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vendredi 12 octobre 2012

Des MOOCs et des bibliothèques

L'association des bibliothèques de recherche américaines vient de publier un article sur les MOOCS intitulé : Massive Open Online Courses: Legal and Policy Issues for Research Libraries, un sujet qui émerge de manière de plus en plus nette dans les préoccupations actuelles et que d'aucuns considèrent comme le concept éducationnel qui fait le plus de buzz cette année.


1. De quoi s'agit-il exactement ?

Les MOOCs désignent donc les Massive Open Online Courses, littéralement des cours ouvert massivement multi-apprenants. Il s'agit donc de cours accessibles librement en ligne, ouverts à un nombre illimité d'inscrits, une forme pédagogique liée à l'enseignement à distance qui attire de plus en plus d'institution à l'instar de...

Il existe de la même manière plusieurs types de MOOCs. Initialement, ils se voyaient centrés sur les échanges entre les participants qui forment le cœur des apprentissages, tandis qu'on assiste plutôt à l'émergence d'enseignements institutionnels adoptant la structure plus traditionnelle d'un cours en présentiel, transposé sur une plateforme de cours en ligne. Dans le premier cas, chacun apporte sa pierre à l'établissement de savoir en faisant ses recherches de son côté (on parle là de cMOOC, pour souligner l'approche connectiviste). Dans le second cas, on évoque les xMOOCs, en référence à l'initiative edX du MIT, en collaboration avec les universités de Harvard, de Berkeley et aujourd'hui de l'Université du Texas. Mais depuis, de nombreuses autres universités se sont lancées dans la production de cours en ligne comme le montre la plateforme Coursera qui propose 200 cours, à l'heure où ce billet est écrit, et revendique plus d'un million d'utilisateurs (ici, un cours sur la gamification, là sur ces technologies qui nous menacent).

En septembre dernier, Google lui même s'est intéressé au modèle en lançant sa propre plateforme de partage : Course Builder, une plateforme open-source proposant des xMOOCs (en fonction de la modalité d'apprentissage recherchée, les plateformes vont en effet différer) et réunissant des institutions prestigieuses comme les Universités de Stanford, d'Indiana, de San Diego, l'EPFL de Lausanne ou, entre autres, un consortium panibérique : Universia.

Nous ne sommes évidemment pas aussi avancé en France pour la mise en ligne de cours gratuits, mais nous proposons déjà un accès certain à nombre de ressources en ligne au travers notamment des universités numériques thématiques. On y trouve des ressources de toute nature (vidéos, cours, exercices, QCM) etc. De la même façon, plusieurs universités proposent des cours en ligne à partir de plateformes locales, des ENT des établissements ou d'un dépôt sur des plateformes privées comme iTunes (cf. un billet précédent) mais ces enseignements sont rarement massifs ni même ouverts à tous

2. Pourquoi des MOOCs dans mon établissement ?

Dans son article "Quelle offre de MOOC pour mon établissement ?", Jean-Marie Gilliot, Maître de conférence au département informatique de Télécom Bretagne, propose deux axes de développement de cours en ligne aux étudiants d'une institution : développer des MOOCs en interne, et autoriser l'accès aux MOOCs externes.

Dans le premier cas, il liste les objectifs suivants (je ne développe pas les items mais vous renvoie à son article sur le sujet) :

  • Pour démontrer la dynamique de l’établissement.
  • Pour accroître la visibilité de l’établissement.
  • Pour attirer des futurs étudiants.
  • Pour faire des économies.reste difficile à évaluer. Surtout que la concurrence obligera certainement à faire vévoluer les couprs plus vite qu’aujourd’hui ;
  • Pour permettre à de nouveaux étudiants de s’inscrire dans des formations existantes
  • Pour développer une nouvelle offre.
  • Pour rendre une offre disponible sur plusieurs sites.
  • Pour améliorer la pédagogie.

Cependant, dans son article "Making sense of MOOCs : Musing in a maze of Myths, Paradox and Possibilities", Sir John Daniels, spécialiste de la question et membre du Conseil de l'Éducation au Royaume-Uni (entre autres) précise que le système ne représente pas la panacée en matière éducative, entre des étudiants qui plagient plus facilement qu'en présentiel d'une part et d'autre part un pourcentage finalement relativement faible d'apprenants qui réussissent le diplôme :

Patterson reports that only 7% of the 50,000 students who took his Coursera-UC Berkeley course in Software Engineering passed (Meyer, 2012).

Un taux extraordinairement bas, mais qui s'explique en partie par le fait que, les cours étant gratuits, ils attirent nombre de curieux que des frais universitaires auraient de la même façon rebutés.

Le potentiel d'apprentissage apporté par toutes ces technologies ne fait aucun doute, ne serait-ce pour la démultiplication des ressources éducatives pour un coût relativement faible, mais pour l'instant leurs usages n'est pas réellement entré dans les mœurs, voire se sont plutôt révélées décevants (cf. aussi l'usage des notebook au Pérou).

De la même façon, on peut se demander si la plupart des MOOCs sont réellement innovants d'un point de vue pédagogiques, et s'ils ne reprennent pas au contraire des méthodes anciennes, verticales, largement éprouvées. Les techniques de formation à distance existent depuis quarante ans. Voire, il y aurait dans les MOOCs encore moins de personnalisation des enseignements puisque l'enseignant -dont la présence demeure nécessaire comme le montrent les études sur la formation à distance justement-  ne peut suivre autant d'inscrits de manière simultanée.

