21%), sinon parce qu'ils estimaient qu'il ne s'y passait rien d'intéressant (10%), ou que leurs statuts de leurs contacts les énervait (9%). 8% estimaient y passer trop de temps.

Récemment, donc, le directeur de Pew Internet, Lee Rainie, a fait une intervention au cours du Congrès d'Hiver de l'ALA, notamment pour évoquer les derniers développements et conclusions de son centre autour des bibliothèques. Il y a quelques mois, en effet, le centre a ouvert un portail consacré aux bibliothèques, libraries.pewinternet.org, sur lequel il rassemble toutes les études concernant ou ayant un impact sur nos institutions. On y retrouve notamment des données sur les habitudes de lectures des américains (par communautés notamment ou pour les ados par exemple), les livres électroniques et les possesseurs de tablettes et de liseuses, la typologie des services à l'ère du numérique et leur utilisations par les usagers ou encore les communautés d'apprentissage. En fait, on pourrait rassembler ces études autour de trois grands thèmes : les contenus numériques, les services des bibliothèques et les segmentations d'usagers.

Au cours de son intervention, Lee Rainie a développé ces différents points (je reprends et traduis là un billet de David Lee king qui se fait l'écho de cette intervention) pour exposer les dernières conclusions :

1. contenu numérique

  • On lit beaucoup plus de livres numériques. 16% des américains de plus de 16 ans en 2011, 23% en 2012. Au cours de la même période, la lecture de livres imprimés décline de 72% en 2011 à 67% en 2012.
  • 40% des américains dispose d'un appareil de lecture numérique : 31% ont une tablette, 26% une liseuse
  • Les lecteurs de livres électroniques auraient moins de 50 ans, seraient allé à l'Université, sont plutôt aisés (50k+), et sont de gros lecteurs. Ils achètent leurs livres électroniques.
  • Près de la moitié des Américains disposent d'un smartphone.
  • L'an dernier, près de 5% des Américains de plus de 16 ans aurait emprunté des livres électroniques à la bibliothèque.
  • Les usagers d'ailleurs sont de mieux en mieux informé de l'existence de ce service (31% du public).
  • Cependant plus de la moitié de ces usagers, s'ils connaissent l'existence de ce service, ne savent pas s'il leur est adressé ou non (57%).
  • Les problèmes rencontrés dans les cas de prêts concernent :
    • une incompatibilité matérielle avec la liseuse
    • l'absence de liste de réservation
  • Plus de la moitié des usagers attend une aide et des conseils de la part des bibliothécaires à propos de ce service.

2. Services de bibliothèques et usagers

  • Les répondants adorent leurs bibliothèques, plus pour ce qu'elles font pour leur territoire que en ce qu'elles répondent à leurs besoins. 
    • 91% pensent que les bibliothèques sont importantes dans les communautés
    • 6% disent que les bibliothèques sont importantes pour eux et leur famille
    • Les usagers aiment les bibliothécaires.
  • Les bibliothèques sont reconnues comme espaces numériques (libraries have rebranded themselves as tech hubs)
    • 77% considèrent qu'un accès gratuit à un ordinateur et à internet est un service très important
  • Les répondants veulent tous pouvoir accéder aux mêmes services
    • Les Africain-Americains et les Latinos sont particulièrement enthousiastes à propos des services qui leurs sont proposés.
  •  Les répondants attendent une plus grande implication des bibliothécaires
    • S'impliquer dans les écoles, la lutte contre l'analphabétisme, proposer des espaces confortables, plus de services en ligne est une attente des usagers.
    • A propos des services en ligne, 42% des américains pensent qu'ils sont incontournables, 34% pensent que les bibliothèques devraient en proposer, soit 76% de répondants qui estiment que les bibliothèques devraient plus investir le web.
  • Les bibliothèques ont des problèmes / opportunités de relations publiques. 
  • Il est facile de déterminer des cibles pour élargir son public.
    • Il y a encore une large part de la population qui n'utilise tout simplement pas la bibliothèque ni ne lit de livre.

mercredi 6 juin 2012

Applis de recommendation

Les applications de bibliothèques commencent à se développer. La plupart offrent accès à des ressources (catalogues, bases de données, ressources numériques) et des services (accès au compte-lecteur, visite virtuelle, renseignements, réservation...) qu'on pourrait presque qualifier d'habituels et, parfois, on trouve sur de petites perles.