Il ne s'agit donc pas d'espérer diffuser largement un enseignement supérieur comme éducation populaire, mais bien plutôt de favoriser l'insertion des institutions dans une politique de développement d'enseignements à distance et plus largement de mise à disposition de ressources pédagogiques numériques (espérons le, ouvertes).

3. Et dans ma bibliothèque ?

Plusieurs bibliothèques universitaires s'intéressent à la valorisation des ressources pédagogiques numériques, libres ou non, et à la façon dont elles peuvent / doivent les intégrer dans leur offre de ressources. Le premier angle d'approche concerne un partenariat entre le SCD et les services informatiques sur l'indexation des Ressources pédagogiques numériques mais elle peut aller jusqu'à la production de cours en ligne en fonction d'établissements.

On demeure loin cependant de la problématique des MOOCs et de leur double contrainte de proposition de cours massivement multi-apprenants d'une part, et ouverts d'autre part. 

L'ARL s'empare donc du sujet et souligne que les MOOCs soulèvent des questions légales et stratégiques importantes pour les établissements, liées aux enjeux du libre-accès et de l'égal accès de l'information pour tous.

These questions involve information policy concerns that are central to research
libraries, including the proper application of fair use, the transition to open access as the
default mode of scholarly publishing, and the provision of equal access to learning
materials for students with and without disabilities.

Selon l'association, les bibliothèques doivent évidemment prendre part à ces nouveaux modes d'apprentissage en suivant deux directions parallèles : la première, classique, est de faciliter l'appropriation par les étudiants des ressources en ligne qui leur sont nécessaires ; la seconde plus récente mais non moins importante est de conseiller les Universités dans leur utilisation d'un environnement libre et ouvert.

D'un point de vue légal, les MOOCs soulèvent des questions relatives à :

  • L'utilisation de cours et de références tierces dans des cours en ligne
  • Le statut juridique des cours produits et, partant, des enseignants (droit d'image par exemple)
  • Le lien avec le Digital Millenium Copyright Act (responsabilité des contenus)
  • L'accès des enseignements aux publics handicapés
Ce sont ces différents points que le document tente d'éclaircir au regard du droit américain (Existe-t-il toujours une exception pédagogique quand le cours est censé se voir "massivement" distribué ? Ou quand la plateforme est co-gérée par une entreprise privée par exemple ? Qui est propriétaire du cours et des supports, l'enseignant ou l'institution ? Qui est responsable en cas de contenu illégal ?)

D'un point de vue stratégique, l'ARL affirme les positions suivantes :

  • L'utilisation du Fair Use est un droit essentiel pour les bibliothèques et leurs usagers
  • Il faut utiliser et promouvoir des modèles Libres
  • Il faut penser l'accessibilité pour tous les contenus dès le début du projet 

L'association conclue en réaffirmant le rôle primordial des bibliothèques dans le développement de cours ouverts massivement multi-apprenants en ligne. Au delà des enjeux évoqués, il s'agit de souligner l'importance et la pertinence des bibliothèques et de leurs collections comme soutien aux enseignements ; c'est pourquoi la façon dont ces dernières, en tant qu'expertes seront associées au développement des MOOCs apparaît central.


Pour aller plus loin :
  • MOOC Madness : http://chronicle.com/section/Online-Learning/623/
  • http://tipes.wordpress.com/category/environnements-dapprentissage/mooc/

jeudi 11 octobre 2012

Les Universités sur les réseaux

Dernièrement, je me suis intéressé à la présence des Universités sur les réseaux et les médias sociaux. Il ne s'agissait pas d'établir un classement comme le propose déjà ComCampus de manière très exhaustive et intéressante, mais plutôt de voir déjà, dans un premier temps ce qui était affiché, la communication qui existait autour.

1. Une présence disparate

Je suis donc parti de la liste des Universités françaises disponible sur le site du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche pour visiter l'ensemble des sites internet des établissements. Ce qui m'intéressait était de voir si ces derniers affichaient une présence quelconque sur les divers réseaux et médias sociaux sans préjuger d'une présence effective ou non. J'en ai tiré le tableau ci-dessous.

Le tableau est cliquable.

Il propose plusieurs colonnes : le nom des Universités regroupées par académie et renvoyant vers le site de l'établissement, puis différentes icônes affichant les divers avatars numériques visibles à partir de la page d'accueil ou, à défaut, aisément accessibles  :

  • sur les réseaux sociaux généralistes (Facebook, Twitter, Google+)
  • sur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadeo)
  • sur les médias sociaux, sites de partage d'images, de vidéos, audios
  • sur Foursquare, site de géolocalisation

J'ai ajouté après l'avoir rencontré à plusieurs reprises, une présence sur des sites de production de contenus (diffusion de blogs).

Chaque icône sur le tableau recouvre également un lien vers le site en question (la page Facebook, la chaîne Vimeo etc.). En fin du tableau, à la septième page, se retrouve le total des occurrences dans chacune des colonnes.

2. Quelques résultats

Les résultats sont intéressants. Ainsi, sur 84 Universités consultées :

D'un point de vue général :

  • 8 Universités ne proposent rien du tout. Pas même un renvoi vers un flux RSS d'actualités. (Pour Aix-Marseille, il y a bien l'icône mais je n'ai pas trouvé l'adresse du flux). J'ai peut-être mal regardé mais à priori aucune communication sur une éventuelle présence en ligne. 
  • A l'inverse, certaines Universités ont massivement investi ces outils : c'est le cas de Lille1, Reims ou Toulouse3 par exemple, qui sont présentes sur pratiquement tous les réseaux sociaux cités, proposent au moins une chaîne de partage et parfois un espace de production de contenus.
  • Le plus souvent ce sont les réseaux sociaux les plus investis par les établissements, mais ponctuellement on note, comme à Avignon, une présence plus forte sur les sites de partage.
  • On assiste à une reconfiguration avec le regroupement des Universités en PRES. Ainsi, peu de présence numérique pour les universités bretonnes, tout est regroupé au niveau du PRES Université Européenne de Bretagne (UEB). C'est le cas aussi avec la fusion d'Universités comme c'est le cas de l'Université de Lorraine par exemple.

Sur les réseaux sociaux :

  • Les Universités sont plus nombreuses à renvoyer vers un profil Facebook (75% des Universités) qu'à proposer un Flux RSS (70%). 
  • Presque autant d'Universités sont sur Twitter (65%), ce qui marque un intérêt notable pour l'outil.
  • 9 Universités sont sur Google+ tandis que 2 renvoient vers leur propre réseau social interne : Ub-link en Bourgogne et Les Carnets à Paris V.
  • Cette présence est gérée la plupart du temps par le service communication de l'Université, quitte à ce que ce soit affiché dans le nom de la page ou du compte (ex : la chaîne DailyMotion de l'UVSQ). Lille I, quant à elle, propose un poste de "Responsable communication online". Autre spécificité, Le profil Twitter de Paris V est en fait celui de leur réseau social.
  • Seulement 6 Universités ont un compte Viadeo et 5 un profil LinkedIn. Les Réseaux sociaux professionnels ne sont pas encore bien entrés et affichés dans la communication des établissements. Mais peut-être ces pages apparaissent-elles plutôt au niveau des facultés.

Sur les médias sociaux :

  • Une université sur quatre (26%) affiche un profil sur Youtube, on dépasse le tiers (37%) en comptant les comptes sur DailyMotion et Viméo.
  • En revanche seuls 7 établissements (8%) disposent d'un compte FlickR. Encore une fois, il s'agit du compte de l'Université. On peut supposer qu'il existe d'autres comptes à des niveaux infra : c'est la cas notamment à l'UVSQ qui propose au moins un compte géré par le SCD mais dont l'affichage n'apparaît pas à partir de la page d'accueil de l'Université.
  • Plusieurs établissements préfèrent ne pas utiliser les sites de partages et hébergent eux-mêmes leurs galeries photos et vidéos (ex : Poitiers ou Paris XIII)
  • Une dizaine d'établissement propose de la diffusion de Podcast,voire une webradio. Cinq établissements utilisent le logiciel iTunes d'Apple pour présenter leurs cours en ligne. Presque autant proposent leurs propres logiciels de diffusion de podcasts.

Sur la production de contenus :

  • Peu d'Universités proposent des plateformes de créations de contenu. Lille I, Nancy, Angers sont les seules qui renvoient vers une plateforme identifiée. Les Carnets de Paris V permettent également de produire et de partager du contenu pour les étudiants et les professionnels.
  • L’Université de Paris VIII renvoie vers une page Scoop it!C'est la seule à le faire. Ce compte recense l'actualité de l'établissement, les publications des enseignants, les créations de ses étudiants...
  • 1 Université renvoie vers l'article la concernant sur Wikipédia.

Sur la géolocalisation

  • Enfin, une seule Université (Marne-la-Vallée) renvoie vers un compte Foursquare. il annonce "Suivez-nous pour profiter des bons plans localisés de l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée (évènements, informations pratiques,...)" mais n'a pas l'air très actif ni réellement utilisé.

3. Et après ?

Ce travail de recensement est une première étape. Il serait maintenant intéressant de compléter le tableau avec une existance réelle ou pas de comptes universitaires, ce qui permettrait d'en apprendre un peu plus sur la communication des Universités françaises puis, surtout, de faire l'équivalent pour les SCD puis de comparer les deux : un SCD est-il plus ou moins présent que son Université ? Une université très connectée encourage-t-elle une présence numérique documentaire ou la phagocyte-t-elle ?

Un travail à suivre donc...

jeudi 12 janvier 2012

Mais que veulent les étudiants ?

D'après une étude mené par l'agence Educause, et cité dans l'article "What students want in a college, les étudiants américains veulent être connectés.

Pas de grande surprise avec ce résultat, sauf que, plus précisément, 60% des étudiants sont très attentifs à pouvoir disposer de connections wifi n'importe où sur le campus, et pas uniquement dans les résidences universitaires ou dans les salles informatiques (quand c'est le cas). Bon, certes, 78% des répondants ajoutent que ce wifi ne va pas les aider à se concentrer sur leurs études, mais plutôt à jouer, écouter de la musique, communiquer avec leurs amis...

L'étude précise d'ailleurs qu'un peu moins d'un tiers des répondants font plus confiance dans la technologie que dans leurs professeurs et que ces dernier d'ailleurs sont “incapable of getting technology working without student aid”, incapable d'utiliser la technologie sans l'aide d'un étudiant.