Ainsi les applications sont plus efficaces lorsqu'elles sont réservées à un service ou une fonction particuliers, laissant les principales informations et accès aux ressources aux sites mobiles. C'est ce qu'on compris les établissements ci-dessous qui nous propose de manière pertinente et originale des applications de recommandation de lectures. 

Le principe est simple : il s'agit de proposer de manière plus ou moins aléatoire et ludique un titre aux usagers, en fonction de grands critères de recherche. 

1. Shake it !

C'est le cas par exemple de l'application "Shake it !" de l'Orange County Library System. Ce réseau de bibliothèque situé en Floride récolte régulièrement des prix outre-atlantique pour la mise en place de services innovants. Voir leur page consacrée à leurs multiples applications pour terminaux mobiles

L'OCLS propose donc une application amusante appelée "Shake it", "Secoue [ton mobile]". L'idée est simple et amusante : en secouant son terminal, on lance une recherche aléatoire dans le catalogue de la bibliothèque comme on tirerait sur le bras d'un bandit manchot : et voilà l'appareil qui propose une ressource selon les filtres prescrits (type de public, genre littéraire, support), permet d'affiner les résultats en bloquant un item et de consulter la notice soit directement dans l'application soit en ouvrant un navigateur.


L'application est disponible sur l'App Store et sur Google Play (Android).

A consulter aussi l'excellente vidéo de présentation du service.


2. Book Genie

Un autre exemple est le Book Genie de la bibliothèque de l'Université d'État d'Oregon. On ne profite plus de l'accéléromètre cette fois-ci mais on formule un vœu à la machine du style "trouve-moi un ouvrage dans telle catégorie". Les catégories en question sont :

  • All - un choix au hasard parmi toutes les catégories
  • American Literature - Littérature américaine du XVIIe à nos jours
  • Award-Winning Books - Des titres qui ont reçu des prix littéraires
  • Banned Books - Titres issus de la liste des livres censurés établie annuellement par l'American Library Association
  • British Literature - Littérature britannique du XVIIe à nos jours
  • Children's and Young Adult Books - Des fictions de la section jeunesse
  • Diversity Authors - Des titres écrits par des auteurs de la diversité (notable multi-cultural authors)
  • OSU Authors - Des ouvrages écrits par des chercheurs et enseignants de l'Oregon State University
  • OSU Press Books - Des titres des Presses de l'OSU

En fonction de la catégorie choisie, donc, la machine propose aléatoirement un titre dont le lecteur peut ensuite sauvegarder dans son espace personnel, qu'il peut s'envoyer par mail ou envoyer par sms à un ami. Chaque notice propose un rapide sommaire de l'ouvrage, un lien vers la notice catalogue et un second vers la notice Google books pour accéder des extraits, la disponibilité du titre, sa côte et sa localisation permettant d'en faciliter l'emprunt.




A dire vrai, ce n'est pas tout à fait une application mais plutôt un service accessible en ligne, quelque soit le navigateur web dont on dispose (y compris à partir d'un ordinateur de bureau donc) mais le service est notable et initialement destiné aux terminaux mobiles ; du moins présenté comme tel.

3. Yalsa Teen book finder

Bon, là, tout de suite le nom est moins glamour mais l'appli demeure intéressante. Après la bibliothèque publique et celle universitaire, nous sommes ici devant une application de recommandation proposée par une association professionnelle. YALSA, en effet, est la division de l'American Library Association dédiée à la littérature de jeunesse, l'acronyme signifiant Young Adult Library Services Association.