Les étudiants auraient donc besoin (ou croient avoir besoin) d'être constamment connectés, une autre étude précisant même que les étudiants font la part belle aux classes hybrides, des enseignements qui combinent pédagogie en présentiel et à distance (étude menée par Online Colleges, cf l'infographie ci-après).

L'auteure de l'article part ensuite dans des considérations autour de l'enseignement à distance, soulignant combien il est important et utile pour des étudiants qui, de plus en plus, ont un travail à côté ou des personnes à s'occuper, mais tout en précisant néanmoins également combien des sessions en présentiel demeurent incontournables, ne serait-ce que pour rencontrer, discuter, expliquer certains points plus difficilement assimilés. N'avez-vous jamais eu de problème de communication à cause d'un courriel malheureux ou mal écrit ? 

Dans cette optique, un cours "hybride" semble idéal qui reconnaît d'une part les nouvelles habitudes des étudiants et d'autre part conserve une nécessaire interaction physique avec les étudiants. 

Ci après, une infographie qui revient l'usage des TIC sur les campus américains (cliquer sur l'image pour la voir en grand et en entier)

jeudi 25 août 2011

Un nouveau décret pour les bibliothèques universitaires.

  Un nouveau décret concernant les bibliothèques universitaires vient de paraître dans le JORF n°0196 du 25 août 2011. Ce décret, sobrement appelé Décret n° 2011-996 du 23 août 2011 relatif aux bibliothèques et autres structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur créées sous forme de services communs, remplace et abroge les précédents décrets n° 85-694 du 4 juillet 1985 sur les services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur relevant du ministre de l'éducation nationale (et n° 91-321 du 27 mars 1991 relatif à l'organisation des services de la documentation des établissements d'enseignement supérieur des académies de Paris, Créteil et Versailles relevant du ministère de l'éducation nationale).


1. Bibliothèques et services communs de documentation

A. Bibliothèque

En premier lieu, comme le souligne la brève de l'enssib, on retrouve l'appellation "bibliothèque" pour évoquer ces "structures de documentation des établissements d'enseignement supérieur". La notice d'introduction du décret précise en effet :

Ce décret réintroduit le terme bibliothèque utilisé par l'ensemble de la communauté universitaire, rénove les missions de ces services communs en mentionnant notamment le développement des ressources documentaires numérique et simplifie leur cadre réglementaire laissant aux établissements la libre organisation de leurs bibliothèques.

Concernant cette nomination, l'article 1 précise que "tous les services [d'activité technique et documentaire d'intérêt commun] qui accueillent du public sont dénommés bibliothèques".

B. Services communs

En fait, ce premier article rappelle la possibilité de créer des services communs de documentation et des services interétablissements. Une capacité inscrite dans le code de l'éducation sous les articles L. 714-1 et L.714-2. D'ailleurs, l'article 4 réaffirme que "toute bibliothèque ou tout centre de documentation de l'université a vocation à être intégré dans un service commun,(...) les autres centres documentaires de l'université sont associés au service commun". Volonté est faite d'évoquer le cas de ces myriades de bibliothèques associées que n'arrivent pas toujours à signaler, gérer, et encore moins intégrer, les SCD malgré les textes. 

Ceci dit, disparaissent des articles sur l'organisation des SCD en sections documentaires et sur l'organisation interne d'un SCD. Cet article étant probablement obsolète.

C. Groupement d'Intérêt Public

Le décret évoque enfin une autre possibilité : la création de groupements d'intérêt public

Un groupement d'intérêt public est une personne morale. Il permet à des collectivités publiques de s'associer entre elles et avec des personnes privées, normalement pour une durée limitée, afin d'exercer ensemble une activité d'intérêt général ou de réaliser un projet commun.

Cette possibilité n'est pas neuve. Elle existait déjà dans le précédent décret de 85, article 12, titre II sur la coopération documentaire interétablissement : "Le statut du groupement d'intérêt public peut être substitué à celui de service commun, par décision des établissements contractants et dans les conditions fixées par l'article L. 719-11 du code de l'éducation" et concerne notamment les complexes coopérations entre bibliothèques sur Paris et sa région.


2. Les missions des bibliothèques

Les missions de ces établissements ne changent guère, et se voient même étoffées.

On retrouve en effet dans le nouveau décret 8 missions principales :

  1. Mettre en œuvre la politique documentaire de l'établissement. Cette mission existait déjà.
  2. Accueillir les usagers et les personnels (...) et organiser les espaces de travail et de consultation. Cette mission n'était pas formulée dans le précédent décret. Le fait de l'inscrire dans le décret renforce justement le rôle d'accueil et souligne l'importance de la bibliothèque comme lieu.
  3. Acquérir, signaler, gérer, communiquer documents et ressources. Cette mission a été reprise telle quelle.
  4. Développer les ressources documentaires numériques. L'importance de la documentation numérique est ici affirmée et reconnue. Il est demandé expressément à la bibliothèque de participer à la production de l'IST, "notamment par la production, le signalement et la diffusion de documents numériques". Je souligne le terme de production qui entérine une évolution notable dans le discours professionnel de ces dernières années appelant non plus seulement à signaler les ressources mais bien à participer activement et produire des documents.
  5. Participer à la recherche et aux activités d'animation culturelles, scientifiques et technique de l'établissement. Je souligne ici qu'est réaffirmée la dimension culturelle de la bibliothèque. Une dimension déjà présente dans le décret précédent mais qui s'est vue inégalement exploitée.  
  6. Favoriser toute initiative dans le domaine de la formation initiale, continue et de la recherche. Encore une fois, honnêtement, rien de neuf ici. Ceci étant, c'est l'occasion de souligner le rôle de la bibliothèque comme laboratoire d'innovation dans la droite ligne des discussion échangées dans nos milieux professionnels.
  7. Coopérer avec les bibliothèques qui concourent aux mêmes objectifs (...) notamment par la participation à des catalgues collectifs. Cela existait déjà.
  8. Former les utilisateurs à l'IST. On perd l'emploi du terme "usagers" et je me demande pourquoi ? Encore une fois, cette mission existait déjà, mais il est important de la souligner et d'insister de nouveau sur la mission formatrice de la bibliothèque. 
Nous avons donc des missions réparties en 4 grandes catégories :
  • Des missions documentaires (poldoc ; acquérir, gérer, signaler ; gestion des espaces) avec un focus concernant expressément la documentation numérique : la bibliothèque comme lieu d'information
  • Une mission d'accueil et culturelle : la bibliothèque comme lieu de rencontre et de vie.
  • Une mission de formation : la bibliothèque comme lieu de formation
  • Une mission de production et d'innovation : la bibliothèque comme lieu de création


3. Direction et conseil de la documentation

A. Le directeur

A la tête de l'institution se trouve un directeur nommé sur proposition du Président de l'université (et non plus après avis de) par le Ministre. Finalement rien de bien neuf : il s'agit de conformer ce décret au décret 2009-207 portant notamment sur les fonctions des directeurs de SCD et à la mise en place de la LRU. 

Le nouvel article ici précise que le directeur prépare les délibérations du conseil documentaire, notamment en matière budgétaire. Un budget dont le projet est voté au Conseil documentaire (sic) donc mais qui est validé en CA.

Le directeur dirige le service et les personnels, organise les relations avec les partenaires extérieurs, élabore le règlement intérieur voté en conseil documentaire. Il présente au Conseil d'Administration un rapport annuel. (Tout cela existait déjà hors la mention expresse au règlement intérieur). Je rappelle que le directeur n'est plus appelé à siéger au Conseil d'administration, hors consultation ou demande de sa part.

Tout ce qui est subvention de fonctionnement et d'équipement disparaît du décret, les nouvelles lois ayant transféré ces subventions directement aux universités. Il est juste précisé qu'une part des droits annuels de scolarité est affectée au budget propre du service et que ce dernier peut bénéficier de dotations.

De la même façon, il n'est plus précisé que les personnels sont affectés au SCD. En remplacement, on a droit à une phrase bateau précisant que" Les personnels recrutés dans les corps de personnel scientifique, technique et de service des bibliothèques ont vocation à mettre en œuvre la politique documentaire dans l'ensemble des bibliothèques de l'établissement". C'est important, mais on peut espérer que les personnels du SCD vont faire leur travail, oui. 

B. Le Conseil documentaire

J'ai enfin, l'impression que le Conseil documentaire se voit renforcé. Les arrêtés fixant les modalités de fonctionnement des anciens conseils des services communs (notamment l'Arrêté du 4 juillet 1985 ont tous été abrogés par un arrêté paru dans le même JORF. 

La composition de ce nouveau conseil est précisée (pas plus de vingt membres contre trente auparavant, dont le Président, des Enseignants-Chercheurs, des étudiants, des personnels du service). Les mandats demeurent de 4 ans (sauf les représentants étudiants dont le mandats est de deux ans). L'ensemble de la composition et du fonctionnement de ce Conseil doit être définit dans le règlement intérieur.

Parmi ses missions, le Conseil doit :

  • voter le projet de budget du SCD
  • élaborer des propositions concernant la politique documentaire
  • est consulté sur les projets de conventions relatives à la documentation
  • est tenu informé des crédits alloués aux organismes documentaires associés et à leurs utilisation
Une façon de formaliser un peu l’existence de ce Conseil, en espérant qu'il sera mieux reconnu au sein des établissements.


vendredi 22 juillet 2011

Usage des réseaux sociaux par les étudiants

Sur son blog Marketing et Technologies, Julien Bonnel fait état d'une étude réalisée par Jobteaser sur l'usage de quatre réseaux sociaux importants (Facebook, Twitter, LinkedIn et Viadeo) par des étudiants de second et troisième cycle (bac +4/+5) en France. L'étude a été menée auprès de 1 500 étudiants de grandes écoles (commerces, ingénieurs) et d'université et fournit également des indicateurs concernant l'usage et la perception des réseaux sociaux par les entreprises.