A travers cette application, donc, l'association nous propose de faire une recherche parmi les titres récompensés par des prix ou listés par les professionnels au cours des trois dernières années. Un peu comme si l'ABF sortait une appli qui permettait de retrouver tous les prix Sorcières de ces dernières années, super idée non ?

Il est donc possible d'interroger une base de données des prix des dernières années, de faire un tri par nom d'auteur, titre d'ouvrage, année du prix, genre littéraire, type de prix ou bibliographie. Une bouton Find it! proposé par l'API de recherche dans Worldcat permet de savoir si une bibliothèque à proximité possède le titre en question. Enfin, il est possible d'enregistrer le tri dans un espace personnel et de partager le titre en question sur des réseaux comme Twitter ou Facebook.

Pour l'instant, il n'existe qu'une version Apple de l'application mais son équivalent Android devrait sortir d'ici la fin de l'année.

lundi 13 février 2012

Quelles compétences pour aider la Recherche ?

Dans les brèves de l'enssib a récemment été repéré une analyse intéressante sur les compétences à mettre en œuvre en bibliothèque pour soutenir la Recherche (et les chercheurs).

Cette étude, parue en janvier 2012 et intitulée Re‐skilling for Research (pdf), se veut la synthèse d'une enquête sur le rôle et les compétences des bibliothécaires en lien avec les chercheurs pour répondre de manière efficace à leurs besoins -mouvants- d'information.

Conduite par le consortium Research Libraries in UK (RLUK), l'enquête part du constat que les dernières études s'intéressaient beaucoup à la formation et l'apprentissage, mettant de côté la Recherche. Il s'agissait alors de rééquilibrer les choses, faire le point sur les attendus des chercheurs et les traduire en fonctions et en compétences pour les bibliothécaires en lien avec eux. Bien sûr, parler de "La Recherche" n'a aucun sens : les chercheurs ne sont en aucun cas un groupe homogène et si leur approches, discours, activités diffèrent, il ne peut qu'en être de même de leurs besoins informationnels. 

Comprendre à qui l'on a affaire est ici essentiel (en terme de discipline, mais également de cursus, les besoins pouvant évoluer au fil d'une carrière). Comprendre aussi l'évolution dans la façon dont se fait la Recherche afin de lui proposer non plus seulement les traditionnels services d'aide à la recherche documentaire et de développement des collections mais également d'autres sur la gestion des données de recherche plus précisément.

Afin de répondre correctement aux besoins exprimés, l'étude dessine un champs de 32 compétences que les bibliothécaires doivent mettre en œuvre, de manière plus ou moins approfondie certes, réunies en neuf domaines clefs aujourd'hui et à venir :

  • La capacité de conseiller sur la préservation des résultats de la Recherche
    Ability to advise on preserving research outputs (49% essential in 2-­‐5 years; 10% now)
  • Avoir les connaissances nécessaires pour conseiller sur la gestion et la conservation des données, comprenant leur alimentation, leur découverte, leurs modalités d'accès, leur diffusion, leur conservation, et leur portabilité
    Knowledge to advise on data management and curation, including ingest, discovery, access, dissemination, preservation, and portability (48% essential in 2-­‐5 years; 16% now)
  • Aider les chercheursà se conformer auxdifférents mandatsdes financeurs, y compris ceux en accès libre.
    Knowledge to support researchers in complying with the various mandates of funders, including open access requirements (40% essential in 2-­‐5 years; 16% now)
  • Pouvoir conseiller sur les outils potentiels de manipulation de données utilisés dans leurs champs disciplinaires
    Knowledge to advise on potential data manipulation tools used in the discipline/ subject (34% essential in 2-­‐5 years; 7% now)
  • Pouvoir conseiller sur la récupération de données
    Knowledge to advise on data mining (33% essential in 2-­‐5 years; 3% now)
  • Pouvoir conseiller et favoriser l'utilisation de métadonnées.
    Knowledge to advocate, and advise on, the use of metadata (29% essential in 2-­‐5 years; 10% now)
  • Pouvoir conseiller sur la conservation des documents utilisés au cours du projet (comme la correspondance)
    Ability to advise on the preservation of project records e.g. correspondence (24% essential in 2-­‐5 years; 3% now )
  • Connaître les modalités de financement de la Recherche pour pouvoir conseiller au mieux les chercheurs dans leur recherche de fonds et les aider à identifier les mécènes potentiels.
    Knowledge of sources of research funding to assist researchers to identify potential funders (21% essential in 2-­‐5 years; 8% now)
  • Avoir des compétences pour développer des schémas de métadonnées et pouvoir conseiller les chercheurs sur les pratiques et les normes utilisées dans son domaine particulier.
    Skills to develop metadata schema, and advise on discipline/subject standards and practices, for individual research projects (16% essential in 2-­‐5 years; 2% now)
L'idée principale est que les professionnels de l'information doivent entrer dans une démarche proactive. Cela passe par les services traditionnels pour les chercheurs tels qu'on les connaît, mais cela concerne également des modèles dits alternatifs (selon l'étude) que la bibliothèque adopterait pour visible et pertinente dans paysage mouvant, où elle entre en compétition avec d'autres acteurs internes et externes à l'institution pour délivrer son offre de service, l'idée étant alors de considérer ces "rivaux" comme autant de partenaires potentiels.