Julien Bonnel cite les chiffres suivants :

  • 95% des étudiants possèdent un compte facebook
    • 86% s'y connectent quotidiennement
    • 65% sont actifs sur le réseau
    • 14% sont fans d'une marque
    • 11% ont déjà cliqué sur une publicité lié à une marque
    • Facebook reste majoritairement utilisé pour un usage personnel
  • 53% possèdent un compte sur les réseaux professionnels Viadeo ou LinkedIn
    • Le taux monte à 62% pour les jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs et 96% pour les jeunes diplômés des écoles de commerce
    • 29% s'y connectent plus d'une fois par mois
    • 86% y sont inscrits pour s'assurer un profil professionnel sur le web
    • Toutefois les réseaux professionnels ne sont pas perçus comme utiles à leur orientation professionnelle
  • 27% possèdent un compte sur Jobteaser
  • 16% des étudiants ont un compte Twitter,
    • 7% s'y connectent quotidiennement
    • 5% y sont actifs
    • Twiter est considéré comme un réseau non prioritaire par les étudiants
et renvoie vers le diaporama de présentation de l'étude, déposé sur Slideshare (ça ne s'affiche pas chez moi) :


vendredi 22 avril 2011

Numériser les archives étudiantes

Un article intéressant a paru récemment sur le blog Wired Campus, hébergé par The Chronicles of Higher Education. Il évoque la numérisation des archives estudiantines, et plus précisément, les journaux associatifs.

C'est une façon de garder la mémoire de l'institution, de donner de la visibilité à la vie étudiante, d'impliquer ces usagers dans la vie de leur établissement et dans les projets de numérisation qu'il peut mettre en œuvre. Cela peut même faire l'objet d'un travail étudiant et donc demander pour l'établissement finalement peu de ressources pour créer in fine une collection unique dans la bibliothèque numérique. 

Ce projet a été mené à la bibliothèque universitaire de Drake, à l'Iowa, qui vient de numériser ainsi une revue étudiante qui existe depuis 1884. Et c'est justement l'ancienneté de la revue qui permet ce travail de numérisation, ne serait-ce pour des questions de droit.

Il n'empêche, je demeure persuadé que toutes les productions étudiantes mériteraient d'être ainsi conservées et traitée. Je me souviens, jeune étudiant de licence de Lettres modernes -mention documentation bien sûr- avoir rejoint l'association étudiante de l'UFR dans laquelle mes camarades écrivaient des articles. Que sont devenus ces numéros à la parution irrégulière, je me le demande ? Je doute qu'il y ait jamais eu un quelconque dépôt or je suis certain que ce genre de production pourrait intéresser étudiants ou chercheurs plus tard. Evidemment une mise à disposition devient délicate, notamment pour des questions de droit d'auteur -on ne met pas en ligne comme cela n'importe quel document sans l'accord des auteurs- mais la numérisation devrait permettre a minima une meilleure conservation en attendant de retrouver les droits nécessaires.

Une recherche peut-être facilitée aujourd'hui par les réseaux sociaux.

lundi 4 avril 2011

Services mobiles d'universités et de bibliothèques

Dernièrement je cherchais quels services pouvaient et étaient dispensés sur des téléphones mobiles par des institutions. J'ai pioché ainsi un certains nombre d'informations, reprenant des sites et des applications mobiles (je mélange car ce qui m'intéresse est plus le service dispensé que le moyen d'y accéder) que je vous donne brièvement ci-après sous forme de listes :

  • services d'universités francophones / non francophones
  • services de bibliothèques francophones / non francophones 

1. Services mobiles d'université francophones

Université de Marne-la-Vallée : www.univ-mlv.fr/versions/mobile
  • Présentation des formations, par cycle
  • option candidater / se préinscrire
  • Actualités et évenéments de l'université
 + Présence sur FourSquare et sur Twitter

UnivMobile (UNT île de France) : m.univmobile.fr
Regroupe pour l'instant les universités de Paris1, Paris13, Versailles Saint-Quentin et Evry
  • Actualités de l'université
  • Mon ENT mobile
  • Podcasts pédagogiques
  • Fonction géocampus
  • Catalogue SCD
  • projet sms-u (un service d’envoi de message SMS aux étudiants : changement de salles, notes, résultats publiés…)
Université de Nantes : http://jpo.irealite.com/
site mobile proposé à l'occasion des journées Portes Ouvertes
  • Actualités
  • Vidéos
  • Programme des rencontres
  • présentation des formations
  • Informations pratiques
  • plans détaillés par géolocalisation
Université de Rouen : http://www.univ-rouen.fr/01855554/0/fiche___pagelibre/
(ne marche pas lors de la rédaction du billet)

Certaines universités entament une approche minimale :
Université Henri Poincaré - Nancy Université : http://wiki.uhp-nancy.fr/display/UHPADE/Emploi+du+temps+sur+un+mobile
  • Emploi du temps (Date, horaire, nom du cours et salle)
Université de Savoie : m.agenda-uds.fr (ne marche pas lors de la rédaction du billet - j'ai l'impression que c'est une tentative étudiante)


Département Infocom de l'Université Laval (Québec) : m.com.ulaval.ca
  • Actualités du département
  • Annuaire
  • Informations pratiques
  • Carte du campus
  • Accès médias sociaux
  • Fonction "Aujourd'hui" : activités journalières du département (cours, réunions, conférences)
  • Accès au site standard ("accès rapides")

2. Services mobiles Universités non-francophones

MIT : m.mit.edu
  • Annuaire
  • Plan campus (favoris, descriptions, photos, horaires bâtiments)
  • Horaires tram / navettes
  • Agenda
  • Actualités
  • Plateforme pédagogique Stellar
  • Vérification compte impression (bêta)
  • information Urgences
  • useful links
+ about, what's new, customize, go to site, font size

Texas A&M University : m.tamu.edu
  • actualités
  • agenda
  • plans
  • événements et informations sportifs
  • cours
  • restauration
  • horaires des bus
  • informations pratiques campus
  • réseaux sociaux et multimédias
  • annuaires
Université de Washington : m.uw.edu
  • Sports (schedules, scores, up to date)
  • Cours
  • Annuaire
  • Agenda
  • Images
  • Plans
  • Actualités
  • Videos
North Carolina State University (NCSU) : m.ncsu.edu
  • Annuaire
  • Contacts
  • Restauration
  • Agendas
  • Bibliothèques
  • Lignes transports en commun
  • Youtube
  • Informations pratiques
  • Site complet

3. Services mobiles Bibliothèques francophones

BU Angers (CCTP) : http://issuu.com/dbourrion/docs/cctp_site_web_bua
  • Horaires
  • Nous trouver (plans)
  • Catalogues
  • Comment ? (accéder, trouver, se procurer, s'inscrire)
  • Canaux (billets étu, valo, recherche)
  • Patrimoine (fonds spécialisés)
  • Gallerie 5
  • Presses de l'université d'Angers
Bibliothèque de Toulouse : http://www.bibliotheque.toulouse.fr/smartphones.html
  • Catalogue
  • Compte abonné (renouveler, réserver)
  • Plan de la région et des lieux culturels
  • Agenda culturel
  • Actualités (bibliothèques + partenaires) : videocasts, podcasts, bibliographies, blogs
  • Réseaux sociaux
  • sites partenaires
  • Animations proches +itinéraires
+ bibliothèque numérique patrimoniale, catalogue mobile : http://m.numerique.bibliotheque.toulouse.fr/


Bibliothèque du Luxembourg m.catalogue.bibnet.lu
  • Recherche dans le catalogue
  • Compte-lecteur (prolonger, consulter ses prêts, réserver, PEB)
  • Interface en anglais, français et allemand

4. Services mobiles Bibliothèques non-francophones

Bibliothèque de Palo Alto : www.libanywhere.com
  • Plans
  • catalogues
  • renouveler
  • actualités
  • ask a librarian
  • Discover other mobile services
Bibliothèque NCSU cf. http://www.vagabondages.org/post/2010/01/20/NCSU-libraries-mobile-site
  • plans
  • horaires
  • réservations de salles
  • réservations d'ordinateurs
  • catalogue
  • Ask us
  • actualités et agenda
  • webcams
  • site de l'université
  • site complet
Vous en connaissez d'autres, d'appli ou de sites d'universités ? d'appli ou de site de bibliothèques ? J'avoue avoir fait là un tour succinct et rapide, donc absolument pas exhaustif. (d'autres sites)

5. Service idéal

A partir de là, si j'essaie une compilation de l'existant, je pourrais proposer un ensemble de services idéal ressemblant à  :

  • Ressources :
- Catalogue de la bibliothèque (voire catalogue fédéré)
- Catalogue de la bibliothèque numérique
- Conférences (vidéos et podcasts)
- Publications : presses, blogs
- Actualités, dont "Aujourd'hui"
- Agenda
  • Services :
- Présentation des formations
- Accès à l'ENT mobile / plateforme pédagogique
- réservations de salles
- accès compte impression
- compte lecteur : consulter, renouveler, réserver prêts ; PEB)
- renseignement à distance
- alertes sur le compte, sur des questions de salles
  • Pratiques :
 - Plans du campus / de la ville avec description et itinéraires
- Horaires
- Annuaire
- Horaires des transports
- Restauration

+
- About
- Quoi de neuf ?
- Lien site complet
- taille des polices

Bien sûr, c'est à compléter ensuite avec d'autres ressources propres (liens vers plateformes mobiles de bases de données, de revues électroniques, de livres numériques, d'encyclopédies en ligne...

J'aime bien l'idée également de sortir la biblitohèque de son microcosme et de proposer des liens vers les ressources et les services de partenaires, du campus, de la ville...

Enfin, il faudra penser d'une part à la mise en place de QR code à flasher pour arriver directement au site sans avoir à inscrire l'adresse dans son navigateur mobile et d'autre part à l'utilisation d'autres sites de réseaux et de médias sociaux avec lesquels interagir (j'avoue être intrigué par l'utilisation de FourSquare par Marne-la-Vallée).



mercredi 24 novembre 2010

Connaître les besoins bibliographiques des chercheurs

Sur son blog collections 2.0, Steven Harris se demande comment récupérer les besoins de ressources de ses usagers, et notamment des enseignants-chercheurs. C'est un problème récurrent dans toute bibliothèque d'enseignement supérieur.

Steven Harris cependant propose une solution fondées sur les médias sociaux. Il explique :

Idées pour rassembler les demandes d'acquisitions des enseignants chercheurs

  • Demandez si les enseignants utilisent Zotero pour gérer les références bibliographiques, notamment la version 2.0 qui permet de synchroniser plusieurs ordinateurs. Ils peuvent ensuite partager leur "bibliothèque" sur zotero.org (cf par exemple : http://www.zotero.org/srharris19/items). Ils doivent se créer un profil. S'ils se créent un profil public, et que vous connaissez le nom du compte, vous pouvez visiter le compte et voir les références enregistrées. Vous pouvez même suivre ce profil Zotero via un flux RSS de sorte que vous n'avez pas à en mémoriser l'URL.
  • Ensuite, ils peuvent créer un dossier ou une collection intitulée "requête pour la bibliothèque" ou quelque chose du genre. Vous pouvez ainsi connaître facilement leurs besoins sans que cela change rien à leur façon d'utiliser Zotero : lorsqu'ils trouvent des références bibliographiques pour la bibliothèque, ils n'ont qu'à les enregistrer dans Zotero. Vous les repérez dans la collection idoine et les commandez.
  • Bien sûr, une organisation similaire peut être mise en place avec d'autres outils comme deli.cio.us, Evernote, Springpad, Connotea, voire WorldCat local.