Cela signifie également que les bibliothécaires doivent se former, y compris dans des établissements destinés aux chercheurs, donc en dehors des seuls organismes qui leurs sont dédiés, si besoin est. Voire, recruter des chercheurs et des professionnels issus directement du monde de la Recherche.

La littérature professionnelle et scientifique fait toujours état de la bibliothèque comme lieu ressource par excellence, en terme de collection, d'espaces, de services. C'est à elle alors de s'emparer de cette image et de la concrétiser. Au delà de la gestion de l'information, du développement des collections, des formations à la recherche d'information, elle doit prendre une part plus importante encore dans le processus même de recherche et notamment dans la gestion, conservation des données de la Recherche, comme dans la valorisation et la communication scientifique des résultats de la Recherche. 

Le besoin est réel pour le monde de la Recherche. Si les bibliothèque n'embrassent pas ce rôle, ils se tourneront ailleurs, sans état d'âme.

Image tirée du tumblr américain This is what a scientist look like, luttant contre les stéréotypes liés à la représentation du chercheur. Depuis le début de l'année, il en existe une version française proposée par le magasine La Recherche : un chercheur, ça ressemble à ça

jeudi 22 décembre 2011

La bibliothèque dans les nuages

Le groupe Primary Research spécialisé dans la publication d'enquêtes, rapports et autres benchmarks (ou plutôt "référenciation" ou "étalonnage" selon FranceTerme) appliqués aux institutions (et à des prix simplement exorbitants) vient de sortir une enquête sur l'utilisation par les bibliothèques de ce qu'on appelle le Cloud Computing.

L' "informatique en nuage", toujours selon FranceTerme, consiste à privilégier les services et logiciels en lignes plutôt que les serveurs locaux des utilisateurs.

This report examines closely how academic, public and special libraries are using cloud computing services. It looks at use of specific services from Amazon, Google, Rackspace, DuraCloud, DropBox and many others, as well as more general questions regarding the use of cloud services, such as security issues, overall cost, impact on IT staff, data reliability and other issues.

Ce rapport donc s'intéresse à la façon dont les bibliothèques utilisent, ou prévoient d'utiliser, des services en lignes ou à distance comme Amazone, Google, DropBox... Il essaie de présenter un regard objectif sur les bénéfices et les désavantages de ces derniers et relaie l'opinion des bibliothécaires sur des questions comme la sécurité des données, les coûts, la confiance, l'impact sur le temps de travail etc.