Le plus important dans cette approche est que rien ne change fondamentalement pour l'enseignant chercheurs qui utiliserait déjà ces outils au cours de ses travaux ou de sa veille. En effet, s'ils doivent s'arrêter dans leur activité pour envoyer un courriel, appeler ou remplir un formulaire, cela risque de s'avérer pour eux trop ennuyeux voire, précise Steven Harris, breaks their process and train of thought, rompre le fil de leur pensée, tandis que si les bibliothécaires peuvent capturer ce qu'ils font ou récupérer ce dont ils veulent sans paraître intrusif, ils auront plus de succès.

Bonne idée. Encore faut-il que ce public utilise ces nouveaux outils.

lundi 22 novembre 2010

Pratiques informationnelles estudiantines

Truth Be Told: How College Students Evaluate and Use Information in the Digital Age, évoque un rapport écrit par deux chercheurs de l'université de Washington Alison Head et Michael Eisenberg. Ces derniers en effet se sont penchés sur les stratégies informationnelles des étudiants pointant les problèmes rencontrés.

"A report about college students and their information-seeking strategies and research difficulties, including findings from 8,353 survey respondents from college students on 25 campuses distributed across the U.S. in spring of 2010, as part of Project Information Literacy."

Le rapport se compose de trois parties :

  1. Une analyse comparative de la façon dont les étudiants cherchent l'information et dont ils sélectionnent les sources, ce à partir d'une enquète conduite en 2009 et en 2010 ;
  2. Des commentaires sur la façon dont les étudiants évaluent l'information trouvée sur le web et à la bibliothèque que ce soit dans le cadre de leurs études ou pour leur usage personnel. On trouvera ici également des remarques sur leurs habitudes de recherches notamment la façon dont ils utilisent les applications du web 2.0 ;
  3. Enfin, des réflexions sur les difficultés, défis, obstacles que les étudiants rencontrent régulièrement durant leurs recherches
iLibrarian cite quelques unes des propositions des chercheurs :

  • Peu d'étudiants s'inquiètent d'évaluer l'information trouvée. Ils considèrent trop souvent que l'information trouvée sur le web (77%) ou à la bibliothèque (67% du panel)est forcément à jour dans le cadre de recherches professionnelles.
  • Le processus d'évaluation est souvent un processus collaboratif : presque les deux-tiers du panel (61%) se sont tournés vers leurs amis et/ou leur famille quand ils avaient besoin d'évaluer une information dans le cadre de recherches personnelles.
  • Presque la moitié du panel (49%) sollicitent fréquemment les enseignants ("instructors") pour de l'aide lorsqu'ils doivent évaluer une source, loin devant les bibliothécaires sollicités pour seulement 11% d'entre eux.
  • Pour plus des trois quart du panel (84%), le problème le plus important rencontré au cours de leurs recherches est de savoir par où commencer. Définir un sujet (66%), le délimiter (62%), et filtrer les réponses non pertinentes (61%) gênent énormément les étudiants. Les entretiens qui ont suivi soulignent l'absence de cadre et savoirs faire dans une société numérique où information abonde et où ils se sentent submergés par les résultats.

jeudi 22 juillet 2010

Compétences pour les professeurs (documentalistes)

Le JORF n°0164 du 18 juillet 2010 publie un Arrêté du 12 mai 2010 portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d'éducation pour l'exercice de leur métier (NOR: MENH1012598A). Ce texte précise dans son annexe, dix compétences professionnelles jugées indispensables à acquérir au cours de la formation :

  1. Agir en fonctionnaire de l'État et de façon éthique et responsable
  2. Maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
  3. Maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale
  4. Concevoir et mettre en œuvre son enseignement
  5. Organiser le travail de la classe
  6. Prendre en compte la diversité des élèves
  7. Évaluer les élèves
  8. Maîtriser les technologies de l'information et de la communication
  9. Travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l'école
  10. Se former et innover

Comme le titre de l'arrêté l'indique, ces compétences sont aussi destinées aux professeurs documentalistes . Ces compétences quant à elles, fournissent également une feuille de route pour la formation des personnels puisqu'elles seront évaluées au plus tard au moment de la titularisation. Pour chacune, de fait, sont précisées après un bref développement, les "Connaissances" (Le professeur connaît), "Capacités" (le professeur est capable de) et "Attitudes" (la compétence conduit le professeur à) que la compétence implique pour le futur personnel de l'État.

Je suppose que cette liste cherche à redonner une certaine unité et harmonie aux différents cursus de formation des enseignants depuis la masterisation voulue par le gouvernement. Ainsi évalués selon une échelle commune, la République pourra toujours viser un niveau commun et égal entre ses personnels enseignants.


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