Parmi les conclusions, on trouve quelques chiffres :

  • 22.54% des biblitohèques interrogées souscrivent à des services en lignes, dont 13.64% de bibliothèques hors États-Unis.
  • Les services de cloud computing les plus importants sont utilisés pour héberger ou distribuer des collections particulières par 2.82% des bibliothèques interrogées.
  • 63.04% déclarent Google comme étant fiable et 8.7% extrêmement fiable. Les 28.26% restantes considèrent Google comme habituellement fiable, aucune ne lui accordent pas leur confiance.
  • 66.67% des bibliothèques s'accorde pour dire que alors que la perte de données et de dossiers est toujours possible dans les principaux services de cloud computing, ces pertes ne seraient pas pires que si elles se passaient dans les services de stockages traditionnels.
  • Moins de 3% des bibliothèques utilisent des platforms as a service (PaaS) [un modèle où l'entreprise maintient uniquement ses applications et où le fournisseur maintient la plateforme et l'infrastructure] permettant à leurs usagers de construire leur propres applications en ligne.
  • 2.82% des bibliothèques prévoient d'utiliser Rackspace (un site qui proposer des serveurs en ligne, un espace de stockage en ligne, des logiciels en ligne, un portail en ligne...) dans le futur, dont 5.56% de bibliothèques municipales et 2.44% de bibliothèques universitaires.
  • 15.38% des bibliothèques dont le budget annuel se situe entre 750.000 et 5.000.000 USD utilisent des espaces serveurs en ligne, loués à des entreprises de cloud computing
  • 16.9% des bibliothèques interrogées utilisent des applications Google pour le traitement de texte, par défaut.

Les conclusions du rapport se fondent sur les données de 72 bibliothèques (universitaires, municipales ou spéciales) américaines, canadiennes, australiennes et anglaises.

jeudi 8 septembre 2011

IT professionals and librarians

Je cite là un article intéressant de Ann All, paru dans ITbusinessEdge, et intitulé : "What IT Professionals Can Learn from Librarians" (ce que les IT professionnals peuvent apprendre des bibliothécaires).Les IT professionals, ce sont les professionnels qui travaillent dans les "nouvelles" technologies, disons sur les technologies émergentes ou innovantes (cloud computing, SIG etc...).

Dans son article donc, Ann All, revient sur les pratiques de ces professionnels et soulignent tout ce qu'ils pourraient apprendre des bibliothécaires, et notamment en terme de service.

Zink said:

If you think about a library, librarians are very techie but also very service oriented. Our librarians are exposed very intentionally, and have been for 15 years, to this intermingling of cultures. I’ve often said our help desk at the university would never be able to work for an uncaring IT help desk in the private sector. ... Librarians listen very well and will do anything to get an answer. The last thing they would say is, “I’m sorry. I’m going to send you a manual.” In libraries, the reference desk is very high on the status. It’s just the opposite in IT organizations. We have movement out of both, both laterally and vertically. It was a grand experiment that’s worked out very well.

Une culture de l'accueil, une volonté d'écoute et de répondre au mieux et au plus près des besoins des usagers forment le socle des services proposés par les bibliothécaires, services que les IT professionals essaieront de porter au mieux. Cette façon dont les biblitohécaires cernent les besoins des usagers au travers de questions, d'intérêt, permet également de rapprocher professionnel et "client" justement et de rendre un service encore plus efficace. 

Voilà qui est rassurant de voir ces compétences reconnues. Mais il convient de souligner que les bibliothécaires aussi ont beaucoup à apprendre des services techniques et informatiques avec lesquels ils travaillent. Les fonctions doivent se comprendre en terme de complémentarité plus que d'opposition et nous ne pourrions pas travailler correctement sans eux. La médiation numérique documentaire que nous appelons et voyons émerger dans nos établissements ne pourrait être le produit des seuls efforts des bibliothécaires.

Ou presque.

voir aussi :

jeudi 30 juin 2011

Bibliothèques et terminaux mobiles

Mi-juin, j'ai proposé dans un stage de formation continue une intervention sur les usages possibles, en bibliothèque, des terminaux mobiles

Mon intervention était proposée en plusieurs temps : ainsi, après avoir précisé le champs de l'intervention (Typologie de terminaux mobiles ; Usages et usagers ; L’offre aujourd’hui en matière culturelle), et avoir précisé quelques points (différence entre un site mobile et une application par exemple), j'ai dressé un panorama de ce qui se faisait à partir d'un terminal mobile (Quels ressources pour quels services ?) en terminant par des points plus spécifiques à ce genre de terminal (usages des QRCodes, géolocalisation et géoréférencement, réalité augmentée). Vous trouverez en dessous le plan de l'intervention

1. De quoi parle-t-on ?

  1. Typologie de terminaux mobiles
  2. Usages et usagers
  3. L’offre aujourd’hui

2. Projeter une présence mobile

  1. Une stratégie globale
  2. Par quoi commencer ?
  3. Application ou site mobile ?

3. Quels ressources pour quels services ?

  1. Informations pratiques
  2. Ressources et catalogue
  3. Services mobiles

4. Le mobile, outil de médiation

  1. Le QR Code
  2. La géolocalisation
  3. La réalité augmentée

Mon propos n'était pas de rentrer dans des considérations techniques. Je ne suis pas technicien, encore moins développeur. Il s'agissait surtout de revenir sur ce qu'il était possible de faire et dans quel cadre. Mon propos pèche pourtant je pense sur plusieurs aspects : j'aurais voulu plus insister sur le côté gestion de projet (mais ce côté est indépendant du thème en lui-même) et donc revenir sur les points essentiels à aborder dans un cahier des charges. Enfin, encore une fois, le propos était surtout de clarifier un peu le sujet pour les stagiaires. 

J'espère qu'il vous sera tout autant utile (cliquer sur l'image)

Si le lien sur l'image ne fonctionne pas, j'ai déposé le diaporama sur mon compte Slideo à l'adresse : http://www.slideo.com/article/details/articleId/2906
(slideo parce que Slideshare ne marchait pas lorsque j'ai voulu le télécharger sur cette autre plateforme).

mercredi 20 avril 2011

Terrasses de lecture

Un article signalé sur twitter par @Bibliomancienne.

Vous connaissiez les bibliothèques de plage l'été, voici la bibliothèque au parc. A dire vrai, cette initiative n'est probablement pas isolée (et je me souviens dans une vie antérieure où je travaillais en municipale que la bibliothèque donnait sur un parc et que nous en profitions pour faire venir les usagers et aller à leur rencontre) (voir ici à Bergerac une promenade littéraire). Il me semble néanmoins important de signaler ce genre de propositions. 

Voici donc la bibliothèque de Columbus, sobrement appelée la Columbus Metropolitan Library qui va annexer une partie d'un parc voisin pour en faire une terrasse de lecture. Vous pourrez y venir flâner, vous reposer sur un banc à l'ombre des arbres centenaires (ou pas, mais ça fait plus romantique de les décrire comme ça), feuilleter un ouvrage proposé sur les étagères, voire jouer avec votre dispositif mobile favori : la zone étant couverte en wi-fi [waï-Faï à l'anglo-saxonne]. Les usagers alors se connecteront directement au site de la bibliothèque à partir duquel la navigation sera complètement libre. Quant aux ouvrages, il s'agira de livres originellement destinés à être sortis des collections donc des ouvrages dont la perte ou le vol serait moindre pour l'établissement.

L'événement, qui débutera fin mai, sera entouré de tout un programme d'animations proposées par le club de lectures local, The Columbus library's summer reading club, notamment en lien avec l'équipe du bibliobus. Un partenariat a même été monté avec les équipes sportives de l'université Ohio State University pour promouvoir la lecture, et proposer des "celebrity story time", des lectures réalisées par les athlètes et les entraineurs des équipes locales.

Sur l'image, l'exemple de la New York Public Library qui installe depuis 1935 une salle de lecture en plein air au Bryant Park derrière la bibliothèque. Il s'agissait initialement de toucher un public de chômeurs. Aujourd'hui la bibliothèque propose 700 livres et 300 revues.

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